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Celui qui cède à ses pulsions barbares (dites par Freud de la "perversion polymorphe du jeune
enfant") est de ce fait ipso facto renvoyé par la machine à remonter le temps qu'est notre inconscient , renvoyé donc aux stades archaïques de notre développement, là où le bébé est
IMPUISSANT mais mû par des fantasmes de toute-puissance qui s'adressent à la mère, dans une pressante et tyrannique
demande d'amour.
Le bébé qui est sujet aux pires des satisfactions hallucinatoires destructrices est
bien-sûr innocent, ne connaissant pas la morale, et ne faisant aucun mal au réel du corps de l' Autre. C'est pourtant à ce stade que régressent les hommes qui satisfont leurs pulsions primitives
sur les animaux.
On les montre du doigt (en rigolant, ce qu'on ne fait pas au sujet des pédophiles qui sont pourtant autant condamnables moralement) s'ils sont pervers zoophiles mais aussi on
les honore s'ils sont chercheurs sur animaux, ou alors toréros, dresseurs, gaveurs, cuisiniers etc.
Il y au moins autant de pulsions que de métiers qui se servent du corps des bêtes pour remplacer celui de la mère rendue inaccessible par la loi d'interdiction de l'inceste, la LOI
qui civiliserait l'homme si, justement, il ne pouvait s'en passer avec les animaux.
C'est là, dans ce temps d'avant la morale, que régresse le psychopathe ET l'homme en tant qu'espèce avec les animaux.
Défi du 21° siècle: Pour maintenir vivante la nature,donc nous tous sur Terre, le progrès moral de l'homme s'avère urgent.
Le barbare se trouve normal car une zone de non-droit maintient ouverte la boite de Pandore de la perversion infantile que le développement de l'enfant devrait avoir refoulée.Cette zone est
notre rapport paradoxal aux animaux et notre rejet de notre propre animalité.
On masque ça sous diverses appellations et derrière des alibis anthropocentriques. L'anthropomorphisme, il ne faut pas en avoir honte car lorsqu'il n'est
pas pollué par de l'anthropocentrisme, il est la seule façon un peu civilisée d'aborder les animaux.
Or un malade ne se sachant pas malade ne peut se soigner.
Notre espèce veut très fort quelque chose: ignorer ce qui la culpabiliserait afin de continuer à croire que ce qui la fait jouir est normal, donc moral:
SOYONS INHUMAINS AVEC LES NON-HUMAINS,
TEL EST LA DOXA QUI A COURS pour NOTRE ESPECE EN VOIE DE PROLIFERATION.
Pourquoi ce passe-droit? Parce que nous le vaudrions bien.
Au contraire de cette position orgueilleuse et sans-gêne, la seule supériorité qu'il me semble
possible de revendiquer valablement est la supériorité morale, en terme de maturité, c'est à dire celle qu'un animal peut avoir sur ses instincts ou, pour les hommes et animaux "d'hommestiques",
que nous avons sur nos pulsions. Je peux vous dire que pour l'espèce dite humaine
par surestimation, c'est loin d'être gagné!
L'historienne Elisabeth Hardoin-Fugier m'a écrit ceci:
"Une psy anti-cruauté? Parce que ça existe?"C'est
curieux, car c'est l'essence de la psychanalyse que d'être, justement, anti-cruauté.Mais les psy sont comme les autres et ils l'oublient dès qu'il s'agit de réaliser les désirs humains monstrueux
(combattus par eux par ailleurs) si la victime n'est pas classée HUMAINE!!!
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Blog anti préjugés et anti barbarie.
Pensées sur la pensée:
Ne pas penser que ce que l'on croit est toujours vrai... Passer ses convictions sous la lumière de sa critique, c'est ça, l'exercice courageux de la pensée. Penser comme tout le monde, ce n'est sans doute pas penser du tout.
Mais puisque chaque fois, pour penser, il faut revenir sur sa pensée, et chaque fois aller un cran plus loin, Heidegger a justement parlé là de la spirale de l'acte de penser.
pensée dialectique ou conversation :
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C'est par l'indispensable et continue critique de l'idéologie dominante qui nous fait prendre les préjugés les plus dangereux et fallacieux pour de la pensée éthique que nous
progressons.
Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes.
N°1 des préjugés , autrement dit pré-pensées:
Le postulat de base de l'humaniste moyen=
à offense physique ou mentale égale,
ce que souffrent les autres animaux est moins important
que ce que nous subissons,
non parce qu'ils ressentiraient moins
que nous, mais
parce qu'on juge qu'ils n'ont pas la même "valeur".
Du coup, préjugé N°2 : Etre cruel avec les animaux est rarement appelé barbarie et est souvent admis comme nécessaire...un mal, certes, mais si c'est utile à l'homme, alors, il faut le
faire, pense tout le monde.
Cette devise généralisée est machiavélique et non éthique.
Le problème de l'homme? Nous confondons puissance et pouvoir, I can et I may en anglais,
pouvoir et éthique, et surtout...pouvoir technique et valeur.
C'est pourquoi, nous qui avons le pouvoir de modifier le monde jusqu'à la destruction de la vie, nous devons faire particulièrement attention aux limites à nous donner.
La psychanalyse peut-elle nous apprendre pourquoi la barbarie est un mal récurrent?
Bien-sûr que oui, c'est justement en plein dans son champ d'action, le symptôme étant la figure par excellence de la barbarie.
Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes. Mais avec son slogan , l'homme
est attaché à la jouissance archaïque de son symptôme: "TOUCHE PAS A MA BARBARIE!"
Or le symptôme est une jouissance pathologoique qui se méfie de la pensée, d'essence, son ennemie.
D'où son enlisement au stade de la perversion polymorphe du jeune enfant, et la proposition de s'en sortir par l'analyse qui est donc la thérapie par l'Ethique.
Le rapport des hommes aux animaux est fait de
cette toute-puissance /toute-jouissance. On retrouve cette configuration abusive sado-masochiste quelque soit notre sentiment à leur égard. C'est un fait social, une norme qui se diffracte dans
toutes les sortes de relations à eux. De ce fait ce rapport alimente la stagnation de notre espèce au stade régressif en question, ce qui nous rend forcément barbare.
Un fumeur qui ne fumerait que dans un lieu autorisé, tel un fumoir, reste un fumeur.
De même, on ne peut être non barbare sous prétexte qu'on ne le serait qu'avec les animaux, même si là, c'est permis par la loi..
La tentation de jouissance est commune à tous. Les pulsions sont la base du désir, mais lorsque la jouissance est interdite car immorale, car elle léserait un tiers, elle doit rester non
satisfaite ou plutôt être sublimée. La pulsion de mort préside aux pulsions partielles. Elles sont donc toutes à satisfaire avec précaution.
Ceci rend le kamikaze, celui qui se tue en tuant, et ne castre pas ses pulsions barbares, proche de nous tous.
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