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Psychanalyse et animaux.

Pourquoi une offensive israélienne à Gaza? Le Dr G. Gachnochi réagit à un article de N. Polony. Edifiant.

24 Juillet 2014, 13:23pm

Publié par Jo Benchetrit

Tel Aviv aussi est touchée par les roquettes.
Tel Aviv aussi est touchée par les roquettes.

Gaza, Tel Aviv, sionisme, antisémitisme, Hamas, Abbas, etc. litanie connue mais que sait-on vraiment? Pour éclairer ce qui se passe en Israël d'infos indispensables mais ordinairement peu exprimées , je vous cite in extenso une lettre qui répond à cet article de N. Polony:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/07/19/31003-20140719ARTFIG00004-natacha-polony-mort-aux-juifs-ou-la-banalite-de-la-haine-a-paris.php

Je remercie son auteur, le dr Gachnochi, mon ancien médecin-chef, psychanalyste, poète et ecrivain, homme brillant et rigoureux, de m'avoir confié son texte et autorisé à le publier ici.

Ceux qui cherchent vraiment à comprendre ce qui se passe en Israël et pourquoi, y trouveront de quoi analyser les événements à la lumière des faits. On lit trop peu d'analyse sur ce sujet. il faut se garder d'en rester au commun subjectif, à l'émotionnel, à "l'indignation" niaise qui ne comprend rien mais pousse à la haine. Ce terme indignation fut mis à la mode par Stephane Hessel, ce fils de protestants allemands qui jouait au juif (du fait d'un père juif mais fils de convertis au christianisme) tout en plaisant un peu trop aux anti-juifs (comme le furent les parents de sa mère).

L'indignation sans réflexion est un sentiment qui plait à ceux (paranoïaques) qui voient toujours chez l'autre la poutre qu'ils ont dans l'oeil, eux.

Dr Georges Gachnochi Paris, le 20/7/2014
Psychiatre Honoraire des Hôpitaux
Ancien Chef de Service en Pédopsychiatrie
Madame Natacha Polony
c/o Le Figaro
14 Bd Haussmann – 75009 Paris




Madame,



Dans votre chronique du 19/20 juillet du Figaro, auquel je suis abonné,
vous dénoncez le retour en France des cris de « Mort aux Juifs », tout en vous prenant violemment à la « politique d’Israël ». Il me semble que vous êtes d’ordinaire bien mieux inspirée, et plus réfractaire aux lieux communs du « politiquement correct ».

La lettre qui suit est longue ; pourtant vous ne perdrez peut-être pas votre temps à la lire. Je pense que certains aspects de cette chronique sont dus à une information incomplète.

Je ne crois pas que la majorité des Juifs de France souhaitent être défendus au prix d’accusations infondées contre le pays auquel ils s’honorent d’apporter leur soutien, au moment qui plus est où ses citoyens, - parmi lesquels énormément de ces Juifs de France ont des proches – sont menacés par des armes explicitement destinées à en massacrer le plus grand nombre possible.

Je dis qu’ils s’honorent de lui apporter leur soutien, comme d’ailleurs le font certains Français non-Juifs, non parce que ce serait un devoir de toujours prendre parti pour les siens, mais tout simplement parce que c’est une cause juste, et qu’ils ressentent avec douleur les tombereaux de mensonges qui sont déversés sur Israël, que ce soit par les télévisions, les radios ou par l’Agence France Presse, laquelle appartient à un gouvernement qui fait semblant de vouloir lutter contre l’antisémitisme alors qu’il entretient la haine antijuive par une agence dont les procédés dans les problèmes du conflit israélo-palestinien ressemblent plus à ceux qu’utilisait l’Agence Tass qu’à ceux que devrait utiliser une institution journalistique honnête. Le mensonge par omission, en particulier, est aussi bien le fait de ces télévisions que de l’A.F.P. . car ne s’agit-il pas de cela, quand on parle, comme vous le faites d’ailleurs, « de mur inique » sans dire que son seul but est d’ empêcher les « militants » de venir se faire sauter au milieu d’enfants israéliens ; quand on parle de « frontières » alors que les États arabes, et particulièrement la Jordanie, ont toujours souligné qu’il ne s’agissait pas d’une frontière mais d’une ligne de cessez-le-feu sans aucune signification juridique. Pourquoi, du fait que la Jordanie a attaqué Israël en 1967 et perdu la « Cisjordanie », cette ligne deviendrait-elle tout d’un coup sacrée et « frontière définitive » ? Et honnêtement, quelle valeur attribuez vous aux décisions de l’ONU, qui est l’instrument d’une majorité automatique qui rejoue perpétuellement, aux dépens d’Israël, Les animaux malades de la peste ? Quand on parle, comme le fait constamment l’AFP – en dehors même de cette période de crise » de « Palestiniens tués » sans dire qu’ils étaient armés et tentaient de s’infiltrer en Israël ? Quand on parle de victimes civiles sans dire que le Hamas, par endoctrinement ou terreur, au lieu de chercher à protéger


ceux qu’il domine comme le fait Israël pour ses citoyens, juifs ou arabes, vise au contraire à voir leur nombre aussi grand que possible pour émouvoir l’opinion internationale, et se sert des femmes et enfants comme bouclier humains, les obligeant ou les persuadant de se grouper sur les toits des immeubles d’où sont tirés des missiles, se servant aussi comme « base » d’hôpitaux, d’écoles – comme l’UNWRA, pourtant peu suspecte d’être pro-israélienne, vient de le signaler - de mosquées ? Sans dire qu’il qualifie de « pertes civiles » toutes les pertes que subissent ses terroristes, de sorte qu’il n’y a jamais, selon lui, de combattants tués ! Sans dire que le Hamas a refusé les trêves, proposées par l’Égypte et acceptées par le gouvernement israélien « aux mains d’une droite de plus en plus dure », et qu’il a même violé la « trêve humanitaire » en tirant des missiles et en tentant d’infiltrer un commando dont l’objectif était de massacrer les habitants d’un kibboutz ou de kidnapper des otages ?

Quel est le but de ces « bombardements » que vous évoquez, sinon de mettre hors d’état de nuire ces hommes qu’en France on appelle « militants », (je ne sais pas si vous avez déjà « milité », Madame, mais je ne crois pas que si c’est le cas vous ayez posé des bombes ou manié des explosifs) qui lancent des missiles qui, si Israël n’avait pas réussi à rendre opérationnel un bouclier défensif, auraient déjà fait des milliers de morts ? Et que ce soit lors des bombardements, toujours ciblés, ou lors de campagne terrestre comme celle qui vient de commencer, Israël cherche toujours à épargner au maximum la vie des civils que le Hamas au contraire souhaite le plus exposer.

Il est étonnant que l’on ne comprenne pas en France que ce Hamas n’est que le nom palestinien du Jihad qui menace la terre entière, et notamment la France et l’Europe ; que son accointance avec les Frères Musulmans prouve, s’il le fallait, son caractère fasciste, car les Frères Musulmans furent créés dans un esprit fasciste.

Il est évident qu’Israël ne pouvait rester passif alors que des milliers de missiles s’abattent sur lui, même si, à un prix énorme, il arrive à en détruire la plus grande partie – mais pas forcément tous, puisque l’efficacité du « Dôme de fer » n’est que d’environ 90%. Il est évident aussi que, devant le refus du Hamas de la trêve, Israël n’avait d’autre solution que d’engager, au prix des risques pour ses soldats qu’elle comporte, une opération terrestre destinée à détruire ces tunnels qui non seulement abritent des lanceurs de missiles, mais servent aussi au Hamas à tenter de telles infiltrations.

Quant au « blocus », son seul but est d’empêcher le Hamas d’accumuler encore plus de missiles et roquettes diverses. Lorsque Israël a quitté la bande de Gaza, il n’y avait aucun blocus et cette région aurait pu se développer et devenir un modèle pour le reste de la Palestine. On sait ce qu’il en a été. Là encore, à qui la faute ?

Vous parlez, Madame, d’une « politique d’Israël faite de colonisation et de militarisation des différends ». En premier lieu, qu’appelez vous « militarisation » et qu’appelez vous « différends » ? Est-ce que le fait de recevoir des pluies de missiles est un « différend » ? Est-ce que tenter de détruire les bases d’où ils sont lancés est « militariser » un « différend » ? Et que serait depuis longtemps le sort d’Israël s’il n’avait une puissante armée capable de dissuader ses innombrables adversaires – en pratique, presque tout le monde musulman, à quelques exceptions près, telles certaines républiques de l’ex-Union Soviétique ?

Et vous parlez de « colonisation ». Précisons d’abord deux choses : moi-même, comme la majorité des Israéliens, sommes pour « Deux États ».



Mais il est clair que ce n’est pas du tout le cas des Palestiniens, ou du moins de ceux qui les représentent, que ce soit le Hamas ou Mahmoud Abbas, et avant lui Yasser Arafat. Sinon les Palestiniens auraient un État depuis longtemps : mais ils ont rejeté :
- en Juillet 2000, la proposition d’Ehud Barak, de l’établissement d’un État sur la totalité de la bande de Gaza, 91% de la Cisjordanie, le partage de Jérusalem, et un fonds de compensation pour les réfugiés palestiniens.
- en décembre 2000, la proposition Clinton, acceptée par Israël, qui prévoyait : l’établissement d’un État sur la totalité de la bande de Gaza, 95% de la Cisjordanie, le partage de Jérusalem avec une souveraineté palestinienne sur le Mont du Temple, (Temple, dont, soi-dit en passant, Mahmoud Abbas lui-même prétend qu’il n’a jamais existé) et la renonciation au « droit au retour ».
-En novembre 2088, le premier Ministre israélien Olmert proposa à Abbas l’établissement d’un État sur la totalité de la bande de Gaza, 97% de la Cisjordanie avec une compensation territoriale israélienne pour les 3% restants, la renonciation d’Israêl à la souveraineté sur le Mont du Temple, les Lieux Saints de Jérusalem étant administrés par un comité des « cinq nations : Arabie Saoudite, Jordanie, Palestine, USA et Israël, et l’acceptation par Israël d’un millier de réfugiés palestiniens. Abbas repoussa l’offre, et déclara au Washington Post en 2009 que la proposition d’Olmert montrait que le fossé entre Israël et les Palestiniens restait « énorme ».

Pendant tout ce temps, et jusqu’à aujourd’hui, l’A.P. n’a cessé d’élever les enfants palestiniens à la haine, et de glorifier les auteurs d’attentats suicides. Les preuves de cela ne manquent pas.

Il est clair que ce que recherche le « modéré » Abbas, c’est l’acceptation d’un « droit au retour » qui submergerait Israël et permettrait qu’il existe trois États palestiniens : la Palestine, la Jordanie (dont la majorité de la population est palestinienne) …et Israël, dont la majorité de la population deviendrait rapidement palestinienne. Et c’est précisément pour s’assurer qu’un accord avec la Palestine serait définitif et ne serait pas suivi de revendications de « droit au retour » ou d’annexion de la Galilée par la Palestine que Netanyahou exige que la Palestine reconnaisse Israël comme « État juif ».

La question donc des « colonies », qu’il faut analyser sans que cela soit pour autant un empêchement à une solution négociée de partage entre deux États. Il y a là d’abord une falsification, qui dérive d’une confusion volontaire entre deux sens : la colonisation au sens de « présence d’une nation dominante dans un pays qui lui est étranger » et « ensemble des personnes originaires d’un même lieu et qui en habitent une autre : la colonie bretonne de Paris (Pt Robert). Il est clair qu’on ne saurait soutenir qu’aucun lieu ni de Jérusalem, ni des contrées qui ont toujours été dénommées « Judée » et « Samarie » dans tous les dictionnaires et atlas tout au long de l’histoire ne saurait être considéré comme « étranger » pour des Juifs. L’ensemble de Jérusalem a eu une majorité relative juive depuis le milieu du 19ème siècle et une majorité absolue depuis la dernière décennie du même siècle. Qu’en 1948 les Arabes aient par exemple massacré les Juifs du « Quartier Juif » de le Vieille Ville qui n’avaient pu s’enfuir, qu’ils aient fait la même chose dans les quatre kibboutzim du « Goush Etzion » (voisin de la « ligne verte »), comme ils l’avaient déjà fait en 1929 avec les Juifs de Hébron – cela créerait-il de jure une interdiction pour les Juifs d’habiter en ces lieux ? Quand on dénonce comme un scandale le fait qu’à Hébron (la deuxième ville sainte pour les Juifs) vivent actuellement 800 « colons » juifs au milieu de 30.000 Arabes, cela signifie-t-il que ce qui partout ailleurs est considéré comme insupportable, l’ « épuration ethnique », est au contraire normale et souhaitable dès lors que ce sont des Arabes qui l’exercent aux dépens de Juifs ?

Cela dit, il serait effectivement souhaitable qu’une véritable négociation s’engage qui permettrait que coexistent deux États. Quand en novembre 2009 Israël a déclaré un « gel » du développement des implantations de dix mois, le « modéré » Mahmoud Abbas a refusé d’entamer toute négociation tant qu’Israël ne déclarerait pas que ce gel serait définitif, quoi qu’il advienne. Il accepta de reprendre les négociations le dernier mois, pour les interrompre parce qu’Israël mettait fin à ce gel. Or il est bien évident qu’il y a un certain nombre de villages et de villes qui ne seront pas évacués par les Israéliens, mais pourront donner lieu à compensation territoriale. Ce devrait être l’objet des négociations, que refuse Abbas. Mais pendant ce temps, la population de ces villages et villes croît, de manière naturelle, même sans immigration, et il est impossible de limiter indéfiniment la construction de bâtiments nécessités par cette croissance.
Quoi qu’il en soit, depuis 2010, le « modéré » Abbas refuse toute reprise des négociations à moins qu’Israël ne se plie auparavant à ses préconditions, telles que la libération de tous les prisonniers palestiniens, y compris les pires assassins et l’engagement d’Israël de revenir à la « ligne verte ».

Comme dans Alice au pays des merveilles, la conclusion de la négociation d’abord, la négociation ensuite… Que resterait-il alors à négocier ? Les conditions et les délais du suicide d’Israël ? En tout cas, il s’agit là d’une pure et simple exigence de capitulation de la part d’Israël, comme si ce pays avait été vaincu. Mais si Israël avait été vaincu, plus besoin de négociation, puisque il est bien clair que les Israéliens subiraient – en pire - le sort des Syriens, des Irakiens, des Libyens, et je ne parle pas du sort des chrétiens dans les pays d’Islam, qui ne semble pas préoccuper beaucoup la France, pourtant réputée défenseuse de la chrétienté…

Mais ai-je tort, Madame, de dire que ceux qui représentent les Palestiniens sont responsables des malheurs de ceux-ci ?

Oui, on peut s’émouvoir du sort des habitants de Gaza, enfants comme adultes. Ils sont victimes de la sauvagerie du Hamas, dont la charte même est une charte de fanatisme et de haine, et beaucoup présentent des troubles psychologiques. Mais savez-vous qu’un tiers des bébés, enfants et adolescents des localités israéliennes voisines de Gaza présentent des syndromes post-traumatiques, dus aux alertes incessantes consécutives aux missiles les visant à n’importe quel moment ? Cela n’émeut ni les chaînes de télévision, ni l’Agence France Presse : il n’y a rien à voir, les enfants sont terrés dans les abris, et ce n’est pas l’habitude des Israéliens, hurlements de femmes à l’appui, d’ameuter le monde entier à chacun de leurs problèmes. De toute façon le monde y est sourd.

Mais ne nous demandez pas, dans une France soumise à un bourrage de crâne anti-israélien constant, motivé probablement tant par ce quelle croit être ses intérêts économiques que par la pression des Arabes de France, de nous joindre au chœur du dénigrement d’un gouvernement qui, confronté à cette même haine fondamentaliste antijuive qui se manifeste en France, donne au contraire l’exemple de la modération dans ses réactions et du souci d’épargner les pertes civiles, au risque souvent de la sécurité de ses propres soldats. Je ne sais si aucun autre pays en montrerait autant dans une situation identique.

Enfin, vous finissez votre article en concédant que l’appel à l’Alya est aujourd’hui justifié par les événements récents. Était-il intolérable d’être clairvoyant il y a quelques années ? Est-ce toujours un tort d’avoir raison trop tôt ? Et auriez-vous trouvé intolérable que le Québec par exemple dise aux Français « Le Québec vous ouvre ses portes ».Pourquoi en irait-il autrement d’Israël, alors même que s’annonçaient implacablement les éléments qui ont conduit à la situation actuelle.

Pour ma part, fils d’immigrés de Russie, j’ai été élevé dans le respect de la France et dans l’amour de sa culture ; il en va de même pour l’immense majorité des Juifs de France, quelle que soit leur origine géographique. Mais il n’y a nulle incompatibilité entre cet amour et la constatation que la situation des Juifs de France a tendance à devenir insupportable, comme vous le constatez vous-même, et pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ce qu’est profondément la République française.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame, l’expression de mes respectueux hommages.

Pourquoi cela?   Tsahal essaie de ne pas tuer des civils mais les civils sont forcés à rester par le Hamas. il y a un monde fou là bas;..et le hamas ne refuse pas l'aubaine des boucliers humains quiattendrissent,revoltent"indignent" les européens et plaisent aux integristes car ainsi, la guerre de la communication est gagnée.

Pourquoi cela? Tsahal essaie de ne pas tuer des civils mais les civils sont forcés à rester par le Hamas. il y a un monde fou là bas;..et le hamas ne refuse pas l'aubaine des boucliers humains quiattendrissent,revoltent"indignent" les européens et plaisent aux integristes car ainsi, la guerre de la communication est gagnée.

J'espère que vous avez tout bien lu, ou que vous y reviendrez car c'est très important.

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