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Psychanalyse et animaux.

Psychanalyse possible du Djihad, délire terroriste des descendants des colonisés.

27 Mars 2016, 00:21am

Publié par Jo Benchetrit

Toute secte ne peut recruter que chez ceux qui veulent quitter leurs parents en en trouvant d'autres.

Toute secte ne peut recruter que chez ceux qui veulent quitter leurs parents en en trouvant d'autres.


"Nous produisons du "terreaurisme" et en cela nous devons faire notre autocritique sur les non-dits et mal-dits historiques." Y. Z

Une réponse possible:


Oui. Comme dans une famille, où une histoire non dite, mal dite, truffée de secrets peut causer des dégâts, ou au moins avoir des effets dans le réel des enfants. Une faute cachée à l'enfant peut gâcher une vie ou se répéter. Une tragédie d'hier tue (du verbe taire) peut donc se réitérer à l'insu du sujet qui ne sait pas qu'il est déterminé par elle , enfin qui ne sait pas que quelque chose en lui sait, parce que personne n'a été capable de lui dire soi-disant pour le protéger. Comme le disait Camus, et ça se vérifie souvent, "mal nommer les choses rajoute du malheur au monde".

D'où l’intérêt de la psychanalyse qui , du moins en principe, permet de se détacher de ce qui nous colle à notre insu.*

 

La lecture courante de l’histoire de la décolonisation est manichéiste, idealisée. Une mauvaise analyse qui est pour bcp dans le ressenti-ment des arabes: on omet leurs fautes et on zoome sur les fautes des français. La prise d'independance etait légitime, les methodes beaucoup moins. On peut parler de véritables crimes.

Au lieu de bâtir leurs respectifs pays nouvellement indépendants, les enfants d'immigrés

se voient pleurant « maman » à leur "mauvaise" mère (pays d'accueil, leur ex-metropole) et lui en veulent d’avoir besoin d’elle.


C’est le syndrome de Victor: l’adolescence qui dure un peu trop. Au fond, ils s'en veulent à eux mêmes et surtout à leurs parents de ne pouvoir couper le cordon.
Ils se demandent ce qu’ils font en France, ces ex colonisés!**

Ils sont en pleine perplexité quand arrivent les recruteurs de DAECH.


A défaut de trouver la force de quitter ces pays (mauvaise) mère patrie, ils les détruisent, quitte à en mourir, ce qui n'est en fait pas une mort mais un passage à un paradis érotique et hors loi.
Ils ne trouvent que la haine à mort pour se sentir exister.
Et le pb est qu’ils puisent cette haine aussi bien dans les prêches des imams salafistes que dans celui d'intellos de gauche du pays-mère à tuer qui ne leur assignent comme place que celle de victimes. Donnant du même mouvement au pays inquittable et incastrable, objet d'ambivalence insoutenable, le statut de bourreau à punir.
Cette haine est celle du désir pour ce pays. Celle de l’amour pour un mode de vie qu’ils vont rejeter alors qu’il les séduit. Celle de leur image biberonnant trop longtemps cette mere HONNIE en ALGERIE/AU NID EN FRANCE.
Ce retour aux traditions abandonnées par leurs parents, c’est l’œdipe inversé: on formate ses enfants à l’image de ses propres parents, dont beaucoup ont été les terroristes d'hier, vus comme héros libérateurs de leurs pays, mais libérateurs ratés, puisque toujours collés à la France, pour les nôtres.


Le terrorisme jihadiste est une façon psychotique de renouer avec ses racines et de laver l’honneur de ses parents qui ont à leurs yeux délirants"trahi" les grands parents activistes (et tortionnaires non reconnus comme tels par les lâches mensonges d'une histoire dite de manière partiale et parcellaire) en s’assimilant au pays rejeté et "bourreau". C'est une même idealisation, cette fois du peuple français, qui a, après la guerre, guidé De Gaulle pour inventer une France toute entière résistante.

Tout secret de famille peut entrainer une retour du refoulé, d'une jouissance hors des limites dela loi oedipienne.

Ceci n'explique pas le djihadisme de Daech qui est idéologique, religieux et financier, mais ce qui pourrait rendre relativement facile

le recrutement en France qui n' est helas pas toujours "des lumières".

*Une de mes patientes très angoissée faisait souvent ce lapsus:au lieu de "mariage", elle disait "maquillage".

Elle n'a su pourquoi que le jour où, à la mort de sa mere, elle avait appris que ses parents se sont mariés quand elle avait 10 ans alors qu'elle avait cru qu'ils l’étaient depuis... bien avant sa naissance. Le père était allergique à toute cérémonie et ne voyait pas l'urgence de se marier alors qu'ils avaient une vie de couple normale.

Evidemment, ensuite, le lapsus avait disparu. Tout un pan de sa vie prenait sens, permettant de comprendre un certain nombre de choses que se disaient ses parents, savoir qui est soulageant. Du genre, lors d'une dispute, elle n'avait pas compris pourquoi le père en colère osa cette "injure" à sa mère en l'appelant "Mlle" assorti de son nom de jeune fille. Une fois faite cette revélation, un sentiment de tristesse pris la place d'une certaine angoisse.

Elle aurait tant aimé apprendre ce non mariage (durant 30 ans) du vivant de sa mère pour lui dire à quel point c’était idiot de se faire du mouron pour une affaire de mariage, alors que ce n'est rien d'important, surtout à notre époque où bien des couples sont concubins sans que ça ne gêne personne. Mais il faut savoir qu'alors, c’était grave, à commencer par l'image qu'en avaient les parents de sa mère.

**Cette image de faiblesse est très difficile à assumer et je connais quelqu'un qui avait fait une TS à 20 ans parce qu'elle se trouvait encore chez ses parents alors qu'elle avait "fait" Mai 68 peu avant, sa prise d’indépendance. Situation tout à fait comparable à ceci près qu'elle n'en voulait pas à ses parents, mais à elle-même. Sens de sa responsabilité personnelle qui manque au terroriste.

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