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Viande sur pied.

 

C'est l'oeil d'Abel qui nous regarde, nous les Caïn qui sacrifions notre humanité en même temps que nos frères animaux à notre "frèrocité".

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Jeudi 8 novembre 2007
publié dans : La porte de l'éthique: savoir par Jo Benchetrit

 

 



De se situer dans une zone de non-droit, le rapport aux animaux a de quoi rendre fous et désespérés les animaux qui sont victimes de maîtres ne sachant  pas s'imposer une discipline afin de trouver ce qu'il faut pour éviter ce drame, et ceux qui peuvent en découler :
 

La cohérence indispensable est le minimum exigible, la justice, l’intelligence, l’attention, la douceur, l’affection, la reconnaissance respectueuse par rapport aux services rendus au détriment de sa propre vie et de ses besoins.

Un « maître-mot » : le respect. L’amour respectueux qui n’utilise pas l’alter ego   serait ce qui , allant dans le sens de l'éthqiue la plus élémentaire, éviterait bien des déboires. Mais nous ne pouvons refaire le monde et puisque les chiens sont utilisables et utilisés, faisons-le de manière à leur témoigner la reconnaissance qu’ils méritent dans  tous les cas.

Surtout si, en effet, il faut savoir apprendre un minimum au chien, le rappel par exemple, faisons-le avec encore l’amour et l’identification dite "anthropomorphique" par les zoophobes qui ont peur de leur propre animalité. 
Si  un chien a mis selon nous trop de temps pour revenir à notre appel, ne le tapons pas, ne lui crions pas dessus. Maîtrisons notre colère et…au contraire félicitons -le, caressons-le, donnons lui un petit truc qu’il aime bien à manger, faisons-lui fête comme il  le ferait si les rôles étaient inversés, même si nous ne pouvons comme lui remuer la queue !

Mettez vous à sa place : reviendriez-vous vers quelqu’un qui va vous donner des coups et vous hurler dessus ? Tout n’est qu’une question de logique, de capacité de se mettre à la place de l'autre, donc d’intelligence, vous dis-je.

Ainsi, par ce que les comportementalistes appellent le renforcement positif, on obtient plus de choses que par l’inverse.

Le renforcement dit positif, la récompense, est ce qu’il y a de plus efficace car son message est celui de la paix.
La notion du chef de meute est à bannir car elle joue sur l’idée fausse que le chien ne peut répondre qu’à ce type de rapport de force. Cependant il faut savoir aussi être un peu ferme parfois, car nous sommes responsables de lui apprendre les règles du jeu humain que nous lui imposons, puisque hélas, il n'est pas libre, et ne le sera jamais eu égard à ce que je vous explique plus loin sur la domestication qui les rend invalides.  

Mais cela ne veut pas dire lui donner la dernière place, ce que conseillent les cons, ou lui refuser les canapés, le lit de ses maîtres si ça leur fait plaisir, enfin toutes les bêtises hargneuses qu’on nous ressasse comme solutions alors que ce sont les causes des morsures.
Je parle ici des morsures graves, pas de celles que les chiens infligent à leurs petits pour  les éduquer. Ainsi, un chien qui pincera pour qu'on lui fiche la paix ne doit  pas être dit mordeur, contrairement à ce que dit la loi.

N’oublions pas que la plupart des chiens mordeurs ont eu des maîtres qui ont été de vrais  chefs de meute, certes bien plus souvent absurdes 
abjectes et abusifs  que logiques et respectueux. Mais on ne voit guère de chiens tueurs chez les maîtres aimants, trop selon les critères classiques, qui leur laissent accès au lit et au canapé, qui les font manger avant eux, mais bien plus chez des gens méprisants avec eux,   implacables, pas affectueux, ou les « dressant » (terme phallique) de manière incohérente, passant de la cruauté à des  manifestations affectives sans que le chien ne puisse comprendre.   

Le chien gardien qui passe sa vie à travailler et ses moments de repos, soit encore à travailler soit dans une boite de voyage n’est pas du tout dans le cas du chien  sans chef de meute, non? Et pourtant, rendu fou par un régime de famine tant physique qu' affective et  par la fatigue extrême d'un rythme de travail aberrant selon ses besoins , l'un d'eux à tué un enfant, le petit Aaron d'une banlieue parisienne.

Un chien n’est pas au départ plus con que vous et moi. Il ne mord que si il est en danger. Il se défendra si il est attaqué.

Un animal mordeur est un chien qui a des troubles psychiques, un chien qui est  désespéré et que son maître  a rendu fou.

 

 Mais, vous l’aurez compris,  tout est différent selon chaque cas qui doit être étudié en dehors de toute généralité.




Le fait est pourtant que l’on peut dire  qu’un maître calme, aimant, respectueux  et logique donnera rarement un chien mordeur sauf peut-être si ce maître est inconsciemment lui-même très violent  mais qu’il (se) masque cette agressivité. C’est pour cela qu’une thérapie analytique du maître en présence active(le psy s’adresse aussi au chien comme on le fait  avec les enfants)   du chien peut s’avérer fort  utile dans ce genre de cas assez rare, mais également dans tous les autres.

« Le chien est l’inconscient de son maître ». Lacan.

On est loin de l’idée (fallacieuse et dangereuse car potentiellement séductrice et justificatrice de  gens maltraitants et autoritaires et donc génératrice de chiens mordeurs) du chef de meute.

L’animal cherche à comprendre en général ce qu’on lui veut, ce qu’on attend de lui. L’incohérence d’un "maître" (et tous les hommes le sont potentiellement pour eux, au départ, de par leur pouvoir) les plonge dans l’angoisse. Lacan disait que l’angoisse naît de ne pas savoir ce que nous veut l’Autre. Il disait même que cette souffrance  était pire à supporter que la douleur physique, et ce, au sujet des   animaux de laboratoire. Ils ne peuvent avoir la clé du comportement qui va amadouer l’Autre qui le torture pour éviter les  agressions qu’ils subissent, et qu’ils perçoivent comme une  « colère » absurde dont ils ne peuvent pas plus piger la raison que le peuvent les taureaux pris au piège de l’arène.

Hélas, dans tous   cas, un animal domestique sera à la merci des caprices des maîtres.

Or il y a une chose à ne pas oublier : le chien ne comprend pas a priori notre langage. Il  doit, tel un étranger, l’apprendre et ce qu'il cherche n’est pas une simple compréhension des mots mais aussi celle des maîtres,et aussi d’être compris par eux. Ce qu’un animal cherche, c’est avant tout la raison de nos comportements.

Un chien n’est pas une chose à modeler mais il se modèle suivant la logique qu’il peut percevoir. Ce que veut un animal c’est que le maître soit LOGIQUE. Contrairement aux hommes, il semble que les (autres) animaux sont en effet logiques et qu’au départ ils ne font rien de bien gratuit. C’est du moins ainsi que nous les percevons, même si cela semble réducteur.
Or, mordre quand on n’en a pas besoin est absurde et illogique. La question du pourquoi s’impose. Mais il y a fort à parier que ce soit le reflet de celle que se pose en vain  le chien au sujet de son maître si celui-ci est incohérent et donc illogique.

 


Aussi, ne perdons pas de vue que l'éducation des
maîtres est indispensable, l'éducation à l'attention à  l'autre différent comme alter ego...semblable en plein de choses invisibles au rustre.. Bannissons le mot dressage des chiens et celui de chef de meute si nous voulons une collaboration entre êtres doués de sensibilité et intelligence et vous verrez que cela portera ses fruits bien plus que toutes les bêtises stéréotypées  en question.

 



 

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Blog anti préjugés et anti barbarie.

Pensées sur la pensée:

Ne pas penser que ce que l'on croit est toujours vrai... Passer ses convictions sous la lumière de sa critique, c'est ça, l'exercice courageux de la pensée. Penser comme tout le monde, ce n'est  sans doute pas penser du tout.

Mais puisque chaque fois, pour penser, il faut revenir sur sa pensée, et chaque fois aller un cran plus loin, Heidegger a justement parlé là de la spirale de l'acte de penser.
pensée dialectique ou conversation :
double-spirale.jpg


C'est par l'indispensable et continue  critique de l'idéologie dominante qui nous fait prendre les préjugés les plus dangereux et fallacieux pour de la pensée éthique que nous progressons.

Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes.



N°1 des
préjugés , autrement dit pré-pensées:

Le postulat de base de l'humaniste moyen=
à offense physique ou mentale égale,
ce que souffrent les autres animaux est  moins important

que ce que nous subissons,
non parce qu'ils ressentiraient moins
que nous,
mais
parce qu'on juge qu'ils n'ont pas la même "valeur".


Du coup, préjugé N°2 : Etre cruel avec les animaux est rarement appelé barbarie et est souvent admis comme nécessaire...un mal, certes, mais si c'est utile à l'homme, alors, il faut le faire, pense tout le monde.

Cette devise généralisée est machiavélique et non éthique.

Le problème de l'homme? Nous confondons puissance et pouvoir, I can et I may en anglais,
pouvoir et éthique, et surtout...pouvoir technique et valeur.

C'est pourquoi, nous qui avons le pouvoir de modifier le monde jusqu'à la destruction de la vie, nous devons faire particulièrement attention aux limites à nous donner.






La psychanalyse peut-elle nous apprendre pourquoi la barbarie est un mal récurrent?

Bien-sûr que oui, c'est justement en plein dans son champ d'action, le symptôme étant la figure par excellence de la barbarie.

Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes. Mais avec son slogan , l'homme est attaché à la jouissance archaïque de son symptôme: "TOUCHE PAS A MA BARBARIE!"

Or le symptôme est une jouissance pathologoique qui se méfie de la pensée, d'essence, son ennemie.

D'où son enlisement au stade de la perversion polymorphe du jeune enfant, et la proposition de s'en sortir par l'analyse qui est donc la thérapie par l'Ethique.

Le rapport des hommes aux animaux est fait de

cette toute-puissance /toute-jouissance. On retrouve cette configuration abusive sado-masochiste quelque soit notre sentiment à leur égard. C'est un fait social, une norme qui se diffracte dans toutes les sortes de relations à eux. De ce fait ce rapport alimente la stagnation de notre espèce au stade régressif en question, ce qui nous rend forcément barbare.
Un fumeur qui ne fumerait que dans un lieu autorisé, tel un fumoir, reste un fumeur.

De même, on ne peut être non barbare sous prétexte qu'on ne le serait qu'avec les animaux, même si là, c'est permis par la loi..



La tentation de jouissance est commune à tous. Les pulsions sont la base du désir, mais lorsque la jouissance est interdite car immorale, car elle léserait un tiers, elle doit rester non satisfaite ou plutôt être sublimée. La pulsion de mort préside aux pulsions partielles. Elles sont donc toutes à satisfaire avec précaution.

Ceci rend le kamikaze, celui qui se tue en tuant, et ne castre pas ses pulsions barbares, proche de nous tous.

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