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UN MÉCHANT PETIT ANGE
Il était une fois un petit ange qui s’appelait Homo Sapiens Sapiens. Son père un peu bègue avait répété 2 fois son nom et à l’état civil la dame, une nouvelle, avait retranscrit exactement ce qu’on lui avait dicté. Donc, à qui sait parler latin couramment comme le père, il est clair que Sapiens s’appelait Sage en français. Avec un nom pareil, sûr qu’il ne fera pas de bêtises, avait dit à la dame qui le recevait le père encore tout ému. La dame, peu patiente, lui rétorqua que c’était bien mais qu’il y a avait la queue. La queue ? répondit Jehovah (un de ses noms, il en a plein). Et le fait est que derrière, on entendait bêler, piailler, grogner, roucouler, car toute la création était là..Mais enfin, rien n’est plus important que la naissance de mon fils, fait à mon image ! Je m’appelle Dieu, quand même, les autres peuvent attendre.
Mais de toutes les façons, ils faisaient quoi, là, Dieu les avait déjà déclarés, non ?
Ce n’est pas si simple. Dans la genèse 1, c’était fait, mais dans la 2, c’est l’homme qui devait les baptiser.
Nous reviendrons sur la différence étrange entre les 2 versions pour une même naissance, celle du monde. Sachez que le fait que dans la 1° Eve ait pu être une partie du corps d’Adam et que dans la 2° elle soit née à part, ça change beaucoup de choses. C’est un peu comme avant et après la castration symbolique dont parle Lacan.
Dieu avait un côté mère juive et il était convaincu que l’homme, son dernier né, son portrait craché, c’était le plus beau. Brandissant une photo, il dit à la cantonade : Hein qu’il est magnifique, mon petit ange ?
Un frisson d’angoisse parcourut l’assemblée, les animaux reculèrent d’un pas, un peu comme s’ils avaient vu le diable.
C’est quoi votre problème ? demanda Dieu.
L’âne, un drôle de malin très intuitif et que le hasard avait mis en 1° plan rétorqua : j’ai un mauvais pressentiment, c‘est tout.
Enfin, on était bien, c’est pas toujours facile déjà, pourquoi avoir continué la création? Et il semble sournois votre ange, affirma de sa hauteur la petite tête de la girafe.
Il n’a pas l’air très catholique, dit le sanglier.
Je ne comprends pas un traître mot à vos blablas, dit Dieu, déçu. Je pars retrouver the last but not least.
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Blog anti préjugés et anti barbarie.
Pensées sur la pensée:
Ne pas penser que ce que l'on croit est toujours vrai... Passer ses convictions sous la lumière de sa critique, c'est ça, l'exercice courageux de la pensée. Penser comme tout le monde, ce n'est sans doute pas penser du tout.
Mais puisque chaque fois, pour penser, il faut revenir sur sa pensée, et chaque fois aller un cran plus loin, Heidegger a justement parlé là de la spirale de l'acte de penser.
pensée dialectique ou conversation :
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C'est par l'indispensable et continue critique de l'idéologie dominante qui nous fait prendre les préjugés les plus dangereux et fallacieux pour de la pensée éthique que nous
progressons.
Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes.
N°1 des préjugés , autrement dit pré-pensées:
Le postulat de base de l'humaniste moyen=
à offense physique ou mentale égale,
ce que souffrent les autres animaux est moins important
que ce que nous subissons,
non parce qu'ils ressentiraient moins
que nous, mais
parce qu'on juge qu'ils n'ont pas la même "valeur".
Du coup, préjugé N°2 : Etre cruel avec les animaux est rarement appelé barbarie et est souvent admis comme nécessaire...un mal, certes, mais si c'est utile à l'homme, alors, il faut le
faire, pense tout le monde.
Cette devise généralisée est machiavélique et non éthique.
Le problème de l'homme? Nous confondons puissance et pouvoir, I can et I may en anglais,
pouvoir et éthique, et surtout...pouvoir technique et valeur.
C'est pourquoi, nous qui avons le pouvoir de modifier le monde jusqu'à la destruction de la vie, nous devons faire particulièrement attention aux limites à nous donner.
La psychanalyse peut-elle nous apprendre pourquoi la barbarie est un mal récurrent?
Bien-sûr que oui, c'est justement en plein dans son champ d'action, le symptôme étant la figure par excellence de la barbarie.
Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes. Mais avec son slogan , l'homme
est attaché à la jouissance archaïque de son symptôme: "TOUCHE PAS A MA BARBARIE!"
Or le symptôme est une jouissance pathologoique qui se méfie de la pensée, d'essence, son ennemie.
D'où son enlisement au stade de la perversion polymorphe du jeune enfant, et la proposition de s'en sortir par l'analyse qui est donc la thérapie par l'Ethique.
Le rapport des hommes aux animaux est fait de
cette toute-puissance /toute-jouissance. On retrouve cette configuration abusive sado-masochiste quelque soit notre sentiment à leur égard. C'est un fait social, une norme qui se diffracte dans
toutes les sortes de relations à eux. De ce fait ce rapport alimente la stagnation de notre espèce au stade régressif en question, ce qui nous rend forcément barbare.
Un fumeur qui ne fumerait que dans un lieu autorisé, tel un fumoir, reste un fumeur.
De même, on ne peut être non barbare sous prétexte qu'on ne le serait qu'avec les animaux, même si là, c'est permis par la loi..
La tentation de jouissance est commune à tous. Les pulsions sont la base du désir, mais lorsque la jouissance est interdite car immorale, car elle léserait un tiers, elle doit rester non
satisfaite ou plutôt être sublimée. La pulsion de mort préside aux pulsions partielles. Elles sont donc toutes à satisfaire avec précaution.
Ceci rend le kamikaze, celui qui se tue en tuant, et ne castre pas ses pulsions barbares, proche de nous tous.
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