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Viande sur pied.

 

C'est l'oeil d'Abel qui nous regarde, nous les Caïn qui sacrifions notre humanité en même temps que nos frères animaux à notre "frèrocité".

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Lundi 24 mars 2008
publié dans : barbarie-symptôme et psychanalyse par Jo Benchetrit

D’Alain Bosquet:

Des mots ! je croule sous le poids de mes paroles.
Des mots ! des mots ont pris la place de ma chair.
Des mots ! Lequel de vous est celui qui m’immole
Mots carnivores dont j’ai fait mon univers ?

Le mot qui court, le mot qui dort, le mot qui plane
Cherchent dans le silence un visage à voler.
J’en possède un qui rampe, et c’est le mot « iguane ».
Tous les mots innocents m’empêchent de parler.

Je dis le mot « azur » : c’est ma sainte révolte.
Je dis le mot « planète », et c’est mon désaccord
Avec moi-même. Oh, que ma rage est désinvolte !
C’est du mot que j’attends l’excuse de mon corps.

Les mots sont capricieux. J’aime le mot « presqu’île »
Je le prononce et c’est déjà un animal,
Une fleur, une pierre. Où est mon domicile :
Dans le verbe, la chose, ou mon chaos natal ?

Les mots sont des tyrans. Je ne veux plus me taire.
J’écris, j’apprends la poésie par la terreur.
J’écris comme le veut mon seul vocabulaire.
J’écris, j’écris. Les mots sont tous des déserteurs.

Mots redoutés, me direz-vous ce que je pense ?
Pitre ou faussaire, c’est par vous que je survis.
Vous êtes la grandeur de cette déchéance.
Répondez, répondez ! Moi, je n’ai plus d’avis.

Je nais, je dois mourir ; en attendant où vais-je,
Moi qui ne peux sortir de mon poème obscur ?
C’est ma prison ; je le prolonge ou je l’abrège :
Entre moi-même et moi il a construit ce mur.

Je me suis retrouvé dans le mot « tramontane »,
C’est lui qui raccommode un univers brisé.
Je n’écris par pour l’érudit, pour le profane.
J’écris par vice ! je suis trop civilisé.

Je me suis retrouvé dans le mot « mirabelle »,
Il mord dans le soleil comme on mord dans un fruit.
Je n’écris pas pour le poète, le rebelle.
J’écris par insolence, et je me sais gratuit.

Je me suis retrouvé dans le mot « bastingage » ;
C’est lui qui me promet le cœur de l’infini.
Je n’écris pas pour le prophète, pour le sage.
J’écris pour me blesser : je veux être puni.

Alain Bosquet

Je ne retiens que ça, le plus génial car le plus réel:
“Des mots ! des mots ont pris la place de ma chair.”
Hier une amie m’a écrit:”J’ai mal au dis.” elle voulait dire au dos.
j’ai un peu rigolé mais elle n’a pas apprécié. Elle déteste la psychanalyse, elle croit ne pas avoir d’inconscient et pourtant…elle a mal au “dis”. Je trouve ça superbe de la part de cette littéraire et bien triste qu’elle n’en veuille point en savoir quelque chose d’un peu léger..
mais on parle toujours à un Autre…qui peut ne jamais répondre. Moi,ça m’est égal, j’ai eu un psy qui ne l’a pas ouvert pendant…n’ose pas vous dire mais vraiment des années.
je suis donc absolument blindée. Marrant à propos d’une ouverture qui ne se fait pas.


 

du silence des agneaux au monde du silence, en  passant par le silence des bêtes, on n'entend pas que les animaux parlent et appellent au secours.

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Blog anti préjugés et anti barbarie.

Pensées sur la pensée:

Ne pas penser que ce que l'on croit est toujours vrai... Passer ses convictions sous la lumière de sa critique, c'est ça, l'exercice courageux de la pensée. Penser comme tout le monde, ce n'est  sans doute pas penser du tout.

Mais puisque chaque fois, pour penser, il faut revenir sur sa pensée, et chaque fois aller un cran plus loin, Heidegger a justement parlé là de la spirale de l'acte de penser.
pensée dialectique ou conversation :
double-spirale.jpg


C'est par l'indispensable et continue  critique de l'idéologie dominante qui nous fait prendre les préjugés les plus dangereux et fallacieux pour de la pensée éthique que nous progressons.

Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes.



N°1 des
préjugés , autrement dit pré-pensées:

Le postulat de base de l'humaniste moyen=
à offense physique ou mentale égale,
ce que souffrent les autres animaux est  moins important

que ce que nous subissons,
non parce qu'ils ressentiraient moins
que nous,
mais
parce qu'on juge qu'ils n'ont pas la même "valeur".


Du coup, préjugé N°2 : Etre cruel avec les animaux est rarement appelé barbarie et est souvent admis comme nécessaire...un mal, certes, mais si c'est utile à l'homme, alors, il faut le faire, pense tout le monde.

Cette devise généralisée est machiavélique et non éthique.

Le problème de l'homme? Nous confondons puissance et pouvoir, I can et I may en anglais,
pouvoir et éthique, et surtout...pouvoir technique et valeur.

C'est pourquoi, nous qui avons le pouvoir de modifier le monde jusqu'à la destruction de la vie, nous devons faire particulièrement attention aux limites à nous donner.






La psychanalyse peut-elle nous apprendre pourquoi la barbarie est un mal récurrent?

Bien-sûr que oui, c'est justement en plein dans son champ d'action, le symptôme étant la figure par excellence de la barbarie.

Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes. Mais avec son slogan , l'homme est attaché à la jouissance archaïque de son symptôme: "TOUCHE PAS A MA BARBARIE!"

Or le symptôme est une jouissance pathologoique qui se méfie de la pensée, d'essence, son ennemie.

D'où son enlisement au stade de la perversion polymorphe du jeune enfant, et la proposition de s'en sortir par l'analyse qui est donc la thérapie par l'Ethique.

Le rapport des hommes aux animaux est fait de

cette toute-puissance /toute-jouissance. On retrouve cette configuration abusive sado-masochiste quelque soit notre sentiment à leur égard. C'est un fait social, une norme qui se diffracte dans toutes les sortes de relations à eux. De ce fait ce rapport alimente la stagnation de notre espèce au stade régressif en question, ce qui nous rend forcément barbare.
Un fumeur qui ne fumerait que dans un lieu autorisé, tel un fumoir, reste un fumeur.

De même, on ne peut être non barbare sous prétexte qu'on ne le serait qu'avec les animaux, même si là, c'est permis par la loi..



La tentation de jouissance est commune à tous. Les pulsions sont la base du désir, mais lorsque la jouissance est interdite car immorale, car elle léserait un tiers, elle doit rester non satisfaite ou plutôt être sublimée. La pulsion de mort préside aux pulsions partielles. Elles sont donc toutes à satisfaire avec précaution.

Ceci rend le kamikaze, celui qui se tue en tuant, et ne castre pas ses pulsions barbares, proche de nous tous.

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