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Analyse structurale et sémiologique du rapport de l’homme à l’animal et conséquemment à sa propre animalité.
Lorsque l’homme parle, il ne se contente pas de traduire le réel en mots mais il dit son désir par rapport à ce réel, il va jusqu’à n’en exprimer que ce qui le
représente, lui, le sujet humain. Le terme de traduction est cette opération qui consiste à faire un thème, se dire en étranger, ou une version, dire l’étranger en sa langue. Le recours aux
langues dont dérivent les signifiants, l’étymologie donc, est ce qui fait qu’une traduction n’est pas une simple relation duelle entre 2 langues.
Mais dans le cas qui nous occupe, il ne s’agit pas de traduire une langue en une autre mais de traduire l’inexprimé, le réel, en mots.
L’inexprimé n’est pas inexprimable, même si, selon Lacan, il est impossible de tout dire. Lacan n’en fait pas une règle de conduite mais certains lacaniens(hi,hi,hi !) le pensent
et font de son analyse de la limite du signifiant, de ce reste de Réel impossible à dire, un art de vivre pudique, ce qui est une façon de
traduire le maître en le trahissant.
Mais n’est-ce pas fatal ? « Il y a malentendu dès qu’on parle », comme le déplore Lacan.
N’est ce pas pour cela qu’avec les animaux, nous ne nous sentons pas trahis ?
Puisque nous pensons qu’ils ne parlent pas, nous avons peu l’occasion de savoir s’ils ne se trompent pas, eux aussi, sur le sens de nos paroles(dans lesquels j’englobe les gestes, les intonations, les actes). Mais en général, ils ne sont pas aussi paranoïaques que nous et ne nous mordent pas à tout bout de champ, comme le font les humains entre eux, se croyant facilement attaqués.
C’est pour cela que nous assimilons les animaux au réel , alors qu’eux aussi sont dans l’imaginaire, et que parfois, ils ne manquent pas d’être dans le symbolique, enfin certains d’entre eux, car il sont une grande variété et que nous sommes, même si nous ne voulons pas le savoir, l’un d’eux.
Pourquoi, justement, ne nous savons-nous pas animal ?
Il y a deux champs de raisons :
1. Linguistiques :
Ils sont nommés par nous, ils sont parlés par nous, donc traduits, ce qui les pose par rapport à nous en étrangers. En effet, on traduit des langues étrangères l’une à l’autre.
2. Politiquo-psychiques :
Ils sont utilisés par nous sans que nous mettions de limites réellement étanches, réellement protectrices. Donc on leur impose un rapport structural à nous qui les met en place d’objets de cette jouissance interdite entre humains car destructrice puisque archaïque.
Cette jouissance est la satisfaction de pulsions infantiles. Leur satisfaction avec les animaux n’est pas encore sublimée, pas encore castrée par la Loi qui garantit une sécurité interhumaine dans la vie sociale.
Il me semble évident que ces 2 groupes de causes interagissent l’un sur l’autre. La façon dont historiquement l’homme met des mots sur le réel des animaux et sur le sien par conséquent, en s’en démarquant, va dans le sens de la jouissance qu’il en tire. Et cette jouissance, qui pourrait être en soi source de culpabilité, alimente un discours de mauvaise foi dont la fonction est alors plus de masquer le réel que de le traduire au plus près de ce qu’il est.
C’est pour cela que les mots sur les animaux, comme les mots qui font des noms d’animaux des signifiants symbolisants des traits humains, sont tous sujets à caution. Tout semble être au service de cette jouissance régressive permise dans cet immense îlot de liberté pour la pulsion de mort, qui préside à cette jouissance que je dirais kamikaze car elle détruit et l’objet du désir et le sujet désirant.
Nous prenons enfin conscience que notre action sur la nature est source de grands malheurs pour les autres, ce dont on se fout, hélas, en général, mais, plus
important aux yeux de l’humain moyen égocentriste, sur ce qui permet notre vie, notre écosystème dont le risque le plus évident est d’être mis à mal par le dérèglement climatique engendré par nos
dites- activités..
Ce qui ne nous empêche pas de continuer sans remettre en cause notre façon de vivre sur les bases humanistes d’un axiome à court terme: « Tout est permis, si c’est pour un
homme ».
Or notre humanité a planté sa tente il y a peu sur le territoire des autres animaux, là pour certaines espèces depuis 300.000.000 d’années. C’est hallucinant quand on y pense de savoir que notre humanité telle qu’on la connaît est une jeunette complètement érotomaniaque puisqu’elle pense qu’elle le vaut bien, que Dieu le veut parce qu’il l’aime, que Darwin a raison, qu’elle est le fin du fin de ce qui se fait de plus top dans l’évolution… et de ce fait nous ne sommes pas choqués de cette exigence exaspérante du socius qui désigne comme traître à l’espèce humaine quiconque mettrait en doute cette injonction surmoïque: tu dois toujours te comporter en maître du monde. C’est ta place et les animaux aussi ont leur place : subalterne, à ta disposition.
Du fait qu’il parle, l’homme se met en position de traduire le réel et de s’en sentir ...étrangement ailleurs, alors même qu’il en fait partie.
Les idées une fois énoncées appartiennent à celui sur qui elles se sont posées s’il veut bien les recueillir...
Ce sont des graines qui s'envolent et poussent dans l'esprit de celui qui saura les fertiliser et les relâcher dans la nature où elles courront à nouveau leur chance de trouver un hôte qui les
enrichira. On peut imaginer qu’une idée n’est heureuse que si elle fédère suffisamment de monde. Mais est-elle pour autant juste ?
Il arrive que des idées fausses fassent l’unanimité. Il arrive qu’elles aient tant de succès qu’elles relient des humains entre eux comme le font les
religions mais qu’elles les induisent en erreur.
Or il se trouve que certaines erreurs sont des fautes en toute logique conséquentialiste.
Il y a des idées qui semblent avoir fait leur tour du monde et avoir pénétré les esprits humains de partout. En ce sens, elles sont universelles. Il y a un certain nombre de choses qui ont si bien impregné l’humanité dans son ensemble qu’on ne les voit plus. C’est ce qu’on range derrière la proposition : « il va de soi ».
Tout ce qui se trouve derrière est une évidence que nul ne saurait mettre en doute sous peine de se faire ridiculiser…ou de scandaliser.
Si je dis : « il va de soi qu’il ne faut pas tuer les bébés. » personne n’y trouvera à redire.
Si je dis : il va de soi que nous devons manger de la viande pour vivre, ou encore qu’il y a un hierarchie des espèces dont nous sommes l’aboutissement, il va desoi que la terre appartient à
ses habitants et que dans ses habitants, je ne compte que les hommes, ça ne choquera persoinne.
Par contre si je dis ce que je pense: « il va de soi que la géographie par nations est un artefact, une construction humaine qui reflète que l’homme a volé la terre à ses habitants, ses
colocataires », je vais faire scandale dans le meilleur des cas, ( un scandale peut ouvrir sur une réflexion), ou me faire la risée de mes interlocuteurs au pire.
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Blog anti préjugés et anti barbarie.
Pensées sur la pensée:
Ne pas penser que ce que l'on croit est toujours vrai... Passer ses convictions sous la lumière de sa critique, c'est ça, l'exercice courageux de la pensée. Penser comme tout le monde, ce n'est sans doute pas penser du tout.
Mais puisque chaque fois, pour penser, il faut revenir sur sa pensée, et chaque fois aller un cran plus loin, Heidegger a justement parlé là de la spirale de l'acte de penser.
pensée dialectique ou conversation :
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C'est par l'indispensable et continue critique de l'idéologie dominante qui nous fait prendre les préjugés les plus dangereux et fallacieux pour de la pensée éthique que nous
progressons.
Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes.
N°1 des préjugés , autrement dit pré-pensées:
Le postulat de base de l'humaniste moyen=
à offense physique ou mentale égale,
ce que souffrent les autres animaux est moins important
que ce que nous subissons,
non parce qu'ils ressentiraient moins
que nous, mais
parce qu'on juge qu'ils n'ont pas la même "valeur".
Du coup, préjugé N°2 : Etre cruel avec les animaux est rarement appelé barbarie et est souvent admis comme nécessaire...un mal, certes, mais si c'est utile à l'homme, alors, il faut le
faire, pense tout le monde.
Cette devise généralisée est machiavélique et non éthique.
Le problème de l'homme? Nous confondons puissance et pouvoir, I can et I may en anglais,
pouvoir et éthique, et surtout...pouvoir technique et valeur.
C'est pourquoi, nous qui avons le pouvoir de modifier le monde jusqu'à la destruction de la vie, nous devons faire particulièrement attention aux limites à nous donner.
La psychanalyse peut-elle nous apprendre pourquoi la barbarie est un mal récurrent?
Bien-sûr que oui, c'est justement en plein dans son champ d'action, le symptôme étant la figure par excellence de la barbarie.
Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes. Mais avec son slogan , l'homme
est attaché à la jouissance archaïque de son symptôme: "TOUCHE PAS A MA BARBARIE!"
Or le symptôme est une jouissance pathologoique qui se méfie de la pensée, d'essence, son ennemie.
D'où son enlisement au stade de la perversion polymorphe du jeune enfant, et la proposition de s'en sortir par l'analyse qui est donc la thérapie par l'Ethique.
Le rapport des hommes aux animaux est fait de
cette toute-puissance /toute-jouissance. On retrouve cette configuration abusive sado-masochiste quelque soit notre sentiment à leur égard. C'est un fait social, une norme qui se diffracte dans
toutes les sortes de relations à eux. De ce fait ce rapport alimente la stagnation de notre espèce au stade régressif en question, ce qui nous rend forcément barbare.
Un fumeur qui ne fumerait que dans un lieu autorisé, tel un fumoir, reste un fumeur.
De même, on ne peut être non barbare sous prétexte qu'on ne le serait qu'avec les animaux, même si là, c'est permis par la loi..
La tentation de jouissance est commune à tous. Les pulsions sont la base du désir, mais lorsque la jouissance est interdite car immorale, car elle léserait un tiers, elle doit rester non
satisfaite ou plutôt être sublimée. La pulsion de mort préside aux pulsions partielles. Elles sont donc toutes à satisfaire avec précaution.
Ceci rend le kamikaze, celui qui se tue en tuant, et ne castre pas ses pulsions barbares, proche de nous tous.
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