Samedi 27 juin 2009
- Publié dans : barbarie-symptôme et psychanalyse - Par Jo Benchetrit


Toi qui fut mon ami,
Je n'aime pas le mot "maître" et pas seulement parce qu'il rime avec traître. Il y a des mots sacrés. Parmi ceux-ci le mot amitié. On pense de suite: éternité. Ça rime, tiens!

Mais  pour moi qui ai tant subi de ce simple mot, qui ai tant de fois assisté à son massacre par des gens pour qui moi, leur soi-disant ami, j'ai eu soudain, le statut de   merde à mettre aux chiottes sans sommation,   jamais plus je n'accepterai de l'utiliser.  Je n'y croirai plus jamais. Ou plutôt, je ne croirai plus en aucun humain. Je ne ferai plus la fête à personne; je préfère rester seul sur cette pierre de ce box de refuge. Je ne veux plus de cet espoir qui est si cher à payer quand on le transforme en déception cruelle. Je sais qu'avec cette décision, je serai bientôt sur la liste des euthanasiés. Je le sais mais je préfère ce suicide indirect à vos hypocrisies indécentes.

On vit dans un univers de consommation, où l'on jette ce qui n'est plus trop idéal. On  ne discute pas, on ne cherche pas à arranger les choses, à savoir si l'autre a ou pas mérité la sanction, s'il n'a pas qd même  suffisamment  de qualités pour qu'on puisse encore éprouver qq  joie à le savoir parmi ses "amis", du moment qu'à un moment,  il gêne. Alors, on jette.
C'est écœurant, mais c'est bien ça l'humain. On nous abandonne bien, nous,  les animaux, et aussi les vieux. Et moi, le Dog, ton "Doguy cheri" tu disais, je cumule: je suis un vieil animal, bientôt 12 ans, et pour un gros chien philosophe, ça pèse, surtout sur cette pierre aussi dure que ton coeur. Oui, je sais, c'est facile comme image, mais pour moi, ce soir où, lâchement, tu m'a laissé dans ce refuge où tu étais venu me chercher un jour lointain où tous les bonheurs m'étaient promis, pour moi, c'est une métaphore qui s'impose.



En général , les animaux ont un sens de l'amitié que les hommes ont perdu sans doute en la nommant. Les animaux ne connaissent pas le mot, mais il me semble, pour ceux que j'ai connu, que leur amour, ils ne le reprennent pas. Et  pourtant les gens majoritairement sont avec eux assez injustes , brutaux, odieux  pour qu'ils aient 1000 fois l'occasion de retirer leurs billes.

C 'est  pour cela que tant de gens sensibles déçus par les humains se trouvent si bien avec les animaux.

 Ils  n'ont pas cette rancune mesquine qu'ont certains de vos congénères. Ils  donnent une chance  aux pires des "maitres", ils sont branchés côté cœur. La raison froide, le sens de l'intérêt (à quoi ME sert Untel? à rien? bon,  je le jette) est une boussole dangereuse. Nul ne sait si de cette logique, il n’en sera pas un jour la victime à son tour.

Brader ainsi , de manière irréversible, ce qui fut une relation de près de 10 ans, résistant sans pitié aucune aux (courageuses, ce n’est jamais facile de s'applatir même si on est un chien  ) demandes d'amour, pour, sois lucide, une peccadille— des vacances dans un lieu où les bêtes sont interdites— c’est terrifiant.

Ben    ça en dit long sur tes sentiments. Je pense que c'est un simple prétexte et qu'il y a longtemps que tu n'en avais plus rien à cirer de moi. T’avais qu’à le dire avant...

 
Ne me parlez plus jamais d'amitié, ce soir ce mot me fait l’effet hideux d'une vomissure. Il  est aussi vide de sens que les cœurs des hommes.

Ce soir, sache  que je ne crois plus en grand chose. Sinon en cette barbarie qui est la maladie humaine par excellence. Hélas, ça semble peu curable.

Il ne me reste plus qu’à m’acheter une carapace, en attendant la fin.

 "La réalité, c'est ce qui continue d'exister lorsque l'on cesse d'y croire"
Ph.K. Dick

OUI, ET CETTE REALITÉ DE LA VANITÉ DES SENTIMENTS HUMAINS, CE SOIR, ME SAUTE À LA GUEULE. Et pourtant, dans cette cage qui est mon ultime et inconfortable abri, c'est ce soir que je réalise que je t'aime.
Cependant, je voudrais bien faire partie d'un club: celui des misanthropes.
Bon, restons en là.
Plus de léchouilles pour toi, toi dont j'ai encore l'odeur sur ma robe, le goût sur la langue, la senteur adorée de la maison plein les naseaux, comment veux-tu que je t'efface de mes pensées?
Je ne me plais que  sur un canapé, arthrose oblige, mais je préfère rester là que de connaître un bonheur éphémère qu'il me faudrait abandonner à nouveau.   
Adieu, donc, puisque tu me plaques.
Signé:
Celui qui fut ton chien et qui, ce soir, n'est plus rien du tout.


Dog.
PS:
Mais on est ainsi fait que si tu venais demain, malgré tout ce que je dis là, je t'accueillerais, avec ô combien de joie que tu ne te douterais pas à me subir queue fouettant l'air et yeux éperdus  que je ne   suis pas amnésique, loin de là! Simplement, je sens bien que tu es dejà ailleurs, à flairer l'air léger de ton lieu de villegiature, à te demander si tu vas te baigner avant ou après avoir défait tes valises. Maître traître, je te hais.
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Bienvenue au pays du réel.

GUZZY, ce blog t'est dédié ainsi qu'à Sarah, Câline et Gigi et à mes autres êtres chers dérobés à ma tendresse.
Vous êtes actuellement  6388    vivants sensibles connectés à Over-Blog dont  6  sur mon blog anti-barbarie.
Mon ambition: que vous vous placiez  dans le bon angle pour VOIR enfin le scandale dont l"humain est coupable et que vous vous masquez. Vous verrez que quelque chose est pourri dans le royaume des hommes. Et, après vous être posé la question du "Pourquoi?" vous voudrez peut-être répondre, contemplant ce qui est à changer: Les seuls qui en prennent soin, ce sont ceux qui se veulent meilleurs, ceux qui  perfectionnent leur éthique à la hauteur de la morale interdisant l'inceste, c'est  dire ceux qui s'empêchent l'accès à la jouissance destructrice des pulsions non sublimées. En d'autres termes, ceux qui assument la castration symbolique.("un homme,ça s'empêche":père d'Albert Camus)
Aujourd’hui, ceux-ci ne sont plus ceux qui se préoccupent d’abord des hommes mais justement bien au contraire ceux pour qui la souffrance animale imposée par les hommes, au détriment de leur humanité, est le  souci premier. 
 

Aux origines de la barbarie humaine, que ce soit  entre les hommes,  ces auto-décrétés "êtres supérieurs" et la nature dont les autres animaux, il y a un rapport illicite. Il ouvre la porte au pire qui siège en l'homme et   interdit de progresser moralement pour rejoindre ce qu'on met d'éthique dans le  signifiant "humanité".
On ne peut donc se contenter de réduire sa facture d'eau pour sauver la planète. 
Lorsque vous ouvrirez enfin les yeux sur ce que nous faisons subir d'atroce en continu aux animaux, vous ne pourrez que vous résoudre à dire avec moi:  Un manque de savoir vivre évident dans la société des vivants sensibles que sont ceux qu'on appelle les bêtes est digne d'un Ubu sans gêne et psychopathe. Pour que triomphe la morale(mot devenu tabou), il faut arriver à la remise en cause de chacune de nos
évidences.
Il faut douter de soi pour devenir soi-même
, non asservi à sa jouissance barbare, nous dit la psychanalyse. Guérir, pour notre espèce en dégradation suicidaire et assassine, c'est ne plus accepter la barbarie comme allant de soi. C'est donc choisir la liberté contre l'esclavage kamikaze de notre espèce.
Cela passe par le devoir de l'identifier là où elle est rendu méconnaissable
par le fait qu 'elle est dite par la force de l'habitude,
normale, et niée en tant que crime.
Pour en finir avec la monstruosité humaine, il faut défendre la cause des vivants sensibles que sont les animaux. 


Alors que nous, nous menaçons la VIE.
 
Les vers de terre disparaîtraient...les autres espèces, dont notre espèce chérie, aurait du mal à y survivre. Nous disparaîtrions, le monde mettrait 100 millions d'années (temps de disparition des déchets nucléaires) à se purger des traces toxiques de notre passage. Avouez que c'est un problème qui entache gravement l'image que nous nous faisons de nous-mêmes.
++++++++++++++++++++++++++++++++

Viande sur pied.

 

C'est l'oeil d'Abel qui nous regarde, nous les Caïn qui sacrifions notre humanité en même temps que nos frères animaux à notre "frèrocité".

Ego pas Narcisse.

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accueil      Blog anti préjugés et anti barbarie.


Ne pas penser que ce que l'on croit est toujours vrai... Passer ses convictions sous la lumière de sa critique, c'est ça, l'exercice courageux de la pensée. Penser comme tout le monde, ce n'est  sans doute pas penser du tout.

Mais puisque chaque fois, pour penser, il faut revenir sur sa pensée, et chaque fois aller un cran plus loin, Heidegger a justement parlé là de la spirale de l'acte de penser.
pensée dialectique ou conversation :
double-spirale.jpg


C'est par l'indispensable et continue  critique de l'idéologie dominante qui nous fait prendre les préjugés les plus dangereux et fallacieux pour de la pensée éthique que nous progressons.

Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes.



N°1 des préjugés , autrement dit pré-pensées:

Le postulat de base de l'humaniste moyen=
à offense physique ou mentale égale,
ce que souffrent les autres animaux est  moins important
que ce que nous subissons,
non parce qu'ils ressentiraient moins
que nous, mais
parce qu'on juge qu'ils n'ont pas la même "valeur".

Du coup, préjugé N°2 : Etre cruel avec les animaux est rarement appelé barbarie et est souvent admis comme nécessaire...un mal, certes, mais si c'est utile à l'homme, alors, il faut le faire, pense tout le monde.

Cette devise généralisée est machiavélique et non éthique.

Le problème de l'homme? Nous confondons puissance et pouvoir, I can et I may en anglais,
pouvoir et éthique, et surtout...pouvoir technique et valeur.

C'est pourquoi, nous qui avons le pouvoir de modifier le monde jusqu'à la destruction de la vie, nous devons faire particulièrement attention aux limites à nous donner.






La psychanalyse peut-elle nous apprendre pourquoi la barbarie est un mal récurrent?

Bien-sûr que oui, c'est justement en plein dans son champ d'action, le symptôme étant la figure par excellence de la barbarie.

Il y a un devoir de penser, de remettre en doutes nos convictions, quand nos préjugés sont criminogènes comme dans le "spécisme", le racisme et autres ostracismes. Mais avec son slogan , l'homme est attaché à la jouissance archaïque de son symptôme: "TOUCHE PAS A MA BARBARIE!"

Or le symptôme est une jouissance pathologoique qui se méfie de la pensée, d'essence, son ennemie.

D'où son enlisement au stade de la perversion polymorphe du jeune enfant, et la proposition de s'en sortir par l'analyse qui est donc la thérapie par l'Ethique.

Le rapport des hommes aux animaux est fait de

cette toute-puissance /toute-jouissance. On retrouve cette configuration abusive sado-masochiste quelque soit notre sentiment à leur égard. C'est un fait social, une norme qui se diffracte dans toutes les sortes de relations à eux. De ce fait ce rapport alimente la stagnation de notre espèce au stade régressif en question, ce qui nous rend forcément barbare.
Un fumeur qui ne fumerait que dans un lieu autorisé, tel un fumoir, reste un fumeur.

De même, on ne peut être non barbare sous prétexte qu'on ne le serait qu'avec les animaux, même si là, c'est permis par la loi..



La tentation de jouissance est commune à tous. Les pulsions sont la base du désir, mais lorsque la jouissance est interdite car immorale, car elle léserait un tiers, elle doit rester non satisfaite ou plutôt être sublimée. La pulsion de mort préside aux pulsions partielles. Elles sont donc toutes à satisfaire avec précaution.

Ceci rend le kamikaze, celui qui se tue en tuant, et ne castre pas ses pulsions barbares, proche de nous tous.


 

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