Psychanalyse et animaux.

Pour en finir avec la barbarie, il faut que l'homme intériorise la morale basique.

23 Août 2009, 08:03am

Publié par Jo Benchetrit

"Sujet" de la science ou objet partiel livré à nos pulsions les plus destructrices?

Si progrès humain il devait y avoir , ce serait tout simplement au niveau de la satisfaction des pulsions, toutes appelées par Freud le ça dans la 2° topique, que cela jouerait. Ce qui menace l’homme, au final, c’est son ça. En d’autres termes, jouir n’est pas sans conséquences , surtout si on ne jouit pas de manière, disons, civilisée. 
La décharge pulsionnelle peut, fort heureusement, se faire de manière  non  offensive, sans qu’il y ait besoin d’une victime pour y arriver. Le fantasme peut très bien remplacer la réalisation. D’ailleurs le névrosé moyen se contente d’avoir des fantasmes barbares. Là où le pervers se sentira obligé par peine à jouir, d’avoir recours au passage à l’acte plus ou moins dangereux pour les autres. Ce qu’il faut savoir, c’est que :

1° notre sexualité commence très jeune, par l’auto-érotisme et par la perversion polymorphe de l’enfant jeune.

2. ce n’est pas la sexualité au sens commun du terme. Il s’agit de plaisir du corps, mais l’enfant n’est pas du tout prêt pour le coït. Il hallucine des choses qui sont souvent d’une grande violence. Comme de manger le sein, ou d’être mangé lui-même, comme de couvrir de ses excréments le monde entier s’il n’est pas content, comme d’ouvrir le ventre de sa mère pour voir ce qui s’y cache, etc. Et tout cela se ressent physiquement et s’organise autour des trous du corps en une jouisance sans scrupules ni barrières autres que celles du réel qui empêche toute realisation vu qu'un bébé ne peut pas grand chose, n'est-ce pas? L’enfant est partagé par un fantasme de toute-puissance, toute-jouissance qui est doublé par un sentiment de réelle impuissance car il est à l’âge où il ne peut survivre sans qu’on le nourrisse, sans qu'on subvienne à tous ses besoins.

3. cette période est refoulée, et l’enfant peu à peu par l’éducation, c'est-à-dire dirait Dolto par « la castration des pulsions » partielles, va opter pour un mode de jouir qui ne fasse de mal à personne. C’est un processus civilisationnel. Il fait d’un petit pervers polymorphe, barbare, un être qui ne demande qu’à être protégé de ses satisfactions inquiétantes où, comme dans le film Shining où le père, protecteur en général se transforme en menace criminelle pour l’enfant et sa mère, tout est possible, même des offensives venant de ses parents eux-mêmes, où aucun adulte ne le protège, où on ne peut faire confiance à personne. La bonne mère, pour le petit enfant, se transforme facilement en mauvaise mère, laissant parfois l’enfant dans une grande angoisse qui recouvre la question  du désir de l’Autre : que (me) veut-elle ?

4. Le développement de l’enfant n’élimine pas les stades dépassés, ce qui fait, hélas !  qu’en certaines occasions, on peut régresser. C’est ainsi que l’on voit le civilisé (re)devenir barbare, comme dans le nazisme par exemple. On appelle ça le « retour du refoulé ». Il y a quelque chose qui fait que ce qui devrait être inaccessible dès que dépassé est à nouveau à notre disposition par régression. Cela signifie que la morale ne suffit pas. Je prétends que si certains comme les justes ne replongent pas dans le refoulé pervers, c’est que l’exception fait la règle, comme disait Lacan…cela signifie que c’est possible. Oui, il est possible de faire que quelqu’un ne replonge jamais dans la perversion polymorphe, car il a intériorisé si bien les interdits qu’il ne ressent aucun besoin, et jamais, de jouir à nouveau de cette manière destructrice. La barrière chez les justes a   été si bien placée, ou encore la porte si bien verrouillée qu’ils n’ont n’ont plus accès à cette cruauté originelle, à ce temps où les bêtes et méchants s’installent, eux, avec  délice. Ces Narcisse qui croient être dans leur bon droit de surcroît peuvent, selon les autorisations du socius, se trouver les  victimes désignées par le système ; Sous les nazis, les juifs préférentiellement mais aussi d’autres catégories. Sous les talibans, les femmes. Mais aussi les enfants. Sous le règne de l’homme fait Dieu dans la religion humaine qui se retrouve dans tous les pays, dans toutes les religions, sous toutes les latitudes, l’animal , lui, paie un lourd tribu à la jouissance régressive des hommes.
C’est pour cela que je ne lutte pas pour les animaux mais pour une maturation des hommes, une maturation qui se voudrait irréversible car assise sur une éthique solidement arrimée en l’homme.  Les victimes  potentielles seraient protégées, d sans discrimination, c'est-à-dire  sans pour cela qu’il soit utile de préciser  quelles classes de victimes est dans notre visée.   Car ce dont il s’agit, c’est de rendre impossible la tentation du passage à l’acte par un refoulement bien étanche.

C’est la fonction paternelle qui peut parvenir à ça. Reste à savoir si ce qui est en théorie possible le sera dans la réalité.
 .

Toute le développement psychique de l’enfant donne une idée de ce que serait le progrès humain.
Tout cela  est contenu dans cette formule de Freud :  « Wo es war, sol ich verden » traduit  dans un 1° temps par les psychanalystes dits orthodoxes par« Le moi doit déloger le ça ». Lacan propose ceci : « Là où c’était, je dois advenir ». Le je n’est pas le moi. Le je est le sujet du désir,   

Cette traduction met en évidence que ce   dont il s’agit, c’est de mettre en veilleuse le moi, c'est-à-dire le Narcisse en chacun, qui ne demande justement qu’à se laisser habiter par le ça. Les exemples ne manquent pas de la possible barbarie née du narcissisme : les luttes entre clans, qui peut aller jusqu’à des guerres entre ceux qui vivent dans des immeubles différents, ou encore la haine raciste.

Lorsque l’on défend les animaux, comme quand on interdit la barbarie envers les hommes, on ne fait rien moins que d’inciter le sujet à déloger le ça.

Donc, inutile de demander la reconnaissance des droits des femmes, des juifs, des arabes, des enfants, de tout ce que vous voudrez…et last but not least, des animaux. Ce dont il s’agit est de mener à bien, tout simplement ce qui est la moindre des choses, le développement psychique de tout un chacun  : faire d’un barbare un être capable de ne pas vouloir  détruire l’Autre pour jouir comme le demandent ses pulsions.

Il est clair que si cela se pouvait, l’histoire du monde cesserait d’être l’histoire de   destruction du biotope et de ses habitants par cet animal nommé par erreur Sapiens, car, plus que l’erreur, on peut dire que Terreur est humaine.

C’est pour cela que l’on doit lutter en même temps contre toutes les figures de cette méchanceté humaine quelque soit la catégorie de vivants sur laquelle s elle s’abat. Sinon, on laisse ouverte la porte à cette régression.   

Il me semble absurde de dégoiser des horreurs sur des humains ( comme les juifs qui sont toujours la cible des nazillons et de leurs sous-fifres) et de se croire bon parce qu’on défend les animaux. Et l’inverse est aussi déconnant !

J’espère avoir pu mettre en évidence qu’il n’y a pas à s’occuper du genre (ni de la race, ni de l’espèce, ni de la rue où elle vit, ni de la religion de la victime pour la défendre, qu’il ne faut pas demander de préférence pour l’homme ou pour les animaux…ce qui serait narcissiquement choisi. Il  faut juste savoir vivre. Apprendre à vivre sans léser les autres, quelques soient ces autres.

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Guern' de Bé 23/08/2009

Il me semble que si, déjà, tout le monde se reconnaissait comme soi-même étant barbare et non projeter sur l'Autre sa propre barbarie, on ferait un grand pas en avant...Arrêter de penser que le mauvais, c'est l'autre...et le bien, c'est soi-même. Mais ça a l'air très difficile pour le commun des mortels que de reconnaître cette simple petite chose si évidente...même à soi-même !Bon, l'enfer est pavé de bonnes intentions...certains "amis des animaux" peuvent être terrifiants à force "d'amour"...

jo 24/08/2009

merci de m'avoir lue et d'avoir fait echo. C'st un pb complexe.il est plus important de reflechir que d'aimer. Mais l'amour arrive de surcroit, à ton insu, du simple   fait que tu es dans la compassion, dans la proximité affective de l'Autre, qui recouvre ces victimes potentielles. Si tu parles à l'Autre, tu te prends à l'aimer. Comme ça, qd je parle à une mouche, je la regarde autremet. C'est une gym de l'être, si onpeut dire, que de parler à une mouche...Je lui ai dit, hier: tu as de beaux yeux! Et j'ai cru qu'elle y était sensible, contrairement à ce que tu dis   sur les mouches. Mais il ne faut pas que l'affect soit un frein à la réflexion. Car alors, on peut se retrouver avec des gens qui achetent des animaux pq ils aiment telles races de chiens, et, ce faisant, nuisent aux animaux. 

Guern' de Bé 24/08/2009

Je comprends ce que tu dis...parce que tu n'as qu'une seule mouche chez toi...Ici, il fait très chaud, il y a des chats, des chiens, de la chaleur humaine et les mouches s'invitent chez toi et viennent voler autour de toi, se poser sur toi, voire s'y coller. C'est très désagréable...et même quand on les chasse, elles reviennent à l'attaque. Pour moi, c'est un peu de la légitime défense. J'ai essayé de leur parler, comme j'ai parlé aux fourmis qui sont venues à une époque dans mes placards...Les fourmis maintenant restent au jardin. Les mouches ne veulent rien savoir ! Elles envahissent, elles se posent sur la litière du chat, puis sur ton pain, elles font caca sur les rideaux, sur les ampoules, sur les murs, partout ; et parfois même elles viennent baiser sous ton nez à plusieurs et après elles pondent leurs oeufs, partout aussi. Elles sont vraiment dégoûtantes...Franchement, un humain se conduirait comme ça chez toi, tu ferais quoi ? Tu le mettrais dehors ! Le problème, c'est qu'elles reviennent toujours, elles comprennent vraiment rien. Alors même si elles ont de beaux yeux...très performants (elles voient à 360° et c'est pas si facile de les choper...elles ont toutes leurs chances de s'enfuir !), je préfère qu'elles aillent ailleurs que chez moi...Si j'arrivais à les attraper, je te les enverrais dans un colis postal...

jo 24/08/2009

Certes, il est vrai qu'avec une seule mouche...c'est pas gênant.Mais.il y a des moustiquaires à mettre   aux fenêtres pour les empêcher de rentrer. as tu cette possibilité?Si tu as des baies, c'est moins facile, je pense, encore qu'il existe peut etre quelque store moustiquaire? Sinon, ça devrait exister. inutile de les  traumatiser. elles seront mieux dans ton coin où elles sont nées. tu vas pas faire un camp pour mouches, ici, lol. 

jo 24/08/2009

de plus qu'elles baisent ne devrait pas te choquer, qd même. Le plaisir est pour tout le monde. 

simon 26/08/2009

je suis avec vous conte le masacre des chien il sonsi gentil et parfois il apporte plus de sentiment plus de biennetre que un umain ne pourra jamais faire alors arreter svp !!! il son comme les humain 99% de bonne choe et 1% de mauvaisee et ecore l humain ne fai pas le poid humain 60% de bon et 40 % de mauvais

Guern' de Bé 28/08/2009

Qu'on baise ne me choque pas, mais y'a quand même des limites à ne pas dépasser, elles font beaucoup de bruit (bbbzzzzz) et en volant juste devant ton nez, quand c'est pas dans tes oreilles...C'est vraiment pas discret. Mais ce n'est pas ça le plus pénible...Oui, bien sûr que j'ai des moustiquaires, mais j'ai aussi des chats et ils veulent toujours entrer par la fenêtre, donc ils me font des trous dans la moustiquaire...Ah ! C'est compliqué la vie des animaux !!!

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