En toute rigueur éthique, être le plus fort ne donne que des devoirs, et surtout, malgré ce que font les hommes aux animaux au nom de leur fantasmatique supériorité de "valeur"(?) , ne donne aucun droit. Pour accéder à cette réalité salvatrice, il faut s'armer d'une solide lucidité qui, combattant notre rêve mégalomaniaque, nous réveillera, formant enfin une possibilité de penser  notre condition et  celle de nos victimes, les AUTRES animaux. C'est penser à rebrousse -poil de la pensée commune, donc vraiment penser, que de vouloir se pencher sur le réel en dehors de tout préjugé, de toute idéologie totalitaire comme l'est l'humanisme, religion de l'homme qui se croit DIEU  et délire avoir tous les droits du simple fait de ne pas être né animal, ce qui est d'ailleurs un DÉNI car nous en sommes, des animaux. Le déni du réel, au service du désir de ne pas savoir ce qui blesse son narcissisme, est très fort chez l'homme.C'est son adversaire car il s'y enferre pour ne pas savoir ce qu'il fait, et donc pour résister à sa critique. La non-pensée de la violente religion humaniste s'oppose à toute évolution-maturation , condition nécessaire à la véritable civilisation. Etre civilisé, c'est se mettre au service de sa  pulsion de vie. Or le principe du plaisir qui mène notre humanité narcissique est au service de la pulsion de mort:"Là où est le ça, le sujet doit advenir." Freud. 
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 10:03
- Publié dans : barbarie-symptôme et psychanalyse - Par Jo Benchetrit

"Sujet" de la science ou objet partiel livré à nos pulsions les plus destructrices?

Si progrès humain il devait y avoir , ce serait tout simplement au niveau de la satisfaction des pulsions, toutes appelées par Freud le ça dans la 2° topique, que cela jouerait. Ce qui menace l’homme, au final, c’est son ça. En d’autres termes, jouir n’est pas sans conséquences , surtout si on ne jouit pas de manière, disons, civilisée. 
La décharge pulsionnelle peut, fort heureusement, se faire de manière  non  offensive, sans qu’il y ait besoin d’une victime pour y arriver. Le fantasme peut très bien remplacer la réalisation. D’ailleurs le névrosé moyen se contente d’avoir des fantasmes barbares. Là où le pervers se sentira obligé par peine à jouir, d’avoir recours au passage à l’acte plus ou moins dangereux pour les autres. Ce qu’il faut savoir, c’est que :

1° notre sexualité commence très jeune, par l’auto-érotisme et par la perversion polymorphe de l’enfant jeune.

2. ce n’est pas la sexualité au sens commun du terme. Il s’agit de plaisir du corps, mais l’enfant n’est pas du tout prêt pour le coït. Il hallucine des choses qui sont souvent d’une grande violence. Comme de manger le sein, ou d’être mangé lui-même, comme de couvrir de ses excréments le monde entier s’il n’est pas content, comme d’ouvrir le ventre de sa mère pour voir ce qui s’y cache, etc. Et tout cela se ressent physiquement et s’organise autour des trous du corps en une jouisance sans scrupules ni barrières autres que celles du réel qui empêche toute realisation vu qu'un bébé ne peut pas grand chose, n'est-ce pas? L’enfant est partagé par un fantasme de toute-puissance, toute-jouissance qui est doublé par un sentiment de réelle impuissance car il est à l’âge où il ne peut survivre sans qu’on le nourrisse, sans qu'on subvienne à tous ses besoins.

3. cette période est refoulée, et l’enfant peu à peu par l’éducation, c'est-à-dire dirait Dolto par « la castration des pulsions » partielles, va opter pour un mode de jouir qui ne fasse de mal à personne. C’est un processus civilisationnel. Il fait d’un petit pervers polymorphe, barbare, un être qui ne demande qu’à être protégé de ses satisfactions inquiétantes où, comme dans le film Shining où le père, protecteur en général se transforme en menace criminelle pour l’enfant et sa mère, tout est possible, même des offensives venant de ses parents eux-mêmes, où aucun adulte ne le protège, où on ne peut faire confiance à personne. La bonne mère, pour le petit enfant, se transforme facilement en mauvaise mère, laissant parfois l’enfant dans une grande angoisse qui recouvre la question  du désir de l’Autre : que (me) veut-elle ?

4. Le développement de l’enfant n’élimine pas les stades dépassés, ce qui fait, hélas !  qu’en certaines occasions, on peut régresser. C’est ainsi que l’on voit le civilisé (re)devenir barbare, comme dans le nazisme par exemple. On appelle ça le « retour du refoulé ». Il y a quelque chose qui fait que ce qui devrait être inaccessible dès que dépassé est à nouveau à notre disposition par régression. Cela signifie que la morale ne suffit pas. Je prétends que si certains comme les justes ne replongent pas dans le refoulé pervers, c’est que l’exception fait la règle, comme disait Lacan…cela signifie que c’est possible. Oui, il est possible de faire que quelqu’un ne replonge jamais dans la perversion polymorphe, car il a intériorisé si bien les interdits qu’il ne ressent aucun besoin, et jamais, de jouir à nouveau de cette manière destructrice. La barrière chez les justes a   été si bien placée, ou encore la porte si bien verrouillée qu’ils n’ont n’ont plus accès à cette cruauté originelle, à ce temps où les bêtes et méchants s’installent, eux, avec  délice. Ces Narcisse qui croient être dans leur bon droit de surcroît peuvent, selon les autorisations du socius, se trouver les  victimes désignées par le système ; Sous les nazis, les juifs préférentiellement mais aussi d’autres catégories. Sous les talibans, les femmes. Mais aussi les enfants. Sous le règne de l’homme fait Dieu dans la religion humaine qui se retrouve dans tous les pays, dans toutes les religions, sous toutes les latitudes, l’animal , lui, paie un lourd tribu à la jouissance régressive des hommes.
C’est pour cela que je ne lutte pas pour les animaux mais pour une maturation des hommes, une maturation qui se voudrait irréversible car assise sur une éthique solidement arrimée en l’homme.  Les victimes  potentielles seraient protégées, d sans discrimination, c'est-à-dire  sans pour cela qu’il soit utile de préciser  quelles classes de victimes est dans notre visée.   Car ce dont il s’agit, c’est de rendre impossible la tentation du passage à l’acte par un refoulement bien étanche.

C’est la fonction paternelle qui peut parvenir à ça. Reste à savoir si ce qui est en théorie possible le sera dans la réalité.
 .

Toute le développement psychique de l’enfant donne une idée de ce que serait le progrès humain.
Tout cela  est contenu dans cette formule de Freud :  « Wo es war, sol ich verden » traduit  dans un 1° temps par les psychanalystes dits orthodoxes par« Le moi doit déloger le ça ». Lacan propose ceci : « Là où c’était, je dois advenir ». Le je n’est pas le moi. Le je est le sujet du désir,   

Cette traduction met en évidence que ce   dont il s’agit, c’est de mettre en veilleuse le moi, c'est-à-dire le Narcisse en chacun, qui ne demande justement qu’à se laisser habiter par le ça. Les exemples ne manquent pas de la possible barbarie née du narcissisme : les luttes entre clans, qui peut aller jusqu’à des guerres entre ceux qui vivent dans des immeubles différents, ou encore la haine raciste.

Lorsque l’on défend les animaux, comme quand on interdit la barbarie envers les hommes, on ne fait rien moins que d’inciter le sujet à déloger le ça.

Donc, inutile de demander la reconnaissance des droits des femmes, des juifs, des arabes, des enfants, de tout ce que vous voudrez…et last but not least, des animaux. Ce dont il s’agit est de mener à bien, tout simplement ce qui est la moindre des choses, le développement psychique de tout un chacun  : faire d’un barbare un être capable de ne pas vouloir  détruire l’Autre pour jouir comme le demandent ses pulsions.

Il est clair que si cela se pouvait, l’histoire du monde cesserait d’être l’histoire de   destruction du biotope et de ses habitants par cet animal nommé par erreur Sapiens, car, plus que l’erreur, on peut dire que Terreur est humaine.

C’est pour cela que l’on doit lutter en même temps contre toutes les figures de cette méchanceté humaine quelque soit la catégorie de vivants sur laquelle s elle s’abat. Sinon, on laisse ouverte la porte à cette régression.   

Il me semble absurde de dégoiser des horreurs sur des humains ( comme les juifs qui sont toujours la cible des nazillons et de leurs sous-fifres) et de se croire bon parce qu’on défend les animaux. Et l’inverse est aussi déconnant !

J’espère avoir pu mettre en évidence qu’il n’y a pas à s’occuper du genre (ni de la race, ni de l’espèce, ni de la rue où elle vit, ni de la religion de la victime pour la défendre, qu’il ne faut pas demander de préférence pour l’homme ou pour les animaux…ce qui serait narcissiquement choisi. Il  faut juste savoir vivre. Apprendre à vivre sans léser les autres, quelques soient ces autres.

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  • Etre freudienne et donc lacanienne, permet de savoir ceci:lorsque l'on est cruel, on est regressé, donc on est malade dune maniere ou d'une autre.Le psychisme ne peut subir sans dommage notre barbarie.

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