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Psychanalyse et animaux.

Arrête moi si tu peux. Steven Spielberg. Illustration du besoin de castration symbolique chez l'humain.

8 Janvier 2013, 07:16am

Publié par Jo Benchetrit

http://www.menestrelbluray.com/wp-content/uploads/2012/12/Arrête-moi-si-tu-peux-br-fr.jpgLa force du film provient du rapport entre le père qui ne peut pas être tout à fait à la place du père symbolique, car pas assez castrateur, et un fils qui l'implore de l'arrêter, de le protéger de lui-même, c'est à dire de ses pulsions...donc de lui permettre de maturer psychiquement ce qui s'opère (s'au père) par la castration symbolique, le paravent entre l'homme et la jouissance illicite et mortifere du pervers polymorphe infantile.

Ce rôle est occupé par quelqu'un d'autre, un père symbolique, le policier.

Je pense alors à la phrase du père d'Albert Camus: "Un homme, ça s'empêche".

Le titre du film dit tout. Un père aimé mais décevant qui ne sait ni arrêter son fils, ni garder sa femme, ce qui plonge le fils en pleine crise d'adolescence dans une dépression qu'il metabolise en phase semi-délirante où il prend des rôles d'hommes puissants,dépassant ainsi son père, petit escroc et qui finit par mourir de lui-même.

Du coup, surgit ce que tout ado connaît, pour le meilleur et aussi parfois le pire: le père de substitution. Ici, pour le meilleur, le policier, qui avec affection mais fermeté le remet sur le droit chemin, tout en étant assez intelligent pour reconnaître chez lui, à la fois un enfant triste, perdu, solitaire, et un surdoué absolument époustouflant.

C'est une histoire d'amour entre le représentant de la loi au sens lacanien du terme et ce jeune génial et paumé.

Force des sentiments non dits, mais bien exprimés par le jeu d'acteurs , tous impeccables. Bravo à Spielberg, encore une fois magnifique, à l'affût de l'essentiel dans très peu de choses.Ainsi, on apprend à la fin que le père idéal, le policier, lui aussi a des problèmes personnels, et qu'il n' a pas su garder sa femme. Mais le petit a dépassé la phase infantile où le père ne doit souffrir d'aucune faille et il peut aller vers lui comme collaborateur, comme alter ego.

Très jolie  performance de montrer ainsi la nécessité du "nom-du-père" qui vous éloigne de la satisfaction pulsionnelle telle quelle, inquiétante car non sublimée, donc destructrice.

Ainsi protégé de sa pulsion de mort, l'humain, en tant qu'espece non castrée du fait de son rapport aux animaux sans loi, qui base son organisation sociale et ontologique, ne se permettrait pas tout et n'importe quelle cruauté avec les animaux.
Quand je vous dis que la maturation psychique est une maturation du sens moral, donc l'accès à un rapport à l'autre pacifié, non prédateur!

Un resumé dans cet extrait de la critique de Télérama:

"l'histoire qui commence est vraie. Dans les années 60, un certain Frank Abagnale est devenu l'as du faux chèque et de la mystification : en se faisant passer pour un pilote de ligne, un médecin ou encore un avocat, il ramassa des millions de dollars. Ça l'occupa de 16 à 21 ans, et ça se termina en prison. On devine ce qui a plu à Steven Spielberg : non pas que ça finisse mal, mais que la magie ait duré aussi longtemps. Arrête-moi si tu peux est le portrait d'un illusionniste par un cinéaste qui aime l'illusion, et qui y résiste moins que jamais. Son film a le brio des comédies qui s'autorisent tous les artifices. Ce qui en fait le prix, c'est pourtant cette note désenchantée sur laquelle il commence, et qui demeure toujours en sourdine : pas de miracle, les gendarmes arrêtent toujours les voleurs. Pas de miracle non plus pour Paula Abagnale (Nathalie Baye, très émouvante en mère décalée de DiCaprio). Son mari jouait le magouilleur de génie et elle le croyait capable de tout. Mais Frank Abagnale senior (Christopher Walken, la distribution a vraiment du brio aussi) est un filou qui ne fait que de mauvaises affaires. La famille doit quitter son joli pavillon pour un appartement déprimant. Paula Abagnale pleure. La vie, ce n'est pas ça. Il faut du rêve. Elle va en trouver auprès d'un riche homme d'affaires. Elle s'enfuit, elle divorce. Son fils lui en veut, mais elle lui laisse cette morale personnelle dont il saura faire bon usage : pour s'arracher à la mélancolie, aux désillusions, tout est bon. Pour avoir la belle vie, Frank Abagnale va donc devenir un emberlificoteur professionnel, un escroc de haut vol. Il croit ainsi prendre la succession de son père, en faisant mieux que lui, en faisant sa fierté."

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