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Psychanalyse et animaux.

Assassinat d'un marginal lynché par des petites gens "bien" ! Tonnerre de Brest! Ça me met bien en colère!

1 Décembre 2011, 16:04pm

Publié par Jo Benchetrit

 Vous méprisez peut être les faits divers?

Hé ben! vous avez tort. Nous avons là l'image de notre société à un instant. Et ce que cette triste affaire nous montre est assez moche.

Jugez déjà de cette réflexion indigne:

... pour une mère, la mort du retraité est «un mal pour un bien», car il lui faisait peur et «n’avait rien à faire à côté des écoles».

 
En tant que psychanalyste pour enfants, je peux bien vous le confier : les enfants sont dangereux. Et pas seulement parce qu’ils sont de véritables bouillons de culture. Ma grippe de la semaine est bien due à un de ces charmants bambins qui toussent et éternuent  en ne mettant pas leur main devant la bouche. Les enfants   sont   des dangers publics par ce qu’ils ont des parents par définition et de plus en plus paranoïaques.

Touche pas à mon enfant ! lui cause pas dans la rue! Lui fait pas de bises aussi innocentes soient-elles!
La psychose du pédophile made in USA, je présume, est arrivée et on n’ose plus  parler à ces chers anges de peur d’avoir une plainte sur le dos.
Bon, j’exagère, moi,  j’ai le droit de leur causer dans mon bureau. 
Mais n’empêche, j’embrasse jamais ces charmants qui, pourtant ont l’habitude de faire plaisir aux adultes en leur tendant leurs joues roses, histoire de montrer qu’on est un gentil enfant à cette personne supposée aimer manger (équivalent inconscient de la bise) les bons enfants. Comme ses parents. Ben non, c’est déjà thérapeutique de ne pas tomber dans ce piège ; Mais enfin, on ne peut pas toujours et on ne veut pas vexer non plus.
Moi, je fais un petit pas en arrière et tend la main à tous les petits, de tout  âge .

On ne sait jamais.

Bon, j’avoue que je le fais uniquement  à cause de l’éthique  de la psychanalyse  qui dit qu’on n’est pas là pour (se) faire plaisir.  Bien sûr, mes patients sont souvent adorables et  on peut s’y attacher.  Cependant je ne suis pas payée pour ça, mais pour que les bambins aillent mieux et ensuite puissent se séparer de moi sans douleur.
Et ils y arrivent très bien, en général. Preuve que le transfert est dissout et que le travail est fini.

 

Tout ça pour en venir à ce fait divers affreux qui s’est déroulé à Brest, de ce que j’appelle un  meurtre dû à une rumeur qui a accusé un malheureux retraité de 65 ans. La foule l’a poursuivi, battu, quasi lynché et il en est mort. ( d’une crise cardiaque provoquée par cette agression monstrueuse).

Or, dit on , la foule des barbares dégénérés  ne sera pas punie car ils avaient peur. Ha ? la peur excuse tout, à présent ?

Et il semble que ces gens « bien » soient, eux, sans aucun sentiment de culpabilité. Si c’est le cas, cette foule psychopathe devrait être sanctionnée de manière exemplaire. Nous sommes tous des victimes potentielles de l’humain moyen et stupide(pléonasme ?).

Pas de pitié pour les possesseurs de l’arme absolue  (leur bêtise sans aucune autocritique)
HONTEUX.

L'homme qui est mort avait un tort: ne pas être comme les autres. On dit marginal. Mais peut être devrait-on, dire juste (apparemment) différent.

Profitons en pour nous instruire. Origine du mot lynchage sur Wikipedia: Lynchage et loi de Lynch:

Loi de Lynch

Lynchage en 1774

... Ses méthodes expéditives et les erreurs judiciaires furent couvertes par la Cour suprême[réf. nécessaire]. Lynch devint par la suitesénateur

Vers 1837, la « loi de Lynch » donna naissance au mot « lynchage » particulièrement en Nouvelle-Angleterre où, en dépit des lois qui les protégeaient, des noirs furent poursuivis par des Comités de vigilance, qui donneront naissance au Ku Klux Klan.

 

Tristesse...je ne le connaissais pas, mais je vois le genre, un  de  ces hommes errant, peut être psychotique , qui ont le sentiment de rester toujours en marge de la vraie vie, rejetés  par tous, n'ayant pas le mode d'emploi pour s'adresser à notre espèce. Cet homme-enfant de... 65 ans, sans famille sans doute, regardait les enfants près de chez lui sortir de classe. Peut être était-ce en souvenir de son enfance à la fois perdue mais jamais tout à fait, jamais assez pour en faire un adulte comme tout le monde; il avait eu un boulot, pourtant; mais était suivi en psychiatrie. il y en a pas mal des comme ça,   qui ne font aucun mal. Au contraire, lui croyait rendre service le jour où il a ramené une fillette de 3 ans perdue à sa mère...Et pourtant, c'était une protection utile, non? La petite aurait pu se faire écraser ou autre chose. Mal lui en pris. Une femme le voyant avec la petite, la lui a arrachée et elle l'a ramenée à la maman qui a déposé une main courante à la police. Cette gourde, loin de le remercier, a fait semble t il courir la rumeur du terrible pédophile qui avait presque enlever son enfant.  

 Jean-Claude Basset est mort de cette rumeur.

 

Voici  un des articles sur cet assassinat, celui ci est sur Libération:

La mort d’un marginal taxé à tort de pédophilie

Drame . A Brest, un homme a eu un infarctus massif après avoir été pris à partie par des parents d’élèves.

 

Par PIERRE-HENRI ALLAIN Rennes, de notre correspondant

"La rumeur a fait un mort lundi à Brest. Un retraité de 65 ans, ancien ouvrier de l’arsenal, soupçonné à tort de pédophilie par des parents d’élèves de l’école maternelle   du quartier de Bellevue, un quartier populaire à la périphérie de Brest.

Le drame s’est noué peu après la sortie de l’école, en fin d’après-midi, lorsqu’une quinzaine de parents ont pris à partie Jean-Claude Basset et l’ont poursuivi jusqu’à son immeuble, à une centaine de mètres de l’école. Entretemps, l’un des parents avait appelé police-secours, signalant un homme présenté comme un pervers sexuel qui avait «tenté d’enlever une petite fille» et était bloqué dans un hall d’immeuble.

Lorsque les policiers sont arrivés, le malheureux, acculé dans la cage d’ascenseur, dans un brouhaha de cris, de coups et de pleurs, se débattait pour résister à l’aggression collective. Sur la foi des témoignages désignant un«dangereux pédophile», l’homme a été menotté et conduit dans le véhicule de police, où il a fait un malaise. Les policiers l’ont aussitôt libéré et allongé sur le trottoir pour tenter un massage cardiaque. En vain."

 

 

 

Curatelle.«Cet homme a subi un tel stress que son cœur a lâché. Il a été victime d’un infarctus massif», a indiqué hier, après l’autopsie, le procureur de la République de Brest, Bertrand Leclerc. Pourquoi une telle hystérie ? Les policiers sont perplexes. Placé sous curatelle pour des problèmes psychologiques, Jean-Claude Basset n’avait aucun antécédent judiciaire et n’a jamais été signalé pour un délit sexuel. Tout juste pour du tapage nocturne.

Son tort principal semble d’avoir traîné, pieds nus dans ses sandales, avec sa barbe de plusieurs jours, ses cheveux gris en broussaille et ses vêtements négligés, à proximité de l’école. «Nous n’avons pas assez de témoignages pour comprendre ce qui a provoqué la rumeur, explique le commissaire principal de Brest, Daniel Ansellem. Il semble qu’il était assez régulièrement autour de l’école, ce qui a pu créer la psychose, mais ce n’est pas très surprenant puisqu’il vivait à proximité.»

Signalement. Un incident mineur, survenu une dizaine de jours auparavant, aurait contribué à attiser les soupçons. Ce jour-là, alors qu’une fillette de trois ans avait échappé à la vigilance maternelle à la sortie de l’école, Jean-Claude Basset l’avait prise par la main pour la ramener vers l’établissement. Une femme, s’alarmant de voir la fillette avec ce marginal, lui avait alors pris l’enfant pour la ramener à sa mère. Une semaine plus tard, celle-ci signalait l’incident au poste de police. «Mais sans mentionner d’intention malveillante», précise le commissaire Ansellem.

Selon une voisine de Jean-Claude Basset, citée par l’AFP, «il n’était pas méchant. Il était différent. C’était quelqu’un de simple qui parlait mal et les gens ne le comprenaient pas. Il était agressé dès qu’il était dans la rue, les gens, surtout les jeunes, l’insultaient. Il ne méritait pas ça.» Mais pour une mère, la mort du retraité est «un mal pour un bien», car il lui faisait peur et «n’avait rien à faire à côté des écoles»."

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jo 04/12/2011 17:30


 Le peu d'attention à l'autre en est aussi la cause. je suis certaine que si les gens avait cherché à lui parler, ils auraient vu que ce mec n'avait pas de mechanceté. on en connait
tous, des comme ça;faut franchir la   barriere.
Mais notre société est centrée sur son nombril. 
Et au ieu de l'aider , les gens l'ont tué.
La peur est normale mais attisée aussi en ce moment. 


on en revient tjrs au même pb, comme tu dis, de la bêtise humaine.

Méryl 04/12/2011 15:26


Je crois que tu confonds 2 problèmes : la bêtise et la violence des foules avec la crainte (normale, légitime) du pédophile.


Les pédophiles existent bel et bien, que diable, et je conçois que des parents puissent se poser des questions, et éprouver des craintes, devant un homme qui rôde autour d'une école.


En revanche, cette peur -légitime une fois encore - n'excuse EN RIEN et N'EST PAS A CONFONDRE avec la réaction homicide qui s'en est ensuivie ici.


C'est un drame lamentable, mais ce n'est pas la peur ou le doute qui ont dicté la conduite violente de ces personnes : seulement leur bêtise. On peut avoir peur, concevoir des doutes sur qn, sans
le lyncher.