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Psychanalyse et animaux.

Aux anti-corridas carnivores et végétariens: êtes vous différents des aficionados?

8 Juin 2014, 10:34am

Publié par Jo Benchetrit

 

corrida-cheval-eventre2155462_302169526524580_100001946068.jpgEvidemment que pour nous tous, les anti-corridas, c’est-à-dire la majorité des êtres  humains, je pense, payer pour qu'on torture des animaux est abject, et y assister en se réjouissant  est évidemment tout simplement sadique.

 

L'unanimité de ce jugement se fonde  sur le fait que c'est immoral dès lors que c’est inutile. Il  y a donc une idée sous-jacente de souffrance imposée utile. Et la 1° chose à laquelle on pense, c'est à la nourriture. Au moins, dit-on, les carnistes,  paient, comme les aficionados,  du produit  d'atrocités, mais ce n’est pas par sadisme car c'est  indispensable  à leur survie.
 Ha oui? Alors , comment font les vegans pour vivre , et pas mal du tout?


 

On sait que les produits animaux ne sont pas du tout indispensables à la survie, et ce choix du carnisme se base plus sur le plaisir que sur la santé. On sait aussi que pour les obtenir, il faut faire subir des horreurs aux animaux, en général aux bébés. Alors, pourquoi tant de sévérité  à l'égard  des aficionados  et d’indulgence à l'intention des carnistes(j'y inclus les végétariens u qui, au contraire des végétaliens, restent dans le circuit des abominations imposées aux bêtes)? A priori  la seule différence n'est n rien la nécessité dans un cas, le superflu dans l’autre, malgré ce qu’on en pense en général.    Ce qui distingue le carnisme de l’aficion, c'est   que les  carnistes ne paient pas pour regarder les animaux souffrir.
 La pulsion scopique connectée au sadisme anal n'est pas en jeu, à l’inverse de l’aficion, dans le martyr animal destiné au  carnisme. Il s’agit dans l’alimentation de la pulsion orale, ça va de soi. Donc  les  carnistes peuvent se bercer d'illusion sur l'élevage   heureux, l'abattage sans souffrance ni angoisse. Ils peuvent imaginer un abattage  sous anesthésie  générale (confondue avec le parfois, souvent  cruel et raté étourdissement qui, réussi, paralyse l’animal sans peut- être le rendre inconscient ) et les transports en trains 3 etoiles, pourquoi pas en  wagon-lit avec eau et nourriture  à volonté?  

 

Ceux qui  mangent des produits animaux, je les comprends sans les approuver, le font comme les afiocs avec les bovins du veau au taureau adolescent, pour leur plaisir et aussi, souvent par tradition, dit-on. Ce qui signifie parce qu'ils sont plus que conditionnés, ils y sont formatés, depuis leur petite enfance.

 

Comme pour le carnisme, on peut considérer la corrida comme toute tradition, une dépendance. L'homme est habitué à identifier nourriture et amour. Or qu'est la madeleine de Proust de notre passé? Carniste!

 

Notre cerveau est fabriqué à cette dépendance  plus affective que nutritive. Le besoin est  pulsion affective. Aussi bien qu'à la satisfaction d'un besoin vital, le plaisir gustatif est connecté à la demande d'amour, au désir de récupérer sa mère, mais aussi à celui de retrouver tout bêtement son enfance.

 

Aussi, croit-on, changer de façon de se nourrir, donc devenir vegan, demandera un effort plus important que pour un aficionado  se passer de corrida, pensons nous.


 

Hé ben, je vais vous étonner, malgré mon impossiblité de comprendre la perversion  des indifférents  à la souffrance animale que sont les aficionados,  peut être  que non. Peut être  que l'on aime la torture tauromachique comme on aime  la daube, le jambon, le poulet rôti,  pour moi, le sublime biscuit de Savoie  (6 œufs ) que faisait mon père (le château de mon père), le couscous (entre autres délices, de notoriété  publique)de ma mère(la gloire de ma mère) avec des   viandes diverses, dont des boulettes délicieuses. Pour couronner le tout, ma mère  n’était  pas une cuisinière  extraordinaire  rien que dans mon souvenir, elle l’était  vraiment, selon tous ceux qui ont eu la chance de  goûter ses plats.  Donc, changer d’alimentation, c'est aussi accepter la séparation, la différence entre le passé et le présent, accepter que l’éthique soit privilégiée par rapport à l’antique, si  j’ose m’exprimer ainsi. Est accepter de vivre autrement qu’en référence  avec son paradis perdu, tout un programme, une révolution  évolutionnaire. Un idéal de vie contre un désir de répéter le passé, donc c'est la pulsion de vie contre celle de mort. Car la compulsion à la repetion, comme la jouissance, c'est au delà du principe du plaisir, la pulsion qui nous éteint…celle de mort.

 

En effet, qu’y  a-t-il de commun entre traditions admises car alimentaires et traditions inadmissibles selon notre vision morale? Notre enfance  idéalisée, adorée, encore pleine de ce trésor, le bonheur des lendemains qui chantent, le trésor mystérieux du futur, cet espoir que la vie vous fait perdre peu à peu, mais il en reste toujours assez pour continuer à désirer.

 

Du  fait qu'on a partagé ces moments avec ses parents, depuis l’enfance, il est difficile de juger de l’immonde addiction aficionada. Ce n'est pas innocent si les entrées aux corridas, spectacles hallucinants de cruauté impitoyable pourtant, sont gratuites aux moins de 12 ans. Age où le cerveau est assez malléable . L'odeur  de la mort et du sang, la musique, la gestuelle des pantins   des bourreaux toreros s’imprègne tout autant  qu’un bon plat   dans les jeunes cerveaux. S’être  frotté à   la jouissance transgressive des parents laise destraces indélébiles. Denevus grands, certains ont le courage de dire NON, ça ne passera plus par moi. Mais combien succombent au plaisir de ce paradis perdu qui, comme dans   l’aimentation carniste,  est l’enfer des animaux. Notre jugement devrait donc être   le rejet de cette complaisance jouissive tout autant  envers  les carnistes qu’envers les aficionados . 

 

La petite madeleine de Proust contenait des oeufs, dont on sait bien la souffrance imposée aux poules et poussins mâles broyés après sexage. Les  effluves de la nourriture infantile sont synonymes de ce bain d'amour intense que nous avons connu à l'âge  où la seule bonne cuisinière  était maman, le bon sein.

 

C'est  pour cela que nous avons à affronter des forces énormes  lorsque  nous entreprenons  d’informer  nos congénères  de ce qui se passe  lorsqu'ils  partent à la recherche du saint Graal, à savoir  leur paradis perdu.

 

L’éthique contre l’antique, c'est ce que la révolution ultime, l’anti-speciste, demande pour que le monde soit enfin débarrassé de cette violence. Peut être serait ce la solution à toute complaisance envers nos pulsions barbares, ce que Freud a appelé  le ça. N’oublions  pas sa phrase  sur l’évolution  de l’enfant qui  fait d’un être  dangereux un homme civilisé : « là où était le ça, je dois advenir ». Le je en question est celui qui sait dire non à la barbarie exigée pour la jouissance du ça. C'est   le je de la civilisation, le je adulte du désir humain qui dit non à la jouissance indigne.

 

http://media.paperblog.fr/i/496/4969716/viande-chien-sauvetages-intermittents-torture-L-OpYVTe.jpeg

Un chien brulé vif au lance flamme pour nourrir un asiatique que je tuerais bien de mes mains pacifistes!...Quand l'horreur est normale, ça peut nous rendre fous, et fiers de l'être.

Cette  image nous révulse à juste titre.Mais comment ce mec formaté depuis toujours pour trouver ça normal, et donc sûr de son bon droit, recueillerait-il notre avis? 

Serait-il capable de nous  entendre? Et nous, que faisons- nous de cruel que nous jugeons normal? Il ya des anticorridas carnistes...savent-ils que ce n'est pas normal au sens logique du terme?

 

A l'extrême de la nourriture cruelle, les  habitudes des chinois semble au delà de tout notre imaginable ...

Et pourtant, chez nous, regardez ces photos: 

http://endofline.pagesperso-orange.fr/barbarie/massacre.jpg

 

Horrible, non? Et là, ce sont pour la plupart des martyrs de notre  barbarie, imaginée comme nourriture "civilisée". Les chiens torturés  le sont encore pour les barbares asiatiques.

 

 

 

 

 

 

 


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Roland PARET 10/06/2014 19:13


Bonjour Jo,


 


habituel lecteur de vos articles et en accord la plupart du temps avec vous, j'avoue avoir été irrité par l'amalgame carnistes-végétariens (que je suis)-aficionados.


Ce n'est pas ce genre d'outrance qui fera avancer la cause animale, ni l'insulte -car c'en est une- faite aux végétariens.


Au contraire, ce genre de propos ne peut que donner l'occasion à nos adversaires de nous traiter d'ayatollahs et de sectaires.


Je suis très désagréablement surpris.


Bien cordialement.

Soutoul Anna 09/06/2014 14:04


Avoir la volonté de quelque chose n’est pas forcement être héroïque. Pour ma part j en ai sauvé 30 x an et
peut-être même plus, ce que je veux vous faire comprendre c’est que le changement alimentaire ne se fera certainement pas d’un coup et que en attendant que cela se fasse et tout en sachant que ca
ne se fera certainement pas pour l’humanité toute entière, il y a beaucoup a faire. C’est justement parce que il est plus facile de reformer qu’il faut commencer par ca, en éliminant toute
maltraitance gratuite en imposant des règles et en s’assurant qu’elles soient respectées, que ce soit pour les animaux de compagnie comme pour ceux qui sont destinés a nourrir, vêtir, servir de
cobayes, divertir et ainsi de suite l’humanité entière.  J’ai déjà consultée le site L214 et je suis tout a fait d’accord que personne n’a le droit d’infliger des souffrances a des innocents
et cela concerne tous les animaux et pas uniquement ceux destinés a l’alimentation humaine et animale. Et si aucune reforme ne pourra éliminer toute souffrance, aucune révolution ne sera non plus
en mesure de le faire, a nous donc et chacun a notre façon, de combattre et en éliminer un maximum.


 


Nul est parfait !

jo 09/06/2014 12:54


Je ne suis en rien heroïque, je suis juste logique, et le peu de gens lucides que nous sommes ont le devoir de l'être.


Pour ma part, je pense que l'on ne peut reprocher aux autres d'être comme soi et de ne  pas avoir le courage de rompre avec leurs habitudes deleteres et , je vous l'accorde, atroces, quand
on est soi-même pas decidé à le faire pour soi. Je sauve la vie de 50 animaux/ an rien qu'en mangeant autrement.  certes, il ya une gradation dans l'horreur. Que savez vous des produits
animaux qque vous consommez encore, même bios? regardez sur des sites comme L214 d'où viennent les produits du VOL:Viande, Oeufs, Lait. Qui a le droit de faire souffrir mille morts à des
innocents en s'erigeant en chantre de la non cruauté? Il est plus facile de réformer que de  revolutionner. Mais aucune reforme ne pourra eliminer toute souffrance...


 

Soutoul Anna 09/06/2014 12:16


Bonjour, j'admire votre courage pour avoir supprimé tous produits alimentaires provenant de souffrances
animales et j'avoue ne pas avoir cette force pour en faire autant, même si je ne suis pas une fervente carnivore, ou du moins plus. Néanmoins il faut aussi être réaliste, nous savons tous que il
y aura toujours des consommateurs de viande et produits laitiers en commencent par nos animaux de compagnie. Ce n’est pas pour autant que tous cautionnement la souffrance animale, même si comme
vous dites et je suis tout a fait d'accord, nous en sommes l'origine et ce involontairement. Ce n’est pas pour autant qu'il faut nous comparer a ceux qui maltraitent et tuent par plaisir du
spectacle et de la souffrance en elle même. Alors que faut ‘il faire ? Ce serait déjà un grand pas en avant que de supprimer l'élevage a grande échelle ou tout est exploitation et souffrance, (et
il ne s'agit pas la de minutes, mais d'heures de jours voir d'années). Revenir vers des petites exploitations, avec des contrôles strictes et fréquents afin d'écarter tout abus et maltraitance,
interdire certaines pratiques, comme le confinement, le massacre des poussins et bien d'autres qui portent atteinte au bien être animal, de même pour l'abattage, tout en sachant qu'il faut
progresser de manière a leur éviter toutes souffrances. Mes propos peuvent paraitre cyniques ! Mais je pense qu’ils sont plutôt réalistes. Je ne pense pas que l’humanité en général soit
prête a changer son comportement alimentaire aussi brusquement, mais il est possible de le faire progressivement. Au jour d’aujourd’hui nous sommes incapables d’arrêter le massacre des Galgos,
Podencos et de tous les lévriers, d’arrêter les corridas, les combats de chiens et de coqs, le massacre des chiens errant ou pas de Roumanie et dans bien d’autres Pays, la consommation de viande
de chiens et chats et la façon abominables de leur mise a mort , les élevages d’animaux pour leur peau, pour leur bile, pour leurs ailerons, pour leurs os, pour leurs défenses, les massacres
perpétrés pour laisser place a des plantations d’huile de palme, la maltraitance gratuite sur les animaux de compagnie, que ce soit dans la rue, chez des particuliers ou dans les élevages, les
expériences sur les animaux, les spectacles avec animaux dans les cirques, dans les rues, dans les zoos etc. Si nous commencions par éliminer tout ca, le reste viendra en temps voulu.