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Psychanalyse et animaux.

Contre le "Faut pas rêver" du 27/01/2012 sur FR3, un texte d'un jeune homme + le mien, contre l'émission de FR3 pour la corrida

26 Janvier 2012, 23:33pm

Publié par Jo Benchetrit

  

"Il ne faut pas rêver, ce titre provocateur est lourd de sens dans notre monde contemporain en pleine déliquescence. S’il ne faut pas rêver alors que reste-il ? Il reste une réalité froide, dévitalisée, une exposition vulgaire, télévisuelle des horreurs du monde sans aucune réflexion.
Lorsque vous parlez d’Espagne, en caricaturant cette culture dans une revue des clichées qui datent d’une période réactionnaire qui ne semble pas vous déranger. La grande Espagne est un idéal franquiste, les peuples de l’état espagnol se révoltent en chassant la barbarie tauromachique. Nous pensons à nos camarades catalans, qui, eux, rêvent d’une terre libre refusant ce symbole de l’archaïsme et de la sauvagerie que sont les corridas.
Nous rêvons, nous, avec un plaisir certain, d’une autre possibilité d’organisation sociale où l’animal ne serait pas un objet de torture et de sadisme. Nous rêvons, nous pensons, nous ne sommes pas une exhibition des décrépitudes des veilles cultures coloniales européennes. Nous rêvons, nous sommes les peuples libres, les cultures vivantes contre la barbarie.
Un peuple qui ne rêve plus est à demi mort."
M.X.  



J'ajouterais qu'une culture incapable de changer, d'évoluer, omettant de laisser ses 

pires

traditions   aux poubelles de l'histoire est une culture morte et condamnable.

 

Que chacun, pris dans un idéal de dignité, de justice et de respect vis à vis de l'exceptionnelle beauté de la vie, sache dire à cette civilisation décadente: "Non, tu ne me souilleras pas de ta glauque jouissance."

 

 Nous ne faisons aucune restriction aux libertés, mais  au contraire nous
 sommes pour la libération de tous, d'abord celle des innocents qui
 leurs sont servis sur un plateau afin qu'on les torture pour leur
 "bon" plaisir.
 Nous souhaiterions délivrer les veaux, vachettes qui servent pour
  l'entraînement, les taureaux, chevaux.
 Mais bon, à y regarder de près, un drogué comme le sont les gens puants de la tauromachie  a intérêt à se libérer de sa drogue, non? Un bourreau, être  acéphale par définition,
 a sans aucun doute   intérêt à devenir un adulte digne de ce nom, avec une
 vraie pensée.
 Selon Jankelevitch la violence est la maladie des faibles .

Texte de Wladimir Jankélévitch:

 ''Il ne serait pas exagéré de définir la violence: une force faible.
 C'est la force qui s'oppose à la faiblesse; la violence s'oppose
 à la
 douceur; la violence s'oppose si peu à la faiblesse que la faiblesse
 n'a souvent pas d'autres symptômes que la violence; faible et brutal et brutal parce que faible précisément.''
 C'est pourquoi:
 Les beaufs, les groks, les sales types : on va pas voir leurs
émissions.

 

 
 En 68 les situ(ationistes)écrivirent ceci sur les murs de la fac :

( tiré de René Vienet)*

"Ne dites pas M. le Professeur mais dites crève salope."*



Je n'ai jamais trop apprécié cette formule qui fait croire que cela cache de la haine 
pour l'enseignement alors qu'il s'agissait juste de dénoncer les rapports conventionnels à l'autorité, au supposé savoir.
En revanche, contre ceux qui viennent clamer leur innocence au nom de la  tradition cruelle et dégradante comme celle des corridas, il ne faut pas hésiter à leur dire:
CREVE SALOPE.
Comment et pourquoi respecter les irrespectueux, les tueurs, les incestueux (toute barbarie est un inceste puisque l'interdit de l'inceste est au final celle de la satisfaction des pulsions non castrées par la loi qui interdit l'inceste), les barbares immondes comme le sont ceux de l'i mundillo? pourquoi les banaliser? Pourquoi les faire passer pour respectables? Ce faisant nous croyons nous rendre , nous, respectables, nous grandir. Mais c'est une erreur car en les banalisant nous les rendons plus forts.
Seule la honte pourrait les faire changer. Leur montrer qu'ils sont les ordures qu'ils sont me semble une meilleure voie.
Dès   qu'on parle, on est dans l'amour, dans la demande d'amour. Les pas de 2 avec les immondes ne sont que jouissance coupable , même si ce qu'on leur dit est une critique pertinente et acerbe. On tombe dans leur erotique immorale. Ces gens-là, comme tout pervers, tout assassin, fascinent et font bander quand on ne les voit pas à l'oeuvre où  ils sont juste écoeurants et surtout révoltants.
Derrière tout dialogue, toute prise de parole, il y a la soif de reconnaissance. et vouloir être reconnu par un immonde est aussi grave que de l'encenser. Attention, un abject est une souillure capable de vous salir.
http://inventin.lautre.net/images/graffiti68_05.jpg

“La lutte contre l’aliénation se doit de donner aux mots leur sens réel ainsi que de leur rendre leur force initiale…

*
aussi ne dites plus “Monsieur le professeur”, mais dites “crève salope!”
aussi ne dites plus “bonsoir, papa”, mais dites “crève salope!”
aussi ne dites plus “pardon, m’sieur l’agent”, mais dites “crève salope!”
aussi ne dites plus “merci, docteur”, mais dites “crève salope!”

(in René Viénet, “Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations”, Gallimard, Paris, 1968)

( Bartleby)

 

Hélas, notre époque censure, édulcore les mots au profit d'une tolerance incroyable envers des abjections surtout contre les animaux et notre societé est de plus en plus violente dans les actes. Libérez la parole, messieurs les censeurs, et verrouillez les passages à l'acte. Comme le disait Freud: l'injure est le début de la civilisation". Le passage à  l'acte violent comme la corrida est la fin de la civilisation.

 

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