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Psychanalyse et animaux.

De la gay’ hétéro-sexualité à la possibilité du mariage gay. Un discours psychanalytique n'est pas normatif.

14 Janvier 2013, 10:56am

Publié par Jo Benchetrit

http://s1.lemde.fr/image/2012/11/18/534x267/1792385_3_5f19_manifestation-contre-le-mariage-gay-a-lyon_44795df0b3936dc92adfd1cc33824ec6.jpg

 

On lit sur des banderoles, dont une portée  avec un sourire, désolée, mais c'est ce que je vois, aussi niais que ce lamentable slogan: "France, perds la raison, tu n'es qu'un mouton."

 

France homophobe et spéciste:belle logique!


Posons nous d'autres questions, peut etre...    

Eros est-il gay?

Tous des gay’ hétéro

Dejà, Freud parlait de l'universalité de la bisexualité. Non seulement au niveau anatomique—et l’embryologie l'atteste— mais au niveau psychique. Chaque  individu a une dose de chaque, qui s’exprimera de façon plus ou moins grande pour chacun et selon les situations, les signifiants auxquels il sera soumis au long de sa vie.

Les rôles du père et de la mère sont culturellement définis et évoluent. Déjà  dans les couples hétéros. Ces rôles hier très fixés se sont bien  mélangés.

Fut un temps, par exemple,    un bébé devait être changé   par la mère à qui était dévolue la proximité avec le réel du corps de l'enfant et de ses produits excrementiels.


Alors que là, père et mère se partagent le rôle. 
Avant donc, les rôles étaient tranchés: "papa est en bas, qui coupe le bois, maman est en haut qui fait des gâteaux."

Et les bébés comme les humains conventionnels faisaient dodo tranquilles.

Les hommes aidant leurs femmes à faire des tâches ménagères se cachaient car c'était réputé féminin. Si Papa lavait le linge, il fallait que ce soit en famille et que nul , en dehors de ce cercle étroit, ne soit mis au courant.

 C’était  une époque impitoyable avec les déviants, où les couples non mariés ne le disaient à personne, tant c'était honteux. Que de souffrance absurde imposée aux femmes que leur  homme ne voulait pas épouser, tout en restant  avec elles, allergiques qu’ils étaient comme le président  Hollande au mariage.

On appelait avec mépris "bâtard" un enfant né hors mariage et non reconnu par leur père.

(Ces "on" cruels, les braves gens comme on dit, n'en doutons pas, sont les mêmes qui sortent dans la rue contre le mariage pour gays. les c'on ventionnels)

Et puis il y a eu la révolution des femmes...et donc nécessairement celle des hommes, à leur corps défendant, bien qu'ils en tirèrent des avantages dont celui de trouver des partenaires sexuelles plus facilement qu'avant. Mais en tant que mari et père, ça c'est compliqué pour eux.

Alors, à présent qu'est-ce qui définit la mère et le père? Je  crois que les rôles du passé sont encore ancrés dans notre psychisme. Que les parents soient ou pas homos ne changera rien au fait que "quoiqu'on fasse, c'est mal" Freud. Ni à celui que la norme est l'hétérosexualité. Je comprends que ce soit un gros souci pour les gens qui ne savent pas que l'homme s'est démarqué de la nature, et qu'il peut faire selon ses vœux  s'il ne nuit à personne.

La seule nécessité pour la construction d'un sujet,  si on ne veut pas que l'enfant ne devienne psychotique, c'est qu'un des parents joue le rôle du porteur de la métaphore paternelle, donc de ce qui l'éloigne du réel par l'entrée dans le symbolique. C'est tout. C'est ce qu'on appelle l'interdit de l'inceste et c'est universel chez les humains...même si  on retrouve ça aussi dans le reste du règne  animal mais c'est une autre histoire, car sur ce sujet, celui de la motivation des autres espèces, on ne sait pas grand chose, sinon ce qu'on imagine.

Ensuite, le sujet humain se débrouillera avec ce dont il est issu, histoire tordue, toujours, héritage d' autres histoires (du père, de la mère, de ses ancêtres, et même ce qui s'est passé durant la 2° guerre mondiale, si ceux ci étaient ou pas collabos, ou pas victimes, ou pas masse informe indifférente ou justes, résistants etc.), ce qui le marquera plus ou moins, et bien souvent à son insu. Que nous le voulions ou non, la psychanalyse, par les cures, nous a apporté cette certitude :l’homme ne s’invente pas complètement. Il  est comme une étoffe  tissée des fils du passé.

Alors , ce qui se passera pour les enfants d'homos, certes, sera tordu. Mais le sera-ce plus ou moins que les pour les enfants d’hétéros ? Pas certain.

Qu'on le veuille ou pas, à partir du moment où l'homosexualité est reconnue comme un choix sexuel admissible, il sera pris comme étant  dans la norme, finalement .

Et  vogue la galère de notre espèce  tordue, qui a choisi de ne pas être  de la nature, même  si ce choix tient du délire , et lui fait croire en sa supériorité  ontique sur tout autre animal.

Et l'homme créa  l’homme, on n'y peut rien.
Je le redis. Il est une chose importante,    c'est l’interdit de l’inceste. Et derrière  cette expression rebattue se cache le plus  important , c'est l'éthique . C'est la castration  symbolique, et c'est donc le refoulement de la période nocive pour les hommes mais aussi pour tout eux qui sont à leur merci:la perversion  polymorphe du jeune enfant.

Mon souci sur ce blog est de démontrer  en quoi notre espèce ayant  choisi la mégalomanie  comme règle  de vision du monde en vient à se laisser dominer  par cette jouissance perverse, hors loi, antérieure  à la loi qui interdit l’inceste.
C’est pour cela que la façon de traiter  les animaux est fondatrice dune espèce  qui, ne nous voilons plus la face, est malade d’amour pour elle. Et cette maladie de l'homme qui n'aime que lui est  une "homophilie" qu'on nomme narcissisme. Sur le plan politique, l'amour du tous pareil vire facilement au fascisme qui veut qu'un peuple ne  parle que d'une seule voix, la voix de son maître qui réunit  les "mêmes", ceux qui, comme le démontre Freud in la psychologie des foules, s’identifient les uns aux autres dans le même amour du chef.  C'est l’essence du racisme et du spécisme, ainsi que de tout ce qui méprise les "pas comme soi", dont ici les homosexuels.

Mais, au fond, ce qui est paradoxal, c'est que les pas mêmes que l'on n'aime pas sont au fond les mêmes en quelque chose : en ceci qu'ils ont eux aussi un psychisme, une sensibilité, une conscience, un besoin  d' être respectés, un désir d’être aimés  pour ce qu’ils sont, et reconnus comme...semblables.

Accepter la différence ne signifie pas que l'on accepte tout de l'autre, mais qu'on admet qu'il puisse être notre   alter ego, et, à ce titre, un être  que nous devons respecter.

Pour moi, ne pas arrêter ce respect aux portes de l'espèce est logique. Sinon, ce serait le grain de sable dans la machine qui, au plus haut degré de tolérance envers les hommes, se casserait  du fait de son intolérance envers les (autres)animaux. Ou plus précisément de sa réification du reste du monde. Car il restera toujours ça:

 moi, et les autres, les autres étant des objets, donc à utiliser à ma convenance, ce qui est la formule de la perversion. Et de la barbarie.

Au final, la loi sur le mariage étant ce qu'elle est, puisqu'elle favorise fiscalement le mariage, il est normal de légitimer les couples homos qui le souhaitent. Pour les enfants, ce ne sera pas pire à mon avis. Et qui sait, peut être ne sera-ce pas si mal si c'est admis par la société, ce qui est très important pour les enfants et leurs copains de classe dont on sait la cruauté chez les moins intelligents? 

Et s'ils s'aiment, pourquoi leur interdire cette voie, cette preuve d'amour qu'ils désirent, même si on ne sacralise plus autant qu'avant, et c'est tant mieux, le mariage?


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