Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Psychanalyse et animaux.

Hitler, vivisection et désinformation. Article d'Elisabeth Hardouin-Fugier.

27 Juillet 2010, 19:18pm

Publié par Jo Benchetrit

Réponse   à Xavier Klein, puis Hitler, vivisection et désinformation. Article d'Elisabeth Hardouin-Fugier.

 Là où Xavier Klein désinforme, j'informe, avec l'aide d'Elisabeth Hardouin.  

 

L'esprit de l'homme est ainsi fait que 
le mensonge a cent fois plus de prise 
sur lui que la vérité.

Didier Erasme. 1469-1536

 


 

 

 Hitler, vivisection et désinformation. 

 

Article d'Elisabeth Hardouin-Fugier, historienne, à qui je rends hommage dans la foulée. 

Je copie colle ce "ça peut servir quand on a à faire à des rouleurs dans la farine ".

Je ne parle pas de la gente boulangère mais bien plutôt de la bouchère, QUI EST TOUT, SAUF BELLE.

Quoique rien de plus évident   à propos du bla-bla castagnettes des aficionados sur leur prétendu art boucher ( bouché?) que cette phrase de Lacan: "Le beau est le dernier rempart contre l'horreur."

Mais pourquoi donc le mate-horreur tarémachique a-t-il tant besoin de penser qu'il n'est pas Hitler? Serait-ce un TOC qui ne couvre que la réalité de sa dénégation?

Car l'inconscient  ne connaît pas la négation. Et dire: " Je ne suis pas Hitler"... signifie l'inverse pour l'inconscient de celui qui l'énonce, ici, M. Klein qui, à ce niveau est confronté à son conflit psychique.

ça s'écrit ainsi : Si les animaux sont des sujets, alors  la corrida est abjecte, et donc, je suis un monstre, tout comme celui qui est l'étalon-or de l'ignominie humaine.

 

Mais, X. Klein,  personne à part vous ne vous  accuse d'être Hitler!

La monstruosité humaine peut se décliner autrement.

Même si on peut dire que la seule chose qui ressemble au traitement qui fut fait aux juifs est celui qui est réservé aux animaux.

Et pour cause  que cette "chose" ne fut possible qu'en levant le tabou qui frappe les humains entre eux en assimilant certains à des animaux. 

En effet, les animaux sont vues comme des choses livrés à la jouissance humaine.

La zone de non-droit où nous confinons notre rapport aux animaux fait de nous des êtres regressés au stade amoral devenu immoral après coup, de la perversion du jeune enfant (avant 3 ans, en gros). Où l'Autre est un melting pot d'objets partiels "à en profiter"...

Aussi, pour en faire autant avec les humains, il faut les assimiler à des animaux, n'est-ce pas?

Mais si cette zone de non droit était éliminée? Il n'y aurait plus de porte ouverte à notre perversion.


 

 Je vous remercie au passage pour la pub que vous me faites sur votre blog. Vous m'y faites l'honneur de quelques sarcasmes et injures peu ragoûtantes selon mon souvenir. 

Bien entendu, parler de moi en tant que virago ne manque pas de saveur pour ceux qui me connaissent. Je pourrais  vous attaquer en dit-femmation, non?

Mais je ne vois rien dans le code pénal (ou plutôt, ici,  pénien) qui vous interdise de le faire.  Je suis suffisamment indignée par votre barbarie, et je n'ai pour mon ego aucune adulation. Mon combat est ailleurs que dans mon amour propre qui ne peut qu'être mis à mal par une guerre contre le pire en l'homme.  7 milliards d'humains décérébrés par leur jouissance grotesque, ubuesque, arc-boutés sur leurs privilèges humanistes, et moi et moi et moi...et quelques autres.

:)


  

Je vous laisse enfin avec E.H-F, HISTORIENNE  

 

 

 

 

Revue Semestrielle de Droit Animalier – RSDA 

1/2009 

 

207 

 

 

 

HISTOIRE DES CULTURES ET DES CIVILISATIONS 

 

« La vivisection est supprimée en Allemagne » 

Recyclage et exploitation d'une désinformation récurrente (1933-2009) 

 

 

Elisabeth HARDOUIN-FUGIER 

Professeur honoraire d’Histoire de l’art de l’Université Jean Moulin Lyon III 

 

 

« Respecter les animaux est considéré comme une trahison envers le 

progrès1 ».Theodor Adorno montre que sortir de l’anthropocentrisme 

occidental pour défendre les animaux c’est s’exposer à être classé parmi 

les traîtres de l’humanité. En effet, à deux reprises, (Nerson, 1963, Ferry, 

1992-94 et ses suiveurs jusqu’à 2008), les abominations du nazisme ont été 

instrumentalisées pour criminaliser la protection juridique de l’animal. Voici 

l’histoire de cette incroyable désinformation. 

 

Dans un article intitulé « La condition animale au regard du droit », on 

découvre une déclaration stupéfiante : « De monstrueux hypocrites figurent 

parmi les défenseurs des animaux puisque les nazis interdisaient le gavage 

des oies dans le Troisième Reich et prohibaient l’expérimentation sur 

l’animal dans ce même camp d’Auschwitz où des hommes servaient de 

cobayes ! ».2 D’après cet auteur, l’éminent juriste Roger Nerson, les 

bienfaiteurs de l’animal auraient obtenu, dans le camp d’Auschwitz, de 

remplacer les animaux de laboratoire par des hommes. Trente ans plus tard, 

le philosophe Luc Ferry affirme que la loi allemande de protection animale 

du 24 novembre 1933, selon lui longue de « 180 pages », est si« chèr(e) au 

cœur » d’Hitler qu’il en « faisait une affaire personnelle ». L. Ferry 

développe longuement le sophisme de « la mauvaise compagnie », avec le 

cas d’Hitler3. Malgré les criantes invraisemblances de ces thèses, qu’il suffit 

de documenter4 pour anéantir, elles sont passées au rang d’un axiome encore 

présent dans des quotidiens réputés.  

 

 Horkheimer, Max, Adorno, Theodor, La dialectique de la raison [1944], trad. de 

l'allemand par Eliane Kaufholz, Paris, Gallimard, 1974, p. 276.s 

 Nerson, Roger, Recueil Dalloz, Chronique, 1963, pp. 1-7. 

 Ferry, Luc, Le Nouvel ordre écologique, Paris, Grasset, 1992, p. 182. 

 Hardouin-Fugier, Elisabeth, « Un recyclage français de la propagande nazie, la 

protection législative de l’animal » in Ecologie et Politique, janvier 2002, pp. 53-70. 

« Der französische Erziehungsminister Luc Ferry als Geschichtsfälscher entlarvt », in 

Journal Franz Weber, n° 65, Juli-Sept 2003, pp.14-17. 

Points de vue croisés 

 

 

208 

 

Une abondante documentation sur la législation animalière allemande permet 

d’analyser l’origine et le cheminement de ces désinformations. L’Université 

de Freiburg-en-Brisgau fournit les textes juridiques essentiels ; de 

nombreuses thèses vétérinaires ou juridiques sont accessibles grâce à 

l’Institut Historique Allemand (DHI) de Paris, à la Bibliothèque Cujas ou à la 

Bibliothèque Nationale. Les copieux Commentaires (Kommentar) successifs 

des lois animalières (entre 1939 et 1945, autour de 360 pages) ressemblent à 

nos textes d’application ; ils peuvent être considérés comme Lex Ferenda ou 

source d’informations pour d’éventuels législateurs. Au XIXème siècle, un 

langage juridique spécifique était obligatoire, au XX° siècle, le style s’allège. 

Le lecteur reste confronté à des constructions complexes au sein de phrases 

dépassant les vingt lignes et à la typographie gothique, abandonnée vers 

1940. Enfin et surtout la très belle thèse de droit animalier d’un Professeur de 

Kiel5 couronne une documentation qui annihile définitivement ces mythes. 

 

I- DIABOLISER LES OPPOSANTS À LA VIVISECTION 

 

A- Une abominable permutation (Roger Nerson)  

 

Dans la phrase « et prohibaient l’expérimentation sur l’animal dans ce même 

camp d’Auschwitz », R. Nerson emploie de façon impropre la forme 

adjectivale de « même », antéposé devant « camp », (« même camp « ) qui 

implique une ressemblance avec un second élément ici absent (même...que 

quoi ?). Si l’auteur voulait employer « même » comme déterminatif 

d’identité, il fallait écrire : « dans le camp même », pour localiser le fait cité, 

l’expérimentation sur des humains. Malgré ce tour de passe-passe, ou grâce à 

lui, Nerson établit une corrélation entre la protection juridique de l’animal et 

la « vivisection humaine », puisqu’il accuse les protecteurs des animaux de 

« monstrueuse hypocrisie ». L’accusation de Nerson présuppose une 

interdiction de la vivisection sur les animaux en Allemagne, qu’il croit 

découvrir dans l’ouvrage d’Edmond Bocquet qu’il cite. Ce juriste compétent 

passe en revue toutes les législations animalières européennes, et mentionne 

en effet (p. 71) une « interdiction du principe » de la vivisection proclamée 

par un décret de Göring. Le dessinateur du périodique Simplissicimus met en 

image cette interprétation en représentant les animaux de laboratoire vivants, 

lapins, souris et cobayes, adressant le salut hitlérien à Göring devant une 

inscription « vivisection interdite, signé Göring » (voir II, B). Les faits sont 

les suivants : l’interdiction du gavage figure en effet dans la loi du 24 

 

 Eberstein, Winfried, C.J., Das Tierschutzrecht in Deutschland bis zum Erlass des 

Reichs-Tierschutzgesetzes vom 24 Nov. 1933, Peter Lang, 1999, Thèse de droit, Kiel. 

(Le droit animalier en Allemagne juqu’à la promulgation de la loi de protection 

animale du Reich du 24 novembre 1933) 

Revue Semestrielle de Droit Animalier – RSDA 

1/2009 

 

209 

novembre 1933 (II, §2, 11), bien que dérisoire dans un pays affamé. Les 

expérimentations sur des hommes sont tragiquement vraies. C’est en réalité 

un scoop de propagande lancé par Göring (voir II) puis colporté par un 

ouvrage juridique6 : « la vivisection est supprimée en Prusse.» Selon Nerson, 

les protecteurs des animaux, ayant obtenu la suppression de la vivisection sur 

les animaux, auraient contraint les médecins nazis à utiliser l’homme comme 

cobaye. Luc Ferry se montre plus circonspect que Nerson, il ne fait 

qu’évoquer le crime supposé commis par les protecteurs d’animaux « ... la 

zoophilie la plus sincère n’en n’est pas restée aux paroles, mais s’est incarnée 

dans les faits7. » Il réserve la révélation de la permutation criminelle aux 

auditeurs de ses conférences ou interviews. 

 

Les documents réduisent à néant cette abominable accusation de substitution. 

En effet, d’innombrables textes montrent que l’expérimentation sur l’animal 

n’a jamais cessé en Allemagne nazie8. Des animaux sont explicitement 

signalés dans les laboratoires des camps de Natzweiler, Dachau, Auschwitz et 

Buchenwald. Le docteur Adélaïde Hautval, déportée, affectée comme 

médecin au bloc 10 d’Auschwitz, mentionne qu’Himmler promet de mettre à 

la disposition du professeur Clauberg le camp d’Auschwitz « pour ses 

expériences sur les êtres humains et sur les animaux »9. Une quarantaine des 

lettres (1942-1944, signées, localisées) de médecins adressées à Himmler 

sont publiées par F. Bayle10 et figurent parfois dans les Actes des Procès de 

Nuremberg. Elles demandent à Himmler l’autorisation de poursuivre sur des 

hommes leurs expériences menées aussi loin que possible sur les animaux, 

condition indispensable et sans doute légale pour obtenir un « modèle 

humain ». Certaines de ces lettres font allusion à un décret (29 décembre 

1900) et à une directive (29 novembre 1931) qui traitent le délicat problème 

du passage de l’animal à l’homme. En effet, en 1930, un traitement 

antituberculeux préventif appliqué à des enfants entraîne une grande 

mortalité parmi eux ; on tente alors d’encadrer juridiquement le passage de 

l’animal à l’homme. 

 

 

 

 

 Bocquet, Edmond, La protection des animaux dans les législations françaises et 

étrangères, Sirey, 1934. 

 Ferry, Luc, Nouvel ordre...1992, op. cit., p. 184. 

 Hardouin-Fugier, Elisabeth, « L’animal de laboratoire sous le nazisme », CD Dalloz

juin 2002. 

 Hauteval, Adélaïde, Lettich, Dr, Médecine et crimes contre l’humanité, Actes Sud, 

1991, p. 89, souligné par nous. 

10 

 Bayle, François, Croix gammée contre caducée, les expériences humaines en 

Allemagne pendant la Deuxième guerre mondiale, l’auteur, 1950, 1942-1944. 

Points de vue croisés 

 

 

B- Sophisme de la (très) mauvaise compagnie d’Hitler (Luc Ferry) 

 

Pour disqualifier la protection animale, Luc Ferry use et abuse du sophisme 

de la mauvaise compagnie, ici du personnage redoutable d’Hitler qui serait 

l’auteur d’une législation animalière d’avant garde. L. Ferry magnifie le titre 

III de la loi du 24 novembre 1933, concernant l’expérimentation animale, 

« en avance de cinquante ans (et même plus) sur son temps11. » Or, il ne fait 

que suivre la tendance européenne qui, après l’Act anglais du 22 mai 1876 

beaucoup plus répressif, tente divers compromis.  

 

Mieux renseigné sur les pensées intimes d’Hitler que nos plus grands 

biographes actuels du Führer, Ferry pare le dictateur d’un profond amour 

pour l’animal, qu’exploite aussi le Ministère nazi de la propagande. 

Goebbels, dans son Journal de 1933, explique qu’il veut lancer l’image d’un 

« homme simple et bon ». Des séries de cartes postales montrent Hitler avec 

sa chienne Blondie, nourrissant des biches ou caressant des enfants. L. Ferry 

soutient qu’Hitler « tiendra à suivre personnellement l’élaboration de cette 

gigantesque loi de protection animale (« de plus de 180 pages »12). »  

 

Outre diverses approximations de traduction et sur l’origine des références 

(consultations indirectes des documents données pour directes), L. Ferry 

commet des erreurs flagrantes :  

 

1- La loi du 24 novembre 1933 n’a pas 180 pages, mais à peine trois dans le 

Journal Officiel du Reich13. S’il s’agit du commentaire de la loi (1939), cet 

ouvrage a 305 pages. 

 

2- Dans les délibérations des six réunions préparatoires à la loi du 24 

novembre 1933, ni Hitler, ni son nom, ni même l’évocation du Führer 

n’apparaissent (cf. Eberstein, 2, B), alors que L. Ferry, attribue ce texte « à la 

volonté personnelle d’Hitler14 ».  

 

3- Ferry prétend fournir le début de la loi du 24 novembre 1933, mais les dix 

lignes qu’il donne sont, non pas la loi, mais le commencement du 

Commentaire de celle-là, écrit par un vétérinaire et un juriste : « La loi de 

protection animale du Reich ne se restreint pas (ici Ferry supprime : comme 

rotection animale (« de plus de 180 pages »). »  

 

Outre diverses approximations de traduction et sur l’origine des références 

(consultations indirectes des documents données pour directes), L. Ferry 

commet des erreurs flagrantes :  

 

1- La loi du 24 novembre 1933 n’a pas 180 pages, mais à peine trois dans le 

Journal Officiel du Reich13. S’il s’agit du commentaire de la loi (1939), cet 

ouvrage a 305 pages. 

 

2- Dans les délibérations des six réunions préparatoires à la loi du 24 

novembre 1933, ni Hitler, ni son nom, ni même l’évocation du Führer 

n’apparaissent (cf. Eberstein, 2, B), alors que L. Ferry, attribue ce texte « à la 

volonté personnelle d’Hitler14 ».  

 

3- Ferry prétend fournir le début de la loi du 24 novembre 1933, mais les dix 

lignes qu’il donne sont, non pas la loi, mais le commencement du 

Commentaire de celle-là, écrit par un vétérinaire et un juriste : « La loi de 

protection animale du Reich ne se restreint pas (ici Ferry supprime : comme 

 

11 

 Ferry Luc, Germé Claudine, Des Animaux et des Hommes, Paris, Librairie Générale 

Française, 1994, 1994, p. 506-507, 513, 514. 

12 

 Ferry, Luc, in Vincent, Jean-Didier, Noble, D., L’Éthique du vivant, UNESCO 

1998, p.73. 

13 

 RGB, (Journal Officiel du Reich) 1933, 23 ou plutôt 25 novembre (lecture difficile) 

n° 132, p. 987-989. 

14 

 Ferry, Luc, Nouvel ordre...1992, op. cit., pp.28-29. 

Commenter cet article