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Psychanalyse et animaux.

L"amour des animaux. Veterinaires et argent. Aimer n'est pas aider.

29 Décembre 2012, 06:21am

Publié par Jo Benchetrit

 

Je n’ai pas trouvé de statistiques sur l’ amour des animaux mais il me semble en essayant d’en évaluer à partir du nombre d’animaux des particuliers, près de 1/personne( on est dans les 50 millions d’animaux pour 65 millions d’humains) qu’une majorité de français diront qu’ils aiment les bêtes.

Ça pose la question du : qu’appelle t on aimer ?

En français particulièrement , où le mot aimer peut recouvrir aussi bien like(apprécier) que love (aimer d’amour) c’est déjà assez ambigu , ce mot d’amour.De   plus, aimer est soit oblatif soit narcissique, dit on classiquement. Ce  sur quoi Lacan a tranché : « L’amour est toujours narcissique. » Néanmoins on peut aimer de manière consciente de façon non prédatrice, voulant le bien de l’autre, comme on dit en italien : « te voilo bene ». Après, vouloir le bien n’est pas toujours aussi  clair que ça, si on n’est pas à l’écoute des besoins et désirs de l’autre, y compris celui d’être parfois tranquille.

Ceci dit, pour les animaux, paradoxalement, il arrive que ceux qui déclarent les aimer fassent beaucoup plus leur malheur que ceux qui  affichent à leur égard une froide indifférence. Du moins à l’égard des animaux de compagnie qui sont victimes de coups de cœur et de désamour,  plus de 500.000 seraient tués par an faute de maitre. On n’a pas les chiffres exacts pour différentes raisons dont les assassinats d’adultes, de chiots et chatons par leurs maîtres. Ce qui fait près de 2000 animaux euthanasiés après anesthésie ou pas, en cabinet ou dans les refuges surchargés qui « font de la place » pour en accueillir d’autres, à la chaine, ou tués de manière encore plus cruelle par particuliers ou même fourrières dont certaines pratiquent le gazage. Et ce fléau  touche toute race, tout âge, du chiot au pépère.   Le marché de la mort des animaux est florissant pour les vétérinaires qui se prêtent volontiers au jeu.Les mêmes peuvent afficher dans leurs vitrines des publicités pour des expositions canines ou félines, sans réaliser le moins du monde la contradiction entre tuer des chiens, des chiots et chatons  non désirés et en faire naître. Les animaux, à leurs yeux, ne sont-ils donc que choses consommables et jetables pour qu’ils ne réalisent   pas que leur responsabilité de vétérinaires est d’épargner des vies ? Est-ce donc une profession  sans déontologie ? La plupart, en plus, encouragent les maitres à faire faire une portée afin que je ne sais pas trop quoi, du style : « c’est bon pour leur santé. On arrivera toujours à les placer, surtout de race, et blabla. » Et tant pis pour les déjà nés. Eux, on  les tuera sans   plus d’état d’âmes. D’autre part, tout n’est pas rose pour les chiens et chats de race qui subissent beaucoup, entre le trafic et les élevages en batteries ou pas, le tout  effectué sans  aucun respect et qui occasionne beaucoup de pertes. C’est donc là que l’amour des bêtes peut être  bien plus toxique que l’indifférence de ceux qui ne vont pas alimenter ce terrible système.

Alors qu’il est urgent dans un tel contexte d’arrêter de faire naître et d’éponger les déjà nés, tout en préconisant dès que possible la stérilisation, on ne peut que se demander si le marché de la mort et de la naissance n’est pas trop lucratif puisqu'il fait oublier que  les  vétérinaires  pour certains ont choisi ce métier par amour des animaux. Et pas uniquement pour la magnifique aubaine  qu’ offrent bien des maîtres, prêts à tout payer , à juste titre d’ailleurs quand il s’agit de les soigner, pour l’amour de ces êtres-anges, eux qui nous sauvent bien souvent des difficultés à vivre dans un monde d’humains. 

 

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