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Psychanalyse et animaux.

L'armée des douze singes: ce qu'on ne vous dit pas. Qui est fou? Labos=torture.La jetée de Chris Marker.

20 Janvier 2014, 05:28am

Publié par Jo Benchetrit


 

http://www.du9.org/wp-content/uploads/2012/10/La-Jetée-3.jpgLa jetée fut un de mes films fétiches .  Faut dire que le procédé, pas d'images qui bougent mais rien que des photos qui se suivent, a de quoi créer une impression magique qui relaie un scénario où l'étrange familier des "fausses ou vraies?) réminiscences côtoit l'interrogation sur la mort. Y mettre des dialogues (si peu…Et sont-ce des dialogues ou un rêve éveillé solitaire ?), remplacer les photos de La Jetée par  du mouvement, le rallonger en long métrage, c’était un pari sans doute un peu casse-gueule. Pari ce me semble réussi.  Sauf que je préférais  la nuque érotique de l’actrice du court-métrage  à celle de Bruce Willis…

Chris Marker est mort, s'il fallait voir un signe d'un rappel de l'énigme de son film, le jour de son anniversaire, et les 2 derniers chiffres de l'année de sa mort  sont inversés par rapport à ceux de sa naissance. 

  • Décès : 29 juillet 2012, Paris

    http://www.iletaitunefoislecinema.com/theme/efc/fichier/galerieimage/315/4af9c0a4aefbb-18823270jpgr760xfjpgqx20070907033746jpg.jpg
    L'armée des douze singes.

Si vous l'avez raté hier soir, séance  de rediff: Dimanche 26/01/2014 à 23:10 sur HD1

Et je crois que lundi soir prochain, après minuit(on sera donc mardi) il y aura une diffusion de La jetée sur ARTE.

 

Sinon, il serait ingrat et bien significatif de ne rien dire du mobile supposé à la quasi totale extermination des hommes par un virus sorti d'un labo exprès pour cela. Mobile qui semble anecdotique et qui est pourtant central, malgré que le reste (comment sauver l'humanité?) puisse aveugler le spectateur. On sait que dès qu'il s'agit des animaux, l'homme ne veut rien   savoir. Que ce soit en philo, en littérature, on ne veut pas voir ce qui est dit par les auteurs sur la question!

Les critiques de ce film, du coup, ne veulent pas s’attarder sur le mobile supposé du crime, à savoir notre intolérable réel: l’humain est une espèce abominable et qu'on n'arrive pas à améliorer .

La façon barbare dont nous traitons les animaux en est le paradigme. 

Jugez en de "ça" dans une poubelle d'un labo...1 parmi des millions! 

Mais il n'y a pas de syndicat des animaux de labos. Les chercheurs, eux, ne font pas dans la dentelle. Peu ont des scrupules, et rien n'est epargné aux bêtes de labo, selon ce que m'a dit Georges Chapoutier, chercheur dans l'assoce dite droits de l'animal qui n'en est pas à une contradiction près.

http://www.protection-des-animaux.org/photos/Experimentation-chiens/Vivisection_chiens%20(14).jpg

 

Sa majesté, La Science!

Quand on vous dit que Mengele n'est jamais loin des laboratoires de la honte, ceux du Téléthon et de toute expérimentation animale.

 

Dans ce film, la question est : qui est fou? Les défenseurs des animaux qui, fatalement sont hors norme, ou les "normaux" dont les agissements sont déments de sadisme et d’indifférence autistique à l’autre quand ce n'est pas de perversion sadique. L'espèce la moins empathique est la nôtre, quoique nous en croyons .

 

C’est celle qui torture partout et, dans ce film, on aperçoit ce qui se passe d'innommable dans les labos. Imaginez que ce qu'on voit dans ce film, qui est mis dans les yeux des lapins, ce n’est pas du collyre mais des extraits de produits caustiques comme de l’extrait de lessive, des encaustiques, de la javel, du dentifrice, des extraits concentrés de tout et n’importe quoi que nous utilisons, jusqu'à ce que l’oeil devienne aveugle, le tout avec des souffrances atroces...

Alors, on ne va pas croire que la question du film ne se pose pas (que faire de nous, sachant que notre espèce va jusqu'à la folie destructrice et ce, banalement, normalement, en permanence avec les bêtes, parfois avec les humains assimilées à elles ), sachant que nous sommes de plus en plus nombreux, polluants, abjects, de plus en plus gâcheurs de nourriture(nous jetons autant que nous consommons).

La moitié de ce qui est produit y compris dans des élevages apocalyptiques de cruauté cynique part  dans nos poubelles. 

Le  seul projet raisonnable si on ne peut raisonner notre (in) humanité ne serait-ce pas la fin provoquée de la dite espèce tyrannique qui s’est approprié le monde pour en faire un cloaque puant comme l’atmosphère  dont nous finissons par avoir la tête dès qu'il fait « trop » beau ?  

Déjà, il y a des milliers d'années, la Bible avait évoqué le problème que pose notre espèce. Dieu  déprimé par nous, nous dit-elle, avait réglé  ce souci que nous lui posions en faisant  table rase de sa création rendue intolerablement violente par celui qu'il voyait à sa propre image et qui le décevait au point de vouloir tout détruire par non des virus, mais le déluge.

Mais voilà qu’il y eut une faille, Noé, et l’affection de Dieu pour lui…On sait ce qui s’en suivit. Notre espèce  fut sauvée, Dieu pris d’une crise de folie nous offrit la nature, les animaux…nous étions  végétaliens, il nous donna le carnivorisme… Mais l’essentiel est que les hommes qui ont écrit la Bible, déjà à cette époque, savaient que nous étions le gros problème, l’être le plus décevant de la nature. Et, hélas, l'espèce qui a pris le pouvoir sur le monde terrestre.

Loin de savoir nous bonifier, tout montre, en particulier notre rapport aux animaux, que rien, ni personne ne peut nous faire progresser de manière irréversible.

Mais comme dit Camus dans Sysiphe, "cela consiste à recommencer". et nous devons, nous les êtres lucides et compatissants, nous les moins sous doués de l'humanité, nous devons nous accrocher à notre projet de ne pas démordre de la seule position éthique qui vaille pour ne pas sombrer dans le laisser-faire que notre dépression nous offrirait, celle de l'espoir en l'homme, malgré tout ce en quoi il ne peut que nous désespérer. Nous serons les empêcheurs de jouir en rond, et ce, tant qu'il y aura une humanité sur terre, et tant que des voix justes sauront s'exprimer.

De même que l'enfant de l'éternel retour du film, dont on sait le rôle central puisqu'il s'agit du héros  qui assiste à sa propre mort adulte, est à la fois l’espoir et le Sysiphe  désespérant que donc nous ne pouvons qu'être si nous ne voulons pas entrer dans  la danse macabre qu'impose la norme, nous devons recommencer, à jamais , à dénoncer et essayer de faire que plus jamais ça se transforme en réalité...ENFIN! Ou alors, comment résister au  voeu de Caton l'ancien: "Delenda est Carthago" ? (que Carthage soit détruite).

 J’espère  que vous m'avez suivie...


 

 

  • L'Armée des douze singes
    Film (1995)
  • L'Armée des douze singes, ou 12 Singes au Québec et au Nouveau-Brunswick, est un film de science-fiction américain réalisé par Terry Gilliam et sorti en 1995, librement adapté du court métrage La Jetée, de Chris Marker. Wikipédia

 

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