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Psychanalyse et animaux.

On adopte et sterilise. On ne fait pas reproduire, on n'achète pas un chat ni un chien. On est enfin "intelligent". Mot obscène?

15 Mars 2010, 06:49am

Publié par Jo Benchetrit


chat-pense.jpg






J'ai trouvé ce petit texte  dans mes mails, sur l'histoire vraie d'une chatte non stérilisée  et ...Les conséquences de la chose.
 

Le texte qui suit est d'Hélène, une amie protectrice qui, comme nous, se 
désespère de voir le message prônant la stérilisation encore si mal 
compris et si peu relayé. Cette "petite histoire triste" est celle d'une 
petite minette trouvée cet été à Alençon... Lisez-la, racontez-la, à vos 
amis et surtout à vos enfants car c'est sur eux que nous comptons pour 
que demain, un demain toujours trop éloigné, cessent de naître les 
fameuses portées de chatons "à donner contre bons soins"... 

Bonjour, 
Vous ne me connaissez pas, je suis juste une petite chatte de gouttière… 
J’ai oublié le nom que vous m’aviez donné petite… 
Je ne me souviens plus très bien de maman non plus… C’était il y a si 
longtemps. Et je suis restée si peu de temps avec elle… Je me souviens 
que les gens la trouvaient très belle, très gentille. Elle était écaille 
de tortue. Noir et rousse. Alors ses maîtres, très gentils par ailleurs 
lui ont laissé faire une portée pour avoir de jolis et gentils chatons 
comme elle… Notre papa, un illustre inconnu, je ne sais qui il est, 
sûrement un matou du quartier… 
Ils n’ont pas été déçus par notre naissance ! 5 frères et sœurs que 
nous étions… Deux noirs, un rouquin et moi et ma sœur, écaille de tortue 
comme maman… Mais moi au lieu d’être noire et rousse, j’étais bleue et 
crème ! Magnifique disaient de moi les gens qui venaient nous voir ! Ils 
étaient en extase… 
Nous étions en bonne santé, bien traités, alors forcément nos maîtres 
n’ont eu aucun mal à nous placer. Je suis partie à l’age de 8 semaines 
dans une famille gentille… J’avais droit aux câlins, à dormir dans leur 
lit. Ils m’avaient mis un beau collier avec des perles argentées et une 
jolie clochette. Nous habitions en appartement. Parfois la femme pestait 
après moi quand j’étais en chaleur et miaulais la nuit ou faisais pipi 
sur son canapé… Mais elle m’aimait bien je pense… Elle me prenait sur 
les genoux et j’adorais ses caresses et je ronronnais… 

Et puis… 
Et puis, il y a eu beaucoup de cartons dans l’appartement. 
Et puis, les pièces se sont vidées 
On s’occupait moins de moi… mais ce n’était pas grave. Ils étaient 
occupés, je comprenais. 
Et puis, j’entendais parler d’une maison avec un jardin, qu’il y aurait 
des enfants bientôt… 

Et puis… 
Je n’ai pas compris. 
Le dernier carton est parti. Le monsieur m’a prise dans les bras et on a 
descendu l’escalier. Cet escalier qui m’intriguait tant et où je n’avais 
pas le droit d’aller… 
On est sortis. Et moi j’étais toute apeurée parce que je ne 
connaissais pas dehors… Il y avait de grands bâtiments. C’était 
immense en bas… Moi je voyais ça de mon 4ème étage. En bas, ca faisait peur. 
Il m’a posée par terre… Et j’ai trouvé bizarre la sensation de l’herbe 
sur mes coussinets habitués à la moquette… Une voiture a démarré juste à 
coté de nous, j’ai couru sous un buisson pour me réfugier… 
Je suis restée longtemps sous le buisson. J’ai attendu la nuit… 
Quand je suis sortie le monsieur était parti… 

J’ai attendu… Des jours entiers qu’il revienne me chercher. Il m’avait 
certainement oubliée… 
J’ai attendu… sous mon buisson. 

Et j’ai eu faim alors je suis allée vers les gens que je croisais. 
Certains étaient gentils et m’ont donné des caresses et à manger. Un 
peu. Mais d’autres m’ont chassée… m’ont frappée. 

J’ai attendu… 
J’ai fait connaissance avec les chats du coin. Des chats faméliques 
qui m’attaquaient… 
J’ai fait connaissance aussi avec les chiens… Plusieurs fois ils ont 
failli m’attraper et me tuer. Par chance j’ai réussi à leur échapper. Je 
voyais parfois des gens avec ces chiens… 
J’ai attendu. 
Longtemps. 
J’ai perdu mon joli collier, avec sa clochette. 
J’ai eu des bébés moi aussi, plusieurs fois, mais peu ont survécu… 

J’ai attendu. 
Et je suis tombée malade. 
Les yeux. 
J’avais si mal qu’à force de me gratter, j’ai perdu un œil… L’autre, 
je n’y voyais quasiment plus… Alors je suis restée sous mon buisson. Des 
gens gentils me donnaient à manger, juste à coté du buisson. Mais vous 
savez, dans ce quartier les gens comme les chats sont miséreux… Personne 
ne pouvait me soigner. 

Et puis un jour, alors que je sentais la fin peut-être arriver 
bientôt, j’avais perdu mes derniers chatons depuis peu d’une fausse 
couche, un monsieur est arrivé. Un jeune monsieur. Et bien que je 
n’étais plus très belle, borgne, le poil miteux, il m’a câlinée, m’a 
nourrie quelques jours. Il a regardé mes yeux et a pleuré… J’ai appris 
qu’il était étudiant en médecine. Et qu’il ne pouvait pas me recueillir, 
lui aussi… Et que c’est ça qui le faisait pleurer. 

Il faisait chaud ce jour là. 
Une jeune femme est arrivée avec ce monsieur. Elle avait une caisse. Je 
me souviens petite que les gens avaient une caisse comme celle là… alors 
je suis rentrée dedans. J’étais si fatiguée… 

Le voyage a été long. Il faisait très chaud dans la voiture. 
J’avais peur, j’avais soif. Je miaulais. La jeune femme me parlait, je 
me souviens. 
On est arrivé quelque part où on m’a soignée durant plusieurs jours. 
Je n’étais pas heureuse au départ en cage mais la dame était gentille, 
me nourrissait bien… 
Elle a soigné mon œil. A présent j’y vois un tout petit peu mais très mal. 
Elle m’a opérée aussi. J’avais un reste de placenta pourri dans l’utérus 
suite à ma fausse couche… Cela m’aurait tuée. 
Et ces années dehors à me battre contre les chats et les chiens m’ont 
laissé en souvenir le fiv, le sida du chat…. Aujourd’hui encore je 
déteste les chats et les chiens. J’en ai très peur, voyez vous. 

Maintenant je vais mieux. 
Je suis dans une association qui prend soin des chats comme moi, malades 
ou sauvages. Moi je ne suis pas sauvage. J’aime beaucoup les câlins… 
Nous sommes nombreux là-bas. Roméo, Baloo ( lui a très peur des gens… 
il n’a pas connu comme moi petit la chaleur d’un foyer.) 
Je me repose. Et je n’attends plus le retour de ce monsieur… Il ne 
reviendra jamais. 
Parfois je pense à mes frères et sœurs… 
Que sont-ils devenus, eux ? 
Attendent-ils eux aussi un monsieur ou une dame ? 
Un jeune étudiant en médecine pleurera-t-il sur leurs yeux malades ? 
Une jeune femme fera-t-elle 200 kilomètres en voiture pour eux ? 
Ma maman serait bien triste d’apprendre mon histoire… 
Et les gens qui l’adorent aussi… 
Ils disaient qu’ils la feraient opérer après une portée… ils ne 
pensaient pas que les gens auxquels ils m’avaient confiée feraient cela…. 
Ils étaient si gentils, ils disaient… 

Le jeune étudiant en médecine m’a baptisée Cosette car j’habitais rue 
Victor Hugo. 
Cosette, j’aime bien. J’ai croisé Gavroche ( !) hi chez cette jeune 
femme. Elle l’avait fait castrer, il m’a dit. Oh bien sûr un mauvais 
moment à passer durant 24h… 
J’ai pensé à mes bébés.. à ceux qui ont survécu. Peut-être ont ils été 
adoptés… 
S’il vous plaît, vous qui les avez recueillis, faites les stériliser. 
Ils n’auront pas de chatons à vivre ce qu’a vécu leur grand-mère… 

Cosette 

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mamychris 29/03/2010 16:56


à la lecture de cette histoire, comme de celle des larmes de sang de la jument...je me dis que l'humain est parfois monstrueux...
Je reste sans voix...et très peinée.
Dans notre quartier, où je vivais avant, nous avions une chatte SDF. Elle ne voulait pas entrer dans les appartements. Nous l'avions fait stériliser et chacun lui donnait à manger. Un jour elle est
revenue mourir sous nos fenêtres, empoisonnée...Nous avons eu beaucoup de chagrin et de colère.
Heureusement il y a des personnes qui ont du coeur...un jour peut-être la balance penchera du bon côté.. Biz