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Psychanalyse et animaux.

Le Point du 5/12/13. Onfray, Tillinac, Freud, et un zeste de Sade. Lettre de G.Charollois.

6 Décembre 2013, 05:23am

Publié par Jo Benchetrit

http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com/media/00/00/1506472532.JPG
Le Point oppose Onfray que l’on sait, helas,  anti-psychanalyse, d’un côté, et Tillinac qui en appelle à Freud pour justifier l'injustifiable, de l’autre. Bien sûr que je soutiens Onfray contre le mal fait aux animaux. Mais que ce ne soit pas au prix d'un sacrifice de la psychanalyse!
On pourrait croire en effet que ce dispositif Onfray- Tillinac du bien contre le mal, oppose la psychanalyse, suppôt du mal, à la blanche colombe anti-psy. Ben non, ça ne marche pas comme ça; je dois à la  science analytique de retablir  ce que pensait Freud qui etait torturé par cette question du mal. Contrairement à ce que dit un certain 
Denis TILLINAC, qui en appelle à FREUD POUR JUSTIFIER QU’ON DEVRAIT CONCEDER « UN PEU »   DE MAL AUX HOMMES CAR ILS AIMENT ÇA, Freud ne justifiait pas la moindre once de mal mais le combattait, où qu’il se trouvait, car pour lui, les pulsions humaines sont barbares et assujetties à la pulsion de mort. Mais elles sont là et demandent satisfaction.
Sa thèse : Elles ne   devraient se satisfaire que civilisées, c’est à dire sublimées de maniere non toxique. Pour cela , elles seront meconnaisables,  se metamorphoser comme le solide sublimé se degage en gaz.   En physique, la sublimation est le passage direct d'un corps de l'état solide à l'état gazeux, sans passer par l'état liquide. ça signifie qu’il n’y a pas de 1/2 mesure, pas de mal "un peu" satisfait directement en tant qu’acte mauvais!

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Pour en savoir plus, avant d'acheter Le Point:

Comme toujours, très bien ecrite et pertinente, la lettre de Gerard Charollois. Visitez aussi son site :
la lettre de Gérard CHAROLLOIS
TEL 06 76 99 84 65

 

            L’animal et la chasse (dossier de l’hebdomadaire LE POINT).
           Je remercie Michel ONFRAY pour l’article qu’il consacre à la chasse et à mon livre « Pour en finir avec la chasse, La mort loisir, un mal Français », dans le numéro de l’hebdomadaire LE POINT du 5 décembre.
Je suis particulièrement sensible au soutien, à l’approbation de ce philosophe ami exprimant haut, fort et clair une pensée hédoniste altruiste, libertaire, généreuse, une pensée qui affirme que la philosophie n’est pas un jeu de concepts dans le ciel des idées mais qu’elle intéresse la vie concrète des gens, une philosophie qui sait que les idées peuvent tuer et que d’autres peuvent sauver.
Car, au cours du siècle passé, trop de beaux esprits se sont compromis et fourvoyés au service de systèmes pervers.
Des idées ont généré des génocides, des camps de concentrations, des massacres d’hérétiques et de réfractaires.
Mais, la philosophie peut aussi sauver en permettant àl’individu de construire sa statue intérieure.
 Michel ONFRAY, auteur du traité d’athéologie, conférencier de la contre histoire de la philosophie, partage, avec nous, la célébration de la vie, de Eros, et la récusation de la mort.

 

Logiquement, Michel ONFRAY réprouve la chasse, mort loisir, comme la corrida, mort spectacle, comme toute peine de mort à l’encontre de quiconque.

 

L’hebdomadaire LE POINT propose, opportunément, à l’écrivain de droite, Denis TILLINAC, de défendre « l’art de vivre » de certains ruraux qui n’est jamais qu’un art de tuer.
Notre contradicteur, à la différence de l’habituelle indigence de la littérature grossière dees dirigeants de la chasse Française, s’inscrit, tout aussi logiquement, dans une filiation spirituelle judéo-chrétienne, c’est-à-dire paulinienne.
Pour lui, il y a le péché originel, encore dit, le mal, et mieux vaut le ritualiser, pour mieux le contenir.
Il en appelle au marquis de SADE et à FREUD pour démontrer que l’homme, depuis toujours et pour toujours, porte la pulsion de mort.
A ce stade, l’objection mérite examen.
Il est indéniable qu’à travers son Histoire, l’homme fut le plus grand tueur d’hommes et qu’il constitue l’espèce la plus déprédatrice de la planète.
Il érigea en jeux, en spectacles, en occasions de jouissances les souffrances qu’il inflige à d’autres êtres vivants appartenant à sa propre espèce ou à une autre.
Notre contradicteur conservateur en tire une conclusion définitivement pessimiste : l’homme partiellement mauvais, doit être autorisé à faire un mal limité, encadré, domestiqué pour ne pas  l’abandonner à ses hideux instincts.
Or, ce pessimisme ne se justifie pas et s’il se justifiait, autoriserait les pires dérives.
L’immense majorité de nos contemporains se passent fort bien de tuer, de torturer, de mutiler.
Que l’instinct de mort existe, nul ne peut en douter.
Qu’il soit inaccessible à une maîtrise par la culture, la réflexion, l’élévation de la conscience serait une négation du processus d’hominisation.

 

Le psychanalyste Erich FROMM exposa clairement que chacun nourrit une aspiration à la biophilie et une aspiration inverse à la thanatophilie.
 Les individus sont inégaux face à leurs capacités biophiliques et thanatophiliques.
Il y a des hommes thanatophiles qui tirent de la peur qu’ils inspirent, des tourments qu’ils infligent, du sang qu’ils répandent, une inquiétante satisfaction.
Il y a des individus biophiles qui aiment la vie, veulent protéger le faible, apporter à autrui un peu de douceur et de bien-être.
La chasse est un loisir thanatophile.
L’animal est un souffre-douleur commode où le lâche peut exercer en toute impunité sa pulsion destructrice.
Si l’animal ne souffrait pas, n’éprouvait pas le principe du plaisir déplaisir, le sadique ne songerait pas à le tuer, à le tourmenter.
La jouissance du sadique réside dans cette capacité de faire souffrir.

 

Ne désespérons pas de l’humain.
La biophilie peut l’emporter, ce qui précipitera la chasse, à l’instar de la guerre, dans la poubelle de l’Histoire, là où gisent les ordalies, les bûchers, l’esclavage, la peine de mort.

 

Mais Denis TILLINAC n’échappe pas tout à fait à ses préjugés politiques.
Pour lui, nous, écologistes, sommes des polythéistes, nihilistes.
J’avoue ne plus le comprendre dans cette attaque décalée.
Les monothéisme, polythéisme, déisme, superstition, obscurantisme et consorts sont totalement étrangers à notre pensée.

 

Et puis, il exprime sa sympathie pour les exploitants agricoles qui connaissent si bien la nature et sans lesquels il n’y aurait plus grand chose dans nos campagnes !
Lorsqu’on connaît le monde rural, ses maïssiculteurs, ses éleveurs ennemis des ours et des loups, ses arboriculteurs pulvérisateurs de pesticides, ses adeptes de l’aménagement du territoire, donc du grand déménagement de la biodiversité, on ne peut, sauf crise aigue de populisme, que sourire de cette réfutation.

 

Bien sûr, il est plus confortable de dénoncer les « technocrates » en oubliant qu’elles sont les forces syndicales, corporatistes et politiques qui militent pour les pesticides, les OGM, L’aseptisation de la nature.

 

Globalement, félicitons l’hebdomadaire LE POINT pour son dossier sur l’animal avec de bons articles d’Elisabeth de FONTENAY et même de Luc FERRY, ici bien meilleur que dans son pamphlet primaire contre le « nouvel ordre écologiste ».
Mais, il y a bien loin entre la vérité des pensées et  ceux qui les animent et les caricatures que d’aucuns en font, par facilité d’édition.

 

L’écologie n’a rien d’une pensée sectaire, polythéiste, nihiliste, irrationnelle.
C’est un combat pour que triomphe la biophilie, chère à Erich FROMM.
           Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE
POUR LE  RESPECT DES Êtres vivants et des equilibres naturels.

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Monsieur Z 13/12/2013 21:12


Le rapport du FBI je le connais et je ne l'ai jamais nié, on le sait que les sadiques ont commencé sur les animaux avant de s'en prendre aux humains.


Vous répondez à côté, comment pouvez-vous ne pas comprendre que les animaux disparaissent sous la pression humaine, les cultures, habitations, infrastructures diverses envahissent tout, les
écosystèmes sont détruits, l'espace vital des autres espèces est anéanti.


Aujourd'hui un milliard d'africains, ils étaient 100 millions il y a un siècle.


Tout ceci est catastrophique, nous allons droit dans le mur.


Alors vos cas pathologiques viennent ici comme un cheveu sur la soupe, et que je sache Hitler n'était pas sadique et ne martyrisait pas les animaux lorsqu'il était enfant.


Le curé de son village disait au contraire qu'il "aimait beaucoup les animaux" (rapporté par Savitri Devi qui l'a interrogé après guerre).


Ce que je dis c'est que si le tabou humaniste ne saute pas la vie sur cette planète finira par disparaitre.


Sans être tous sadiques loin de là les hommes ont des pulsions violentes, Tillinac fait une erreur en pensant que pour protéger l'humanité elles doivent s'exercer à l'encontre des animaux.


Que ces "pulsions" soient au moins utiles !


Pour ma part je ne ressens pas ce genre de pulsion, je n'ai aucune jouissance à la vue de la souffrance, au contraire, je parle d'un point de vue rationnel, si j'étais assuré de l'impunité je
n'aurais aucun problème de conscience à éliminer des nuisibles, je pense même que ce serait un devoir.


Les nuisibles ne sont jamais les animaux, mais les obscurantistes, les destructeurs, les narcissiques...tous ceux qui n'ont pas conscience de la nature de notre espèce.


 


 


 

Jo Benchetrit 13/12/2013 20:13


Quand vous cesserez de voir le monde à travers votre delire nazi, vous comprendrez que vous vous vous trompez autant que Tillinac. En effet, c’est avec les mêmes hommes qu’on obtient la même
violence envers les hommes et envers les animaux.
ça s’appelle la jouissance, celle qui en demande toujours encore, comme une drogue quand on y a goûté,  et je l’ai dit plusieurs fois, élève Z.
c’est même ma these centrale. et puisque vous me faites l’honneur (?) de visiter mon humble blog avec une certaine fidélité, je suis affligée de voir que
vous ne tenez pas compte de ce que je vous aurais  appris si vous m’aviez vraiment lue.
 
Mais cours de rattrapage possible.
POur commencer, relire mon article sur les chiens tués en Turquie:
les mêmes jeunes dirigeants hantés par l'hygienisme qui ont d'abord exterminé tous les chiens d’istambul ont ensuite exterminé les armeniens.
HItler a fait tuer les animaux des juifs, et a tué les juifs.
rien n'arrete le barbare, et necore moins sa satisfaction, au contraire, ça entretient son desir. Une fois le doigt dans ce redoutable cercle vicieux, on n’en sort pas. regardez tous les
sadiques; ce qui leur plait, c'est de faire souffrir, encore et encore.
des etudes ont été faites par le FBI sur les sadiques adiultes. en particulier les serial killers;100% avait été sadiques avec les animaux.
ALors?
Qu’importe le flacon, pourvu qu'on ait l’ivresse.

Monsieur Z 13/12/2013 19:44


Tillinac pense qu'en se défoulant sur les animaux les hommes seront moins enclins à s'en prendre à d'autres hommes.


Sans doute...mais c'est un très mauvais calcul, même du point de vue égoïste qui est celui de Tillinac.


Car le tabou humaniste empêche de prendre les mesures qui seraient indispensables pour sauver la planète.


Or les hommes, quand ils auront tout saccagé, tout anéanti, ne pourront survivre longtemps sur une planète morte.


Mais le tabou interdit toute lutte efficace contre la surpopulation, au contraire on l'entretient artificiellement (aide alimentaire, vaccins etc)


Ceci se retournera donc contre l'homme, ce qui serait réjouissant si malheureusement il n'entrainait pas avec lui dans le néant toutes les autres formes de vie !


Donc, si Tillinac était intelligent, il demanderait de rompre avec l'humanisme qui, à terme, causera la perte de l'espèce humaine.


Ce qui est valable pour la planète l'est aussi à l'échelle de notre pays: on n'a pas le droit de s'en prendre aux musulmans, aux roms etc...alors on se défoule sur les pigeons (et bien d'autres
animaux)


Et pourtant qui menace la société ? certainement pas les pigeons, mais plus sûrement les communautés précitées.