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Psychanalyse et animaux.

Le Post, c'est fini! Du coup, je recopie mon post: désir de l'aficionado. Le taureau qui pleure.

22 Janvier 2012, 11:18am

Publié par Jo Benchetrit

Le Post va hélas être remplacé dès demain 23/1/12, par autre chose le HuffingtonPost (où va bosser Anne Sinclair)

où il semble que le tout-venant ne pourra plus poster, quel dommage si c'est le cas ! Plus question de groupes non plus. Je vous invite à rapatrier vos posts sur vos blogs, comme je le fais avec celui-ci:

Le désir de l'aficionado

J'ajoute cette video trouvée sur le Post :Le taureau qui pleure dans l'arène...Comme tout être normal le devrait en voyant une corrida. LA HONTE soit sur ceux qui font ça ou paient pour ça et qu'ils soient maudits jusqu'à la 20° génération(temps minimum pour que la faute soit payée.) 

 

Sollers, Roudinesco, Hemingway, Bataille, Picasso, Deniso, Sarkozy, Lemergie, Wolff, Klein, Casas,et tant d'autres puants tortionnaires à commencer par l'impératrice Eugènie qui  amené cette merde ibérique en France...aux chiottes de l'histoire! la corrida: delenda est !

 

Le désir de l'aficionado

 
Les tortionnaires d'animaux directs ou indirects comme  les membres du mundillo mais aussi......le chercheur sur vivants sensibles , le chasseur, le dompteur et dresseur, etc. ont aux yeux du commun des mortels de drôles de goûts.
Que cherchent-t-ils?
Pour ma part, je dépasse le sentiment d'effroi que ces êtres impitoyables me procurent afin, dans un au delà de ma subjectivité affective et éthique, de retrouver une distance pour parler du lieu dune certaine neutralité psychanalytique afin de tenter de les cerner.
Disons que nous n'allons parler que de l'aficionado pour le moment.
A cette question posée par un ami,
" Ce plaisir éprouvé au spectacle de la souffrance d' un taureau volontairement mutilé, est-il le même lorsque cette souffrance change de camp ?"
je réponds ce qui suit :

Ma réponse est OUI, le plaisir de voir souffrir un autre, est le même si on a une victime humaine ou animale(si tant est que cette différence existe). Au moins autant. Puisque le véritable objet de ce désir destructeur est un humain. Du moins inconsciemment.

Voici pourquoi :

I.Résumé:
Le sadisme s'adresse d'abord à un alter ego humain mais son exercice  nous  est interdit sous une forme assassine comme la chasse ou la corrida. L'opprobre sociale, qui va avec la sanction, dissuade le sujet de sévir sur d'autres humains, du moins en écrasante majorité. C'est pourquoi les animaux dits "des meubles" par le code civil, remplissent ce douloureux office d'objets de désir sadique à la place des hommes. Et ce y compris dans le rapport aux animaux de compagnie. La loi veille à ce que les hommes ne s'entre-tuent que si l'état le décide comme en cas de guerre ou dans les génocides qu'il dicte parfois de ci delà. Sinon, où irait-on? La loi est (hélas!) faite non pour être morale, mais pour nous permettre une vie sociale sans craindre notre prochain humain dont elle reconnaît la dangerosité. C'est à nous de savoir demander des lois  légitimes, donc d'être contre les scélérates du genre de la 521-1 gangrenée par la notion d'utilité et l'alinéa 7 en prime. Et de demander la révolution que refusent nos parlementaires dont des anti-corridas de changer le statut des animaux dans le code civil où ils sont des meubles, des biens et pas des sujets, des personnes. On peut avoir de la   sensibilité envers les animaux de corrida, ou autre, signer une proposition de loi pour en demander l'interdiction. Mais   bloquer devant les autres monstruosités, et se retrouver incohérent  comme la plupart des gens. Pourquoi? Mais parce qu'avec les bêtes, tout est possible. Même l'illogisme. Les animaux ne revendiqueront pas l’égalité de traitement.
Tout comme les enfants, les animaux ne se défendent pas seuls. Tout comme eux, ils ne sont pas sujets de droits mais objets de devoirs. L'animal est donc un être vulnérable qu'il nous faut aider, protéger, défendre. Nous avons des devoirs envers lui.



I A qui a-t-on affaire?
Un paradoxe:
Le sadique, pour faire vite, est complexe, et bien moins méchant qu'on ne le croit si on suit Lacan pour qui le  pervers croit qu'il rend service à celui à qui il impose ses sévices  non avoués en général et qu'il prend donc pour un service rendu à l'autre . Plus qu'un mécanisme de défense, chez lui, le déni est structurel.Pour illustrer, pensez à ce que disent les violeurs sincères: "Elle l'avait bien voulu".
C'est pour cela que l'aficionado assure de bonne foi que la mort du taureau est un honneur qu'on lui rend.
C'est pourquoi il trouve que les zantis sont méchants.
Disons que le pervers se veut moral et  utilise des tas de mécanismes pour s' en convaincre. il se ment d'abord.

Ce n'est pas l 'aficionado qui décide que l'animal est un objet à notre service, c'est la loi. Donc c'est nous qui l'acceptons.
Ce n'est pas non plus lui qui décide de l'interdit, du tabou de torturer l'alter ego humain, c'est encore la loi.
Son désir de voir trucider et tuer à petit feu est un curieux désir pour nous. Et pourtant, on a tous vécu ça, puis on l'a refoulé.   Sachez que ça remonte à la petite enfance, où on est tous plus ou moins sadique, curieux et jouissant de la mort et de la souffrance de l'autre, le frère par exemple, mais c'est interdit, et on se venge sur qu'on peut, à savoir s petits animaux. il faut bien surveiller vos petits, merci.
L'analyse ne peut prendre à la lettre le fait que les animaux en question dans la corridas soient des bovins, pas des hommes. C'est évident que le taureau est  un déplacement du désir tauromachique qui veut s'exercer sur un autre homme.
Après, chacun peut interpréter pour chaque cas quel humain cache le taureau auquel il se substitue?
ça peut être
+le père réel et rival du petit enfant qui est l'écho du père de la horde primitive, puissant, jouissant de toutes les femmes et n'en laissant pas le droit à ses fils. (d'où l'idée que le taureau a des attributs mâles puissants)
Ou alors
+La mère phallique et incestueuse qui est au coeur du fantasme pervers. Ce fantasme  dénie la castration et le désir de la mère pour le père en refusant de sortir de l'oedipe c'est à dire de la jouissance, sortie pourtant obligatoire pour entrer dans l'ordre de la civilisation au sens  moral du terme.
Ou encore
+l'enfant narcissique et incestueux qu'on doit tuer en soi pour grandir.
Ou bien
+les toreros, représentants du désir homosexuel pour les hommes comme pour les  femmes (nous sommes tous bisexuels)
Et même
+l'aficionado lui-même qui veut ainsi se faire transpercer( érotiquement, oui!) par la mère phallique ou par le père puissant .
Ou encore...à vous de répondre. La barbarie des désirs est la chose la mieux partagée au monde des humains.

Si on en croit   l'aficionado donc sadique Bataille, c'est la loi qui fait la jouissance en impliquant la possibilité de la transgression. Donc, si un homme est perforé par les cornes d'un taureau, la jouissance de l'aficionado est décuplée. Car c'est ça qu'il cherche en  premier. Mais comme je vous l'ai dit la loi le lui interdit et il ne (se?)   l'avouera jamais car il en a honte, du coup. Il peut même crier sa souffrance pour cet homme...comme le font si bien nos aficionados. Hurlements de souffrance proportionnels à leur jouissance (qui n'est pas tjrs du plaisir). cris reflétant aussi sa culpabilité déniée car, sans lui, il n'y aurait pas eu "mort d'homme"(le pire qu'un homme reconnaisse comme mal). Mais qd ça arrive, quel bonheur, pour lui, au fond! La  loi crée la honte, qui est le début de la morale, son point zéro...avant le sentiment de culpabilité, qui signe l'entrée dans la civilisation au sens noble du terme .
Bien sûr, la loi  reflète  la position narcissique des hommes qui se croient:
1)  supérieurs,
2) tout permis sur les ceusses non protégés par la loi.
3) qui considèrent allègrement que les animaux sont des objets de jouissance puisque pas protégés par la loi.
4) confondent la morale et toute loi quand ça les arrange.

III.Conclusion:
Que ce soit plaisir de massacrer des animaux humains ou pas, ce que nous visons, c'est que ce soit interdit.
A nous, bien sûr, d'exiger la révolution suivante: que la loi devienne conforme à la morale.


Nous voudrions changer l'humain en être bon et respectable du fait qu'il deviendrait   d'abord respectueux. Ce qu'il prétend vouloir, en général, du moins dans nos contrées !
Comment faire? je ne sais pas trop mais on peut au moins être certain que les méthodes utilisées jusque là à cette fin  (pour le rendre   irreversiblement civilisé)  sont mauvaises. Guerres et génocides en témoignent à ses propres  yeux, sans parler de ce que nous les lucides voyons de ce qu'il fait aux bêtes.
Y a t il une BONNE méthode?
Sûrement pas comme l'homme le croit en  offrant à ses supplices à la place des humains  des êtres faibles ( = à sa merci) pour le satisfaire.   Son désir est monstrueux. il faut le canaliser, et ne pas le laisser se  satisfaire comme il le  vise inconsciemment.  Pour civiliser l'homme, il faut transformer ses pulsions, les castrer, les rendre inoffensives. Il ne faut pas changer d'objet, mais changer de but. L'homme doit faire de ce qui est mal en  lui, son désir destructeur, du bon   cad de la réparation, de la création. C'est de là que naît la jouissance civilisée. Et aussi je voudrais qu'on puisse déboucher sur une forme d’ascèse: se passer de faire du mal, se passer de manger des animaux, par exemple. Commencer par changer soi-même pour changer le monde.
Passer de l'immonde au monde moral... C'est le défi de la civilisation.
 

 

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