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Psychanalyse et animaux.

Les Estivales 2012 de la question animale.

6 Août 2012, 03:07am

Publié par Jo Benchetrit

 

 

Une des conférences  retranscrites, celle de
Patrick Llored porte sur la philosophie végétarienne antique (Empédocle)
Je copie quelques interventions, mais vous avez le tout  ici :

http://question-animale.org/fr/e12/cnt.html#patrick.llored
extraits:
En quoi la philosophie végétarienne antique peut-elle servir de "boîte à outils " intellectuelle pour les luttes de libération animale ?
      Nous voudrions faire la démonstration que les philosophies végétariennes antiques sont une mine intellectuelle pour les luttes de libération animale. Une mine encore inexploitée ! Partons par conséquent d'abord d'une triste évidence : ces pensées antiques ne sont pas vraiment connues de nos jours alors qu'elles ont joué un rôle critique majeur dans les débats antiques à propos de la question de savoir si les animaux devaient faire partie de la communauté des vivants, au delà de la distinction entre humains et non humains. Or il devient urgent de savoir que la plupart des enjeux des débats actuels concernant la question animale ont déja été posés dans l'antiquité par des philosophes animalistes végétariens et donc défenseurs des animaux. Ce sont leurs argumentaires que nous expliciterons afin de montrer trois choses : d'abord que la lutte de libération animale n'a rien de neuf et que par conséquent nous devons faire cette archéologie de la question animale quand elle a pris la forme d'une volonté de libérer les animaux du pouvoir et de la violence humains; ensuite que ces philosophes ont beaucoup de choses à nous apprendre sur la manière dont nous devons convaincre les gens que l'idée même de libération animale n' a rien d'une utopie et fut donc envisagée par de nombreux penseurs; enfin que beaucoup de leurs concepts ont une valeur fondamentale qui pourrait guider beaucoup de nos actions actuelles en faveur de la libération animale.
       Autrement dit, le moment n'est-il pas venu de prendre de la distance par rapport à nous-mêmes afin de mieux comprendre ce qui a manqué à ces philosophies pour changer la donne mais aussi ce qui pourrait transformer notre monde si nous prenions en compte leurs idées libératrices ?
      Patrick Llored, philosophe.
 
      > Lire la restranscription de la conférence <
 
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   Approfondir la stratégie politique dans le mouvement animaliste. Dépasser les approches individualistes de la question animale
      Tout particulièrement en ce qui concerne notre consommation d'animaux (viande, poisson, "sous-produits" animaux), le mouvement animaliste semble prisonnier d'une étrange façon d'envisager de changer le monde : il s'agirait de convaincre chacun, en son for intérieur, de changer ses comportements au quotidien, afin qu'il intègre des considérations éthiques et tienne compte des conséquences de ses actes pour les autres êtres sensibles. Ce sont les stratégies que nous qualifierons de végétariste, végétaliste ou véganiste, qui sont les seules stratégies qu'envisagent beaucoup de militants.
      Or, aucun mouvement politique n'a jamais pensé pouvoir changer une société tout entière en s'adressant aux seuls individus, et en eux au seul consommateur. Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Quelles autres solutions s'offrent à nous ?
      Yves Bonnardel et Pierre Sigler
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   Les premières modélisations et définitions de la mobilisation pour l’animal en Angleterre, 1820-1920.
      Réfléchir aux différentes acceptions contemporaines de la mobilisation collective au nom de l’animal et aux luttes qui agitent le mouvement afin de déterminer les objectifs visés et les moyens mobilisés pour les obtenir, requiert comme préalable un retour sur la genèse, l’émergence et la structuration progressive de la cause, tant les formes antérieures de la mobilisation, les choix opérés dans les répertoires d’action, la définition donnée de l’activité militante et des représentations de l’animal semblent influer sur le champ des possibles des militants advenus aujourd’hui au militantisme. Rendre compte de cette histoire sociale c’est donc revenir sur les options qui n’ont pas été retenues ou qui ont été disqualifiées, sur les choix des modalités à la fois pratiques et symboliques qui ont permis finalement à cette mobilisation d’accéder à la légitimité et à la reconnaissance sociale. C’est donner à voir la constitution progressive d’une configuration d’acteurs intéressés à parler au nom des animaux, cherchant à imposer une bonne définition des interactions entre ceux-ci et les hommes.
      
      Il ne s’agira pas bien sûr en l’espace d’une communication de détailler l’ensemble des fluctuations qui contribuent à définir et à redéfinir dans le temps cette configuration, mais plus simplement de s’intéresser à la genèse de ce mouvement en Angleterre des décennies 1820 -1830 jusqu’au début du 20ème siècle.  En revenant notamment sur les premières formalisations de la cause élaborées par des acteurs qui, du fait de leurs propriétés sociales et de leurs ressources relationnelles, mais aussi de par leurs expériences militantes passées et de leurs représentations de l’animal, ont cherché à l’inscrire dans le sillage des mobilisations philanthropiques du moment. On se propose à partir de là de mettre au jour le processus de légitimation progressif de cette conceptualisation initiale du porte-parolat pour l’animal, afin d’envisager la façon dont elle a pu s’imposer face à des définitions concurrentes, pour être contestée finalement à partir de la fin du 19ème siècle par des groupements plus radicaux, anti-chasse et antivivisectionnistes, réunissant des profils militants souvent fort éloignés de ceux des premiers promoteurs de la cause.
      
      Fabien Carrié, 
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   Propositions d'outils et d'exercices collectifs pour militer contre le spécisme (décharge émotionnelle, groupes de conscience, théâtre-forum)
      La question animale est une question centrale, cruciale, dans nos sociétés. Le spécisme est au fondement de notre civilisation. Les militants animalistes rencontrent des difficultés importantes au quotidien ; en tant que végétariens, ils se heurtent à un faisceau de réactions négatives qui visent à les inhiber et à les décrédibiliser. En tant que militants (mais cela a partie liée avec ce qui précède), il apparaît très difficile de convaincre les autres de la justesse de notre point de vue. Nous sommes en outre très affectés par la façon dont la société nous considère et nous délégitime. Cela ne nous aide pas à intervenir de façon adaptée. Je propose de tester des outils à mettre en oeuvre collectivement pour mettre à jour nos inhibitions et autres difficultés diverses et tenter de réfléchir et développer ensemble des modes d'intervention efficaces.
      Yves Bonnardel
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   La conscience de soi sous toutes ses formes chez les animaux non-humains
      Si la plupart des gens conviennent qu'il ne faut pas faire souffrir les animaux sans nécessité, beaucoup tiennent au droit que s'arrogent les humains de les tuer pour des raisons dérisoires. La justification souvent invoquée est que les animaux, à l'exception peut-être des grands singes, n'ont pas conscience d'eux-mêmes, a fortiori n'ont pas la capacité de se projeter dans l'avenir, et par conséquent n'ont pas d'intérêt à vivre.
      Or, la recherche en éthologie cognitive a établi que de nombreux animaux sont dotés d'une conscience de soi et de capacités connexes (comme l'introspection), ce qui est remarquable, dans la mesure où, en l'absence de langage, nous n'avons accès qu'au comportement des animaux, pas à leurs pensées. Mais les chercheurs ne manquent pas d'ingéniosité pour « questionner » les animaux non langagiers (y compris les bébés humains).
      Je présenterai l'état actuel de la recherche en psychologie animale sur cinq capacités cognitives, que l'on a longtemps cru propres aux humains :
      La conscience de soi
      La théorie de l'esprit
      La métacognition
      La mémoire épisodique
      L'anticipation
      Pierre Sigler
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   Le spécisme absolu
      David Olivier, militant antispéciste progressiste
      Se développe depuis plusieurs années en France comme ailleurs la conscience du fait que les intérêts des animaux non humains ne comptent pas pour zéro. On en vient, en particulier, à accepter de manger moins de viande «pour l'environnement, les animaux et la santé humaine». Pour positive qu'elle soit, cette avancée laisse en place cette «évidence» selon laquelle les intérêts humains, dès lors qu'ils entreraient en conflit avec ceux des animaux non humains, sont très largement prioritaires. Faut-il oser dire que même si l'élevage et la pêche étaient bons pour l'environnement et la santé humaine, il faudrait les abolir? Même si cette abolition avait un coût important pour les humains? Faut-il oser mettre les humains et les autres animaux sur un pied d'égalité?
      Il me semble important dans ce contexte de revenir sur la notion de spécisme. L'antispécisme est un mouvement politique concret et pluriel. Dès lors, les termes «spécisme» et «antispécisme» sont marqués des sens souvent divergents que leur donnent les acteurs concrets. Mais ce sont aussi des termes de philosophie éthique. J'examinerai donc le concept de spécisme dans sa définition la plus dépouillée, celle du spécisme dit «absolu» (James Rachels) ou «sui generis» (David DeGrazia). Le spécisme absolu affirme que le statut éthique d'un être dépend, sans autre justification, de son appartenance d'espèce, et typiquement de son appartenance ou non à l'espèce humaine.
      J'argumenterai trois points:
      
          Le spécisme absolu est clairement indéfendable.
          Le rejet du spécisme absolu est une position minimaliste, compatible avec une large palette de positions éthiques et politiques et qui n'est liée à aucune école de pensée particulière (utilitarisme, théorie des droits, marxisme, écologisme, etc.).
          
          Le rejet du spécisme absolu n'en possède pas moins des implications fortes; quelles que soient les réalités du monde avec lesquelles il faut composer et les compromis qu'il faut accepter, aucune priorité donnée à un être en fonction de sa simple appartenance d'espèce n'est juste.
      
      
      Pour ces raisons, je pense que nous devons oser affirmer l'égalité animale.
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   Pourquoi parler de la santé et de l'environnement ne nuit pas à la cause des animaux, bien au contraire
      Nous avons probablement tous vécu cette situation : une personne avec qui nous échangeons sur l’éthique animale est d’accord avec nous sur les problèmes que pose la consommation d’animaux au plan éthique... La logique serait que cette personne renonce à la consommation de produits animaux. Or ce n’est pas toujours le cas. Parfois même elle rétorque  « Il faut bien manger ! ». 
      Y aurait-il des éléments qui interfèrent avec la raison ? Qui interfèrent au point de faire le contraire (commanditer l’exploitation  et l’abattage d’êtres sentients afin de les manger) que ce que la raison nous dicte (respecter et ne pas nuire à ces mêmes êtres sentients ) ?
      Ce débat propose d’explorer des pistes telles que :
      
         le conflit de loyauté envers les parents, leur éducation : remettre en cause l'éducation ou les comportements reçus de ses parents, un frein (ou un obstacle) pour un changement d'habitude alimentaire ? En outre, est-il facile de reconnaître que, bien que nous avions connaissance des souffrances que notre alimentation générait, nous avons continué néanmoins de consommer des produits animaux ?
       
      « Renoncer à la viande et aux autres produits animaux parce que l'on a pris conscience de la souffrance que cette exploitation induisait dans le monde animal, c'est s'accuser de toute la souffrance que l'on a infligée aux animaux jusqu'au moment de cette décision . C'est également accuser ses parents, l'éducation qu'ils nous ont donnée et éventuellement celle que nous avons nous même donnée à nos enfants. »
      
 Extrait du livre « Psychologie sociale du crime » de Philippe Laporte.
      
         le plaisir gustatif et la convivialité : La plupart des personnes non végées/véganes sont persuadées que nous sommes des mangeurs de salade verte et de haricots verts.  Elles pensent qu'un bon repas convivial ne peut être sans viande/produits animaux. Or nous vivons dans une société où la gastronomie est élevée au rang de sport national. (Patrimoine culinaire français reconnu par l'Unesco)
         l'industrie agro-alimentaire et ses méthodes marketing, qui saturent de pubs le cerveau de nos interlocuteurs, leur créent des besoins, parviennent à les persuader que sans produits animaux point de salut.
      
      Enfin, statistiquement, les Français choisissent leur alimentation selon 3 principales raisons : 
      
      
         le plaisir : 70 %
         la santé : 20 %
         l'environnement : 10 % 
         les animaux : 1 à 2 % sont plus ou moins végés/véganes
      
         
      Et si parler de la santé et de l'environnement, mais aussi de gastronomie, pouvait permettre de contourner l’obstacle « conflit de loyauté », ou tout autre obstacle, et ainsi aider à la cause des animaux ?
      Et si certaines personnes avaient besoin de ces étapes, de par leur histoire personnelle, avant de s’autoriser  à s’ouvrir à l'éthique animale ?
      Enfin, communiquer massivement sur les aspects environnement, santé et gastronomie permettrait-il d’aider à affaiblir l’idée reçue que manger de la viande/produits animaux est la norme logique ? Si oui, cela pourrait-il être un plus pour la cause animale ? Si oui, en quoi serait-ce un plus ?
      Isabelle Dudouet Bercegeay, 
militante pour la cause animale et l'Association Végétarienne de France
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   L'élevage, le transport et l'abattage des bovins en France
      
         Nous essaierons d'y voir plus clair sur la situation actuelle des êtres sensibles désignés sous le terme générique de bovins ("vaches laitières", "veaux", "boeufs"…). Pour cela, nous évoquerons aussi bien la vie de ces derniers (insémination, séparation, castration, mammites, boiterie, élevage, traite, transport, matador, abattoir), la législation (les réformes), l'environnement (pâturages, fourrage, soja…) et tout ce qui touche des apports nutritifs tant vantés par la filière viande (calcium, fer, protéines).

         L214
      
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    La protection juridique du bien-être animal dans le monde
      Le souci de protéger les animaux contre les souffrances inutiles ou évitables n'a jamais été aussi présent qu'aujourd'hui. Ce souci se traduit, sur le plan juridique, par un nombre croissant d'instruments visant à protéger le "bien-être animal" à tous les niveaux: national, régional et désormais international.
      Au niveau national, de nombreuses lois ont été adoptées dans les pays des 5 continents afin de protéger les animaux contre les actes de cruauté et les mauvais traitements depuis le 19è siècle.
      Au niveau régional, l'Europe s'est investie du rôle de protéger le bien-être des animaux depuis les années 70 à travers les conventions du Conseil de l'Europe et les différents instruments de l'Union européenne.
      Au niveau international, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a adopté des normes internationales sur le bien-être animal au début des années 2000 et une Déclaration universelle pour le bien-être animal est en projet en vue de son adoption par l'Assemblée générale des Nations-Unies.
      En quoi consiste exactement la protection juridique du bien-être animal dans le monde?
      Quelles sont les limites et les possibilités vers une protection mondiale du bien-être animal?
      Telles sont les questions auxquelles cette présentation tentera de répondre.
      Sabine Brels
Doctorante en Droit à l'Université Laval, Québec (Canada)

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