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Psychanalyse et animaux.

Que veut un aficionado? Tuer un homme? Corrida torture, un art? de se mentir et de se cacher l'immonde.

12 Août 2011, 11:36am

Publié par Jo Benchetrit

L'aficionado aurait il le même plaisir si c'était des hommes qu'on toréait?      
OUI, et encore plus.

I.Résumé:
Le sadisme s'adresse d'abord à un alter ego humain mais son exercice  nous  est interdit envers l'autre homme sous une forme assassine comme la chasse ou la corrida. C'est pourquoi les animaux dits "meubles" par le code civil, remplissent ce douloureux office d'objets de désir sadique à la place des hommes. Et ce y compris dans le rapport aux animaux de compagnie. La loi veille à ce que les hommes ne s'entre-tuent que si l'état le décide comme en cas de guerre ou dans les génocides qu'il dicte parfois de ci delà. Sinon, où irait-on? La loi est (hélas!) faite non pour être morale, mais pour nous permettre une vie sociale sans craindre notre prochain humain dont elle reconnaît la dangerosité. C'est à nous de savoir demander des lois  légitimes, donc d'être contre les scélérates du genre de la 521-1 gangrenée par la notion d'utilité et l'alinéa 7 en prime. Et de demander la révolution que refusent nos parlementaires dont MMM, de changer le statut des animaux dans le code civil où ils sont des meubles, des biens et pas des sujets, des personnes. 
II.Développement:
I A qui a-t-on affaire?  Le paradoxe du sadique: 
Le sadique, pour faire vite, est complexe, et bien moins méchant qu'on ne le croit si on suit Lacan pour qui le  pervers croit qu'il rend service à celui à qui il impose ses sévices  non avoués en général et qu'il prend donc pour un service rendu à l'autre . Plus qu'un mécanisme de défense, chez lui, le déni est structurel.Pour illustrer, pensez à ce que disent les violeurs sincères: "Elle l'avait bien voulu".
C'est pour cela que l'aficionado assure de bonne foi que la mort du taureau est un honneur qu'on lui rend.
C'est pourquoi il trouve que les zantis sont méchants.
Disons que le pervers se veut moral et comme le dit JP, utilise des tas de mécanismes pour s' en convaincre. il se ment d'abord.
Pour en revenir à ta question, ce n'est pas l 'aficionado qui décide que l'animal est un objet à notre service, c'est la loi. 
Ce n'est pas non plus lui qui décide de l'interdit, du tabou de torturer l'alter ego humain, c'est encore la loi. 
 Son désir de voir trucider et tuer à petit feu est un curieux désir pour nous.
L'analyse ne peut prendre à la lettre le fait que les animaux en question soient des bovins, pas des hommes. C'est évident que le taureau est déjà un déplacement du désir tauromachique. 
Après, chacun peut interpréter pour chaque cas quel humain cache le taureau auquel il se substitue?
Ça peut être
+ le père réel et rival du petit enfant qui est l'écho du père de la horde primitive, puissant, jouissant de toutes les femmes et n'en laissant pas le droit à ses fils. (d'où l'idée que le taureau a des attributs mâles puissants)
Ou alors
+ La mère phallique et incestueuse qui est au coeur du fantasme pervers. Ce fantasme  dénie la castration et le désir de la mère pour le père en refusant de sortir de l'oedipe c'est à dire de la jouissance, sortie pourtant obligatoire pour entrer dans l'ordre de la civilisation au sens  moral du terme.
Ou encore
+ l'enfant narcissique et incestueux qu'on doit tuer en soi pour grandir.
Ou bien
+ les toreros, représentants du désir homosexuel pour les hommes comme pour les  femmes (nous sommes tous bisexuels)
Et même
+ l'aficionado lui-même qui veut ainsi se faire transpercer
( érotiquement, oui!) par la mère phallique ou par le père puissant .

Si on en croit   Bataille, c'est la loi qui fait la jouissance en impliquant la possibilité de la transgression. Donc, si un homme est perforé par les cornes d'un taureau, la jouissance de l'aficionado est décuplée. Car c'est ça qu'il cherche en  premier. Mais comme je vous l'ai dit la loi le lui interdit et il ne (se?)   l'avouera jamais car il en a honte, du coup. Il peut même crier sa souffrance pour cet homme...comme le font si bien nos aficionados. Hurlements de souffrance proportionnels à sa jouissance (qui n'est pas tjrs du plaisir). cris reflétant aussi sa culpabilité déniée car, sans lui, il n'y aurait pas eu "mort d'homme"(le pire qu'un homme reconnaisse comme mal). Mais qd ça arrive, quel bonheur, pour lui, au fond! La  loi crée la honte, qui est le début de la morale, son point zéro...avant le sentiment de culpabilité, qui signe l'entrée dans la civilisation au sens noble du terme .
Bien sûr, la loi  reflète  la position narcissique des hommes qui se croient:
1)  supérieurs, 
2) tout permis sur les ceusses non protégés par la loi.
3) qui considèrent allègrement que les animaux sont des objets de jouissance puisque pas protégés par la loi.
4) confondent la morale et toute loi quand ça les arrange.
III.Conclusion:
Corrida, un art? Oui, celui de se mentir et de se cacher l'immonde que celui qui fait partie du mundillo  est et qui s'expose pourtant de manière évidente..
Que ce soit plaisir de massacrer des animaux humains ou pas, l'important est que ce soit interdit.
A nous, bien sûr, d'exiger la révolution suivante: que la loi devienne conforme à la morale.

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