Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Psychanalyse et animaux.

Retour à Babel. Mai 68 et sa parole libre, jouissante, pleine de pensée vive et vraie est loin.

21 Novembre 2010, 23:56pm

Publié par Jo Benchetrit

http://lacalmette.midiblogs.com/media/01/01/665236494.JPG

Reiser

 

La fatalité humaine serait –elle de ne jamais pouvoir parler la langue de l’autre ?
« La paranoïa, c’est la personnalité » Lacan. C’est donc du lieu de la méfiance que l’écoute a lieu.
L’écoute analytique, du coup, s’inscrit en faux. Tout ce qui est dit est , pour le parano, signe de la malveillance de l’autre à son égard. Le  parano cherche la faille dans le discours énoncé par l’interlocuteur qui dévoile  ce que ce sujet veut lui cacher , à lui, pour mieux « l’avoir ». Mais dans l’analyse, ce qui est énoncé par le sujet est signe de ce qu'il se cache à lui-même, et arrive à s’avoir tout seul.

On sait ce que Freud en a dit :

« J’ai réussi là où le paranoïaque échoue. »

Dans   les 2 cas, on interprète . Mais le but est très différent.  Il  est de bienveillance dans l’analyse , alors que le paranoïaque voit tout le mal que l'on veut lui faire, et qui n’est  en fait que projection de son propre désir de nuire à autrui.

Le racisme permet de réaliser son désir de nuire à l’autre en voyant dans un groupe humain une menace pour soi, alors qu'il est évident que c’est une projection.

Rien de pire que la complaisance pour sa tendance paranoïaque première car due à notre imaginaire.

Le règne du politiquement correct permet à des paranos graves de s’approprier un mot pour en faire une chose qui vous définit, vous. Ainsi, vous dites : "tuer un mouton en sacrifice est une aberration. Dieu ne voudrait pas ça"….sans que des paranos y voient une preuve de racisme. On  vit une époque de fermeture. Mon ami Reiser avait écrit des textes avec crobars sous le chapeau :

« On vit une époque formidable. » Je me réjouis  de l’avoir vécue. En effet, c’etait un temps de respiration où l’on a foulé aux pieds préjugés et discours conforme à l’attente ambiante. On nous disait  provocateurs alors que nous   voulions juste ne pas donner à notre pensée la barrière des discours tout faits, formatés  pour plaire à l' autre,    faits dans la crainte du  quand dira t on. Or, de nos jours, rien de ce qu'on écrit, fait  ou dit ne peut passer si on oublie le carcan des conventions nouvelles et hargneuses.

Ainsi, vous ne pouvez plus demander l’heure si vous ne dites pas d’abord bonjour et ensuite au revoir +  bonne journée.
Franchement , quelle perte de temps et d’énergie ! Un SVP suffisait, avant. Tout est devenu comme ça, plus lourd, plus agressif car si vous oubliez, l’autre (surtout s’il est mal élevé)  vous prend un ton irrité pour vous assener un bonjour comme on envoie un coup de poing en se croyant poli alors que là, il se conduit en malotru en sous-entendant que vous l’êtes.

Commenter cet article

yann 22/11/2010 01:23



La parano tient chaud en temps de crise ...