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Psychanalyse et animaux.

Les conférences de Marcel Rufo. Au lion d'or. Analysons à partir de ses confidences cet incroyable conseil aux enfants de voir des corridas.

25 Novembre 2011, 22:31pm

Publié par Jo Benchetrit

Du lit où ne dort pas à l'arène qui met en  scène la baise des parents, Rufo fait le voyage.

http://www.safari-tanzanie.com/gallery/lion/imagesO/lion_009.jpg

 

Je viens de lire ceci:

http://www.midilibre.fr/2011/11/21/enfant-et-sexualite-en-parler,420524.php

M. Rufo ne  sait-il pas ce qu'est la sexualité au sens analytique du terme? Freud, jamais lu??

En effet, il dit de drôles de choses sur la question:

 Dire que ce n’est pas sexuel avant l’adolescence, c’est dire que l’on est M. tout le monde, pas  un spécialiste du psychisme humain. Et qu'on est dans la dénégation.


Dénégation = affirmation déguisée  car l’inconscient ne connaît pas la négation .

Ça ne veut pas dire qu'il ait tort sur tout ce qu'il dit. En effet, l'enfant n'a pas à mater les parents au lit. Et réciproquement, les parents ne doivent pas tout savoir sur leur enfant, tout voir, et encore moins tout ça- voir( voir avec le ça, donc en jouir).

Mais il ne veut rien savoir de ce que signifie une corrida, car il dénie  sa cruauté. il ne veut pas voir que son ça en action est illicite, car non castré, d'avant la loi, et le pousse à la monstruosité la plus abjecte.  Contrairement à ce qu'il affirme, l'enfant n'a pas (pas plus que les adultes) à voir des animaux se faire torturer en toute légalité et mater ses parents en plein orgasme sadique-anal devant des êtres suppliciés !  

 

Reste une énigme. Pourquoi un psychiatre patenté se met-il du côté de ces êtres immatures et psychopathes, à jamais endormis dans leur perversion infantile, que sont les toreros et les aficionados? Car là, on sait par ailleurs qu'il  incite comme Elisabeth  Roudinesco, les parents à amener les enfants aux corridas en dénigrant les psy qui ont signé contre la corridas aux moins de 16 ans. J'ai signé, mais évidemment je suis contre la corrida à tout âge. Simplement, en se plaçant du point de vue protection de l'enfance et du monde de demain qu'ils représentent, ça va de soi qu'un telle chose devrait être enfin interdite partout sur le territoire. Quel modèle, en effet! La cruauté , l'insensibilisation à la souffrance d'autrui, voilà ce que Rufo et 13 autres psy offrent aux enfants. Ben bravo. Certes, les opposés qui ont signé (on peut en trouver d'autres, mais paresse...) peuvent donner confiance en notre profession. Mais tout de même, je trouve que ça pourrait nous decredibiliser de montrer que certains violent ainsi l'éthique de la psychanalyse en conseillant leur propre  jouissance préoedipienne aux enfants. 

Mais pourquoi le font-ils? Des tas de raisons peuvent être évoquées mais là, Rufo en offre une, publiquement,  sur un plateau et je vais m'en servir.
De quel déplacement s'agit-il chez lui? 

Ce qu'il dit de lui  ici  me semble une bonne piste pour élucider ce mystère de la perte des valeurs chez quelqu'un dont la fonction est justement l'inverse:de redonner aux enfants (mais c'est pareil dans une cure d'adultes) la voie de la subjectivation qui ne se fait que par l'intériorisation de la morale. Car on guérit de quoi, sinon de sa jouissance  malsaine, régressive, non soumise à l'interdit de l'inceste?
Freud disait bien que les diverses perversions, névroses et psychoses sont régressions et/ou fixation.
Le symptôme— ce qui mène à consulter—est souffrance consciente mais aussi—et c'est ça qui peut faire énigme, et  résistance au changement— jouissance inconsciente et immorale, archaïque par régression ou fixation dans un des stades d'avant la loi qui, en interdisant l'inceste, interdit cette jouissance barbare envers soi et envers les autres.

http://www.midilibre.fr/2011/11/21/enfant-et-sexualite-en-parler,420524.php


Il se confie, lors d'une de ses conférences,  à des parents  venus l' écouter, c'est rapporté dans l'article: un lion l’assaillait  alors que ses parents faisaient l’amour tout près. C'est un fantasme d'angoisse infantile (hallucination non psychotique) très intéressant ! Je crois avoir découvert là pourquoi il a osé dire que la corrida n'est en rien contre-indiquée pour les enfants.

Ecoutons-le:


 "Quand j’étais un petit garçon, je n’étais séparé de la chambre de mes parents que par un rideau. La nuit, parfois, j’avais l’impression qu’un lion venait, et j’appelais mes parents “Maman, papa, il y a un lion...” “Dors”, me répondait invariablement ma mère. Qu’est-ce qui se passait derrière le rideau ? Je n’ai jamais su. Quand on est un petit garçon ou une petite fille, il faut ignorer la sexualité de ses parents. Les parents doivent d’abord se souvenir qu’ils sont des anciens enfants, et que ce qui les a protégés, c’est que leurs parents ne leur ont pas parlé de leur sexualité", insiste Marcel Ruffo, qui à l’inverse, rappelle que "la meilleure façon d’être parent, c’est de ne pas connaître la sexualité de son enfant".

Chaque mot est parlant, ici, sur le mode de la dénégation. Mais bon,je ne veux pas aller trop "loin", anagramme de lion, lion phonétiquement "lions"   du lien demandé  à sa maman qui refuse d'aller plus loin avec son fils, ouf ! et réponds comme dans le fameux jeu de mot de "l'auberge du lion d'or": Dors. —Au lit on dort—lorsqu'il dit, angoissé: il y a un lion! (vous êtes liés, mélangés!) 

Ça me rappelle mon titre d'exposé il y a longtemps pour une journée d'anti-psychiatrie:"Délions les lions"(je pensais aux lions enfermés dans les zoos et cirques). Faut dire que cette réunion   s'appelait "Délions la folie" et qu'il y a du lion dan s la psychose. Lion, en effet dû à l'absence de  métaphore paternelle , de castration, de la loi d'interdiction de l'inceste. Le lion, c'est, enfin, la pulsion déchaînée aux yeux des humains qui fantasment ainsi les animaux. 

 Lui voulait surtout délier ses parents. La parole de sa mère: Dors, peut aussi s'entendre: dehors. Mais le pb est qu'il était dedans.  

 

Le lion d'or, le lit où on dort...Le lit où les parents  ne font pas que dormir...c'est donc le lion anxiogène indice de  la scène primitive (les parents font l'amour dans un lit tout près de lui, ce qui le met dans une sale situation. ) Le petit Marcel ne dort plus et là, il ne le dit pas car visiblement il ne le sait pas, ou encore, par pudeur, il est assailli d'une énorme excitation sexuelle qu'il traduit par : LION, le fauve à mater, le fauve qu'on mate.

Voilà donc  pourquoi il pense que les enfants doivent voir (mater qui signifie aussi  dominer, et surtout tuer= matar en espagnol, d'où le mot matador, le tueur) le fauve(taureau pour les aficionados)  qu'on torture comme le pense l'enfant qui voit en vrai ou en fantasme la scène primitive.  Le fauve, sa sexualité mal castrée,  par manque d'interdit, mais coupable du fait qu'il sait que c'est mal de coucher avec sa mère, ici, de jouir du coït de sa mère. De plus, le père dans la scène primitive est aussi le lion, celui qui agresse et torture sa mère.

C’est ce que croient les enfants s’ils assistent (en vrai ou en fantasme)au coït des parents . Et voilà peut être pourquoi, entre autres raisons sans doute,   il est fada des corridas. Parce que ça l'aide à éviter la connaissance de son sentiment de  culpabilité envers ses parents:

ça satisfait tout à la fois :

ses voeux de mort envers son père

son identification à son père: le taureau représente  alors le père réel jouisseur, non castré symboliquement haï de la horde que Rufo veut tuer   en réunion (avec les frères ),

la mère aimée torturée par le père  violent, violeur, rival indésirable, par des toreros, auxquels il s'identifie, la pénétrant avec des phallus bandant à gogo que sont les armes blanches longues et effilées qui  pénètrent la chair, provoquant les orgasmes de la foule qui hurlent leurs : "Olé!" comme on dit:"Oui, c'est bon", en baisant. Le nom du père symbolique, donc, à ce moment, lui, dirait: "OLA! ça suffit! c'est interdit..."

Dehors! 

Mais hélas, il est en partie absent chez lui, et la loi des hommes, perverse, lui en donne la père-mission.
On est loin de la mission du père qui est de l'interdire, cette jouissance-là. Le désir  a donc été trop tôt stimulé par la proximité du lit des parents. Désir toujours à satisfaire car sa mère a fort heureusement dit: Dors! Mais là où c'est grave, c'est que ce monsieur prétendument psy, croit avoir le droit de satisfaire sur le dos des animaux !

Quid de la morale ?

Visiblement, pas transmise. Le rideau entre ses pulsions barbares est un trop léger Surmoi interdicteur. Il ne reste que le 1° Surmoi, l'archaïque pousse-au-jouir cruel et destructeur.

Ainsi,  faute d'avoir fait une véritable  analyse,  il en est resté encore là.

La dénégation : il dit que l'attirance de l'enfant pour son parent aimé "n'est pas sexuelle". Pour un psy, parler de sexualité sans  se référer  à la découverte de Freud  que tout est sexuel, et queles enfants ont une sexualité  est assez improbable. Mais ceci (le trop léger rideau) explique parfaitement cela: il ne veut rien en savoir. Ce serait trop pénible d'affronter un conflit entre Surmoi et ça.

Ce qui n'est en rien une excuse. On est responsable de ce qu'on est   et la complaisance dans la jouissance barbare est MAL. Un rideau ne suffit pas pour séparer le sujet de son horrible Ça. La métaphore paternelle n'est pas assez transmise. Le sujet pervers régresse et reste assujetti à son ça et omet et déteste son Surmoi au sens de ce qui lui a manqué, ou qu'il dénie, le nom du père, apportant la morale, et représenté par les anti-corridas, ceux qui veulent mettre le Holà à cette intolerable cruauté.

 

Si Ruffo devait revenir à la raison, il se trouverait devant une difficulté: et si ses parents avaient eu tort de le laisser si près de leur lit et, qui sait, de l'avoir amené jeune assister aux corridas de la  jouissance illicite? Il ne veut pas affronter cette chute de l'idéal du moi, ce qui le déprimerait. Par crainte de devoir réviser sa vision des choses  qui le structure  dans cette fixation sadique anale, il préfère rejeter la métaphore  paternelle, en rester en deçà, et faire d'une indignité, la torture, un modèle moral auprès des enfants.

Est-ce lui qui a fait  supprimer les commentaires des anti-corridas du Midi Libre? Je le crois. Ce serait logique à un spécialiste de la fuite devant sa vérité de s'imaginer qu'il suffit de fuir l'oeil d'Abel pour trouver la paix. Caïn a essayé, selon Victor Hugo. En vain.  

Faites signer notre  motion par vos relations psy...

Voici la personne qui centralise:

jprichier@noos.fr

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