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Psychanalyse et animaux.

Devoir de penser.

28 Mars 2011, 22:15pm

Publié par Jo Benchetrit

Quid  de l'humanité volatile de certains?
Je vous invite à une réflexion, vous qui êtes aficionados, est-ce encore possible? Je l'ignore. Mais il ne faut pas désespérer de l'humain, même si son histoire et son actualité montrent bien qu'on ne peut rien en espérer non plus. Même si il est clair qu'après des tentatives de vous écouter, je n'ai entendu que ...votre silence.

 

Pour répondre  à cette phrase d'Emmanuel Lévinas:  "Comment peut-on philosopher après Auschwitz ?". il serait bon justement de faire l'inverse, de ne pas rester fasciné par l'effroyable choc du réel à l'état brut dû à  la déception produite par ce  devoilement de la barbarie des civilisés, car il est urgent de philosopher, si philopher c veut dire réfléchir, prendre une distance, ecrire sur quelque chose qui va de soi et y introduire le doute par l' épreuve de la dialectique.

Notre devoir c'est de prendre ce temps de réel à l'état brut comme objet non de lamentation mais d'étude afin d'en tirer enseignement.  

  Il faut penser Auschwitz pour ne pas recommencer. Il faut penser ce qui s'est passé comme une suite logique de ce qui se passait dejà. il ne faut pas juste croire en une anomalie de l'histoire mais voir ce que ça analyse de l'humanité.

Lanzman  nous a rendu le service de nous offrir sur un écran ce réel-là, alors que  nulle image de l'époque ne vint à son secours. Juste avec les mots et au passage, l'affect des acteurs de cette sale histoire, soit survivant, soit témoins indifférents ou jouissant de la situation, peut etre de rares temoins justes, ayant, eux, souffert avec les victimes, soit directement coupables se rememrant leurs actes le plus souvent sans remord, et pour certains pas sans fierté du travil bien lmené dansune belle rentabilité: 16.000  qui étaient traités/jour disait le responsable d'Auchwitz, je crois.. C'est là le génie de Lanzman. On peut et doit lui en être  reconnaissant. Mais du coup, il n'a pas pris la distance  suffisante à la réflexion. On est devant Shoah comme si on l'avait vécu. C'est l'instant de voir. Mais il faut ensuite le temps pour comprendre. Et au bout de ce chemin, le déclic du moment de conclure.

Mais le fait que ce mec puisse aimer les corridas montre bien son échec  à tirer d'Auschwitz  la leçon qui s’impose. Car ce qui rend possible la Shoah , c’est que le vernis de civilisation craque et laisse apparaître la toute-puissance sauvage dès que l’autre n’est plus considéré comme humain.


Il est utile de comprendre ceci : lorsque l’autre n’est pas vu comme alter ego humain, l’homme perd son humanité. L’homme est un animal narcissique qui ne peut bien tuer que celui qui le déculpabilise parce qu'il le voit d’une autre essence que lui. Après, se pose la question de la haine du double, la deshumanisation de l’autre est sans doute une défense qui cache la haine de soi, de son double, de son image en particulier de son image pulsionnelle.
Ce qui est un comble. L’homme déteste ce double jouisseur, lubrique, bestial. Et de cette haine peut naitre un danger : qu'il s’autorise, lui, à ce n’importe quoi qu'il imagine en l’autre. En croyant  tuer dans l’autre le hors la loi, c’est lui qui devient  le tueur, l’incestueur d’avant la loi, en un mot le plus grand, le seul, le vrai barbare. C’est en tuant la bête que tout homme devient bestial.

C’est pour cela que le juif fut décrit d’abord comme ce dépravé jouisseur du malheur des autres, sans scrupule, sans humanité, lubrique. Une image de ce père originel, réel, décrit par Freud comme celui, abuseur, de la Horde Primitive.

Lacan pose 3 temps dans le temps logique :

« L’instant de voir, le temps pour comprendre, le moment de conclure. »

dans  la corrida, le bestial est visé. L’animal Taureau est présenté comme ayant une sexualité sans limite. Il est important que le taureau soit dit sauvage, fauve, même si nous savons tous que c’est faux, que c’est un animal domestique comme sa mère, la vache. Il est important pour le fantasme que cela recouvre que ce symbole de la bête (dont il faut rappeler que la Bête est l’autre nom du Diable, autre projection du père jouisseur sans  limite) est décrit comme un hédoniste sans entrave qui a pris du plaisir toute sa vie dans les  champs.   L’aficionado en fait d’ailleurs un argument pour, dit il, justifier le pire imposé. La morale sous-jacente mais manifeste ? Lui avoir offert une vie de plaisir exonère de la marque offensante de la faute des tortionnaires, des témoins passifs et indifférents, ceux qui savent et se taisent, et des spectateurs de la corrida. Au niveau latent, cette bête  non castrée doit payer pour ce supposé jouir à nos dépens . Car cette jouissance « du » taureau comme celle « du » juif se fait à notre détriment dans le fantasme le plus paranoïaque de l’hystérique Et, ultime traduction de l’inconscient là- dessous : la part bestiale en soi doit être éliminée. On sait que les pulsions partielles, dominées par la pulsion de mort, dangereuses avant le temps de la castration sont imaginarisées comme bestiales.

Une lutte au final chrétienne contre sa part diabolique peut amener le lyncheur à incarner  le mal en croyant le tuer en l’autre. Ce n’est pas pour rien que le toro doit être présenté comme un fauve sanguinaire. Il est certain que la démarche de Christophe Thomas contrecarre ce dessein en montrant en se liant à un taureau aussi adorable qu’un chien, qu'il ne manque pas d’ humanité et douceur quand  il supporte le s chevrettes qui jouent sur lui. Ce qui met en évidence que si un taureau est   humain, alors, c’est son tortionnaire qui, loin d’en être l’éliminateur justicier,  est la Bête.  La Bête qu'il prétend tuer, c’est donc lui. Dans ce combat de l’homme pour sa rédemption, combat pour tuer dans le réel la Bête qui est en lui, il devient ainsi l’inverse de ce qu'il veut être.

La Shoah, de même, se voulait un service à l’humanité qui se faisait polluer  par l’impur donc le bestial, représenté par le juif.

C’est ainsi que l’assertion proverbiale de Pascal se révèle être une intuition terrassante de vérité: « Qui veut  faire l’ange fait la Bête ». Surtout quand dans un passage à l’acte, il tue la bête dans le réel.

Dans l’inconscient, la mort est représentée   par la castration. Dans le passage à l’acte, la volonté de castrer symboliquement se réalise dans le meurtre.

On ne castre bien que l’incastré. La bête est la représentation de l’incastré. En fait, au féminin aussi bien, de la mère phallique.

dans  la corrida, le bestial est visé. L’animal Taureau est présenté comme ayant une sexualité sans limite. Il est important que le taureau soit dit sauvage, fauve, même si nous savons tous que c’est faux, que c’est un animal domestique comme sa mère, la vache. Il est important pour le fantasme que cela recouvre que ce symbole de la bête (dont il faut rappeler que la Bête est l’autre nom du Diable, autre projection du père jouisseur sans  limite) est décrit comme un hédoniste sans entrave qui a pris du plaisir toute sa vie dans les  champs.   L’aficionado en fait d’ailleurs un argument pour, dit il, justifier le pire imposé. La morale sous-jacente mais manifeste ? Lui avoir offert une vie de plaisir exonère de la marque offensante de la faute des tortionnaires, des témoins passifs et indifférents, ceux qui savent et se taisent, et des spectateurs de la corrida. Au niveau latent, cette bête  non castrée doit payer pour ce supposé jouir à nos dépens . Car cette jouissance « du » taureau comme celle « du » juif se fait à notre détriment dans le fantasme le plus paranoïaque de l’hystérique Et, ultime traduction de l’inconscient là- dessous : la part bestiale en soi doit être éliminée. On sait que les pulsions partielles, dominées par la pulsion de mort, dangereuses avant le temps de la castration sont imaginarisées comme bestiales.

Une lutte au final chrétienne contre sa part diabolique peut amener le lyncheur à incarner  le mal en croyant le tuer en l’autre. Ce n’est pas pour rien que le toro doit être présenté comme un fauve sanguinaire. Il est certain que la démarche de Christophe Thomas contrecarre ce dessein en montrant en se liant à un taureau aussi adorable qu’un chien, qu'il ne manque pas d’ humanité et douceur quand  il supporte le s chevrettes qui jouent sur lui. Ce qui met en évidence que si un taureau est   humain, alors, c’est son tortionnaire qui, loin d’en être l’éliminateur justicier,  est la Bête.  La Bête qu'il prétend tuer, c’est donc lui. Dans ce combat de l’homme pour sa rédemption, combat pour tuer dans le réel la Bête qui est en lui, il devient ainsi l’inverse de ce qu'il veut être.

La Shoah, de même, se voulait un service à l’humanité qui se faisait polluer  par l’impur donc le bestial, représenté par le juif.

C’est ainsi que l’assertion proverbiale de Pascal se révèle être une intuition terrassante de vérité: « Qui veut  faire l’ange fait la Bête ». Surtout quand dans un passage à l’acte, il tue la bête dans le réel.

Dans l'’inconscient, la mort est représentée   par la castration. Dans le passage à l’'acte assassin de la corrida, comme dans la tuerie programmée par Hitler et quelques autres, des juifs, homos et en gros, ce qu'ils appelaient non aryens, la volonté de castrer symboliquement se réalise dans le meurtre du presumé coupable de jouissance sans limite.

 

On ne castre bien que l'’incastré. La bête est la représentation de l'’incastré. La bête est vue comme phallique.
En fait, au féminin aussi bien, de la mère phallique, qu'on retrouve dans le fantasme du pervers.

Merci de votre attention pour ceux qui en sont capables.

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