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Psychanalyse et animaux.

Jonathan Safran Foer partout lu: là, dans sud ouest, le canard des canards gavés.

23 Janvier 2011, 06:44am

Publié par Jo Benchetrit

 Copié du journal Sud OUest. Le journaliste n'est pas très à l'aise avec la critique de la nourriture viandarde.

Sinon, pourquoi dit-il de lui:

"roué comme un singe ".
MARC BERTIN a peur de quoi?

mais il a le merite d'avoir entendu ce qui est en jeu:

« Si plus rien n'a d'importance, il n'y a rien à sauver. »



Le sang des bêtes

 Jonathan Safran Foer, pour la cause animale… mais pas seulement. Photo dr

Jonathan Safran Foer, pour la cause animale… mais pas seulement. Photo dr

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MARC BERTIN

On pourrait dire que c'est une histoire juive, et, comme toute histoire juive, elle traite de culpabilité. Il était donc une fois un romancier se souvenant d'un petit garçon qui raffolait du poulet aux carottes de sa grand-mère.

Une sacrée grand-mère, puisqu'elle avait survécu à la Shoah et aux privations avant d'immigrer aux États-Unis. Or, s'il est un lien qui fait sens - quelle que soit sa religion -, la nourriture vaut bien toutes les célébrations.

Aussi, s'interroger sur la notion de transmission à travers le simple partage d'un repas ou la confection d'un plat peut conduire à cette redoutable interrogation : « Faut-il manger les animaux ? »

A priori, un questionnement fort éloigné des préoccupations d'un écrivain ; même si ce dernier est devenu végétarien et possède un chien. Alors, simple matière à fiction ou essai chez un auteur talentueux et roué comme un singe ?

Subsistance

À vrai dire, difficile de trancher. L'homme a « payé » de sa personne, allant jusqu'à infiltrer en compagnie d'activistes de la cause animale des abattoirs hautement sécurisés.

Les données sont multiples, les chiffres provoquent le vertige, chaque source est correctement citée.

Un travail scrupuleux mis au service d'un livre tout sauf politique, car ici réside la fascination de cette entreprise : celle d'un homme de plume, ni philosophe ni militant, reconnaissant ses propres contradictions mais cherchant à comprendre la raison même de la cruauté à l'œuvre lorsque l'espèce humaine asservit le règne animal pour assurer sa subsistance.

Une telle attitude n'est-elle pas encore plus dérangeante lorsque la survie de la première n'est nullement en jeu ?

Pourquoi exercer tant de violence, les animaux étant déjà « traités juridiquement et socialement comme des marchandises » ?

Tous responsables mais pas coupables. Pas si sûr. « Si plus rien n'a d'importance, il n'y a rien à sauver. »

Sages sont les grands-mères.

« Faut-il manger les animaux ? », de Jonathan Safran Foer, traduit de l'anglais (États-Unis) par Gilles Berton et Raymond Clarinard, éd. de l'Olivier, 363 p., 22 €.

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