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Psychanalyse et animaux.

Le boucher Adam Danforth serait "humain".

12 Décembre 2010, 07:00am

Publié par Jo Benchetrit

Vlà à la fois un   discours pervers et ethique.



""Je tue les animaux pour leur bien-être"

Dans l'assistance, un jeune homme au regard bleu perçant suit méticuleusement la découpe. Il a tout l'uniforme du neo-butcher : chemise à carreaux, casquette de base-ball et une barbe à la place de la moustache. L'homme s'appelle Adam Danforth, il n'est pas exactement boucher. "Je suis un tueur", répond-il. Pardon ? 

"Je me déplace dans tout le nord-est des Etats-Unis pour encourager les éleveurs à faire abattre leurs animaux à la ferme plutôt que de les envoyer à l'abattoir."

L'abattage sur place, c'est la dernière tendance aux Etats-Unis. Une question de bien-être animal avant tout : tués à domicile, les animaux meurent moins stressés, dans un pays où la centralisation des abattoirs nécessite d'acheminer les bêtes sur de longues distances. Et ça rapporte ?

"Je fais ça gratuitement. Parfois on me paie en viande. Pour moi, tuer sur place, c'est un devoir éthique. Vous ne pouvez avoir du respect pour un animal mort que si vous l'avez tué vous-même. Sinon, la boucherie c'est de la rigolade : découper une carcasse, c'est du style, de la finesse. Il n'y a rien de tout cela quand vous tuez l'animal."

Pourquoi le faire alors ? "Parce que je prends mes responsabilités. Je veux éduquer les gens pour qu'ils mangent moins de viande, mais s'ils ne peuvent pas s'en passer, qu'ils sachent au moins d'où vient leur nourriture, comment elle a été créée. Je veux que les animaux meurent avec dignité, pas dans l'angoisse des gros abattoirs. J'ai mon propre pistolet à tige perforante pour assommer les bêtes. J'utilise ensuite le tracteur de l'éleveur pour lever la bête et la saigner, le plus souvent dans une grange. Je suis au coeur d'un paradoxe moral : je tue les animaux pour leur bien-être. Et pour le nôtre."

Tiré  d'un article de mauvaise   foi :

 <http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/56484/date/2010-12-11/article/les-neo-butchers-reconcilient-viande-et-environnement/ 


 

 

Avouez que ça n'est peut etre pas si condamnable dans un monde aussi monstrueux que le nôtre , si ça peut leur eviter quelques horribles journées de "transmort"!

 

Evidemment, si le mec etait végé, ça aurait de 
gueule car ce serait un saint.


Moi, un jour, à Strasbourg en 1967, 1° année de psycho,
j'arrive en psychophysio. j'etais en retard. Le prof. —je crois me souvenir que c'est Remy Chauvin, l 'homme aux abeilles— me tend une 
malheureuse grenouille et me dit qu'il faut lui enfoncer une aiguille 
dans l'occiput et touiller pour detruire son cerveau.
Je lui dis: pas question.
Il part alors dans un laius, sur les bébés phoques et les indiens 
d'Amazonie dont il vaudrait mieux que je m'occupe. Je lui retorque 
que ça, c'est devant moi, ça dépend de moi, et que je ne ferai jamais 
ça.
Je vais m'asseoir. Tous les etudiants sont au "travail" sans état d'ame 
et le spectacle est affligeant. car ça ne se passe pas bien. Ma 
voisine, elle, est en train d'essayer de tuer la sienne en la piquant 
n'importe comment tout en essayant de lui coincer une patte tandis 
que la pauvre essaie de s'echapper, la tete trouée en plein 
d'endroits...n'importe comment. Ben je lui ai enlevé cette grenouille 
agonisante et j'ai pris mon courage à 2 mains, pour lui apargner 
toutes ces souffrances. Moi qui n'avais jamais tué de ma vie, je l'ai 
achevée en 1 /10° de seconde.. Ce fut un moment horrible mais je suis 
fiere de l'avoir fait.
J'ai pas fait mon TP, ni les autres. Et j'en suis très fiere aussi.
ça m'a jamais empêché d'avoir mes exams.

On n'a pas à etre fier d'être né ceci ou cela   comme être beau, comme etre d'une religion, d'une nationalité,  d'un sexe, d'une couleur, et evidemment d'une ESPECE!!! car ça nous est donné sans effort.
Mais d'être la 1 sur 200,vpoiere sur 1000 à refuser d'être un bourreau sous ordre, ben ça, j'avoue que c'est legitime. Même si vous ne pourrez jamais savoir combien cette solitude dans une attitude ethique me pèse à mourir.


Le pire est la souffrance.
Et, en prime, en quoi cela est utile pour des études de psy que ce genre d'expériences?
Qui veut-on décérébrer, sinon les étudiants?

Les jeunes nazis apprenaient l' indifférence en tuant sous ordre des animaux qu' ils avaient élevés.
J'ai donc refusé en même temps la perte de sensibilité et le passage à l'acte criminel.

Evidemment ce mec qui tue n'a à mes yeux qu'un argument qui tienne: le transport affreux économisé. Pour le reste, penser que manger ce qu'on a tué donnerait envie de moins manger de viande, je trouve ça fallacieux et risqué. En effet, en tout homme sommeille un tueur. Pas difficile de déculpabiliser et de banaliser un meurtre. Hélas, je ne suis en rien optimiste et je sais bien que les gens tueraient leurs proies sans aucun souci. je le penserais plus credible s'il ne mangeait pas de viande, comme dit plus haut.

Cependant, pour ce boucher, je ne crois pas qu'il faille non plus le 
canoniser, même si je pense comme lui que leur epargner les transports 
est déjà enorme.

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Guern de Bé 13/12/2010 16:59



Quelle histoire !!! J'en suis k.o.


En seconde, à un cours de science, on nous a donné une grenouille crucifiée et éventrée dont le coeur battait encore...Comme plusieurs d'entre nous avons protesté, la prof nous a dit qu'elles
étaient décervelées et qu'elles ne sentaient rien...Je ne sais plus ce qu'on était censé faire avec mais je me souviens très bien que j'ai refusé de le faire...J'ai trouvé ça horrible et tout le
monde a obéi et l'a fait. Avec même un certain plaisir pour ma voisine...très bonne élève !


Oui, la solitude du mangeur de légumes...C'est fou ce que ça met les gens mal à l'aise. Et on commence à m'accuser d'être sectaire. Je viens de recevoir un mail sur le "guru" des vegans...Un
anti-sémite notoire paraît-il dont j'ai oublié déjà le nom, et pourtant on m'accuse d'être devenue une de ses adeptes ! Ca craint.



Marcoroz 13/12/2010 15:51



Jo, je sais ce que c'est que ce sentiment de solitude. Je pense que la plupart des antispécistes le connaissent aussi.



Jo 13/12/2010 08:13



Le pire est la souffrance.
Et, en prime, en quoi cela est utile pour des études de psy que ce genre d'expériences?
Qui veut-on décérébrer, sinon les étudiants?


les nazis apprenaient l' indifférence en tuant des animaux qu' ils avaient élevés.
J'ai donc refusé en même temps la perte de sensibilité et le passage à l'acte criminel.


Evidemment ce mec qui tue n'a à mes yeux qu'un argument qui tienne: le transport affreux économisé. Pour le reste, manger ce qui on a tué, je trouve ça fallacieux et risqué. en effet,en tout
homme sommeille un tueur. Pas difficile de déculpabiliser et de banaliser un meurtre. Hélas, je ne suis en rien optimiste et je sais bien que les gens tueraient leurs proies sans aucun souci. je
le penserais plus credible s'il ne mangeait pas de viande, comme dit plus haut.



nana 12/12/2010 21:51



100% D'ACCORD tant avec JO qu'avec Josiane. Merci pour le courage dicté par l'empathie et la compassion dont tu as fait preuve ce jour-là . Mais dur , très dur à concevoir pour beaucoup !



Josiane 12/12/2010 13:55



Sans le canoniser, je suis assez d'accord.. Il y a peu une personne me disait "pauvres agneaux, ils sont si mignons" Je la retrouve quelque temps après au Super marché en train d'acheter des
côtelettes, Et ça a fusé, Tuez votre agneau pour le manger.. Oui mais là ce n'est pas possible elle ne pourrait jamais..J'ai cessé de parler car c'est un langage de sourd.Peut-être que ça
aiderait si les gens voyaient la mise à mort de leurs animaux, je dis bien : peut-être....


Bon dimamche.