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Psychanalyse et animaux.

Un film allemand : Hannah Arendt. Manif anti-corrida à Ales

11 Mai 2013, 20:11pm

Publié par Jo Benchetrit

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http://www.chantiers-philo.fr/wp-content/uploads/2013/04/hannah-arendt.jpg

Hannah Arendt
http://www.cinemas-utopia.org/admin/films_img/img43/4281.jpeg
Barbara Sukowa:très beau jeu. Charme durassien.

film de Margarethe Von TrottAvec

Pourquoi lier 2 faits apparemment aussi disparates que la shoah et la corrida? Mais surtout pourquoi pas? Parce que c'est tabou? Mais qu'est-ce qui est tabou? De parler de la cruauté humaine, de son immense capacité à devenir idiot, bête, dit-on à tort? Ce qui est commun aux 2 tueries, c'est d'abord et avant tout ceci: le coupable est le même, c'est l'homme.
Refuser de voir que l'homme dans ses oeuvres a  la même immoralité que ce soit avec ceux qui sont designés comme non humains par definition, ou par haine.
Tout le rapport aux animaux se place sous le signe  de "la banalité du mal", concept d'Hannah Arendt pour designer le plus grand coupable du nazisme, Eichmann, responsable de la mort des juifs  et autres exterminés dans les camps. son alibi: il ne faisait que bien son travail en obeissant à Hitler. Sans haine pour les juifs. Un guerrier appliqué, quoi!
Autre point commun, la structure menatle de celui qui obeit ainsi  aveuglement aux ordres peut etre nevrose ou perversion, mais son fantasme se realise ainsi de maniere perverse.
Avec les animaux, tout est permis et la perversion sociale règne. Comme sous les nazis. De même qu'il y a des phobies sociales, comme celle des araignées, qui origine d'ailleurs le génocide domestique des araignées, immonde façon de s'autoriser à légiférer sur le permis de vivre des autres animaux, et absurde car les araignées sont un insecticide non chimique, il y a des perversions sociales. Il faut y être d'autant plus sensible qu'il y a des périodes de l'histoire où certains d'entre les humains perdent ce permis—ça peut etre vous— sans que personne ne conteste ce verdict, y compris vos braves voisins, vos gentils copains, vos collègues, oui, tout le monde vire sa cuti, vous ne les reconnaissez plus, ils sont pris, dans un raptus, sous hypnose, sont devenus autre, les mêmes, mais ailleurs...et vous v'là autant abandonné   à la pourriture humaine et SEUL que ce taureau agonisant en regardant l'homme .
 En particulier, le temps historique en question dans le film où une personne ayant un grand parent juif, tout en l'ignorant est tout autant designé à la vidicte populaire qu'un juif des 2 parents, mais peut lignrer tout autant. comme le montre le  texte sur Eichmann d'Hannah Arendt, le petit humùain moyen peut devenir un "grand" assassin, sasntrop savoir pourquoi, juste par suivisme. L'homme est un graigaire, comme les moutons et tels des moutons à la morale du vampire, les hommes moyens ont suivi Hitler. seuls lemsoutons , le svrais ne ferainet pas de mal à une mouche...
Il faut se rendre à l'evidence , le mal est dans chacun des hommes.
Mais le mal ne s'exprime bien que chez les humains moyens car ils ne réfléchissent pas, ils croient n'importe quelle connerie
pousse-au- crime.
 
C'est l'essence du lynchage, c'est l'effet de foule. 
Ne l'oublie pas, petit homme, l'homme est le seul animal qui tue par manque de logique. Par senti-ment. Pour plaire à un leader aimé, par exemple. Seduction, masochisme, sadisme...et le tour est joué, notre humain moyen jouit.
Le monstre humain , lorsqu'il a le pouvoir de détruire, le fait.

Ce film sur la liberté de penser ou plutôt le devoir de penser doit s'adresser à tous les hommes, surtout ceux qui croient que faire souffrir est leur droit le plus légitime, comme la quasi-totalité des hommes avec les animaux.   
L'homme dont le désir, nous dit Castoriadis, est monstrueux. 
C'est ce qui fait d' Eichmann  un monstre, car homme. Homme à opposer ici à bête.  Ce qui fait la différence? Le désir humain qui rend la jouissance humaine monstrueuse  car cette jouissance comprend un accès à l'Autre comme mis à sa disposition pour l'utiliser à ses fins. Ainsi, à l'extrême, le pervers veut être aimé. il veut ainsi se prouver qu'il n'est pas un monstre CAR selon son fantasme a<>$ , il est l'objet (a) qui comble le sujet barré par la castration et en fait un sujet non castré, non barré. Un sujet plein. Plein de ce phallus qui fait de la femme une   mère phallique dont il est le phallus, sans castration.   Dans les perversions ce qui se  passe entre   2 partenaires est fruit de l’imaginaire (narcissisme) du pervers.  Parfois il y a "d'heureuses" rencontres. Ainsi, le maso qui obéit aux ordres en en jouissant comble vraiment son tyran  sadique et réciproquement. Mais c'est plus grave lorsqu'il y a forçage, viol, terreur, car dans son fantasme inconscient, le pervers croit que SA VICTIME EST CONSENTANTE ET MÊME COMBLÉE PAR LUI. 
Le mathème de la pulsion selon Lacan, c'est $<>D. Il  se lit: S barré poinçon D (demande).La Pulsion est ainsi du côté de l'amour. La preuve d'amour? L'Autre, prise comme la mère dans l'imaginaire narcissique, se donne à l'enfant sans limite par amour. Sans limite, y compris en donnant sa vie, comme le toro dans l'imaginaire des aficionados.
  En fait, il s'agit du même désir inconscient que chez le névrosé plus inoffensif  car il sait dire non à la réalisation de ses fantasmes, sauf quand un pervers passant à l'acte lui ouvre les vannes en se substituant à son surmoi.
Il est des ordres que certains, la  plupart, exécutent avec volupté.
Il est des ordres qui sont des passe-droit, comme la corrida qui est autorisée par l'alinéa 7 qui est un passe- droit à la loi 521-1 qui interdit la cruauté.
Large part   est faite dans ce film au procès du responsable de la solution finale, Eichmann, que vous voyez sourire là de sa fine bouche tordue, devant Moshe Landau,  le juge.
Eichmann ne sait pas trop qu'il a mal fait car il démontre qu'il est acéphale. Je rajouterai comme tous les barbares en  toute innocence. Comme le furent alors, nous dit Arendt, la quasi-totalité des peuples du monde.
Manque  peut être à la démonstration d'Arendt la dimension de la jouissance: là où on ne pense pas, on jouit. Manque l'aveu de la jouissance de se faire fantasmatiquement "enculer" par le maître , ici, Hitlercomme le firent tous les nazis,  jouissance masochiste  du rapport passif au tyran. Jouissance sadique par rapport aux victimes offertes par le sale mec en chef. 
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Adolf Eichmann while on trial in Jerusalem before Moshe Landau, after being abducted by Mossad agents / AP Source: AP

Film un peu trop descriptif, lourd, peut être volontairement, m'a fait pensé par ses couleurs et son rythme lent sans être ennuyeux à certains  téléfilms allemands. Mais a son intérêt ne serait ce que parce qu'il peut donner envie de lire la philosophe morte assez tôt, à 69 ans. Hannah Arendt a posé les  bases de la morale post-nazisme, avec son idée géniale de banalité du mal: géniale idée car elle empêche la fascination du brave mec moyen pour les mauvais.
 Comme on le sait, c'est la transgression  qui attire. En effet, on a pour celui qui va au delà de la limite, là on n'ose pas aller en bons névrosés une sorte de répugnance mâtinée de désir secret et d'envie car lui, il se permet de passer la barre.
Regardez les fans des assassins qui leur écrivent en prison, par exemple.
Son joli concept de banalité du mal évite d'écrire ce qu'elle dit à un moment, que c'est un sale con, cet Eichmann. Un humain moyen.
La psychanalyse dit des choses comme ça aussi. 
  Comme tout avant-gardiste, elle se ramasse des baffes. La psychanalyse aussi.
On ne peut pas parler de la barbarie et s'en sortir indemne. Celui qui affronte l'alter ego et lui dit: "vous aussi êtes un salaud", sera persécuté.
 Mais je pense qu'il y a des choses qu'il ne faut pas dire devant les ennemis, en particulier que les juifs auraient été pour quelque chose dans leur genocide, par l'intermediaire des chefs juifs terrorisés...
Il faut être prudent et ne pas servir  sur un plateau au sale con moyen et au fond de lui antisémite, de quoi se faire battre.
Et on ne pourra pas reprocher aux oiseaux  mis trop nombreux dans des cages trop petites de finir par se battre. Il y a une différence entre le suivisme triomphant de l'humain moyen et les comportements des victimes, ces êtres mis en situation de stress intense, commandées par la pulsion de vie, qui met en action des reflexes de survie. Je peux comprendre que ça ait choqué les victimes survivantes, ces allégations. 
Ou alors, on revuent au temps où on disait queles victimes de viol avaient allumé leurs violeurs.
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"C'est dans le vide  de la pensée que s'inscrit le mal" belle formule encore de la philosophe Hannah Arendt
Les méfaits des afiocs de la corrida en  sont l'illustration.
 Ces jours de manifs pendant la feria d'Ales, c'est la cohabitation entre ce qu'il y a de meilleur en l'humain, ce qui y sont allés pour protester,  et ce qui rivalise avec les égouts en gagnant la place de l'être le plus répugnant possible: l'immundillo.
  • Bravo et merci aux 4000 militants qui se sont déplacés à Ales...pendant la 1° tuerie.

  • il y en aura d'autres demain. Les assassins à gage et leurs fans bas du front se portent-ils bien derrière leur crétinisme profond?
  • Je crains que oui.
    Car rien ne vient leur faire prendre conscience la honteuse cruauté des actes qu'ils commanditent.

    Et que dire du préfet et du maire qui n'ont pas encore interdit cette dégradation de l'être humain  sur leur territoire? Que dire du silence de tous alors qu'il n'y a pas de risque à l'ouvrir contrairement à ce qui se passait sous la terreur nazie? Que dire de ceux des gens d'Ales qui ne sont pas allés à la manif contre l'abjecte  corrida alors que beaucoup déplorent cette barbarie  à leur porte?
 

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fugier 12/05/2013 11:06


Le nazisme : abattoirs sans étourdissement préalable, camps de concentration, élevages en batterie, vivisection, corridas, le nazisme n'est pas mort.
Le génocide de la planète continue malgré des milliers de personnes qui osent penser et agir autrement.