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Psychanalyse et animaux.

Un texte de Michele VG. le prix du steak, du jambon, du poulet est il trop cher?

29 Avril 2014, 02:54am

Publié par Jo Benchetrit

cochon-batterie.jpg

Les produits animaux, trop chers? NON. Au contraire.

En poids de souffrance, c'est donné.

 

Certains talents sur face book, au service des animaux, me donnent envie de vous en faire part.
Ainsi, ce texte de Michele Végé, oui, un pseudo, dommage. =

"...Un peu plus tard dans la nuit il y aura ce que vous ne voyez jamais passer, vous les omnivores, les "carnistes", les viandosaures" comme on vous appelle - sans pour autant vous détester car vous êtes nos pères et mères, nos frères et soeurs, nos amis, nos voisins - il y aura ces conversations intimes en mp, où l'on essaye de se soutenir les uns les autres, où l'on panse nos plaies aux tripes, où l'on s'avoue nos dégoûts devant les cruautés gratuites et les violences ordinaires, nos incompréhensions devant l'indifférence du monde, où surtout l'on se lèche mutuellement par claviers interposés pour se laver du sang des muets, les muets morts ou les muets vivants car quand les vivants crient, c'est du fond de hangars et personne ne les entend, ce qui revient à les rendre muets... Le sang des écornés, des castrés, des débecqués, des piquousés, des accouchés "à la corde", des jetés du haut des camions, des égorgés conscients, des dépecés, des découpés puis pour finir, des dévorés...

 
Tout ce sang qui pourrait ne plus couler si seulement vous entendiez leurs cris comme nous les entendons, si vous ressentiez leur détresse et leur impuissance comme nous les ressentons, si vous voyiez leurs regards suppliants comme nous les recevons pleine gueule, et si vous renonciez à quelques traditions ou privilèges de dominateurs comme nous y avons renoncé. Si vous acceptiez vous-aussi de quitter l' Omnivorie Insouciante, la Terre des repas Pantagruéliques avec entrées carnées, plats poissonneux et produits laitiers à tous les étages de tous les frigos- chambres froides de tortures- et le déni de la réalité associé.


Faut-il que nous soyons solides et raisonnables et compatissants aussi envers vous, malgré tout ce que nous savons de ce monde parallèle qui gémit sans répit dans l'ombre, avec son cortège de pattes brisées, d'yeux infectés, de plaies béantes, de pis distendus, de plumes arrachés ou de tumeurs proéminentes, pour ne pas renverser les tables dégoulinantes de sang invisible mais que nous voyons, et hurlantes de souffrances occultés que nous entendons.

Faut-il que nous soyons patients pour encaisser sans relâche les mêmes arguments futiles, "et la carotte, elle souffre, aussi!", "les éleveurs aiment leurs animaux", "les chiens, c'est pas pareil, c'est des chiens", "l'homme est un carnivore depuis la nuit des temps" (rien de plus usurpé que ce terme d'ailleurs, et avec certitude l'ombre de la nuit des temps ne recouvrait pas d'élevages.) 


La vie pourrait être belle, car nous sommes joyeux de découvrir de nouvelles saveurs, une nouvelle santé et surtout, surtout, d'être enfin sortis de cette quadrature insoluble - vouloir respecter la vie, aimer les animaux, savoir qu'ils souffrent mais en manger quand même - si nous n'en découvrions une autre tout aussi décapante: partout autour de nous continuent et même augmentent ces macabres pratiques (êtres enfermés, gavés, inséminés, mutilés; plongés vivants, selon les espèces mais toujours avec la même indifférence, dans des bains électrocutants, des tonneaux égorgeurs métalliques, ou encore des marmites bouillantes - ce ne sont que des langoustes- OUI MAIS C'EST DE L'EAU A 100 DEGRÉS); des gens que nous aimons restent insensibles aux souffrances de l'élevage, des transports internationaux et des mises à mort en trois fois, de plus ils se permettent de se moquer de nous et des inconnus nous traitent de terroristes... Nous, les végans, des terroristes... 


Alors à tous les gens qui se réfugient sans cesse derrière le fort pratique "Et les humains, vous y pensez?", je répondrai désormais: "Et vous?" 


Parce que quelle est la vie, d'après vous, de quelqu'un qui a découvert des horreurs et qui n'arrive pas à les faire cesser ni même reconnaître? 
Car il ne s'agit pas ici de catastrophes naturelles, inondations, incendies, tremblements de terre ou sécheresses ou encore épidémies qui accablent les humains de façon inexorable et auxquels personne ne peut rien; non plus de crimes ou de viols dus à des détraqués qui sont de toutes façon déjà réprouvés par la morale et punis par la loi; il ne s'agit pas plus de déplorables accidents ou de coups du sort ou de cancers: il s'agit au contraire de faits provoqués, volontaires, admis, subventionnés, en trois mot: une misère légale et induite, et pourtant évitable; et pire, à laquelle les gens participent en en tirant profit: je ne parle pas que des agro-industriels ou des éleveurs, je parle aussi des consommateurs. 
Il s'agit bel et bien d'un gigantesque chaudron de sorcière engloutissant chaque année 150 milliards d'animaux à sang chaud, que pratiquement tout le monde touille d'une façon ou d'une autre. 


Alors ce soir je vous le dis, vous ne pourrez plus l'ignorer: des humains sont en grande détresse, pas seulement à cause de tous les corps qui se tordent de douleur d'un bout à l'autre de la planète et à chaque heure du jour et de la nuit, pas seulement à cause de l'innocence et du nombre de ces victimes livrées sciemment et abandonnées à leur sort par 90 % de la population, MAIS surtout, parce que justement 90% de la population non seulement les abandonne à leur sort mais en plus l'entretient. Alors que 650 millions de végétariens prouvent quotidiennement par leur existence même qu'il est possible de faire autrement. 


Nous souffrons de l' indifférence à leur égard mais aussi de l'indifférence à NOTRE égard, nous souffrons des railleries nombreuses de certains omnivores, de leurs leçons de morale sur l'aide à apporter aux humains alors qu'eux-mêmes sont en fait prêts finalement à nous mettre par commodité dans le même sac des oubliables ou des méprisables que ceux que nous défendons - les animaux; les animaux: les autres vivants, les autres mortels, les autres faibles et les autres fragiles, ce qu'il y a de plus proche des humains à des milliers d'années lumières à la ronde. Plus proches que ça c'est difficile, puisque nous en sommes nous-mêmes. 


Mangez de la viande, si vous ne pouvez pas vous en passer. Mais regardez avec respect ceux qui y arrivent. Rien n'autorise ce mépris ni même cette indifférence.

Rien. Vraiment. Nous avons nous aussi cuisiné et mâché de la viande et vraiment, ce n'est pas un exploit."

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