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Psychanalyse et animaux.

Y a-t-il 2 espèces humaines ? Lacan, la perte , le père et le pire.

8 Novembre 2011, 07:04am

Publié par Jo Benchetrit

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Y a-t-il 2 espèces humaines ? Celle qui n’a pas de pitié et celle qui en a ? Celle qui fait du mal et celle qui sauve ? Celle qui s'identifie au souffrant en s'insurgeant pas et celle qui martyrise avec delectation? 
Celle  des bourreaux qui commettent des tortures sur des gens ou sur des animaux, qui jetaient, parfois vivants ou après les avoir tués de manière cruelle, des enfants, des bébés dans les fours crématoires, celle , incitatrice, qui est complice, qui catalyse la violence, qui matte, celle qui va aux corridas, aux combats de coq, qui cuit vivants des animaux, celle qui gave les oiseaux ou les dévore , celle qui ne veut pas savoir comment on fait un steak, de quel enfer  viennent le lait  et les œufs,  de quelles souffrances vient sa jouissance quand des animaux sont en jeu…et l’autre, celle qui ne peut supporter tout ça, celle qui pleure, celle qui se bat contre toute forme de barbarie ,celle qui sait que le   crime gratuit, organisé, commis juste pour la jouissance est à éradiquer.

On peut se le demander. Il est difficile de s’identifier à celui qui rit en regardant des êtres sensibles se faire torturer, comme un petit veau se faire transpercer par des enfants devant des adultes qui applaudissent à chaque coup porté( une association taurine  « Graines de toreros » organise  des corridas pour enfants !). Aussi , on a envie d’ y répondre par un oui fort rassurant, au final.
En toute rigueur, il n’y a pourtant qu’une espèce humaine.

Mais la multiplicité des humains— chaque cas étant selon la formule consacrée, particulier— fait que nous pouvons aussi dire que nous sommes tous différents. Pourtant, il y a un background commun : les pulsions en font partie. Or ces pulsions sont la source de la barbarie du fait qu’elles sont soumises à la pulsion de mort, pulsion destructrice par excellence.
Nous avons tous des fantasmes conscients ou pas qui sont l’expression de pulsions désintégratrices, irrespectueuses. Mais dans certains cas, les pulsions se satisfont dans le fantasme alors que dans d’autres cas, c’est le passage à l’acte qui officie pour cette fin.

La différence est éthique. Il s’agit lors du développement de l’enfant d’intérioriser la morale. Encore faut-il que celle-ci soit transmise aux enfants.

En gros, l’interdiction de l' Œdipe  est le creuset de cette attitude morale qui interdit que le sujet veuille ce que son inconscient tordu désire… Nous n’avons en général pas idée de notre profonde cruauté, sauf quand , lisant Sade, nous nous surprenons à trouver cela excitant alors même que si ça se passait en vrai nous serions horrifiés, révoltés, du moins si la société empêche, par la plus grande opprobre, ces actes monstrueux. Il faut que le socius soit ce nom du père,ce qui éloigne l'homme de sa croyance en sa toute- puissance.

Au  nom de la jouissance, on commet le pire. Le père y met bon ordre. « De ce qui perdure de perte pure à ce qui ne parie que du père au pire. »( Television.)   c'est une phrase fondamentale, celle qui dit que le pire est du côté de ce qui n'est pas castré. Donc la barbarie est du côté de celui qui refuse la loi du père qui est la loi d'interdit de l'inceste. Toute barbarie est un refus de la privation, un refus du non au pire. A opposer au non du père! 

La société relaie le père si elle est basée sur des valeurs morales. Si elle ne fait que permettre le pire, le rendre normal, banal, c'est qu'on lui a bien mis, au père, dans la transgression jouissive qui est au final organisée par une perversion de la société. 

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