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Psychanalyse et animaux.

Articles avec #barbarie-symptome et psychanalyse

sensibilité conscience des animaux mais insensibilité de l'homme!

11 Juin 2005, 22:00pm

Publié par Josette benchetrit

Au secours! l'homme tel que je le décris existe et il est majoritaire!

 

Il est utilitariste. il se fout de la façon dont vivent ses proies avant leur mort dans les élevages pourvu qu'il soit sûr que ce sera sain pour lui!

Il dit que rien ne prouve que les animaux aient une conscience, de la sensibilité...des sensations, oui, il veut bien...Bof!

Si vous êtes dans ce cas: dites vous que l'homme est un animal et que si vous pensez avoir tout ce que vous déniez aux animaux vous êtes en pleine contradiction.

J'irai plus loin, ne serait-ce pas vous qui n'avez aucune conscience? et encore pire: aucune sensibilité?

L'homme majoritaire peu s'offrir ce luxe car il a le pouvoir. Il peut en abuser puisque nul ne peut s'opposer à une horde de presque 7 milliards de sauvages sans scrupule, machiavelique et assoiffés de sang. L'intégrisme humaniste l'a mené là. à ne    plus savoir respecter que son image et à dévaster les autres et le monde sans aucun scrupule.

Qu'il sache qu'un jour il sera peut-être un autre pour les autres hommes et qu'alors leur irrespect pourra le malmener, comme les nazis le firent subir à des semblables qu'ils ne reconnaissaient plus comme tels.

 

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Terreur est humaine.

9 Juin 2005, 22:00pm

Publié par Jo benchetrit

 

 

On peut le dire à la manière de Coluche : "Humanité? En voilà un mot qu'il est beau. Surtout qu'il ressemble un peu à humidité. Et Dieu, le jour où il l'a inventée, il devait en tenir une bonne, et pas qu'avec de l'eau."

 

 Et justement, c'est l'œil humide d'émotion que les humains aiment à vanter l'humanité! Humidité due sans doute à  l'auto-contentement qu'on repère dès le départ chez le bébé souriant de voir un visage humain.

 

Mais, me direz-vous, ça ressemble aussi à humilité. Ah! Oui, j'allais oublier. Et comment voulez-vous que les humains appellent à l'indulgence  si ce n'est par ce petit mot magique: "C'est humain". Ou "l'erreur est humaine". Et Hop! On est pardonné. On est si humble!

 

On en parle habituellement de manière plus lyrique, avec la voix d'André Malraux mais pas ce disque court et courant:

 

"Humanité ! Entre ici, au Panthéon des valeurs universelles et éternelles! Au centre, sur un socle, l'humanité autour de quoi tout est, pour qui tout existe, enfant préféré de Dieu en personne…cerise sur le gâteau de l'évolution selon Darwin...unique subjectivité sur Terre. Unique conscience… Unique être à avoir connaissance du bien et du mal ! Seul à posséder de la sensibilité! Humanité, tu es le tout et le reste ne serait rien sans toi .. Humanité, le monde te rendra un éternel hommage, car grâce à toi il est.  Tu as le sens de la beauté. Tu sais penser. Tu connais le vrai  et le faux. Et ta conscience est la lumière qui donne forme aux autres. Ton nom latin, Sapiens Sapiens, signifie ta sagesse et ta pensée à puissance 2.

 

Et en plus, tu parles! Tu sais causer avec des mots pour dire ton émotivité humide ô toi,  …humanité!

 

Les autres espèces ne sont que du Canada dry de vivants. Toi seul est. C'est pour cela qu'à ton sujet on dit: "être humain" alors  qu'on se garde de dire: "être canin", par exemple. A toi tout est sacrifié car ton bien c'est le bien."

Non, la chanson que je propose est toute autre:

 

"Entre ici, Homo Sapiens Sapiens,

au Panthéon des absurdités,

 et des cruautés gratuites..."

 

Je rappelle bien entendu qu'en français, ce nom d'humanité désigne les qualités morales les plus précieuses  dans la relatio à l'autre, la générosité, la bienveillance, la compréhension. On dit bien humaniser un lieu, une relation. Ça veut bien dire ça: tenir compte de la subjectivité des autres, et avoir pour eux tous les égards.

 

 

Tableau idyllique mais Imaginaire. Je vous invite à  regarder de près ce qui se passe, au delà des apparences et des a priori habituels. Un œil neuf pour une réflexion nouvelle.

 

Les (autres) animaux ne connaissent pas le mot humanité mais ses actes. ceux qu'ils subiessent dans un réel qui n'a rien de la bibliiothèque rose.

 

Ce ,n'est pas pour rien que'il n'en est pas beaucoup qui viendraient témoigner en faveur de cette espèce si elle était jugée comme il se devrait pour crime contre l'animalité dont elle est.

 

 

 

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Le ras-le-bol de la philosophe Florence Burgat sur l'attitude intolérable des hommes envers les animaux + un lien vers les cahiers antispécistes:texte d'Estiva sur la critique d'Yves Bonnardel.

8 Juin 2005, 22:00pm

Publié par Josette benchetrit

Tous unis pour l'Ethique!

 

Il ne tient qu'à vous pour que l'éthique soit majoritaire...enfin quand je dis vous, je m'adresse à l'entière humanité, ce qui fait bien plus de monde que ça...

Cependant, si un battement d'aile de papillon en Australie peut provoquer une tempête de l'autre côté du globe, pourquoi un écrit n'aurait-il  pas de considérable effet par transmission d'idée?

Un lien  sur une critique d'Yves Bonardel sur elle... car il y débat:

http://www.cahiers-antispecistes.org/article.php3?id_article=135

Avec l'aimable autorisation de 30 MILIONS D'AMIS.
Florence Burgat.
Une philosophe engagée

Florence confirme une fois de plus que ce n'est pas l'élaboration de nouvelles lois que doivent exiger les amis des animaux, mais l'application de celles qui existent déjà.
Comme elle est belle - ca y est je suis amoureux...
 
Texte : Joëlle Dutillet.
Photos : Roland Bourguet.
30 Millions d'Amis N°102 - Août 1995.

Lorsqu'ils ne vont pas jouer dans le jardin, deux beaux chats européens se prélassent dans l'appartement de Florence Burgat, "Hanimo a 8 ans. Je l'ai recueilli à 2 mois. Il était sous-alimenté, si maigre qu'on ne pouvait pas le vacciner. Ses maîtres voulaient l'euthanasier parce qu'il avait volé un morceau de poulet!" P'tit gars a 7 ans. Jeté dans un soupirail, il a tout fait pour s'en sortir. "Lorsque je l'ai aperçu, il était accroché par les quatre pattes à la porte grillagée et miaulait de façon déchirante. J'ai dû escalader la grille pour le récupérer par le haut. Il a tout de suite compris, est remonté en direction de ma main et j'ai pu l'attraper. Maigre avec un gros ventre, il avait été maltraité. Il ne marchait pas droit, on lui avait mis de la colle sur la tête."
Leur maîtresse, leur sauveteuse, se nomme Florence Burgat. La trentaine souriante, philosophe, elle vient de publier un ouvrage (1), lequel décrit avec minutie les différentes étapes de la filière élevage, et ce jusqu'à l'abattage.
"Il y a 10 ans, j'ai vu un film qui montrait les horreurs du transport et de l'abattage des animaux de boucherie. Alors étudiante en année de maîtrise, j'ai décidé sur le champ de travailler sur ce problème. Je n'avais jamais réfléchi, auparavant, à ce que représentait vraiment la viande. Carnivore, je suis devenue végétarienne. Le végétarisme est un effort pour sortir d'un système qui utilise et sacrifie l'animal. J'avoue pourtant porter des chaussures en cuir, ce qui prouve la difficulté d'en sortir complètement".
 

DES RÈGLEMENTS ET DES LOIS NON RESPECTÉS
Florence reconnaît que, plus que le végétarisme, c'est l'amélioration des conditions d'élevage qu'il faut soutenir en supprimant les transports et en surveillant l'abattage.
"En théorie, la lecture des réglementations est rassurante. Il est dit qu'il faut anesthésier les animaux, leur donner à boire, etc. Mais dans la pratique, il n'en est pas de même. Concrètement, il est impossible durant le transport d'abreuver les animaux (une vache peut boire jusqu'à 50 litres par jour), de les soigner, de les nourrir. Des gens de métier m'ont dit que pour faire descendre et remonter du camion un troupeau de bovins, il fallait être très qualifié". Dans ce livre, Florence Burgat a souhaité faire ressortir la distance énorme qui sépare la lecture d'un texte de loi apparemment bien fait, et la réalité quotidienne de l'abattage. "En particulier, il n'y a personne pour surveiller les techniques d'abattage!" Cette réflexion de Florence confirme une fois de plus que ce n'est pas l'élaboration de nouvelles lois que doivent exiger les amis des animaux, mais l'application de celles qui existent déjà! Dans ce livre, elle rappelle les troubles du comportement des animaux dans les élevages intensifs : les truies qui rongent leurs barreaux, les volatiles qui oscillent continuellement de la tête, les porcs qui se mangent la queue, les poules atteintes de picage et de cannibalisme... Sans oublier le gavage des oies, pauvres volatiles qui, pour le plaisir de certains, ne parviennent plus à ce déplacer. Elles étouffent, perdent leurs plumes. (Le gavage correspondrait pour un être humain à l'absorption de 13 kilos de pâtes).
Comme je suis amoureux...
LA MISE A MORT LOIN DE REGARDS...
Autre scandale dans la production avicole soulevé par Florence Burgat, le sort des poussins mâles. Leur tort? Ne pas savoir pondre (et pour cause!). Ils sont donc inutiles. La façon dont on les supprime est particulièrement horrible : ils sont enfermés dans des sacs en plastique sur lesquels passe un bulldozer. Il existe une méthode encore plus sadique : les poussins sont jetés vivants dans un broyeur! En 1980, le député Pierre Micaud avait proposé une mort plus douce, au gaz carbonique. Cette proposition est restée sans suite...
Florence Burgat évoque également le problème des veaux en batterie. Une technique d'élevage justifiée soi-disant par le goût du consommateur qui ne voudrait que de la viande blanche. "Elle apparaît dans l'imaginaire comme étant pure. Mais l'opinion publique ignorait, jusqu'il y a peu, que les veaux étaient maintenus dans l'obscurité pour être anémiés et ainsi "faire" de la viande blanche. Au XIXe siècle, on les anémiait déjà en leur infligeant des saignées partielles". L'évolution des abattoirs est caractéristique à ce sujet. "Autrefois, la tuerie et la vente se faisait dans la rue. Les carcasses étaient présentées sans aucun artifice, constate-t-elle. Progressivement l'abattage migrera hors de la ville dans des lieux spécifiques que l'on nommera abattoirs". La mise à mort ne se fait plus en public mais loin des regards...
 
FLORENCE S'OPPOSE A L'ABATTAGE RITUEL
Comme beaucoup de défenseur d'animaux, Florence s'oppose également à l'abattage rituel. "Condamner cette pratique serait assimilé par certains à du racisme, ce n'est pas mon cas. Mais certains ethnologues français encouragent l'abattage rituel, le qualifiant d'acte culturel! Du moment que c'est rituel il faudrait, à les en croire, maintenir la tradition". Un raisonnement que condamne Florence Burgat. Et d'argumenter en prenant l'exemple de l'excision. C'est aussi une tradition, faut-il l'encourager pour autant?
Un nouvel ouvrage, plus philosophique, signé Florence Burgat, va sortir ce mois-ci (2). "J'ai voulu rechercher par quels moyens l'animal au cours des siècles a été considéré comme une chose, un objet, explique-t-elle. On imagine toujours l'animal comme étant l'inverse de l'homme. Il serait sans pensée, sans souffrance, sans langage, sans conscience de la mort. Ce serait une sorte de négatif de l'homme, uniquement destiné à un rôle utilitaire".
Le mot "animal" détermine un certain type de traitement. Ne dit-on pas "traité comme un chien ou comme du bétail? La reconnaissance de notre différence passe par l'exploitation de l'animal".
Inconsciemment l'homme souhaite mettre une distance entre lui et l'animal pour oublier que l'un et l'autre appartiennent au règne animal et que tous deux sont mortels. "Dans notre religion, ajoute Florence Burgat, l'homme est à l'image de D'ieu mais l'animal appartient à la nature". Il est de bon ton chez certains ethnologues, sociologues et autres philosophes, de publier des ouvrages niant tout statut à l'animal. Florence Burgat entend par ses écrits contrer de telles positions. Mais à sa manière.
 
"ON EN A MARRE DE VOIR L'HORREUR BANALISEE..."
"Si nous voulons être efficaces, explique-t-elle, il faut abandonner le discours militant. Le pamphlet ne marche plus, l'apitoiement non plus. On en a marre de voir l'horreur, ça la banalise. Si nous voulons gagner, nous devons publier des ouvrages, argumentés, documentés et être incollables!" Tout cela ne l'empêche pas de choyer ses deux confidents Hanimo et P'tit gars, les deux européens au profil si différent. Le premier est aussi casanier -quand sa maîtresse travaille il passe la journée sur ses genoux- que le second est vagabond -"les voisins le connaissent, il va boire du lait chez les uns et dormir chez les autres!" Un régal pour elle et ses deux chats.
Quand les intellectuels ont du coeur et qu'ils le mettent au service de la cause animale, tous les espoirs sont permis...



(1) L'animal dans les pratiques de consommation. Collection "Que sais-je?" Presses universitaires de France.
(2) L'oubli de l'animal. Ed. Desclée de Brouwer.

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Evolution des mentalités des hommes par rapport aux bêtes: de pire en pire!

8 Juin 2005, 22:00pm

Publié par josette benchetrit

 

 

    Histoire des conceptions de l'animalité dans la philosophie occidentale : quelques repères.
    Florence Burgat
    INRA STEPE, 65 Boulevard de Brandebourg, 94205 Ivry/Seine.

    Pour le sens commun, l’animal échappe à la question éthique. Cet état de fait a un ancrage philosophique profond et visible dans le schéma dominant, dans l’histoire de la philosophie occidentale moderne, selon lequel la mise en place de critères de distinction entre l’homme et l’animal (propre de l’homme) sert à exclure l’animal du champ de la communauté morale.

    L’animalité est d’ailleurs pensée comme l’envers de l’humanité, voire son repoussoir, ainsi que le langage ordinaire en témoigne (ce qui est mauvais en l’homme est nommé son “animalité”, ce qui est pervers et cruel, sa “bestialité”).

    Corps sans âme, l’animal est un bien saisissable ; c’est ainsi que l’on pourrait résumer les implications juridiques de l’humanisme métaphysique.

    Le débat philosophique critique de cette conception porte, de l’Antiquité aux pensées les plus actuelles, sur la non pertinence des performances cognitives à fonder les droits moraux. C’est la notion de sensibilité (capacité à ressentir le plaisir et la souffrance) qui, pour tout un courant, est en elle-même fondatrice de droits. Tel est, schématiquement, le cadre du débat.

    Notre exposé vise simplement à donner quelques repères historiques et thématiques des conceptions de l’animalité de l’époque présocratique à nos jours. Cette esquisse fait apparaître l’ancienneté et l’ampleur de la réflexion sur le statut et le traitement des animaux.

     Si la protection des animaux est volontiers réduite à un phénomène de société, ce souci a en réalité des racines fort anciennes. Il est faux de croire que cette préoccupation est une attitude récente et qu’elle est l’apanage des sociétés d’abondance ou d’une sensibilité urbaine ignorante de la vie animale.

    Voici, pour mémoire, les thèmes divers qui jalonnent cette histoire :

    L’Antiquité grecque (VIème-IVème siècle av. JC) : transmigration des âmes ; parenté entre les vivants ; apologie du végétarisme ; condamnation du sacrifice animal ; première classification des animaux ; devoir de justice envers les animaux ; restriction du devoir de justice aux seuls êtres humains.

    La philosophie médiévale (Vème-XIIIème) : problèmes théologiques posés par la souffrance animale ; statut de la créature.

     La Renaissance (XVIème) : humanisme et scepticisme ; “cousinage” entre les êtres vivants ; rêve de domination de la nature et des animaux par la science.

    Le XVIIème siècle : dualisme des substances ; mécanisation du vivant ; problèmes théologiques posés par la souffrance animale ; débat sur l’âme des bêtes ; empirisme contre innéisme ; critère de la différence entre l’homme et l’animal.

     Le XVIIIème siècle : empirisme et critique du cartésianisme ; perfectibilité chez les animaux ; souffrance animale et droits des animaux ; fondements de l’utilitarisme moral ; les hommes n’ont aucune obligation envers les animaux.

    Le XIXème siècle : la pitié envers les êtres souffrants ; extension des devoirs moraux au monde animal.

    Le XXème siècle : l’animal est un pur organisme mu par des pulsions ; l’animal entretient des relations dialectiques avec son environnement : il a un comportement ; le vouloir-vivre comme fondement de l’éthique ; être capable de souffrir : une qualité qui donne des droits. 

    Unité Physiologie de la Reproduction des Mammifères Domestiques | Retour "Ethique"

Création : Décembre 1999
Copyright © 1999, INRA, Tous droits réservés

 

Je vous ai collé ça, qui schématise bien l'involution et l'évolution de l'éthique et donc des hommes.

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Le secret de famille de Descartes explique les animaux-machines

7 Juin 2005, 22:00pm

Publié par benchetrit

Le secret de famille de Descartes explique les animaux-machines

 

Le secret de la famille Descartes peut être lu ici: "Descartes" de Geneviève Rodis-Lewis, professeur émérite à la Sorbonne.  Calman- Lévy, sortie en 1996.

La clinique psychanalytique montre que certains secrets de famille sont plus pathogènes que leur aveu, même perturbant.

 

Selon les découvertes de Geneviève Rodis-Lewis, Descartes a été leurré par son pere sur la mort de sa mère lorsque René n'avait qu'1 an. Il lui a fait croire que sa mere etait morte en le mettant au monde.

La realité est que la mère de René est morte quelques jours après avoir accouché d'un petit garçon, Jean, décédé peu de temps après sa naissance.

 

Il y a là une explication possible à certains points de la "théorisation" de Descartes qui semblent un peu délirants sur ce qu'il a appelé le "Malin Génie" trompeur, et Dieu le pere qui ne peut tromper.
En effet, son père, tel un curieux prestidigitateur, a utilisé le refoulement infantile-- René avait à peine 1 an au moment des faits-- pour lui faire ce tour…de Descartes.

Jugez-en plutôt :

Descartes a vécu avec cette vérité fallacieuse: sa mère était morte après l'avoir mis au monde.

Impossible pour lui de ne pas se sentir responsable de cette mort.
Or, il n'en est rien. Puisque René a eu un petit frère. Manque de chance, celui-ci est mort pratiquement à la naissance, et sa mère avec, des suites de l'accouchement et d'une pneumonie. Par identification peut-être, René a toujours eu des problèmes respiratoires.

René…prénom prémonitoire… Pour lui, le petit frère n'avait jamais existé et si c'etait lui le bébé qui, en naissant, avait causé la mort de sa mere, alors, il était "re né".

Pourtant, comme tout enfant, il savait bien inconsciemment ce qu'on lui cachait et qu'il avait refoulé. Il ne pouvait donc ignorer qu'elle avait attendu un bébé.
Il ne pouvait pas ne pas savoir qu'il avait connu sa mère vivante quelques mois après sa naissance, et que cette mère, à un moment avait eu un gros ventre, avec un bébé dedans. Même si René a beaucoup vécu chez ses grands parents, sans doute à cause de la santé fragile de sa mère, il a dû la voir et on a dû en parler devant lui. Vu son jeune âge, cela ne devait poser aucun problème aux adultes de parler devant lui. Donc René savait que samere allait avoir un enfant.

Mais son père lui a menti. Comme si ...il y avait eu quelque chose à cacher de la mort de sa femme un an plus tard, comme s'il voulait taire et nier le 2° enfant.

Le déni est peut être la seule solution qu'il a trouvé pour continuer à vivre.

Incidence sur sa philosophie, il est normal que René se soit interrogé sur la véracité des informations que donnent les sens.

Quand on lit le Discours de la Methode, on lit précisément ce qui fonde sa philosophie, avec au commencement était le doute.

La question: est-ce que j'existe? est la 1°. Sa reponse: Oui, puisque je pense. "Je pense , donc je suis";
Sa 2° question: est-ce que le monde existe?

Peut etre que non, si un malin genie trompeur me fait croire que oui alors que non.
Mais Dieu le père ne tromperait pas mes sens, alors ça me dit que c'est vrai, et comme on ne peut douter de Dieu...ça existe.

C'est la racine du doute cartésien... Doute de tout y compris de sa propre existence, et de celle du reste du monde. Je crois que ça trouve là une explication logique.

Quant aux animaux-machines, il est question aussi ici de douter de ses perceptions puisque cette souffrance vue et entendue dans les cris et plaintes des chiennes qu'il battait sadiquement est plus que sujette à caution pour René qui a du mal à ne pas dévitaliser les vivants.

Comme un autiste. Cela nous ramène à sa mère fragile, enceinte très vite après sa naissance et souffrante, vue et déniée par lui pour ne pas desidéaliser son père malin génie menteur, pour éviter la dépression,comme il dénia la souffrance animale. Efforts pour ne pas tuer le père, malgré ses mensonges.

On sait que Descartes voulait étudier l'embryologie, et que, pour ce faire, il aimait à ouvrir les ventres des femelles gravides des animaux-machines (qui ne souffraient donc pas!). Il était un habitué des abattoirs, où les tueurs lui gardaient des femelles tuées avec un petit dedans. Il adorait rigoler avec Malebranche en fichant des coups de pieds dans le ventre des chiennes qui étaient grosses et dire que leurs cris n'étaient pas de souffrance. C'est lié de maniere perverse à ce que découvrit plus tard Mélanine Klein sous la forme de la question:qu'est-ce qu'elle a dans le ventre, maman?

Puis question de Lacan: qu'est ce qu'elle (me) veut?

Il faut être vraiment fou ou dans la jouissance perverse pour passer de la métaphore au corps réel et ouvrir les ventres comme le fit Jack l'éventreur et Descartes avec son pervers d'adepte, Malebranche.

 

 

 

Voilà comment avec un " bon " secret de famille et quelques dons on peut changer le monde. Descartes a en effet certainement été pour beaucoup dans la vision désubjectivisée de l'animalité, vision généralisée dans tous les secteurs de l'exploitation des bêtes… Parce que l'enfant se savait à la fois non coupable de la mort de sa mère lors de sa naissance, mais peut-être coupable de cette mort et de celle du frère en pensée, puisque le désir de mort a dû exister par jalousie du fait qu'elle le "trompait" avec ce futur enfant, comme cela peut apparaître chez tout enfant. Les sentiments de René avaient de quoi être confus.

 

 

Je ne sais pas pourquoi son père en est venu à cette dissimulation.

Mais il me semble bien-sûr évident que cette "machination" paternelle a porté des fruits dont pâtissent encore des milliards d'individus.

Alors, je pose cette question: est-ce que le déni de la souffrance des bêtes ce ne serait pas un bon moyen pour à la fois se venger de sa mère qui, morte, l'a "abandonné", et son frère cause fantasmée et probable du décès de cette femme? On imagine qu'à cause de ce que son psychisme de bébé a dû traduire comme un maudit frère qui l'a tuée, volée à René en mourant aussi, René s'est trouvé devant un énorme conflit psychique où amour, tristesse de la mort de la mère et de son bébé, joie de la punition du frère par sa mort, par ressentiment. Le sentiment de haine a dû se mêler dans une confusion terrible, alors qu'aucune parole de vérité ne venait le soulager de son imaginaire déchaîné et de ses doutes: mais où est donc sa mère? Pourquoi tous ces secrets? ces visages tristes et fermés? Avait-il, lui, fait une énorme bêtise qui justifiait ce silence gêné? De quoi l'accusait on? Que voulait donc cette mère disparue qui l'avait abandonné à ses grands parents?

Et de sa rancune rentrée envers son père le dissimulateur- accusateur, que faire si plus rien n'est certain? Puisque ce mensonge dit: "tu as tué ta mère. Elle est morte en te mettant au monde. "
La mort, c'est la faute à quelqu'un. Si c'est celle d'un autre, c'est mieux, comme le croient nos esprits en renversant le sentiment de culpabilité, tous 2 étant des figures du couple "toute- puissance/impuissance".

Ce qu'il dit sur le "bon-sens" est l'intuition qu'il faut s'écouter. C' est une façon de reconnaître à SON savoir inconscient et imposé comme FAUX par son père, un statut de réalité. ( "Le bon sens est la chose la mieux partagée au monde.")

Il lui faut se battre contre toute tentation à faire descendre son père de son piédestal, comme Dieu trompeur. Il réalise son voeu de se faire dupe de son père dans "Le discours de la méthode" où, justement, il conclut que Dieu ne peut pas tromper les hommes et que donc ce qu'ils perçoivent existe.

Ce qui est un comble quand on sait que pour faire tenir l'image paternelle, il lui faut douter de sa propre perception ! Et la nier.

Et un autre comble quand il dit que notre perception de la souffrance des animaux est en fait une illusion. Là, il se contredit clairement car, là, il n'est plus question de dire que le père Dieu ne ment jamais et ne nous envoie que des perceptions conformes à la réalité.

On voit dans quel embroglio il se trouvait.

En effet se croire, cest mettre à bas son pere...Douter de soi est donc la seule solution pour celui qui qui ne peut douter de l'Autre au risque de le tuer.

 

De Re-né à Re-mort, il y a un fil ténu. C'est ce que je soupçonne être une forme d'autisme, peut être celui nommé d'Asperger, celui des sur doués. Le discours de la méthode où tout cela est exprimé merite une nouvelle visite.

 

 

Nous voyons que là se trouve un noeud signifiant où le petit René a fait son nid...

 

 

Et ce qui fait peur, c'est que c'est ça qui nous a été légué, à nous les gaulois cartésiens. Est-ce pour cela que la France est à la traîne de l'Europe pour tout ce qui concerne le "bien-être" animal et le respect de ses engagements écologiques?

POur conclure, je dirais que Descartes n'est pas très cartésien  et que l'irrationnel règne dans son fameux discours de la méthode.

 
 
 

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Shocking ! La relation de l'homme aux animaux, c'est bête: c'est pervers..

4 Juin 2005, 22:00pm

Publié par josette benchetrit

Shocking !

 

Je trouve choquant que des hommes soient choqués d'être traités comme du bétail alors qu'ils trouvent normal que le bétail soit traité ainsi, c'est à dire mal.

Je trouve choquant que ceux-ci soient choqués que je me choque de ce qui précède.

Je trouve choquant que quelqu'un qui va depuis 25 ans à un séminaire de psychanalyse organisé par une rescapée d'Auschwitz  ne voie pas que l'indifférence à la maltraitance des bêtes est la même que celle à la maltraitance des juifs. Tout cela au prétexte de la  supériorité des hommes. Les autres n'en étant pas de toutes les façons aux yeux de leurs bourreaux.

Je trouve incompréhensible a priori que la personne qui organise ce séminaire ne voie pas non plus que c'est de la même manière que les nazis considéraient   les juifs à cause de cette habitude "bien de chez nous" de se croire tout permis avec les non-hommes.  

C'est bien cette façon de ne pas envisager l'autre comme un humain vu à tort comme unique possesseur d'une subjectivité  qui est le Sésame de la Shoah.

Je trouve évidemment révoltant que, pour mieux continuer à nuire aux bêtes en toute impunité, cette simple constatation soit taboue et donc considérée comme le comble du choquant!

Ça me rend pessimiste car cela signifie une seule chose: les hommes ne savent pas tirer les leçons de l'histoire.

Ce manque de lucidité est hélas! générateur du pire : la répétition de ce qui échappe à leur analyse.

Mais si la victime se mêle de ne pas voir dans le bourreau un homme, mais une bête...alors comment allons nous enfin y arriver, à cette analyse salvatrice?

 

C'est ainsi qu'on s'enlise dans le pire et que je propose qu'une bonne fois, ce qui enlise s'analyse.

 

 

 

 

 

 

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introduction à la barbarie. Causes et solutions.

4 Juin 2005, 22:00pm

Publié par Jo benchetrit

Pour introduire la barbarie.

 

 

Lorsqu'on étudie l'homme, on ne peut faire l'impasse sur quelque chose qui le caractérise: il a du mal à ne pas (se) nuire. Ça peut même aller fort loin. Pourtant, on ressent souvent l'impression d'un progrès. Est-ce vrai? En d'autres termes, depuis que l'humanité s'est pointé sur cette planète, y a-t-il une ascension vers la morale? Auquel cas notre jeune âge relatif nous permet d'augurer du meilleur pour l'avenir. Mais, pour cela il faut avoir la preuve que par rapport à son passé, il y a un progrès indéniable.

 

Or, nul ne peut l'amener, cette preuve, alors qu'au contraire, les preuves inverses sont légion:    depuis la poussée de barbarie  nazie, la civilisation occidentale ne peut plus guère se faire d'illusion sur elle même. Quant aux autres civilisations, on peut observer que ça ne va guère mieux, islamisme en tête.

 

On observe pourtant parfois de grands progrès, soyons honnêtes. Comme le MLF, par exemple.  Cependant, rien ne les garantit sur le long terme. On peut en effet observer parfois des résurgences de certaines choses nauséabondes qui ont de quoi nous laisser sur le qui-vive: aucune sécurité n'est garantie, ni donc aucune paix, lorsque le réel progrès ne se situe que sur le plan technique, et laisse le plan moral en rade, en artéfact. Freud explique très bien pourquoi. Il faut lire Malaise dans la civilisation. Tout y est.
Tout? Enfin presque. J'ai la prétention d'aller un peu plus loin que Freud!

 

Je donne à la fatalité de la barbarie une explication qui manque à son constat désespéré. Il a remarqué que le substrat sur lequel se trouve le vernis de civilisation, c'est la barbarie. Il note aussi que le sentiment de culpabilité n'est que de l'angoisse sociale, autant dire la crainte de se faire exclure du groupe sociale , ou de se faire sanctionner, mais loin d'être la conscience   douloureuse d'avoir été nuisible à quelqu'un.

 

Il y va fort, me direz-vous! Je ne vais pas épiloguer car Lacan donne une réponse: "le senti ment." Ce qui implique qu'on peut croire en ce qu'on ressent en se trompant. La preuve? Les lynchages, l'antisémitisme récurent, les guerres etc.

 

 Ce qui m'importe ici, c'est, derrière la grande fragilité de ce sentiment de culpabilité qui sert de frein quand le socius est refractaire, se cache la dangerosité de l'humain: dès que le socius le lui permet, il accepte de satisfaire ses pulsions interdites en temps normal et, du coup, peut nuire sans remord.

 

Il faut donc que la société serve de corset à une chair trop abondante qui ne demande qu'à jouir de manière illicite, c'est-à-dire au détriment de l'autre. Dès qu'on donne du mou, l'ogre sort de sa tanière et vlan, passe l'éponge sur des décennies de bonne éducation.

 

La question c'est: pourquoi? Il ne suffit pas de constater…l'instant de voir, mais il faut comprendre et surtout… conclure.  Je  me réfère ici au temps logique de Lacan. Et  bien, le moment de conclure est arrivé, si ça se trouve, avec ce que je dis là. Car une fois qu'on a compris, il faut fuir la situation : elle est…mortelle.

 

Mais dans un premier temps, ici, je vous propose de voir ce qui se passe , de comprendre ce traditionnellement décrit comme "inimaginable, impensable  et innommable" penchant de l'homme à nuire dès qu'il est assuré de son impunité et de conclure enfin qu'on doive arrêter le massacre.

 

Dans le même temps, on ne peut pas ne pas s'engager pour que ça cesse, même chronologiquement avant de comprendre.

 

L'assistance à vivants en danger n'a évidemment pas besoin de blabla pour être un devoir à accomplir dans l'urgence. Les justes ne se posent pas la question du pourquoi avant d'AGIR. Ce qui donne à mon blog, un air de défense des animaux alors qu'il construit un autre discours, étayé par la psychanalyse sur la pathologie del'espèce humaine, la barbarie.

Je pose comme hypothèse que la barbarie existe  grâce au rapport aux animaux que nous avons installé là où l'ogre n'est pas corseté. Ce qui, du coup, le fait sans cesse exister et noyauter nos efforts  de progrès éthique.

 

 

 

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Psychanalyse de la bestialité puis l'animalité vue par la philosophe Florence Burgat in l'Encyclopedia Universalis.

2 Juin 2005, 22:00pm

Publié par jo benchetrit

Je recopie ce que j'ai trouvé à propos de F. Burgat, sur le site suivant: http://bibliodroitsanimaux.site.voila.fr/

Pas (trop) de narcissisme après une analyse. La preuve: Ceux qui veulent écrire dans mon blog le peuvent, s'ils ont en tête que la lutte pour la reconnaissance des droits des animaux est la même que celle pour l'éradication de la barbarie, humaine, forcément. Contacts par les commentaires.

Ça me paraît intéressant, ce qu'apporte le texte qui suit et je vous l'ai .

 

 

Mon commentaire sur le rapport de l'homme à son animalité?

Il s'agit de projection. L'homme a tendance à voir ses pulsions représentées par les divers (autres) animaux, dans des situations différentes. C'est très visible chez les enfants et dans leurs jeux.

Ainsi, les animaux sauvages représentent les pulsions archaïques, barbares et acéphales, tandis que l'animal dans son enclos, bien entouré de barrières est une tentative de discipliner ses pulsions et de devenir un grand.

Tout cela chez l'enfant, c'est acceptable, ça aide pour qu'il aille mieux.

 Mais le problème c'est qu'on dirait que ça persiste, ce qui ne saurait nous surprendre car les stades chez l'homme sont tous contemporains. Et selon moi, c'est à cause de la barbarie envers les (autres) animaux qu'on ne dépasse jamais vraiment un stade. On patine comme une voiture dans de la boue.

Et ici, il s'agit du patinage autistique dans la boue de nos pulsions partielles.

 

Ce qui fait que toute sa vie, on raisonne en enfant et qu'on a trouvé pratique de mettre sous le sigle "Bestialité" tout ce qui concerne ce qui est tabou en soi, le propre de l'homme…le nazi, le barbare. C'est pour cela que le TABOU le plus solide, c'est celui qui interdit de comparer le martyre des bêtes torturées à leur insu souvent par les hommes alors qu'on peut comparer les horreurs du nazisme à la façon dont les hommes traitent les bêtes en s'en scandalisant!

 

 

Car le scandale des droits bafoués des bêtes, jamais, ne doit apparaître comme scandale: c'est simplement normal pour elles... C'est la norme du monde humain qui, dès qu'il y a trop de monde dans le métro va s'offusquer d'être "trimbalé comme du bétail."

 

Mais jamais pour la façon dont on trimballe le bétail en question. Et si on lui disait: mais c'est encore pire pour le bétail et, là, vous ne dites rien?

 

 

 

 

 

 

 
 

ANIMALITÉ

 

            La réflexion sur l'animalité se distingue radicalement d'une approche zoologique comme d'une approche ethnologique qui présenterait les modes de relations aux animaux propres aux diverses sociétés humaines. C'est vers le discours philosophique qu'il convient de se tourner pour appréhender ce concept supposé dire l'essence de l'animal. Dans la tradition occidentale, le concept d'animalité remplit, de par sa structure et son contenu, une fonction importante dans la définition de l'humain lui-même. En effet, le concept d'animalité ne vise pas tant à caractériser l'essence des êtres vivants sensibles autres que l'homme qu'à construire le contre-modèle de ce dernier, son négatif ontologique. Aussi l'animalité est-elle définie en creux, par un ensemble de manques : manque de raison (Descartes), manque de liberté (Kant), pour ne citer que les principaux aspects de la démarcation. Par ailleurs, cette construction permet aux sciences humaines de délimiter leur objet et de l'inscrire dans les cadres préexistants et distinctifs de la culture, du langage, du symbolique. L'animalité demeure captive de son opposition à l'humanité, comme le soulignent Max Horkheimer et Theodor Adorno : « Dans l'histoire européenne, l'idée de l'homme s'exprime dans la manière dont on le distingue de l'animal. Le manque de raison de l'animal sert à démontrer la dignité de l'homme. Cette opposition a été prêchée avec tant de constance et d'unanimité [...] qu'elle fait partie du fond inaliénable de l'anthropologie occidentale comme peu d'autres idées. Même de nos jours, elle est encore reconnue » (La Dialectique de la raison, 1944). L'animalité n'est ainsi rien d'autre que le concept qui dit la différence ; il est la démarcation même de l'humain, sa limite.

    Il existe cependant une voie critique qui, à l'assimilation de la possession de la raison au fondement des droits, oppose la capacité à ressentir le plaisir et la souffrance. La compassion envers tout être sensible prend alors le pas sur les performances cognitives. Schopenhauer, qui confère à la pitié le rôle de fondement de la morale, en appelle aux religions de l'Inde pour faire valoir un modèle inverse de celui prôné par celles qui voient dans le monde animal un fonds mis à la disposition de l'homme. En effet, du fait de l'introduction dans les Upanisad de la notion d'ahimsa (non-violence), c'est d'une tout autre manière que les traditions indiennes (bouddhisme, hindouisme, jinisme) ont considéré l'animal. Si la différence entre l'humain et l'animal structure la pensée occidentale, avec la levée des interdits moraux qu'elle implique à l'égard de ce dernier, c'est, notamment, leur commune sensibilité à la souffrance qui, dans la pensée indienne, gouverne le devoir de non-violence étendu aux animaux.

 

 

1. Animalité : la part mauvaise de l'humain ?           

    Dans la philosophie occidentale, du moins dans sa tradition dominante, l'animalité est définie comme une catégorie privée de tout ce dont l'homme est doté ou supposé être doté : une âme, une raison, une histoire, un langage, une conscience, un monde, etc. C'est comme différence, qualifiable de différence par défaut, que l'animalité est donc pensée. Le caractère a priori de cette conception est immédiatement sensible dans la mesure où le même schéma est appliqué à tous les attributs : aucun d'entre eux n'est posé sans son contraire ; rien de ce qui se dit positivement de l'humain qui ne s'affirme en même temps négativement de l'animal. Tout se passe comme si, pour qu'une qualité (la raison, l'intelligence, la culture, etc.) fût véritablement donnée à l'humain et qu'elle manifestât son efficacité, il fallait qu'elle fût conjointement niée chez l'animal. C'est de leur caractère exclusif que ces qualités tirent sens et valeur.

    Que la différence soit originelle ou qu'elle soit le produit d'un « arrachement à la nature », selon l'expression couramment employée, elle est fondatrice de deux ordres hétérogènes. La controverse qui oppose Rousseau aux jurisconsultes modernes est à cet égard exemplaire. La négation d'un état de nature conduit Samuel Pufendorf, Richard Cumberland et Jean-Jacques Burlamaqui à voir en l'homme un être d'emblée social, doué de raison et de langage. Pour Rousseau, il y a une erreur à la fois logique et chronologique à penser l'homme naturel sur le modèle de l'homme actuel. Dans le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), la fiction d'un état de nature permet à Rousseau de dépouiller l'homme de toutes les qualités et de tous les acquis dont sa longue histoire sociale l'a pourvu, pour ne voir en lui, à l'origine, qu'un animal. Ce qui distingue l'homme naturel des autres animaux restera en sommeil tant que la nécessité de quitter cet état ne se fera pas sentir ; il devra alors recourir à des ressorts cachés, manquant aux animaux, qui lui permettront de s'adapter à des conditions de vie nouvelles. Selon Rousseau, ce n'est pas en effet l'entendement qui fait la différence entre l'homme et les animaux, puisque ces derniers ont des idées et les agencent jusqu'à un certain point, mais la liberté, qui se manifeste dans la perfectibilité, cette capacité à progresser. L'animal, lui, n'évolue pas. Il est au bout de mille ans, affirme Rousseau, ce qu'il était au premier jour. Pour Rousseau, ce trait distinctif qu'est la liberté ne produit aucune coupure sur le plan des droits naturels. Cette posture atypique - poser une différence métaphysique qui n'entraîne pas de discrimination sur le plan moral - mérite d'être soulignée. N'est-ce pas la vision dramatique qu'il développe, lorsqu'il s'agit d'évoquer les désastres engendrés par cette liberté, qui conduit Rousseau à dissocier les qualités métaphysiques du fondement des droits ?

    Notons également que, de manière très audacieuse, l'encyclopédiste Georges Leroy défend, dans ses Lettres sur les animaux (1781), la thèse d'une perfectibilité des animaux, mettant sur le compte de notre myopie l'incapacité où nous sommes de mesurer le chemin qu'ils ont parcouru dans les différents domaines de leur activité. C'est la raison pour laquelle il se fait le virulent critique de l'instinct comme mode de connaissance réservé à l'animal (« Instinct », in Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1751-1772). Là encore, sur le plan de la théorie de la connaissance, le concept d'instinct fait figure de négatif de la raison : manquer de raison pour l'animal équivaut à n'avoir que l'instinct. Or celui-ci désigne un savoir si pauvre et si invariant qu'il devient impropre de parler même de savoir. L'individu se confond ainsi avec l'espèce à laquelle il appartient. D'où l'idée que l'animalité ne peut engendrer que le règne du même, de la répétition, là où l'humanité serait sans cesse productrice de différences.

    Si l'on se trouve paradoxalement conduit à parler de l'humain pour aborder l'animalité, c'est, on l'aura compris, à cause de la construction en miroir de ces deux concepts, l'animalité étant le produit d'un dépouillement des qualités qui font l'humain.

 

        L'animalité rationnelle         

    Une parenthèse mérite d'être ouverte sur l'Antiquité, pour signaler l'importance du débat qui porte tant sur la nature animale et sa distinction avec l'homme, que sur les liens entre l'intelligence et la vie, les conséquences morales de la métempsycose, la justice due aux êtres vivants. Les travaux des spécialistes sur le végétarisme antique, la définition du logos, le rôle des métaphores animales chez Platon, la conception aristotélicienne de l'âme animale, entre autres, permettent de prendre la mesure de la diversité des questions abordées et de la tout autre manière de penser la différence anthropozoologique. Ainsi, exception faite des stoïciens qui ouvrent la voie à la conception moderne en conférant à la raison un rôle discriminant, le logos n'est aucunement substituable à la raison, au sens moderne du terme. Le concept de zoon logikon ne comporte pas l'opposition qui structure celui d'« animal raisonnable », ce dernier confortant l'idée d'une essence dont les deux composants se repoussent l'un l'autre.

    La pensée de la différence trouve de fait sa formulation la plus classique et la plus durable dans cette définition de l'homme comme animal raisonnable. La définition de la raison elle-même s'avère des plus problématiques, comme le montre John Locke dans l'Essai concernant l'entendement humain (1690) : qu'est-ce que cette « droite raison » que Dieu a mise en l'homme ? si on refuse l'innéisme, comment rendre compte de sa genèse et de son développement ? que doit-elle aux sens et à l'expérience, et, partant, est-elle véritablement le propre de l'homme ?

    La désignation de la raison comme moyen de distinguer l'animal de l'humain conduit à une impasse sur au moins trois plans. Le premier concerne le caractère essentiellement normatif de la raison ; outre le débat entre l'innéisme et l'empirisme sur l'origine et la nature de la raison, le problème du « fou » et de l'« imbécile » sont les objections classiques que l'on fait à la prétention de cette faculté à caractériser universellement l'humain. Et si la raison n'est que la possibilité de relier, à des degrés divers, les idées entre elles en vue d'une action, l'animal possède nécessairement cette capacité. Le second plan a trait à la qualité fondamentalement hétérogène d'une essence de l'homme à laquelle l'animalité est étroitement mêlée : animal par le corps, humain par la raison, tel est cet être divisé, sans cesse menacé de sombrer dans ce qui, par le corps, l'apparente au règne d'en bas. « Car pour la raison, ou le sens, d'autant qu'elle est la seule chose qui nous rend hommes, et nous distingue des bêtes, écrit Descartes dans le Discours de la méthode (1637), je veux croire qu'elle est tout entière en un chacun... » Cette conception recèle l'idée, implicite ici, d'une « animalité de l'homme » : sans la raison, il ne resterait à l'homme que sa part animale. Dès lors, que signifie l'animalité dans un tel contexte ? pourquoi en faire un sous-ensemble de l'humain ? d'où vient cette impuissance, ou ce refus, de penser l'animalité en et pour elle-même ? C'est bien la question du dualisme de l'âme et du corps qui traverse la problématique de l'animalité - une animalité qui sera bientôt réduite, par une philosophie que conforte le biologisme, à la vie organique et pulsionnelle. Enfin, troisième et dernier plan, le rôle discriminant qui est accordé, au niveau moral, à la faculté raisonnante, c'est-à-dire le fait d'inférer des droits à partir d'une performance intellectuelle, est des plus discutables.

 

        L'animalité de l'homme          

    Il est nécessaire de préciser ce que recouvre cette notion d'« animalité de l'homme ». Dans le langage courant, le terme « animalité » désigne communément les pulsions, les déviances, le refoulé d'un état quasi indomptable que la raison, d'une part, la civilisation, d'autre part, tentent de maîtriser. Comment tenir à bonne distance cette part négative tapie au cœur de l'humain ?

    Plusieurs pages de Kant ont trait à la nature « animale » de la sexualité, et au moyen de la rendre acceptable. Cette « cohabitation charnelle ou bestiale », selon les termes de l'auteur, ne peut avoir lieu que dans le cadre du mariage et servir la conservation de l'espèce. Il n'en demeure pas moins que cette « souillure de soi-même dans la volupté » abolit l'humanité dans la personne de celui ou de celle qui s'y livre : « Tout se passe comme si l'homme se sentait honteux d'être capable d'une action rabaissant sa propre personne au-dessous de la bête », écrit Kant (Métaphysique des mœurs, 1797). Dans l'Histoire de l'érotisme (1950), les analyses de Georges Bataille sur l'érotisme, qu'il qualifie avec fascination d'« animalité répugnante », celles encore que Freud consacre, dans Malaise dans la civilisation (1929), au rôle de l'odorat et à la dépréciation dont il fait l'objet dans la civilisation, font écho à leur tour à cette acception négative de l'animalité. Il ne s'agit là que de quelques évocations parmi d'autres qui mettent en lumière l'idée selon laquelle l'animalité est exclusivement pensée comme la partie charnelle de l'être humain.

 

        L'animalisation 

    Dans cette même logique, il existe un usage du concept d'animalité appliqué à l'humain qui constitue, sur le plan anthropologique, un effet de la conception négative de l'animalité telle que l'humanisme métaphysique l'a forgée.

    Ce procédé - l'animalisation de l'humain - trouve naissance dans ce que l'on pourrait appeler une animalisation de l'animal lui-même, c'est-à-dire l'application aux animaux de l'animalité pensée comme part mauvaise. Animaliser, c'est rendre disponible. Est disponible ce à l'égard de qui ou de quoi l'on n'est soumis à aucune obligation : ce dont on peut disposer librement. L'animalisation désigne le procédé qui consiste à « rabaisser à l'état animal », définition qui montre à quel point est prégnant le caractère vil de l'animalité. Il s'ensuit qu'un travail de « déconstruction » de l'animalité ainsi entendue doit être entrepris, pour que prenne fin un tel usage du concept. Car tant que l'animalité sera pensée comme la limite inférieure de l'humain, le procédé d'« animalisation » perdurera.

    Cette marque qui creuse clivages et discriminations au sein du genre humain se retrouve dans le monde animal : si certains humains peuvent être considérés, par la pensée raciste, ou sexiste comme moins humains que d'autres, les animaux, y compris parfois à l'intérieur d'une même espèce, sont voués à des utilisations relevant d'une séparation du même type : il y a les consommables, les nuisibles, les compagnons, ceux que l'on tue et ceux que l'on choie. Prenons l'exemple du chien qui, dans une même société, peut être animal de compagnie, animal de service, animal de laboratoire ; ou encore du lapin : animal chassé, animal de laboratoire, animal de consommation et animal de compagnie. Le découpage des distances culturellement construites ne recouvre pas celui de la classification zoologique : les animaux les plus proches de l'homme ou ceux qui sont les plus complexes d'un point de vue psychobiologique ne sont pas nécessairement les mieux traités. L'ambivalence du statut de l'animal se reflète tant sur le plan des usages que sur celui des représentations et des métaphores pour qualifier tel ou tel trait de comportement humain : les unes tendant vers le haut (qualités de cœur, courage, fidélité...), les autres vers le bas (saleté, perversité, grossièreté...).

    À la lumière de ce qui précède, le concept d'animalité apparaît comme une construction idéologique qu'il convient d'appréhender comme telle : il tire son origine et son contenu des fins qu'il sert, et non de l'essence de l'objet qu'il prétend décrire. Les deux finalités principales de ce système de concepts sont en effet, d'une part, de mettre en place une définition de l'homme située aux antipodes de celle de l'animal sur les plans métaphysique, cognitif et moral, d'autre part, d'en tirer les conséquences sur le plan éthique : à qui le droit d'être traité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ? C'est à ce second point que nous allons maintenant nous attacher.

 

 

2.  Animalité, droit naturel et éthique         

    Le dispositif de la différence par défaut (l'animal est privé des qualités dont l'homme est doté) a pour finalité implicite d'exclure les animaux de la communauté morale, dans le but d'en faire des choses à la disposition de l'homme. N'est-ce pas en effet en amont, du côté de l'être, que tout se décide ? La place des animaux dans l'éthique et le type de traitements que l'homme leur réserve sont intimement liés à leur ontologie. La conception négative de l'animalité induit en effet une différenciation sur le plan axiologique : est supposé pertinent le passage entre les capacités cognitives (privilège accordé à la raison) et la valeur morale (droit au respect, prise en considération des intérêts de l'individu). Il y va des limites de la communauté morale, c'est-à-dire de l'ensemble des êtres vis-à-vis desquels existent des obligations, sans que ceux-ci soient nécessairement capables d'exercer des devoirs. On rejoint ainsi la double question de savoir si l'on peut tirer un impératif d'un indicatif, et, si oui, quel est l'indicatif véritablement pertinent pour fonder des droits ? En l'occurrence, les capacités cognitives peuvent-elles légitimement justifier un tel passage ? Interrogation à laquelle on peut objecter cette autre : pourquoi faudrait-il être doué de raison pour se voir reconnaître des droits ?

 

        Rousseau et la refondation d'un droit naturel           

    La critique de l'humanisme métaphysique porte sur la non-pertinence d'attributs spirituels (l'âme) ou de performances cognitives (la raison, la conscience réflexive) à fonder les droits moraux. C'est la notion de sensibilité (la capacité à ressentir le plaisir et la souffrance) qui serait en elle-même génératrice de droits : telle est la voie ouverte par Rousseau, et dont nous allons reprendre le fil.

    Partant, comme on l'a vu plus haut, non de caractéristiques propres à l'homme naturel, mais de la capacité, issue du langage, à faire le détour par la représentation abstraite des maximes morales, les jurisconsultes modernes (Pufendorf, Cumberland, Burlamaqui) confondent droit naturel et loi naturelle. Faisant valoir les deux aspects contradictoires qui composent la loi naturelle, Rousseau conclut que « pour qu'elle soit loi il faut que la volonté de celui qu'elle oblige puisse s'y soumettre avec connaissance, mais il faut encore pour qu'elle soit naturelle qu'elle parle immédiatement par la voix de la Nature » (Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes). Recherchant les principes antérieurs à la raison et régissant la conduite de l'homme naturel comme de l'animal, Rousseau en distingue deux : la conservation de soi et la pitié. Le premier assure l'intérêt de chacun à conserver sa vie, le second tient dans la « répugnance naturelle à voir périr ou souffrir tout être sensible » (ibid.). C'est sur cette nouvelle base que se trouvent édifiés les fondements d'un droit naturel commun aux hommes et aux animaux, si ce n'est pas de la capacité à raisonner que ce droit relève, mais bien de la sensibilité. Mettant ainsi un terme aux « anciennes disputes sur la participation des animaux à la loi naturelle » (ibid.), Rousseau élabore le concept d'un droit primitif qui peut enfin légitimement porter le nom de « naturel », puisqu'il est lié à la nature première de l'homme et non à l'artifice de sa nature sociale, posture qui permettait aux jurisconsultes modernes d'assimiler le droit naturel à une loi. Aussi est-ce la pitié qui, de manière spontanée, interdit de causer du tort ou de la souffrance à « tout être sensible ». La pitié, qui ne requiert pas le détour de la raison (la conscience est soigneusement distinguée de la raison), est donc au fondement du droit naturel : elle est sa mise en pratique et sa condition de possibilité, en tant qu'elle implique la sensibilité. On ne peut avoir pitié que de ce qui souffre ; en d'autres termes, il s'agit d'une éthique pathocentrée, c'est-à-dire qui prend la souffrance comme critère, et non d'une éthique biocentrée, qui choisirait la vie comme centre, mêlant alors dans un même ensemble l'humain, l'animal et le végétal.

 

        La compassion à la source de l'éthique          

    Ce qui est pour Rousseau à la racine du droit le plus primitif deviendra sous la plume de Schopenhauer l'expérience fondatrice de la morale. La pitié (ou compassion) est indissociable de la sensibilité, puisqu'il faut que soit donnée à voir la souffrance, dans la multiplicité des manifestations qu'elle revêt en fonction des espèces et des individus, pour que naisse chez celui qui en est le témoin ce sentiment profond d'identification. Ce qui rend possible cette étrange fusion est l'antériorité d'une identité sur toutes les différences, y compris celle de l'espèce. Sa puissance vient du fait qu'il ne s'agit aucunement d'une réflexion d'ordre conceptuel sur les obligations auxquelles m'invite l'autre dans sa vulnérabilité, mais bien de ce qu'elle est une expérience que je ne commande pas, et qui pulvérise le point d'ancrage le plus profond : la distinction entre mon intérêt et celui d'autrui. En transposant un concept épistémologique dans le champ éthique, on pourrait dire de la pitié qu'elle est une expérience cruciale. C'est elle qui, de manière irrévocable, dessine les contours d'une communauté morale dont les frontières coïncident avec celles de la capacité à souffrir. L'effort de Schopenhauer, à la suite de Rousseau, est de mettre en évidence le caractère foncièrement hétéronome des critères de la raison et de la liberté dans leur prétention à fonder les droits.

    Il s'agit pour Schopenhauer de prouver, contre Kant, que la pitié, en tant qu'expérience quotidienne et spontanée, est le véritable fondement de l'éthique. La première preuve de la justesse de ce fondement est que le détour du concept - en l'occurrence, la représentation de la loi morale - n'est pas requis, ce qui met l'injonction morale à la portée de tout individu. Pour être universel, le fondement de la morale ne doit en effet pas réclamer le détour de médiations complexes ou de l'abstraction. On trouve la même idée chez Rousseau, lorsqu'il fustige la nécessité d'être « un grand raisonneur et un profond métaphysicien » pour parvenir à entendre la loi naturelle. La seconde preuve vient du fait, note Schopenhauer, qu'« avec [ce fondement] les animaux eux-mêmes sont protégés » (Le Fondement de la morale, 1841). Ici les obligations envers les animaux sont directes, contrairement à la thèse de Kant selon laquelle c'est directement envers lui-même et indirectement envers les animaux que l'homme exerce ses devoirs lorsqu'il s'abstient de cruauté envers eux. Celle-ci n'est en effet répréhensible, aux yeux de l'auteur de la Métaphysique des mœurs, que dans la mesure où, en « émoussant en l'homme la pitié pour la douleur des bêtes », elle concourt à affaiblir la disposition morale la plus utile aux devoirs que les êtres de raison se doivent les uns aux autres.

 

        Une critique de la métaphysique humaniste               

    C'est explicitement dans le sillage de Rousseau que Claude Lévi-Strauss formule sa critique d'un humanisme basé sur la coupure entre l'homme et le reste des vivants, pour proposer un nouveau fondement des libertés : à la définition de l'homme comme être moral, il faut substituer celle de l'homme comme être vivant. « Face à une tradition occidentale qui a cru, depuis l'Antiquité, qu'on pouvait [...] tricher avec l'évidence que l'homme est un être vivant et souffrant, pareil à tous les autres êtres avant de se distinguer d'eux par des critères subordonnés, qui donc, sauf Rousseau, nous l'aura dispensé [cet enseignement] », écrit Claude Lévi-Strauss (« Jean-Jacques Rousseau fondateur des sciences de l'homme », in Anthropologie structurale deux, 1973) ? Ainsi, ce n'est pas la capacité à raisonner qui fonde le droit naturel, mais la capacité à souffrir, c'est-à-dire la sensibilité. La pitié est cette identification originelle qui, prenant le pas sur la conscience des différences physiques et/ou culturelles, permet une appréhension globale de l'ensemble des êtres sensibles. Elle seule est capable de prémunir, outre les animaux, tous les humains. « Car, écrit encore Claude Lévi-Strauss, l'unique espoir, pour chacun de nous, de n'être pas traité en bête par ses semblables, est que tous ses semblables, lui le premier, s'éprouvent immédiatement comme êtres souffrants, et cultivent en leur for intérieur cette aptitude à la pitié » (ibid.). Un humanisme synonyme de la souveraineté de l'humain est à la racine de plusieurs formes de domination de peuples sur d'autres, dès lors qu'on en vient à considérer que certains humains possèdent de manière plus éminente que d'autres les critères métaphysiques par lesquels l'humanité est définie. Dans une telle hiérarchie, les animaux n'ont évidemment aucune place.

    À l'inverse, en intégrant l'être humain dans un ensemble plus large que celui de la vie sociale comme seule créatrice de droits, on choisit l'unique voie qui trouverait l'assentiment de toutes les civilisations : la nôtre en renouant avec l'ancien droit romain (qui voyait dans le droit naturel les règles communes à la conservation de tous les êtres vivants), celles de l'Orient et de l'Extrême-Orient, empreintes des traditions bouddhiste et hindouiste, celle enfin des peuples les plus humbles, des sociétés sans écriture, souligne encore Claude Lévi-Strauss (« Réflexions sur la liberté », in Le Regard éloigné, 1983). En recherchant l'antithèse de la morale judéo-chrétienne eu égard au traitement des animaux, Schopenhauer se tournait déjà vers l'Inde. Il multiplie, dans Le Monde comme volonté et comme représentation (1818), puis dans Le Fondement de la morale, les références au brahmanisme et au bouddhisme : « Je ne sais pas de plus belle prière que celle dont les anciens hindous se servent pour clore leurs spectacles. Ils disent „Puisse tout ce qui a vie être délivré de la souffrance !« » (paragr. 19). Tournons-nous donc vers la doctrine de la non-violence, cette spécificité des religions de l'Inde.

 

 

3.  Le devoir de non-violence envers les animaux                

    La notion de non-violence (ahimsa) apparaît pour la première fois dans les Upanisad, considérable corpus de textes sanskrits, dont les premiers remontent aux environs du VIe siècle avant J.-C. Leur apport concernant la manière dont l'homme doit se comporter avec les animaux est central dans plusieurs religions de l'Inde.

 

        Le bouddhisme           

    Le bouddhisme, qui est né en Inde dans la deuxième moitié du VIe siècle avant J.-C., donnera à cette notion un rôle central, puisque l'injonction de ne détruire aucune vie fait partie des huit préceptes que doivent observer les bouddhistes. Ses implications morales concernant les rapports des hommes aux animaux vont se manifester, au sein de la pratique religieuse, par la condamnation des sacrifices (aucune faute ne saurait trouver réparation dans un rituel, et moins encore dans un rituel sanglant) et, de manière plus large, par la promotion conjointe du végétarisme. Selon l'enseignement du Bouddha, les sacrifices au cours desquels des animaux, voire des êtres humains, sont tués doivent cesser (notons que le sacrifice animal était un trait dominant de la religion védique, même si elle était déclinante du temps du Bouddha) ; la consommation de viande et de poisson constitue une forme importante de violence dont l'homme doit se détourner. Au-delà de l'enseignement religieux, signalons la tentative d'inscrire dans la vie quotidienne cet interdit de la mise à mort des animaux : brahmaniste converti au bouddhisme, Asóka, auteur de tant de massacres qu'on le nomma Asóka le Cruel avant la crise morale qui le conduisit au repentir, régna sur la quasi-totalité de l'Inde de 251 à 226 environ avant J.-C. Il fit graver sur des rochers et des piliers les inscriptions qui constituèrent sa législation. Plusieurs d'entre elles ont trait au devoir de non-violence envers les animaux.

    Il y a controverse quant à l'interdiction par le Bouddha de la consommation de viande ; les textes se contredisent et les études manquent. En effet, parce que le bouddhisme admet que le fait même de vivre implique une certaine quantité de violence involontaire, une distinction est opérée entre l'esprit de la non-violence (son sentiment intérieur) et ses manifestations : l'intention est, d'une certaine manière, plus importante que l'action. Aussi, ce qui est véritablement condamnable dans la consommation carnée est d'avoir tué un animal pour le manger, ou de manger un animal qui a été tué pour soi, car, dans les deux cas, le mangeur est la cause directe de la mise à mort (de l'action et de l'intention dans le premier cas, de l'intention dans le second). Comme le note Karam T. S. Sarao, « il est difficile d'imaginer que celui qui condamne le sacrifice animal dans les termes les plus durs, ainsi que l'abattage, la chasse et le piégeage, savoure la chair de ces mêmes animaux » (Origin and Nature of Ancient Indian Buddhism, 2001). L'auteur renforce le caractère spécieux de l'argument, en rappelant qu'en dehors des bouchers, des chasseurs et des pêcheurs, la plupart des mangeurs de viande sont indirectement responsables de la mort des animaux, car ces derniers ne seraient pas tués s'ils n'étaient pas mangés.

    Par ailleurs, la transmigration des âmes, et les existences successives auxquelles elle conduit (samsara), réduit la distance entre les animaux et les humains. Même si ces derniers occupent ontologiquement la position la plus haute, la société ne se limite pas à eux, et si un homme peut renaître en animal, un animal peut renaître en homme ; tous deux ont un karman (ensemble des actes accomplis durant la vie). Le fait d'être pris dans le cycle des naissances est un esclavage dont l'homme cherche à se libérer, et l'observation de la non-violence à l'égard des animaux fait incontestablement partie des actions contribuant à cette libération.

 

        L'hindouisme            

    Si, comme on a eu l'occasion de le dire plus haut, le sacrifice animal était central dans la religion védique (ensemble des croyances et des pratiques décrites dans le Veda, écritures sacrées rédigées en sanskrit entre le XVIIIe et le VIIIe siècle av. J.-C.), dans sa phase postérieure, que l'on nomme brahmanisme, puis hindouisme, cette pratique décline grâce à l'intériorisation du sentiment religieux. Le sacrifice n'est plus le moyen de recevoir les grâces divines, et les fautes ne sont plus de nature rituelle. C'est la bonne conduite observée par le souverain qui protégera le monde, et non ses offrandes de victimes. La faute morale prend le pas sur la faute rituelle. À la multiplicité des dieux védiques fait place la triade constituée par Brahma (le créateur), Visnu (le stabilisateur) et Siva (le destructeur). Dans un souci d'intégrer à soi le bouddhisme déclinant, on voit apparaître (vers la fin du VIIIe siècle) le nom de Bouddha pour désigner l'avatar de Visnu descendu sur terre dans le but d'abolir les sacrifices sanglants. La conjugaison des théories de l'ahimsa et des renaissances contribua à la substitution d'offrandes végétales aux offrandes animales, et la pratique du végétarisme s'étendit.

 

        Le jinisme              

    Mais aucune religion (le terme « religion » étant d'ailleurs contestable, dans la mesure où, tout comme pour le bouddhisme, elle n'a pas de Dieu) n'a donné plus de place à la non-violence que le jinisme (ou jinisme). Ses premiers prophètes, Parsva et Mahavira, vécurent respectivement au VIIIe et au VIe siècle avant J.-C. Bien que contemporain du Bouddha, Mahavira réforme la doctrine de son prédécesseur : son enseignement ne constitue aucunement une ramification du bouddhisme, comme on l'a pensé en Occident ; les travaux d'Herman Jacobi ont établi en 1884, et de façon certaine, l'indépendance des deux mouvements. Mahavira accentue les aspects moraux du jinisme par l'introduction de cinq vœux que tout membre de la communauté jaïna s'engage à observer, dont celui de ne pas nuire aux êtres vivants. L'exigence de non-violence (ahimsa) est au centre de l'éthique jaïna. Le fardeau de la transmigration, qui a envahi la pensée indienne, n'est pas absent du jaïnisme ; le karman, cet ensemble des volitions et des actions, pèse sur le cycle des renaissances. L'observance de la non-violence - en action mais aussi en pensée - constitue, comme dans le bouddhisme, l'élément libérateur le plus important, à ceci près que l'on ne trouve pas dans le jaïnisme la tolérance à l'égard de la consommation carnée présente dans certaines interprétations du bouddhisme.

    Signalons, tout comme pour le bouddhisme sous le règne d'Asóka, la tentative d'instituer un État jaïna en Inde. Entre le VIe et le VIIIe siècle de notre ère, la dynastie de Valabhi accorda sa protection à la communauté jaïna. Mais c'est dans la seconde moitié du XIIe siècle, sous le règne du roi du Gujarat, Kumarapala, que le jinisme atteignit son apogée et tenta de généraliser un végétarisme rigoureux. L'imprégnation végétarienne du Gujarat est encore forte de nos jours.

    La doctrine de Gandhi, dont le jinisme constitue l'un des héritages spirituels, a accordé une place centrale à la non-violence. Si sa pensée et son action ont fait l'objet d'une immense littérature, ses positions non violentes envers les animaux sont quasi ignorées de la critique. Pourtant, Gandhi s'est tout au long de sa vie préoccupé de la manière d'étendre concrètement aux animaux la non-violence, et sa contribution à l'élaboration d'un programme de réforme de l'élevage à l'échelle nationale, qui soit à la fois économiquement viable et non violent (proscription de tout abattage), en représente l'une des importantes illustrations.

 

 

4.  La refonte du concept d'animalité : les apports de la phénoménologie

    Quittons le domaine moral pour nous tourner de nouveau vers l'ontologie de l'animalité dans la pensée occidentale, mais cette fois du côté de la phénoménologie. Il s'agit, dans ce mouvement de « retour aux choses mêmes », de penser l'animalité pour elle-même, de saisir ce qu'elle a de propre, d'original. Si les sciences qui explorent les comportements et l'esprit des animaux peuvent contribuer à cette tâche, c'est à la phénoménologie, et au courant de l'éthologie qui en est issu, qu'il revient d'avoir ouvert la voie la plus féconde en la matière, en ruinant, par le type même des questions qu'elle pose, cette ontologie renversée qui, pour la métaphysique, qualifie l'animalité. C'est, entre autres, pour ne pas avoir considéré l'animal dans son être propre, dans sa différence par originalité, que la métaphysique n'a pas pensé l'animalité, préférant construire un concept qui se borne à dire le négatif de l'humain. La manière dont l'éthique peut se saisir des apports de la phénoménologie est une autre question ; mais le fait de penser l'animal comme un sujet dans un monde, comme un être pour-soi, doté d'une structure de moi, ne saurait laisser indemne l'indigence ontologique sur laquelle repose l'appropriation, rendue de ce fait innocente, du monde animal. Mais avant d'en présenter les apports, il n'est pas inutile de voir contre quoi une telle éthologie phénoménologique se situe.

 

        Le béhaviorisme, une science du comportement            

    Le béhaviorisme, dont Broadus Watson est, au début du XXe siècle, le fondateur (Psychology as the Behaviorist Views It, 1913), a opté pour une interprétation mécaniste du comportement, que celui-ci soit animal ou humain. Dans cette optique, et s'agissant d'observer un organisme régi par un mécanisme strict, voire un système de stimuli et de réponses de l'arc réflexe, les conditions du laboratoire sont suffisantes. Fortes de ce postulat (l'animal est un organisme impulsé de l'intérieur), bien des recherches furent menées, et ce dès la fin du XIXe siècle, sur les réflexes conditionnés ou les névroses expérimentales provoquées en laboratoire, sous la direction, notamment, de Pavlov. Tout un courant s'engagea dans cette voie mécaniste où les notions de comportement (compris comme une relation dialectique avec l'environnement, selon la définition qu'en donnera Maurice Merleau-Ponty), de monde, de sujet de l'action, etc., ne pouvaient avoir aucune place. La méthode comme la pensée de Pavlov ont profondément imprégné le béhaviorisme et la psychologie objective, qui ont emprunté aux sciences physiques le modèle de leur démarche : l'exclusion de toute référence à la vie mentale était présentée comme une caution de scientificité. Il n'est pas sûr que cette option soit dépassée : en témoigne la réduction du comportement à des mesures physiologiques et de la vie psychique au fonctionnement du cerveau. Il est un fait que l'éthologie phénoménologique n'a guère fait école, peut-être à cause de l'effort de réflexion philosophique qu'elle requiert.

 

        La notion de monde animal               

    En réaction contre le béhaviorisme, l'éthologie, dont Konrad Lorenz, Nikolaas Tinbergen et Karl von Frisch furent les pionniers, prôna - c'est une première étape - l'observation des animaux dans leur milieu naturel, privilégiant systématiquement les études de terrain. Si ces derniers ont un comportement porteur de sens, il est indissociable du contexte dans lequel il s'élabore. Aussi, l'introduction de la notion husserlienne d'intentionnalité par Jakob von Uexküll, dans les années 1930, mérite d'être soulignée : elle permet de faire valoir que dans le monde animal aussi les phénomènes sont vécus et n'apparaissent pas dans une extériorité autonome. C'est de manière globale que la signification des objets perçus est donnée : voir un objet, c'est le doter d'une signification, le reconnaître en tant qu'élément occupant une place dans un ensemble signifiant, en relation avec d'autres éléments de ce tout. L'organisme et le milieu ne constituent pas deux éléments extérieurs l'un à l'autre, mais un système de relations étroites.

    « Revenir aux choses mêmes », à ce qui se manifeste dans le champ du sensible, constitue, dans la méthode même - laisser parler l'expérience afin qu'elle révèle sa structure propre -, la caution d'un regard dégagé des présupposés de la métaphysique et de la théologie. En témoigne le remaniement profond, opéré par la phénoménologie, des questions de monde, de comportement, de temps, de subjectivité... L'animalité s'en trouve de part en part repensée : car il ne s'agit plus, comme c'est le cas pour la métaphysique, de déduire le concept d'animalité d'une essence de l'homme, mais d'appréhender l'animal pour lui-même, à la fois dans sa singularité et sa proximité ontologique avec l'homme, loin de l'anthropomorphisme comme du réductionnisme. Dire que l'animal est bien une autre existence ne constitue aucunement, comme prend soin de le noter Merleau-Ponty dans La Structure du comportement (1942), un retour aux thèses vitaliste, animiste ou encore à celle de l'âme des bêtes. La phénoménologie regarde l'animal comme un sujet dans un monde, et son comportement comme une relation dialectique avec l'environnement.

    La question du comportement est au cœur du débat ; c'est d'elle que dépend la reconnaissance ou non d'une relation au monde. Hésiter, renoncer, persévérer, inventer... sont autant de traits qui relèvent de l'intention, mettent en scène un sujet en avant de lui-même pris dans une structure signifiante. Ce qui constitue à proprement parler un comportement est cette projection et ce devancement constant qui créent une relation entre soi et l'entourage, observable chez les animaux les plus humbles, même s'il convient d'opérer des distinctions entre les mondes animaux. Aussi Merleau-Ponty, dans La Structure du comportement, caractérise-t-il celui-ci comme une forme signifiante qui conduit nécessairement à s'inscrire en faux contre le béhaviorisme. Dans une contribution intitulée « La „Psychiatrie animale« et les troubles du comportement chez les animaux » (Psychiatrie animale, Henry Brion et Henry Ey dir., 1964), Georges Lanteri-Laura estime que les normes comportementales sont à comprendre comme « les mœurs coutumières » de l'espèce en question. Cela signifie qu'il n'y a ni indétermination absolue ni uniformité du comportement, mais qu'il est lourd de la complexité toujours renouvelée propre à la relation dialectique entretenue avec l'entourage et des possibilités d'action que la structure de son organisme offre à l'animal.

    De son côté, Jakob von Uexküll élabore, dans Mondes animaux et monde humain (1934, trad. franç. 1956), le concept d'Umwelt : ce monde environnant est en même temps un monde propre à chaque espèce. La distinction entre les animaux dits supérieurs et ceux dits inférieurs permet d'affiner la compréhension de cette notion : les premiers sont dotés d'un organisme qui leur offre la possibilité d'intérioriser leur monde extérieur (Uexküll nomme cette reproduction le Gegenwelt, « monde opposé » ou « monde réplique »). Ce monde intériorisé comprend à son tour un Merkwelt (« monde de la perception », ou encore « monde caractéristique ») et un Wirkwelt (« monde de l'action », ou « monde agi »). Par ailleurs, chaque Umwelt possède une temporalité propre, un Merkzeit. En revanche, le monde des animaux inférieurs, comme l'oursin, a pour caractéristique de ne laisser entrer en lui que les éléments vitaux. Ces animaux forment avec leur monde une cohésion telle que l'on peut parler d'ensemble fermé. La structure de monde propre aux animaux dits supérieurs indique un degré de perception élaboré et un entourage riche d'objets autres que ceux nécessaires aux échanges biologiques : l'air n'est pas seulement pour eux l'élément qui permet de respirer, l'eau de se désaltérer, la chaleur du soleil de synthétiser la vitamine D... D'autres types de relations (de jeu, de plaisir) existent avec ces éléments, et il semble bien que pour l'animal aussi il y ait des paysages et non un simple environnement constitué d'objets seulement utiles à la survie. Il existe, pour les animaux aussi, des choses désirables et qui ne servent à rien.

    Élève de Jakob von Uexküll, Frederik Buytendijk, auteur de plusieurs essais de psychologie animale et de psychologie comparée parus en Allemagne durant la première moitié du XXe siècle, choisit la démarche phénoménologique pour étudier les relations que l'animal entretient avec ce qui l'entoure. Rejetant les situations expérimentales et les modèles mécanistes, il montre par exemple que l'on ne peut parler d'habitat animal sans faire intervenir une Stimmung (terme allemand généralement traduit par « disposition affective »), un sentiment de sécurité par exemple. Cette notion désigne « l'état affectif général dans lequel nous nous trouvons dans notre monde » ; une telle définition souligne la teneur psychologique qui la caractérise (L'Homme et l'animal. Essai de psychologie comparée, 1958, trad. franç. 1965). L'apport décisif des recherches d'éthologie et de psychologie phénoménologiques (Erwin Straus, Jakob von Uexküll, Frederik Buytendijk, notamment) ne saurait être négligé par quiconque entreprend une réflexion philosophique sur l'animalité, mais aussi par les chercheurs des sciences du comportement animal, que celles-ci s'apparentent à l'éthologie ou à des approches plus positives (neurosciences, physiologie du comportement...).

 

BIBLIOGRAPHIE

G. AGAMBEN, L'Ouvert. De l'homme et de l'animal, trad. J. Gayraud, Bibliothèque Rivages, Paris, 2002

F. ARMENGAUD, « Au titre du sacrifice : l'exploitation économique, symbolique et idéologique des animaux », in B. Cyrulnik dir., Si les lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale, Gallimard, Paris, 1998 ; « L'Anthropomorphisme : vraie question ou faux débat ? », in F. Burgat et R. Dantzer dir., Les Animaux d'élevage ont-ils droit au bien-être ?, I.N.R.A., Paris, 2001

P. DU BREUIL, Les Jaïns de l'Inde, Aubier, Paris, 1990

H. BRION & H. EY dir., Psychiatrie animale, Desclée de Brouwer, Paris, 1964

F. BURGAT, Animal, mon prochain, Odile Jacob, Paris, 1997 ; L'Animal dans les pra

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Psychanalyse de la barbarie, et rapport aux bêtes. Animaux martyrs = hommes victimes.

2 Juin 2005, 22:00pm

Publié par jo benchetrit

Les hommes, avec les animaux, se croient tout permis.

Ma thèse, c'est que se croire tout permis fait régresser au stade d'avant la castration, d'avant la Loi, et donc  plonge le sujet dans l'enfer des pulsions partielles, elles-mêmes dominées par la pulsion de mort.

Cette régression n'est pas sectorisée au simple rapport aux (autres) animaux. Elle affecte l'humanité dans son ensemble et induit une impossibilité de progrès moral.

Le nazisme fut un choc: on ne croyait pas la civilisation bien de chez nous, considérée comme la seule à l'époque, capable d'être coupable du pire. Et pourtant!

 

Ce simple constat, loin de profiter au savoir, est en train, au contraire, de se cantonner à l'affect. Non. C'est trop …bête : Une opportunité unique de ça-voir ce que nous sommes  nous est donnée et nous ne voulons pas en profiter. Qu'il y ait au moins un effet positif au pire crime contre l'humanité imaginé jusque là. Que tous ces malheureux ne soient pas morts pour rien, pour le rien de l'idée imbécile de d'aryens supérieurs en tout et sur tous. Qui donnait tous les droits à ces aryens-là, reproduisant la logique que nous avons construit avec les animaux.

En se limitant au devoir de la mémoire de la shoah, on l'empêche de produire du S2 (signifiant du savoir) et donc on en reste au S1 (signifiant maître)des larmes, de l'incrédulité et de la justifiée révolte.

 

Mais s'il ne faut pas oublier, c'est ceci..c'est le devoir de penser. Car  tant que les hommes ne voudront pas penser leur barbarie, en s'hypnotisant derrière l'humanisme protecteur etc., celle-ci continuera à les menacer. 

Or je soutiens ici qu'on ne peut pas penser la barbarie en évitant ce qui en est la matrice : le rapport de l'homme aux (autres) animaux.

 

C'est à ça que je voudrais vous inciter en vous demandant de revisiter le Réel de ce qui se passe dans le monde des hommes à la lumière de ce qui se passe avec les bêtes qui les structure en animaux barbares.

 

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recherche= accepter de ne pas TOUT savoir, de ne pas TOUT guérir, pseudo-science pour simili-civilisation.Sacré Graal! Science sans conscience est la règle dans les labos avec animaux.

2 Juin 2005, 22:00pm

Publié par josette benchetrit


 

J'ai choisi la photo d'un rat choyé.

Vous remarquerez la différence d'expression comparée à celle des animaux martyrisés des labos.

Attention: 

La science qui utilise du matériel vivant sensible

n'existe pas plus que la civilisation qui la paie.

 

C'est écrit noir sur blanc: la solidarité pour les myopathes, c'est tellement bien qu'il faut se feliciter des dons au Téléthon.

Mais dans les coulisses de ces exploits de "générosité", c'est le quotidien sordide du malheur injuste de petits êtres utilisés comme des choses à notre profit. C'est encore et toujours, la barbarie des hommes.

 

Si certains hommes usurpent le statut de scientifiques, c'est bien parce que les civilisés qui les commanditent n'en sont pas. Même si le monde entier des hommes est convaincu de l'inverse.

 

« Je me rappelle la petite Dagmar. Elle était née à Auschwitz en 1944 de mère autrichienne et j'avais aidé à la mettre au monde. Elle est morte après que Mengele lui eut fait des injections dans les yeux pour essayer d'en changer la couleur. La petite Dagmar devait avoir des yeux bleus !... » 

Témoignage d'Ella Lingens, infirmière polonaise déportée à Auschwitz,
cité par H. Langbein, Hommes et femmes à Auschwitz, Paris, Fayard, 1975

Mais la meilleure preuve que la civilisation n'existe pas, c'est ce qui s'est passé justement avec les nazis, non ? Tout le monde a marché comme un seul homme, n'est-ce-pas ? Si il y avait eu un véritable processus civilisateur figurez- vous bien que cela n'aurait pas pu être possible.

 

Si, "Un coup de dé, jamais, n'abolira le hasard"( poème de Mallarmé), on peut affirmer qu'un coup de déni, jamais, n'abolira le réel.

 

Ce n'est donc pas parce que l'homme se voit bien parti sur l'axe du  progrès moral qu'il n'est pas plutôt en train de faire marche arrière. J'illustrerais mon propos de ceci dont je suis convaincue: si la recherche sur animaux fait parfois avancer d'un petit pas nos connaissances, un grand pas en arrière pour l'humanité en est le terrible prix.

 

 Or les hommes qui oublient que le seul progrès passe par les limites qu'on donne à sa jouissance font comme si ce qu'ils font et donc ce qu'ils sont n'existaient pas. En croyant avancer dans le savoir, ils omettent le principal : le savoir sur leur propre réel. Et du coup, ni eux ni les autres hommes ne veulent voir la façon incroyablement méprisante avec laquelle les scientifiques traitent les vivants sensibles entre leurs mains.

 

Le sadisme des chercheurs passe l'entendement.

 

Ainsi, je vous conterai les mouches, qui, loin d'être des remords pour leurs tourmenteurs, ne sont que des objets d'une étude répétitive et chère au reconnu Pr. Jouvet sur ce sujet : le sommeil est indispensable à la vie. Pour le démontrer depuis plus de 50 ans, on multiplie les expériences : le chat sur un radeau qui tombe à l'eau dès qu'il s'endort est la spécialité du "bon" pr. Jouvet. Lorsqu'il finit par mourir, le "savant" nous dit : le sommeil est indispensable à la vie.

 

Mais, monsieur le chercheur, permettez-moi de vous dire que ce genre d'expériences faites dites-vous pour le bien de l'humanité, me ferait perdre le sommeil, moi qui dors ordinairement comme un loir. Les chats ont besoin de 18heures de sommeil par jour. Grâce à vous, on peut savoir au bout de combien de temps en moyenne ils meurent si on les empêche de dormir, de surcroît en les faisant tomber dans le milieu qui les stresse le plus, l'eau. N'est-ce pas une illustration de ce que la pulsion sadique-anal peut amener à faire lorsque l'éthique est absente ? 

 

Et, dans d' autres  labos du monde,--car en plus ce genre de monstruosités fait école!--il y a aussi les mouches dans des tubes sur lesquels se relient jour et nuit des "chercheurs" pour taper dessus afin que les mouches ne puissent avoir aucun répit. C'est la même torture que les tortionnaires chiliens utilisaient sous Pinochet, avec la goutte d'eau bien audible et sans cesse dans les cellules des prisonniers. Mais là, on parle de crimes, alors que ces chercheurs qui ne valent pas plus cher que les dits-tortionnaires, eux crèveront sous les lauriers.

 

Or lorsque l'on passe un documentaire à la télé sur ces "recherches", et bien, figurez-vous que pas un mot de compassion, pas un mot de révolte n'est prononcé. Au contraire, on sourit, on admire, on s'intéresse, autour des tubes à essai. Après tout, Sésame…"ce ne sont que des"…mouches. Voilà encore l'indice de ce que j'appelle une régression pour notre espèce. D'ailleurs, Mengele ne faisaient que des trucs comme ça. Pourquoi le mettre à l'index, lui? Parce que ses "sujets" étaient des hommes ? Mais à ses yeux… Sésame: ils n'étaient que des bêtes.

 

L'affreux dr.Mengele, le chercheur d'Auschwitz n'aurait pu exister si notre scientisme pervers n'autorisait pas le pire avec ce Sésame. Ceux qui me critiqueront cette comparaison doivent savoir ceci : c'est parce que les gens sont comme eux, anthropocentriquement malades de narcissisme aigu et chronique que Mengele a pu faire ce qu'il a fait.

Ils auront beau me traîner dans la boue, c'est leur boue qui est à l'origine du pire sur Terre.

Alors, comme disent les mômes : "Camembert !" et même, "Colère!".

Lire mon article: "Tabou" à ce sujet. Merci.

C'est un peu facile de se draper dans les vêtements de la dignité humaine avec un h aspiré, quand on est complice de la pire des monstruosités humaines avec une ache inspirée, sous le prétexte que la vertu, c'est la préférence inconditionnelle aux hommes.

Car, du coup, on peut continuer son cinoche, se prendre pour un "bon" quand les effets de son idéologie pernicieuse se font sentir. Irresponsabilité humaine, où tu nous mènes ? 

 

Je vous le dit et redis: si cette idéologie de préférence à l'homme, qui le donne en postulat comme  incomparable aux autres était aussi efficace que vous le proclamez, la barbarie ne serait qu'un funeste souvenir.

Or ce n'est pas le cas alors que c'est cette idéologie le trait unaire qui fait que les hommes se sont identifiés entre eux. La moustache d'Hitler, en quelque sorte.

 

 Même les victimes la partagent, dans l'inconscience que donne cette identification. Mais enfin si ça ne marche pas, il est temps de rechercher autre chose.

Vous avez dit recherche ?

Ce serait enfin une recherche destinée au progrès moral des hommes.

 

Que de vies humaines seraient sauvées si vous acceptiez, enfin, de voir le réel !!!!!!

 

Ce n'est pas parce que vous croyez que j'exagère que c'est le cas.

Et ce, même si le père Déni lave plus blanc.

Songez-y avant de jeter ma thèse avec l'eau des chats assassinés en même temps que tout espoir de civilisation.

**************************************************

J'ajoute ceci trouvé par hasard, qui montre les efforts pour sauver...la dihgnité humaine par ceux qu'on estampille "amis des bêtes" mais qui, sans le savoir souvent, sont bien plus que ça, car ils sont indispensables pour encore espérer en un progrès possible de l'espèce humaine. 

 L'association de défense animale G.R.A.A.L remercie tous les internautes qui l'ont contactée pour lui proposer leur aide, devenir famille d'accueil, adopter des animaux ou contribuer financièrement au transport des animaux qui seront récupérés par le GRAAL tout au long de l'année 2005 et ultérieurement.
~ Nous vous tiendrons régulièrement informés de l'évolution du dossier et des animaux à sauver (avec description et photos dans la mesure du possible).
~ Nous tenons à remercier tout particulièrement l'association AFIPA qui a relayé notre appel très rapidement sur son site et Madame Jeanne AUGIER, PDG de l'hôtel NEGRESCO qui a effectué un don au profit des animaux à sauver.
~ Important, demande d'insertion :
~ le GRAAL demande à toutes les associations et sympathisants de la cause animale de bien vouloir insérer ces informations dans leurs supports de communication afin de trouver au plus vite familles d'accueil, adoptants et soutien financier pour les animaux de laboratoire sauvés par l'association.
~ Marie-Françoise LHEUREUX
~ 06 60 64 55 91
~
~ P.J.- Message 1 : URGENT, l'association GRAAL recherche adoptants et familles d'accueil pour animaux de laboratoire
~ Message 2 : Sauvetage « Animaux de Laboratoire » / Questions réponses
~ Message 2 : Sauvetage « Animaux de Laboratoire » / Questions réponses
~ Vous avez été nombreux à nous poser des questions auxquelles nous tentons aujourd'hui de répondre.
~
~ «Outre des chiens, le GRAAL va-t-il sauver d'autres catégories d'animaux ? »
~ Plusieurs Internautes ont en effet proposé de devenir familles d'accueil ou d'adopter des chats ou des rongeurs.
~ Réponse du GRAAL : le laboratoire pratique l'expérimentation animale sur deux catégories d'animaux exclusivement : les chiens et les primates. Aucun chat, rongeur ou autre ne sera donc susceptible d'être récupéré de ce laboratoire. Le GRAAL a déjà pris contact avec des primatologues de réputation internationale susceptibles de l'aider dans le sauvetage des chimpanzés présents au laboratoire (recherche de lieux d'accueil, réadaptation, examen des cages à primates du laboratoire, .)
~ « Parmi les animaux sauvés, y aura-t-il également des animaux infectés ou ayant subi des expériences menées par le laboratoire ? »
~ Plusieurs Internautes ont proposé d'accueillir en priorité les animaux les plus en détresse.
~ Réponse du GRAAL : il y aura en effet à moyen terme - dans un an environ - d'autres catégories d'animaux à sauver que les « 100% sains » que nous récupérons aujourd'hui. Mais la logistique de sauvetage sera encore beaucoup plus rigoureuse à mettre en place que celle d'aujourd'hui. Pour ces animaux expérimentés, il nous faudra des familles d'accueil dans l'Ouest de la France qui accepteront de rapporter les chiens au laboratoire deux à trois fois par an pour contrôle.
~ « Je veux vous aider pour le transport des animaux, comment faire ? »
~ Réponse du GRAAL : sachant que l'unité de recherche est localisée dans l'ouest de la France et que les familles d'accueil peuvent être sur l'ensemble du territoire, il nous est impossible de chiffrer le nombre de kilomètres à parcourir dans tous les cas. Si vous avez un véhicule et si vous souhaitez faire le transport (avec défraiement pour l'essence), prenez contact avec le GRAAL.
~ « Puis je parler des opérations de sauvetage en cours sur les listes et forums Internet ? »
~ Réponse du GRAAL : oui bien sûr, seule la presse ne devra être informée qu'ultérieurement via communiqué de presse GRAAL.
~ « Allez vous contacter d'autres laboratoires pour leur proposer la même démarche ? »
~ Réponse du GRAAL : oui, certainement mais cela dépend tout de même de la capacité en familles d'accueil dont nous allons disposer. L'aide des défenseurs des animaux est donc absolument capitale et seule cette aide nous permettra d'entamer le dialogue avec d'autres laboratoires dans l'espoir de sauver d'autres animaux en souffrance.
~ Message 1 : URGENT, l'association GRAAL recherche adoptants et familles d'accueil pour animaux de laboratoire.
~ L'association de défense animale G.R.A.A.L. vient de conclure un important accord - une première en France à notre connaissance - avec un laboratoire de recherche pratiquant l'expérimentation animale.
~ Soyons clairs ! La position de l'association GRAAL, loin de la compromission ou de l'arrangement à bon compte, a été très nette envers toutes les parties prenantes et les équipes de recherche : notre rejet de l'expérimentation animale est total et définitif pour des raisons scientifiques, éthiques, écologiques et économiques. Si nous nous sommes assis autour de la table des négociations et si nous avons accepté le dialogue, c'est dans l'unique intérêt de la cause animale que nous défendons sans relâche depuis 1997.
~ En attendant la suppression de l'expérimentation animale et l'utilisation généralisée des méthodes alternatives, cet accord nous permet de gérer l'urgence et de récupérer régulièrement et officiellement la totalité des animaux sains du laboratoire, promis à une euthanasie systématique et sans appel.
~ Il s'agit d'animaux non infectés, stérilisés, tatoués, vaccinés et utilisés à titre de témoins c'est à dire "d'outil de comparaison" entre individus sains et individus infectés.
~ Le premier animal qui sortira de l'unité de recherche en décembre 2004 et qui sera aussitôt accueilli par le GRAAL est une femelle SCHNAUZER de 3 ans, baptisée "JOYCE". Libérée des sites de confinement de l'expérimentation animale, JOYCE attend tout de nous : amour, patience, rigueur aussi car comme tous ses congénères,
JOYCE ne sera pas "propre" à sa sortie n'ayant eu qu'un bout de couloir éclairé en lumière artificielle pour s'ébattre !
~ Comme tous les schnauzers, JOYCE est un chien de taille moyenne, originaire d'Allemagne, puissant et musclé aux yeux noirs et aux sourcils broussailleux ! Les présentations sont faites ...
~ Un devoir de réserve nous conduit - provisoirement - à reporter la diffusion de tout communiqué de presse relatif à cette opération. Merci de le respecter également pour garantir aux opérations en cours toutes leurs chances de succès.
~ Vous voulez adopter JOYCE ?
~ Vous pouvez devenir famille d'accueil pour animaux de laboratoire ? (1 à 2 mois)
~ Vous souhaitez participer financièrement au transport des animaux ?
~ Vous avez d'autres propositions à faire au GRAAL ?
~
~ BULLETIN DE SOUTIEN
~ Mon bulletin de soutien
~ Je soutiens activement l'association GRAAL dans ses actions de sauvetage d'animaux de laboratoire et propose de prendre en charge :
~ - Adopter un animal de laboratoire
~ - Etre famille d'accueil oui non
~ - Financer le transport des animaux
~ - Autres propositions de soutien :
~ Le GRAAL estime à 300 euros le coût de sauvetage d'un animal de laboratoire comprenant son transport, les contrôles vétérinaires à son arrivée et les frais divers jusqu'à son adoption définitive.
~ Je fais un don de ...... euros à l'ordre de « Association GRAAL » que je fais parvenir à l'association. Un reçu fiscal me sera envoyé à l'adresse suivante:

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Sauvez sans être complice...oui, bien-sûr. mais je suis convaincue de ceci:

Pour sortir de la maladie de barbarie, il faut entrer dans l'âge adulte...vérité de La Palisse...

Ce qui signifie ceci: accepter de ne pas TOUT savoir, de ne pas TOUT guérir, si les moyens d'y parvenir sont malsains, horribles, au détriment de la dignité des hommes et de leur santé mentale,ce serait là la marque d'un immense progrès humain, la marque que nous serions enfin sortis de l'âge barbare. Age où l'homme, rappelons le encore, se croit TOUT permis. et où il se met en danger car l'éthique est à la fois une défense de l'autre mais aussi de soi.


 

 

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