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Psychanalyse et animaux.

Articles avec #barbarie-symptome et psychanalyse

Corrida et psychanalyse: une réponse possible à Roland Chemama.

18 Juillet 2013, 09:12am

Publié par Jo Benchetrit

 http://www.babelio.com/users/AVT_Sigmund-Freud_3648.jpeg

Freud, affligé des cruautés de  la guerre 14-18 dans un monde jusque là cru civilisé, était devenu très pessimiste sur l'humanité et avait exprimé ses doutes sur ses capacités de progrès dans son édifiant Malaise dans la culture.

On aurait aimé que les psychanalystes, eux au moins, ne se fourvoient pas dans la barbarie.

Or il n'en est rien comme le montrent certains psy aficionados, entre autres multiples illustrations de l'impasse humaine.

A propos du texte de conférence de Roland Chemama

http://clubtaurindeparis.files.wordpress.com/2013/03/henri-ey-_-r-chemama.pdf)

 

 

Que l'on me pardonne mon ton. Je ne suis pas de bonne compagnie quand je sais des êtres suppliciés.je ne suis pas indulgente quand des alter egos, des gens qui sont des "comme moi", ne peuvent un instant se dire qu'il faut épargner les plus faibles et ne pas jouir sur leur dos, au sens propre en ce qui concerne les corridas.  Enfin, j'ai pour ma part envie de sauver, d' épargner, d'aider. Je fais l'éloge de la bonté et ce n'est pas très à la mode, non? 

Je me dis que nous avons un court séjour à passer sur cette planète, et qu'au lieu d'aggraver son état, il faut faire son possible, et plus encore, pour l'améliorer.   Comment font donc ceux qui ne sont là que dans un projet hédoniste? J'ai du mal à comprendre l'humain, mais la psychanalyse me donne les outils pour l' expliquer.  Ce que je veux dire, c'est que je ne peux m'identifier à la position qui dit: "La cruauté me fait du bien, alors, si  j'en ai l'occasion, je suis cruel avec ceux qui sont à ma merci."  Ou encore comme ceux qui donnent à la grande foire à la vivisection du Téléthon: "Mon bien, c'est Le Bien." Et je ne me vois pas non plus du côté de ceux qui regardent et se résignent au pire,  lui laissant tout pouvoir. 


 

Roland Chemama, psychanalyste lacanien, a pris la peine d’un texte de 18 pages pour tenter de légitimer  une activité cruelle dont il est adepte, la corrida. Rappelons que ce dont il s’agit  est autorisé  par une trahison, la transgression de la loi par elle-même. En effet, l’alinéa 7 de la 521-1 du code pénal   consent à ce qu’elle exclut et sanctionne durement, à savoir des sévices  graves envers des animaux. Ce passe-droit scandaleux couvre  certaines régions françaises sous le prétexte  ahurissant de la tradition. Comme   si le mal devait trouver justification dans sa pratique ininterrompue, privant  ainsi l'homme de toute possibilité  de progrès  moral.

A l’orée de ce texte de Chemama , on peut se demander comment, par quels subterfuges, par quelles défenses psychiques, donc par quelles rationalisations, par quel déni, par quelle dénégation, par quelle isolation, enfin, comment  fait un psy lacanien pour trahir la pensée de son maitre, qui, justement, dans le séminaire L’éthique, a bien dit que la jouissance, c'est le mal.

Mais je ne me lancerai pas dans l' analyse de son alibido blabla. Sachez juste que je le ferai peut être  une autre fois, craignant la perte de temps, et qu'il m'a semblé plus urgent de  parler de manière générale  de ce qui répond  à sa question liminaire: "Comment un psy peut  parler de corrida?"  Et ainsi, je vous laisse tout seuls voir comment un psy  fait  pour se revendiquer à  la fois de la théorie  et de son addiction à la corrida,  comment il triture  l'histoire et les mots pour en finir avec son conflit moi- surmoi quand   il satisfait son  ça, comme le dirait Freud.

Le problème est pourtant important: comment fait-il pour se cacher sa  propre réalité dont le seul mot qui vient à quiconque d’à peu près normal voyant une seule image, une de ces simples photos  irregardables   de corrida, à savoir "l’abjection" ? Car bien entendu, aucun aficionado ne veut reconnaître son abjection. Il ne se dira pas : je suis un monstre et je revendique ma monstruosité pour abuser des faibles livrés à mon bon plaisir.

Sade est plus honnête, dans ce sens, puisqu’il sait  qu’il défend le mal. Sade rationalise aussi, mais afin de montrer que choisir le Dieu Mal, c'est plus plaisant. Il ne dit pas que les victimes sont heureuses, bien au contraire. Alors que comme le montre "Kant avec Sade" de Lacan  un incroyable  paradoxe  fait que le pervers fantasme combler sa victime. Or que disent les aficionados? "Le" toro ne souffre pas, il préfère cette mort, il est honoré, respecté, etc.

Je m'intéresse  à 2 moments de la conférence de Chemama.

1) Lorsqu'il dit sur le mode de la dénégation qu'il ne parlera pas de pulsion de mort...Il a peur de ce qu'on pourrait en faire. Rions car de quoi parle un aficionado, comme tout psychopathe violent, sinon de sa passivité dans les mains de ce  à quoi il (se) sacrifie, sa pulsion de mort? 

2)   sa conclusion qui fait point de capiton:  Chemama, en fin de texte montre combien il s’ennuie donc combien il a peu de ressources imaginaires, revendiquant le droit de sortir de la monotonie, supposée tant qu’à faire à tous, l'homme moderne en  général— faut continuer à noyer son poisson— par recours au piment de la chose forte que serait la corrida : Plus fondamentalement la corrida n’est-elle pas un des derniers domaines où l’homme moderne, tellement porté à rationaliser et à hygiéniser son plaisir s’autorise à aller vers la tension la plus forte, s’autorise une jouissance qui le fait un peu sortir de la monotonie où il est immergé. "

Lorsque l'homme ne bande plus, lorsque rien ne lui semble  désirable , alors il peut avoir recours à des stimuli plus hards. Et la chose  se pimente évidemment d’être transgressive. Comme l’a remarqué   Bataille, la jouissance nait de la transgression. Mais rappelons que le fantasme est fait pour ça, à savoir jouir du mal mais sans le commettre. Or Bataille fut également  un aficionado, et chez lui, c'est de passage à l’acte pervers qu’il s’agit donc et non pas de simple imaginarisation de la chose.

 

  Le symptôme qui handicape le sujet, c'est de la jouissance,   le nazisme, c'est de la jouissance, le viol, c’en est aussi…etc. Si donc ce qui fait jouir, y compris sans plaisir conscient comme souvent dans le symptôme, c'est ce qui est refoulé et fait retour dans la barbarie, on comprend ce que dit Lacan, que la jouissance, c'est le mal.

Lacan dit que le psychanalyste  ne doit  pas  céder sur son désir (d’être  analyste), c’est-à-dire ne pas céder à son désir (d’inceste) car ce serait jouir, donc trahir sa fonction de psychanalyste. Sinon, le psy coucherait avec ses patients, le père avec sa fille et le tout avec la bénédiction de la psychanalyse. Alors que chacun sait que c'est tout le contraire.
 Le psychanalyste est voué au père. Il "opère" au nom du père contre le pire. sa fonction se confond avec la fonction paternelle. Par la loi interdictrice du père qui permet de castrer les pulsions pour les rendre opérantes mais non opprimantes, le psy permet au sujet d'advenir. "Là où était le Ça, je dois advenir". Freud.

Ça signifie que là où était la pulsion, donc le Ça,  en place de maitre, le sujet doit aller aux commandes et ne plus se laisser mener par le bout du ... phallus.

Phallus=pénis réel+ volonté de puissance, pulsion d'emprise  sur l'autre pour se sentir exister,  pour bander.

 

Toute la difficulté de l’homme tient à son désir, désir  que Castoriadis qualifiait de monstrueux et qui est d’inceste. La fonction de l’analyste ? C’est de rendre moral ce qui est désirable.  Par le tour de passe-passe du fantasme du névrosé et de la sublimation, la loi du nom du père au service de quoi se place l’analyste, s’oppose au pire de la finalité de la pulsion qui est de détruire. La pulsion est liée à la demande d’amour : "donne-moi tout" est pris comme preuve d’amour. « Nous ne pouvons vouloir que le bien » dit Sartre, un aficionado aussi. C'est bien là que se dévoile la distance entre désir et vouloir, entre savoir sur soi et ignorance. « Et si je t’aime,   prends garde à toi », dit Carmen, aimée d’un torero. Le désir est d’être aimé par celui qu’on aime jusqu’à sa destruction : « L’amour, c'est miam-miam » Lacan. La pulsion ne se satisfait que nouée à la demande d'amour. Ce que je prends sur l'Autre, la mère, l'Autre doit me le donner  par amour. Au passage, ça explique l'anorexie du nourrisson.

C'est donc là aussi que naît le fantasme pervers.

"Mon bien, c'est le bien", même si ça fait mal aux autres ? Le mal est il subjectif ou bien au contraire est une valeur absolue ? La psychanalyse répond que c'est absolu, que ça se transmet et que le mal, c’est l’inceste, donc la satisfaction pulsionnelle destructrice d’avant la loi. Celle qui interdit ce qui détruit le sujet et en fait un objet d’addiction à la jouissance (jouissance  qui peut se manifester par de la souffrance consciente).

La métaphore paternelle est portée en général  par la mère qui parle au nom de son désir du père pour exprimer son désir ailleurs que pour l'enfant. L’interdiction de l’inceste sait refouler son désir d'inceste et rendre inoffensif ce qui est désiré qui serait mortel pour le sujet s’il était réalisé et doit resté manque.   Le sujet souffrant de ce qui l'amène voir un analyste est  prisonnier de son symptôme qui représente peu ou prou sa jouissance incestueuse. La fonction paternelle  dit non à la transgression qu’est l’inceste. Si comme nous le montre ce me  semble l'analyse, la seule loi qui compte, c'est celle de l'oedipe, toute transgression est incestueuse, toute barbarie est de l’inceste et donc, la jouissance est incompatible avec la fonction analytique. Faut-il le rappeler  à ces transgresseurs analystes ? Ils m’opposeront que durant une corrida, ils ne sont pas analystes, qu'ils ont une vie privée, que leur jouissance ne me regarde pas.

http://www.franceculture.fr/sites/default/files/imagecache/ressource_full/2012/10/10/4516199/anne%20deguelle_tapis%20de%20Sigmund%20copie.jpg

Peut-on   être psychanalyste et ne pas avoir de compassion ? Peut-on être psychanalyste sans  savoir que l’autre est un en-soi, et pas un être fait pour celui qui y prélèverait   sa jouissance ? Peut-on faire ce que vise l’analyse, à savoir produire d’un barbare envers lui et/ou envers les autres par le symptôme un être civilisé, alors qu'on ne l'est pas soi-même? Peut on  transmettre le sens  moral nécessaire à la guérison tout en se donnant de la jouissance dans la transgression réelle et non simplement imaginaire, sachant que le bien est du côté de la privation réelle de ce qui est désiré ? Peut-on avoir une fonction d’analyste et avoir si peu de lucidité sur soi ?

Dolto disait dans son séminaire à l’Ecole  Freudienne qu'on ne pouvait transmettre la castration si on n’était pas castré soi-même. En un mot, peut-on être analyste et  baiser sa mère ? Je ne le crois pas. Il n’y a pas chez les analystes de scission vie privée/vie professionnelle. La vie privée est aussi la professionnelle.  De même l’analyse didactique, chez les lacaniens, c'est l’analyse personnelle.
 Celui qui parie du père au pire, c'est bien l’analyste.  Celui qui parie du pire au père, c'est le pervers.  Quand Lacan  dit : « l'homme est un pervers sexuel », c'est une façon de dire que le refoulement échoue  et que les pulsions sexuelles que la sublimation est supposée rendre inoffensives peuvent se « dé-castrer » et devenir   armes létales de toute puissance. Cette arme de la pulsion non castrée, non sublimée, arme pimentant leur existence présentée comme terne par Chemama, qu’utilisent les aficionados  du fait que la loi perverse les y autorise n'est en rien une arme compatible avec la psychanalyse comme me l’avait affirmé ma chère Anne Lise Stern, psychanalyste lacanienne récemment disparue,  qui, de la jouissance perverse des hommes avait souffert, puisqu’elle fut prisonnière du camp du pire, celui d’Auschwitz.

Fut une  époque beaucoup plus autiste avec les animaux où les gens riches, les intellos, allaient s’encanailler dans des arènes où ils se mêlaient  à la sueur et au sperme du peuple plus primaire selon leur fantasme, en délire devant l’horreur tauromachique. Mais à notre époque où le sujet animal est , enfin, pris en compte, il n’y a pas d’excuse à continuer.
 On réalise du coup, tel Œdipe après la révélation de son inceste commis avec l’alibi de son ignorance, de sa faute qui était à certains inconsciente envers le monde des autres êtres sensibles.  Nous savons à présent que nous sommes coupables. Nul n’ignore à présent que les hommes  sont d’ effroyables agents de souffrance pour le monde dont nous sommes membres, et renégats de surcroît, celui de « l’animal que donc je suis » comme le dit dans son titre le philosophe anti-corrida, Jacques  Derrida.

Donc, comment un psy peut  il parler de corrida, M. Chemama? Hé bien, en  toute humilité, comme je le fais, en en montrant l'aspect absolument intolérable  de retour du refoulé. La  corrida est un objet de recherche pour un  psy qui prend ça comme symptôme  de la pathologie humaniste.  Et ce, d'autant plus qu'on se revendique de son antonyme, la psychanalyse. Celle-ci nous apprend que ce n’est pas l’estime dans laquelle le  bourreau tient sa victime qui fait de lui un  barbare mais son acte.

Le bourreau peut bien se protéger de son réel par mille subterfuges, y compris par la dévalorisation de sa victime comme envers les animaux  c'est la coutume des humains, le psy est là pour "démasquer le réel" comme le dit le titre d'un bel ouvrage de Serge Leclaire.

Et pour finir :


"Qu'on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s'entend."

L'ETOURDIT Jacques Lacan

 Pourquoi en parlez-vous,  Roland Chemama ? Avez-vous tant besoin, comme votre ami Wolff,  de vous cacher pour user autant d'encre et vous réfugier croyant au sophisme comme ultime recours, derrière des gens célèbres et ô combien décevants qui se seraient déshonorés de leur présence dans ce club malsain dit taurin? Ainsi de H.Hey, de Camus...ils n'ont pour eux que le bénéfice de l'époque d'avant la révélation contemporaine de l'existence des animaux comme êtres de chair, de nerfs,  de sang et de sensibilité et comme sujets de droit. Mais Hugo qui vécut avant, lui, on ne le leurrait pas qui parlait de la torture d'une conscience au sujet de celle du taureau.  Zola non plus, lui qui ne fut pas non plus dupe du lynchage de Dreyfus.   Mais n'est pas Juste qui veut!

Ainsi, avec ces noms prestigieux, vous avez voulu redorer votre blason? Hélas, vous n'avez fait que ternir le leur.

Tous les grands hommes ne sont pas grands en tout. Voilà ce que vous prouvez alors que vous voudriez qu'on se dise que si Hey aimait ça, alors c'est que Chemama est grand, comme tous ses amis du Club Taurin.

Malheur à l'humanité qui se laisse gouverner par ce que vous dites ne pas vouloir évoquer, Thanatos. L'écologie nous montre que nous en sommes peut- être au bout du vivant,  à cause de ça dont la légalisation de  fêtes sauvages du genre de la corrida sont des signes.

Peu d'espoir donc pour une espèce narcissique qui se croit tout permis, car à ce jeu de l'hors-loi qui produit la psychose, tout le monde le sait, c'est l'au delà du principe de plaisir qui gagne,  la mort.  

Il faut penser l'impensable, il faut déjouer ses pièges..il faut dire l'indicible. Tel est notre devoir, dévoiler le réel humain pour l'empêcher de tout détruire. Le devoir de mémoire, c'est bien. Celui de réfléchir à comment faire pour que plus jamais ça, c'est mieux.

Ma réponse:Il faut traquer la barbarie, cette jouissance indigne, où qu'elle se trouve, car la jouissance, ça en demande toujours "Encore"!  ("Encore", séminaire de Lacan sur la jouissance...et l'amour.) Ce n'est pas une corrida qui peut nous empecher de faire le mal ailleurs, bien au contraire, elle attise le desir de faire souffrir.

Il n'y a catharsis que si il y a sublimation, donc aucune victime.

 

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Boycott de Sienne en Italie. Palio de Sienne=torture. Pétition.

17 Juillet 2013, 03:38am

Publié par Jo Benchetrit

http://chantouvivelavie.c.h.pic.centerblog.net/o/9b17b1dd.jpgTouristes, encore un effort et vous pourrez être civilisé.
Mais que le touriste est nocif quand  il oublie de réfléchir! Le toutou touriste suit: on lui dit "vas voir les corridas en Espagne", il y va. En sort écœuré souvent, mais il a fait le con comme les autres .

Il va aux USA? Rodéos...Animaux martyrisés, fracturés, bref, une horreur et le toutou touriste il trouve ça rigolo parce que c'est pas sanglant Les hémorragies ne sont qu'internes, alors!

Au canada, il va admirer les trappeurs et les animaux piégés...une honte encore. Etc, etc. Le tour du monde de l'ignominie humaine va très bien avec son incurable bêtise.
Et à Sienne, "on " lui a dit qu'il "fallait"  voir le Palio, une course d'une violence invraisemblable qui martyrise et tue des chevaux, et Ducon y va.
Jugez en dans cet article de One Voice:

http://www.one-voice.fr/loisirs-et-compagnie-sans-violence/stop-a-l%E2%80%99utilisation-des-chevaux-dans-le-palio/ 

Stop à l’utilisation des chevaux dans le Palio

Novembre 2011 – One Voice a rejoint l’appel de l’Italian Horse Protection Association pour demander l’interdiction d’utiliser des chevaux, ou autres animaux, dans les courses barbares de Palio. Une pétition internationale est lancée.

Depuis quelques années, le Palio conduit à l’abattoir des dizaines de chevaux poussés à bout. De course symbolique cette pratique dopée aux enjeux économiques s’est transformée en un affrontement cruel où l’animal est sacrifié sur l’autel du profit.

Course exutoire…
Héritage du moyen-âge, ces courses à travers la ville de Sienne (avec des répliques dans les villes voisines) voient les différents quartiers, appelés contrades, s’affronter symboliquement à travers une course de chevaux extrêmement violente. Bien plus qu’une course, c’est un exutoire aux amours et haines développées entre quartiers. Autrefois, ne couraient que des chevaux appartenant aux fermiers alentours, montés par des citoyens de la ville. Ces chevaux étant utilisés le reste de l’année pour les divers travaux agricoles, il était important qu’ils ne soient pas blessés.

… abandonnée au profit
Aujourd’hui, les Palii sont devenus des événements extrêmement lucratifs et la ville fait désormais appel à des chevaux de course montés par des jockeys professionnels. L’enjeu n’est plus symbolique mais monétaire. Pour gagner le Palio, les jockeys sont prêts à tout et en particulier à sacrifier leur monture. Les chevaux sont poussés à bout. Seul compte le résultat final. Si la dangerosité de la course n’est pas nouvelle – par amour des chevaux, la princesse Violante de Bavière gouvernant la cité de Sienne avait, dès 1721, décidé de ne plus faire courir que dix chevaux – sa professionnalisation l’a définitivement fait basculer dans la barbarie.

Des accidents trop nombreux
Le parcours est ponctué de deux épingles à cheveux extrêmement délicates à aborder. Au cours des 72 dernières courses, au moins 49 chevaux sont morts ou ont dû être abattus suite à leurs blessures après avoir percuté les piliers de pierre bordant ces deux virages, sans oublier les nombreux autres qui ont été blessés. Malgré cela, aucune mesure n’a été prise par les organisateurs qui restent sourds à toutes demandes d’explications de la part de l’Italian Horse Protection Association.

Une pratique indécente
Une telle pratique est inacceptable. One Voice demande à ce que ces courses barbares cessent. Nous vous invitons à signer la lettre de l’Italian Horse Protection adressée au gouvernement italien pour interdire l’utilisation d’animaux dans le Palio : http://www.horseprotection.it/petizioni.asp. Seule une mobilisation citoyenne pourra mettre un terme à ces pratiques d’un autre temps.

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POUR SIGNER, CLIC LÀ:firma ora »

et incrivez vous à la newsletter, sinon, ça prend pas en compte la signature (experience perso, grr.)

Neanmoins rendons à Cesar...Selon mon amie Michele Scharapan ,"Le pays le plus avancé en ce qui concerne la condition animale est l' Italie!

Ils ont l'objection de conscience à l' expérimentation animale dans leur loi.
Il y a deux villes dans laquelle la vivisection est  désormais interdite
( labos privés et publics )
Ils ont interdits les bocaux rond pour les poissons
85% de la population est opposée à la vivisection
10% de végés..et dernière nouvelle de poids:
Dans toutes les cantines scolaires et bars il y aura un menu végétarien et un menu vegan..."

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Enfants qui n'aimez pas l'école, sachez qu'au Pakistan des filles meurent pour se scolariser.

11 Juillet 2013, 21:40pm

Publié par Jo Benchetrit

Et avant de nous coucher, un petit coup de Moyen Age nous fait mesurer la chance que nous avons d’etre sortis
de cette ère que des  musulmans traversent avec un peu de retard.
Esperons qu’ils en sortiront vite.


L'antispecisme est aussi antisexiste, comme il est antiraciste. Donc ce thème n'est pas hors sujet.





Merci de signer la petition.

 

message réexpédié :

 
Chères amies, chers amis,

  

Malala défendait l’éducation, les Talibans lui ont tiré une balle dans la tête. Mais elle a survécu et aujourd’hui, grâce à elle, toutes les petites filles Pakistanaises vont pouvoir aller à l’école. Demain, elle demandera aux dirigeants à l’ONU d’instaurer la scolarisation universelle, un objectif à notre portée. Avec elle, demandons l’éducation pour tous.

 
Des étudiantes pakistanaises étaient en train de rentrer chez elles quand des terroristes ont fait exploser leur bus scolaire. Quatorze d’entre elles ont été brûlées vives. Les survivantes, transférées en urgence à l’hôpital, ont été tuées par une seconde bombe qui a aussi blessé leurs amis et le personnel soignant.

C’est parfois dans les moments les plus sombres que naissent les plus vives lueurs d’espoir. Devant ces atrocités, Malala, une jeune fille de 15 ans, a osé défendre le droit des filles à l’éducation au Pakistan. Cela lui a valu une balle dans la tête. Mais elle a survécu et, soutenue par un million d’entre nous, elle a contribué à la mise en place au Pakistan d'une nouvelle politique scolaire, qui permet la scolarisation de toutes les filles!

Et elle ne compte pas s’arrêter là. Ce vendredi, Malala s’adressera à l’ONU pour fixer un nouvel objectif: offrir une éducation scolaire à tous les enfants du monde. Son projet est scandaleusement simple à réaliser: les experts estiment son coût à l’équivalent de deux centrales nucléaires! Dans les prochaines 24 heures, montrons aux dirigeants du monde que nous sommes des millions à soutenir Malala et qu’ensemble, nous pouvons transformer les crimes des Talibans en un nouvel et formidable espoir: l’éducation pour tous.

http://www.avaaz.org/fr/every_child_in_school_global/?bjHYibb&v=26892

Malala présentera notre campagne au Secrétaire général de l’ONU ce vendredi et travaillera avec une délégation de jeunes représentants venus du monde entier pour faire pression sur le Conseil de sécurité afin qu'il adopte une résolution reconnaissant la crise mondiale de l’éducation et listant les mesures à prendre pour garantir la scolarisation de tous les enfants. Ensuite, nous aiderons Malala et les jeunes délégués à porter leur message dans les capitales du monde entier, jusqu’à ce que les pouvoirs publics se décident à signer un chèque et à changer leurs politiques.

Voici les principales mesures de ce programme:
égalité d'accès à l’école pour les filles et les jeunes gens marginalisés qui n’ont souvent pas le droit à l’éducation

formation rigoureuse des professeurs

hausse du financement de l’éducation grâce à une augmentation de l’aide des donateurs et un meilleur ciblage des dépenses, pour garantir que chaque enfant bénéficie de 9 années de scolarisation.
Envoyer tous les enfants du monde à l’école, cela peut sembler ambitieux. Mais c’est entièrement réalisable avec un financement international à hauteur de 26 milliards de dollars. C’est un immense facteur de paix et de prospérité pour l’avenir de la planète. Saisissons cette occasion, profitons de cet élan et faisons de l’éducation pour tous une réalité.

http://www.avaaz.org/fr/every_child_in_school_global/?bjHYibb&v=26892

Quand Malala a reçu une balle dans la tête, nous nous sommes unis pour la soutenir et lui offrir une stratégie efficace pour faire avancer sa cause, en étroite collaboration avec l’envoyé spécial de l’ONU pour l’éducation, Gordon Brown. Ensemble, nous avons fait pression sur le gouvernement pakistanais, qui a finalement annoncé un programme de bourses permettant à tous les enfants d’aller à l’école. Nous pouvons réussir à nouveau. Faisons du rêve de Malala une réalité mondiale.

Avec espoir et détermination,

Mia, Diego, Ricken, Alex, Anne, Dalia, Pascal, Wen-Hua et toute l’équipe d’Avaaz.
P.S. - Nombreuses sont les campagnes d’Avaaz qui ont été lancées par des membres ! Démarrez la vôtre dès maintenant et remportez une victoire sur un problème qui vous touche, qu’il soit local, national ou mondial. http://www.avaaz.org/fr/petition/start_a_petition/?bgMYedb&v=26859



Le combat de Malala est le nôtre (Gordon Brown, Huffington Post)
http://www.huffingtonpost.fr/gordon-brown/malala-ecole-taliban_b_1960257.html

Aider les enfants non scolarisés (UNESCO)
http://www.uis.unesco.org/Education/Pages/reaching-ooscFR.aspx?SPSLanguage=FR

Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous (UNESCO)
http://www.unesco.org/new/fr/education/themes/leading-the-international-agenda/efareport/

L’éducation devient plus précieuse en période de crise mais l'investissement baisse dans ce secteur (OCDE)
http://www.oecd.org/fr/presse/leducation-devient-plus-precieuse-en-periode-de-crise-mais-linvestissement-baisse-dans-ce-secteur.htm

Une vingtaine d’étudiantes pakistanaises tuées dans deux attentats à Quetta
http://www.france24.com/fr/20130615-attentat-bombe-contre-autocar-tue-onze-etudiantes-pakistanaises-taliban-education

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Bons avec les animaux, méchants avec les hommes? HItler végétarien? Wagner et sa lettre contre la vivisection.

6 Juillet 2013, 22:13pm

Publié par Jo Benchetrit

Les détracteurs des défenseurs des droits animaux ne se privent pas de sophismes du genre: Hitler était végétarien, donc les végétariens sont des nazis en puissance.

Il y a diverses manières de réagir à cette assertion :

la ridiculiser comme le fit François Cavanna: "ce n'est pas parce qu'Hitler se lavait les pieds que je vais garder les miens sales".

Mais on peut aussi revenir sur la réalité du point de départ. En effet Hitler n'était pas plus végétarien que le fut Wagner...Qui aurait aimé l'être.

On associe les deux assez classiquement car Wagner, mort en 1886 a impressionné les allemands  et Hitler en particulier.
Je vous invite à lire ce texte: http://liberationanimale.com/2011/02/16/hitler-un-vegetarien/ 

" Hitler était obsédé par la santé de son corps, un hypocondriaque en quelque sorte. Il avait une peur maladive du cancer qui a probablement son origine dans le cancer du sein dont est morte sa mère en 1907. Peur aussi de la syphilis qu’il associait aux Juifs. Toute sa vie, il consultera de nombreux médecins. Il souffrait de flatulence excessive, dont l’odeur le gênait beaucoup. Il avait aussi des problèmes gastriques, de constipation, des démangeaisons de la peau, un accès de sudation et des tremblements musculaires A partir des années 30, il commença à ressentir par épisodes des douleurs aiguës et des crampes au niveau de l’abdomen supérieur droit, douleurs se manifestant peu après les repas. Pour soigner ses maux réels ou imaginaires, il a constaté que le fait de diminuer sa consommation de viande lui procurait un certain soulagement et ses médecins l’encouragèrent à adopter une alimentation sans viande. 

Le canular du végétarisme d’Hitler se perpétue encore de nos jours grâce à son fidèle ministre de la propagande Joseph Geobbells. Ce dernier voyait Hitler comme une  «incarnation de dieu », un avatar et un messie pour la venue d’une nouvelle race pure, un leader ascétique à la Gandhi ne touchant pas à la cigarette, à l’alcool et à la viande."

 

 

 

 

Cependant le fait d'être nazi et végétarien est possible. Les petites gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur ego croient dur comme fer que si les atrocités qui se passent ailleurs que dans leur pays existe c'est que les autres sont des dégénérés.ça ne se dit pas à trop haute voix, mais ça se pense assez fort. serait il exploitable scientifiquement pour définir l'homme? Je crois que oui. La contradiction possible entre compassion pour les uns et indifférence et/ou haine des autres est visible déjà, majoritairement chez la majorité des hommes.
Comme ils font la pluie et le beau temps grâce à leur pouvoir sur les animaux, le fait que le Prince aime ou n'aime pas telle espèce, telle race animale peut avoir des effets catastrophiques sur les  êtres haïs. 

Ça ne va pas  toujours mieux pour les aimés lorsque l'amour est pulsion d'emprise et que l'animal aimé  retrouve captif, à vie, soumis aux soins plus ou moins non attentif de l'animal de compagnie abusif qu'est l'humain.

 

Pour moi,  pour aider les animaux, le probleme est moins urgent d'être végétalien(vu quejnous sommes très peu nombreux à letre, donc leffet de cette option est assez faible) que non gâcheur de vies. Quand on sait que  50%des aliments sont jetés...on se dit que les moins nuisibles sont les freegans,ceux qui se nourrissent de ce qui est jeté et qui n'est déchets que par ça, car  par ailleurs, est parfaitement consommable.

 

Lettre contre la vivisection de Wagner :

 

Richard Wagner,

Œuvres en prose, Tome XIII, « Lettre contre la vivisection »,

tr. fr. J.-G. Prod’homme, Paris, Delagrave, 1925,

 

 

 

 

 

Lettre ouverte

à M. Ernst von Weber,

auteur de :

Les chambres de torture de la science

 

 

 

"Cher et très honoré Monsieur,

Vous me croyez capable de pouvoir vous aider de ma parole, dans votre campagne si énergique entreprise récemment contre la vivisection, et vous paraissez, à cet égard, prendre en considération le nombre assez important d'amis que m'a acquis leur goût pour mon art. Si votre édifiant exemple m'incite vivement à essayer de répondre à votre désir, c'est pourtant moins la confiance que j'ai en ma force qui me décide à vous imiter, qu'un vague sentiment de la nécessité d'étudier, même sur ce terrain bien éloigné en apparence de ce qui intéresse les artistes, le caractère de l'influence artistique que bien des gens m'ont, jusqu'à présent, attribué.

Comme nous rencontrons une fois de plus, dans le cas présent, le spectre de la Science qui est devenu, à notre époque matérielle, depuis la table de dissection jusqu'aux manufactures de fusils, le démon de l'utilitarisme, jugé seul digne de l'affection de l'État, je crois que, en me mêlant de la question actuelle, c'est déjà un grand avantage pour moi que tant de voix si graves et si autorisées se soient élevées en votre faveur, dénonçant au bon sens les assertions erronées, sinon mensongères, de nos adversaires.

D'autre part, il est vrai, on a accordé une si grande place au pur sentiment, dans la [discussion de] notre affaire, que nous avons donné aux railleurs et aux mauvais plaisants qui, presque seuls, s'occupent de nos entretiens publics, d'excellentes occasions de défendre les intérêts de la Science. Pourtant, à mon avis, c'est la question la plus grave de l'humanité qui est débattue ici ; de sorte que les convictions les plus profondes ne pourront être acquises que par un examen très sérieux de ce « sentiment » bafoué. J'essaierai volontiers de suivre cette voie, autant que mes faibles facultés me le permettent.

Ce qui m'a retenu jusqu'à présent d'entrer dans une des associations protectrices des animaux existantes, c'est que tous les appels et toutes les instructions que je leur voyais publier étaient basées presque exclusivement sur le principe utilitaire. Sans doute, importe-t-il en premier lieu aux philanthropes qui se sont voués jusqu'ici à la protection des animaux, d'en prouver l'utilité au peuple, pour en obtenir un meilleur traitement ; car les résultats de notre civilisation actuelle ne nous permettent pas d'invoquer d'autres motifs que la recherche du profit dans les actions humaines du citoyen.

Combien nous sommes encore étrangers à un motif exclusivement noble de bien traiter les animaux, et combien peu de chose a pu réellement être obtenu de la pratique courante, on le voit en ce moment même : les représentants de la ligne de conduite suivie jusqu'à présent par les sociétés protectrices contre la barbarie la plus inhumaine envers les animaux, celle qui s'exerce dans nos salles de vivisection autorisées par l'État, ne sauraient produire un seul argument concluant, dès que l'on fait valoir, pour la défendre, l'utilité de cette barbarie. Nous en sommes presque réduits à discuter exclusivement cette utilité ; et, si elle était démontrée avec une certitude absolue, ce serait précisément la société protectrice des animaux qui, par la ligne de conduite suivie jusqu'ici par elle, aurait favorisé, contre ses protégés, la cruauté la plus indigne de l'humanité.

Par conséquent, pour conserver nos sentiments sympathiques à l'égard des animaux, il n'y a, pour nous venir en aide, qu'à faire reconnaître officiellement l'inutilité de cette torture scientifique des animaux ; espérons que nous y arriverons. Quand bien même nos efforts auraient obtenu un succès complet de ce côté, rien encore de définitif et de bon n'aura été fait pour l'humanité, tant que la torture des animaux n'aura été abolie qu'en raison de son inutilité ; on aura ainsi défiguré et tué lâchement l'idée qui a donné naissance à nos sociétés pour la protection des animaux.

Ceux qui, pour empêcher les souffrances d'un animal prolongées à volonté, ont besoin d'autre mobile que celui de la pure pitié, ne pourront jamais se sentir vraiment fondés à réprimer les mauvais traitements des animaux de la part d'autrui. Quiconque s’est révolté à la vue du martyre d’un animal, n'y a été poussé que par la pitié ; et quiconque se joint à d'autres pour protéger les animaux, n'y est déterminé que par la pitié : pitié absolument désintéressée et inaccessible à tous les calculs d'utilité ou d'inutilité. Mais que, en tête de tous nos appels et avis adressés au peuple, nous n'osions mettre cette pitié que comme le seul mobile indiscutable qui nous pousse, voilà bien la malédiction de notre civilisation, et la confirmation que les religions de nos Églises officielles sont sans Dieu.

Il a fallu, de notre temps, l'enseignement d'un philosophe qui combat de la façon la plus impitoyable tout ce qui est faux et malsain, pour démontrer que la pitié, fondée sur la nature la plus intime de la volonté humaine elle-même, est la seule base vraie de toute morale. On s'est moqué de lui ; le sénat d'une académie des sciences l'a même mis à l'index avec indignation ; car la vertu, dès qu'elle n'est pas prescrite par la révélation, ne saurait être fondée que sur les méditations de la raison. Considérée logiquement, la pitié fut même déclarée un égoïsme par excellence : [on a prétendu] que la pitié ne serait motivée que par la vue d'une souffrance étrangère qui nous cause de la douleur à nous-mêmes, mais non par la souffrance étrangère elle-même, que nous tâcherions de réprimer uniquement afin d'en supprimer l'effet douloureux sur nous-même. Comme nous sommes devenus ingénieux pour nous défendre, dans la fange de l'égoïsme le plus vil, contre les remords causés par des sentiments communs à tous les hommes ! On a méprisé encore la pitié, sous prétexte qu'on l'a rencontrée très fréquemment chez les hommes même les plus grossiers, comme un minimum d'instinct vital ; sous ce prétexte, on s'est mis à confondre la pitié avec le regret que les témoins de toute infortune publique ou domestique expriment si facilement et traduisent, ces accidents se reproduisant si souvent, par un simple hochement de tête, puis s'en détournent en haussant les épaules ; – jusqu'au moment où un homme sort de la foule, auquel la vraie pitié commande d'apporter un secours efficace.

Celui qui n'avait d'autre inclination à la pitié et qui n'a pas surmonté ce lâche regret, sera content de pouvoir s'en dispenser, et il y puisera un parfait et plaisant dédain de l'humanité. Il sera difficile, en effet, de renvoyer un tel homme à son prochain pour apprendre de lui à pratiquer la pitié à son égard ; car c'est en général une chose bien difficile, dans notre société bourgeoise réglementée par la loi, que d'obéir au précepte de notre Sauveur : « Aime ton prochain comme toi-même. »

Notre prochain est en général bien peu digne de notre amour et, dans la plupart des cas, la prudence nous conseille d'attendre du prochain la preuve de son amour; de même, nous n'avons guère lieu de nous fier à la simple déclaration de son amour. Tout bien examiné, l'État et la Société sont combinés de telle sorte, d'après les lois de la mécanique, qu'il est très supportable de s'y passer de la pitié et de l'amour du prochain. Nous voulons dire par là que l'apôtre de la pitié aura bien de la peine à appliquer sa doctrine, de l'homme à l'homme d'abord, puisque même notre vie de famille, si dégénérée de nos jours, sous l'accablement de la misère et la recherche des distractions, ne saurait plus donner le bon exemple. Il est douteux aussi que ces doctrines soient accueillies avec enthousiasme par l’administration de l’armée qui, on le sait, maintient à peu près l’ordre dans toute notre existence politique, sauf à la Bourse ; elle lui prouverait qu’il faut comprendre la pitié dans un sens tout autre qu’il ne le croit, c’est-à-dire en gros[1], sommairement, comme un moyen d’abréger les souffrances inutiles de l’existence avec des projectiles qui touchent leur but avec une précision de plus en plus parfaite.

Par contre, la Science, revêtue de la sanction officielle, semble s'être chargée de pratiquer la pitié dans la société civile, en mettant professionnellement ses données en pratique. Nous ne voulons pas parler ici des résultats de la science théologique, qui arme les pasteurs d'âmes de nos communes de la connaissance des impénétrables mystères de la divinité ; et nous supposerons avec confiance, pour l'instant, que la pratique de cette profession incomparablement belle n'a pas prévenu ses disciples contre une propagande comme la nôtre. Il est vrai, malheureusement, que ce serait beaucoup exiger du dogme strict de l'Église, qui ne considère jamais comme sa base que le premier livre de Moïse, que de réclamer la pitié d’un Dieu même pour les animaux créés au profit de l’homme. Cependant, de nos jours, on peut surmonter mainte difficulté, et le bon cœur d’un curé philanthrope a certainement trouvé, dans l'exercice du gouvernement des âmes, mainte occasion qui pourrait avoir disposé son esprit dogmatique en faveur de notre cause. Quelque difficulté qu'il y ait pour la théologie elle-même à réclamer en faveur des buts de la simple pitié, nous aurions pourtant des perspectives d'autant plus encourageantes en envisageant la science médicale, qui arme ses disciples en vue d'une profession consacrée uniquement à soulager les souffrances humaines. Le médecin peut réellement nous paraître le sauveur laïc de la vie ; aucune autre profession ne peut se comparer à la sienne, étant donné les bienfaits palpables de son exercice. Pleins de confiance en lui, nous devons respecter ce qui lui prête les moyens de nous guérir de cruelles souffrances ; c'est pourquoi nous regardons la science médicale comme la plus utile et la plus précieuse, et sommes prêts à tout sacrifier à son exercice et à ses exigences ; c'est elle, en effet, qui nous donne le praticien vraiment breveté de la pitié active et personnelle, chose si rare à trouver parmi nous.

Quand Méphistophélès met en garde contre le « poison caché » de la théologie, nous voulons croire cet avertissement aussi malicieux que son éloge suspect de la médecine, dont il veut, pour consoler les médecins, laisser les succès pratiques « à la grâce de Dieu ». Mais justement, cette bonne opinion malicieuse qu'il professe à l'égard de la science médicale nous fait craindre qu'elle ne contienne sinon « un poison caché », du moins un poison bien ostensible, que le rusé compère ne vise qu'à nous cacher par son éloge provocant.

Il est surprenant, toutefois, que cette Science, qu’on juge généralement comme la plus utile, fasse voir de plus en plus clairement qu’elle n’est pas réellement une science, et tâche d’autant plus de se soustraire à l’expérience pratique pour arriver grâce à des notions de plus en plus positives, à l'infaillibilité qu'elle veut atteindre au moyen d'opérations spéculatives. Ce sont des docteurs-médecins eux-mêmes qui nous en informent. Les opérateurs-professeurs de physiologie spéculative peuvent les déclarer incompétents, [ces médecins] qui s'imaginaient qu'il s'agit surtout, dans l'exercice de l'art de guérir, de l'expérience accessible aux seuls docteurs-médecins, du coup d'oeil assuré de l'individu doué d'aptitudes médicales spéciales, et enfin de son dévouement profond, qui le fait venir en aide, autant que possible, aux malades qui se confient à lui. Mahomet, après avoir passé en revue toutes les merveilles de la création, finit par reconnaître que la plus grande merveille est que les hommes aient pitié les uns des autres ; nous accordons aveuglément cette [pitié] à notre médecin, tant que nous nous fions à lui, et le mettons, par conséquent, plus haut que le physiologiste qui spécule, dans la salle de dissection, et recherche, pour sa gloire, des résultats abstraits. Mais nous perdons cette confiance quand nous apprenons, comme l’autre jour, qu'une réunion de docteurs-médecins, par peur de la « science » ou craignant d'être pris pour des hypocrites ou des superstitieux, se sont laissé aller à démentir les qualités seules dignes de confiance que les malades leur supposent, et à se faire les plats valets du martyre spéculatif des animaux, en déclarant que, si l'on supprimait les exercices de dissection que messieurs les étudiants font sur les animaux vivants, le docteur-médecin ne pourrait plus, dans un avenir prochain, soigner ses malades.

Heureusement, les quelques renseignements que nous avons recueillis sur ce qu'il y a de juste et de vrai à ce sujet, sont si parfaitement édifiants, que la lâcheté de ces autres messieurs ne saurait plus nous enthousiasmer pour cette torture qu'ils recommandent avec philanthropie ; mais, au contraire, nous nous sentons enclins à ne plus confier notre santé et notre existence à un médecin qui en tire son enseignement : car nous le considérons comme un homme incapable de pitié et qui triche dans son métier.

Éclairés d'une façon si instructive sur le bousillage effrayant de cette « science » recommandée au respect extraordinaire et à la protection puissante du « grand public », et surtout de nos ministres et de nos conseillers princiers, comme récemment l'ont recommandée plusieurs docteurs-médecins dans leurs traités remarquables surtout par leur allemand élégant, nous pouvons espérer à bon droit que le spectre de l'utilité de la vivisection ne viendra pas nous hanter dans nos efforts ultérieurs ; il nous importera désormais uniquement de cultiver avec énergie chez nous la religion de la pitié, en dépit des fidèles du dogme de l'utilité. Malheureusement, la façon de considérer les choses humaines que nous venons d’adopter, nous a montré que la pitié était rayée de la législation de notre société ; car nous avons vu, sous prétexte de s'occuper de l'homme, nos institutions médicales même se transformer en écoles de la brutalité, – au nom de « la science », – celle-ci, un jour, se détournera naturellement des animaux contre l'homme, qui n'aura plus aucune protection contre ses expériences.

Guidés par cette irrésistible révolte que nous inspirent les terribles souffrances causées volontairement aux animaux, trouverons-nous le chemin qui mènera au seul royaume rédempteur qu'est la pitié éprouvée pour tout ce qui vit, comme dans un paradis perdu et reconquis consciemment ? –

 

 

 

 

 

 

Lorsque la sagesse humaine s'aperçut un jour que c'est le même souffle qui anime l'animal et l'homme, il sembla trop tard déjà pour détourner la malédiction que nous paraissions avoir attirée sur nous, nous mettant au niveau des bêtes féroces en consommant de la nourriture animale : maladies et misères de toute sorte auxquelles nous ne voyions pas exposés les hommes qui ne vivaient que de végétaux. La reconnaissance que nous en avons acquise nous fit apercevoir la profonde culpabilité de notre existence terrestre : elle décida ceux qui en étaient convaincus à renoncer à tout ce qui excite les passions et à s'abstenir de toute nourriture animale. C'est à ces sages que se dévoila le mystère du monde comme un incessant mouvement de déchirement qui ne pouvait être racheté pour revenir à l'unité saine et tranquille que par la pitié.

Seule la pitié, qu'il avait pour tout être qui respire, délivra le sage de la métamorphose incessante de toutes les existences douloureuses par lesquelles il devait passer jusqu'à rédemption définitive. C'est pourquoi il plaignait l'homme sans pitié pour sa souffrance, et plaignait plus profondément encore l'animal qu'il voyait souffrir, de le savoir incapable d'être délivré par la pitié. Ce sage reconnut que l'être doué de raison atteint au bonheur suprême par des souffrances volontaires que, partant, il recherche avec un zèle extrême et subit avec passion, tandis que l'animal n'attend la souffrance absolue qui lui est si inutile, qu'avec l’anxiété la plus terrible et une répugnance horrible. Et plus digne de compassion encore paraissait à ces sages l'homme qui pouvait tourmenter volontairement un animal et rester insensible à ses souffrances, car il savait que celui-là était encore plus éloigné de la rédemption que l'animal même : celui-ci, par comparaison, devait lui apparaître innocent comme un saint.

Des peuples, chassés vers des climats plus rudes, se voyant, pour préserver leur existence, réduits à la nourriture animale, ont conservé jusqu'à des époques récentes, la conscience que l'animal appartient non pas à eux, mais à une divinité ; ils savaient qu'en tuant ou abattant un animal, ils se rendaient coupables d'un crime dont ils devaient demander pardon à Dieu : ils lui immolaient l'animal et lui offraient, en action de grâces, les parties les plus nobles de la proie. Ce qui avait été ici un sentiment religieux, survécut, après la décadence des religions, dans des philosophies plus récentes, comme une pensée pleine d'humanité ; qu'on lise le beau traité de Plutarque : Sur l'intelligence des animaux terrestres et aquatiques ; avec sensibilité, on considérera alors comme ignominieuses les idées de nos savants et de leurs pareils.

 

 

 

 

 

 

Jusqu'ici, mais non au delà, hélas! nous pouvons suivre les traces de cette pitié, fondée sur la religion, que nos ancêtres humains ressentaient pour les animaux, et il semble que le progrès de la civilisation, en rendant l'homme indifférent « au Dieu », l'ait transformé en animal féroce ; en effet, nous avons vu un César romain, revêtu d'une peau de bête, mimer en public un animal féroce.

Un Être divin sans péché se chargea lui-même de la somme énorme des péchés de toute cette existence et la racheta par sa mort douloureuse. C'est par cette mort expiatoire que tout être qui vit et respire put se savoir racheté, pourvu qu'il la comprit et la prit en exemple, pour l'imiter. Voilà ce que firent les martyrs et les saints qui furent irrésistiblement entraînés à la souffrance volontaire en se plongeant dans la source de pitié jusqu'à la destruction de tout mensonge du monde. Il y a des légendes qui nous rapportent que les animaux s'attachèrent avec familiarité à ces saints, – non pas peut-être uniquement pour la protection dont ils étaient assurés, mais parce qu'ils étaient attirés en outre par le mobile puissant de la compassion qui en pouvait résulter : c'est qu'ici il y avait à lécher des blessures et peut-être aussi une main affectueuse et protectrice. Dans ces légendes, comme, par exemple, celle de la biche de sainte Geneviève, et tant d'autres analogues, il y a probablement un sens qui dépasse l'ancien Testament. –

Or, ces légendes ont disparu ; l'ancien Testament est vainqueur aujourd'hui, et l'animal féroce est devenu l'animal « qui calcule ». Notre credo dit : L’animal est utile, surtout quand il se soumet à nous, en se fiant à notre protection ; faisons donc de lui ce que bon nous semble, au profit des hommes ; nous avons le droit de torturer mille chiens fidèles pendant de longs jours, si nous aidons par là un homme à jouir du bien-être « cannibalesque » de « cinq cents cochons ».

L'horreur causée par les conséquences de cette maxime ne put trouver sa véritable expression que lorsque nous fûmes instruits plus clairement des abus de la torture scientifique des animaux, et que nous fûmes forcés finalement de demander comment, n'étant pas instruits par les dogmes de notre Église, notre attitude à l'égard des animaux devait être considérée comme morale et apaisante pour la conscience. La sagesse des Brahmanes, celle même de tous les peuples païens civilisés, est perdue pour nous : en méconnaissant leur conduite à l'égard des animaux, nous avons devant nous un monde rendu animal, dans le pire sens du mot, [un monde devenu] infernal. Il n'y a pas une vérité que, même si nous sommes capables de la pénétrer, nous ne soyions capable de couvrir du prétexte de notre égoïsme et de notre intérêt personnel : voilà en quoi consiste notre civilisation. Mais il semble, cette fois, que la mesure trop pleine déborde, et qu’une conséquence favorable du pessimisme actif puisse se faire jour, dans le sens du « bienfaisant » Méphistophélès.

A part, mais presque en même temps que se manifestaient ces tortures pratiquées sur des animaux au prétendu service de la science, un ami des animaux, homme de science, nous a révélé, par des recherches loyales, par des sélections attentives et des comparaisons vraiment scientifiques, les enseignements d'une science primitive disparue, d'après lesquels le même souffle anime la vie des animaux et la nôtre, bien plus, que nous descendons indubitablement des animaux. Cette constatation pourrait nous enseigner de la manière la plus sûre, selon l'esprit de notre siècle sans foi, à régler avec une précision infaillible nos rapports avec les animaux, et peut-être est-ce de cette seule manière que nous parviendrons à une véritable religion, celle de l'amour de l'humanité, que le Sauveur nous a enseignée et affirmée par son exemple.

Nous venons de dire ce qui nous rend à nous autres, esclaves de la civilisation, si incomparablement difficile la pratique de cette doctrine. Comme nous avons, jusqu'à présent, employé les animaux non seulement à nous nourrir et à nous servir, mais encore à faire connaître, dans leurs souffrances provoquées artificiellement, les maladies que nous pourrions avoir nous-mêmes, quand notre corps est corrompu par une vie non conforme à la nature, par toute sorte d'excès et de vices, nous devrions désormais nous en servir, dans notre éducation, pour épurer notre moralité et même, sous bien des rapports, comme des témoignages indiscutables de la sincérité de la nature.

Notre ami Plutarque nous en a déjà donné un exemple. Il a eu la hardiesse de composer, entre Ulysse et ses compagnons que Circé avait changés en bêtes, un dialogue où ceux-ci se refusent à être remétamorphosés en hommes, alléguant des raisons des plus persuasives. Celui qui aura lu avec attention ce curieux dialogue, aura bien de la peine à exhorter les hommes que notre civilisation a transformés en brutes, à retourner à la vraie dignité humaine. On ne peut en espérer un véritable succès que si l'homme reprend, par l'animal, conscience de sa noble nature. Sa souffrance et sa mort nous donneraient la mesure de la dignité supérieure de l'homme, qui est capable de concevoir la souffrance comme une leçon efficace, et la mort comme une expiation qui transfigure, tandis que l'animal souffre et meurt sans aucun profit pour soi-même.

Nous méprisons l'homme qui ne supporte pas avec résignation les maux dont il est frappé, et qui tremble d'une angoisse insensée devant la mort : et c'est précisément pour celui-là que les physiologistes font les vivisections d'animaux, qu'ils leur inoculent des poisons que cet homme s'est créés par ses vices, et prolongent artificiellement leurs douleurs pour apprendre combien de temps ils pourraient épargner à ce misérable la détresse suprême. Qui verrait une idée morale dans cette maladie ou dans ce remède ? Viendrait-on en aide, par de tels procédés scientifiques, à un pauvre ouvrier qui souffre de faim, de privations et d'épuisement ? On sait que c'est précisément celui-là, qui – heureusement! – ne se cramponne pas à la vie et l'abandonne assez volontiers, qui sert souvent aux expériences les plus intéressantes pour faire reconnaître objectivement des problèmes physiologiques ; de sorte que, par sa mort même, le pauvre rend autant de service au riche que, de son vivant, « en essuyant les plâtres », au prix de sa santé, des splendides appartements neufs. C'est pourtant ce que fait le pauvre, avec une inconscience stupide. On pourrait supposer, au contraire, que l'animal se laissât sciemment et volontiers torturer et tourmenter pour son maître, si l'on pouvait faire comprendre à son intelligence qu'il s'agit du salut de l'homme, son ami. Cela n'est pas trop dire ; on peut s'en rendre compte si l'on observe que les chiens, les chevaux et presque tous les animaux domestiques et domptés n'arrivent à être dressés que lorsqu'ils comprennent quels travaux nous leur demandons ; dès qu'ils le comprennent, ils les exécutent toujours volontiers ; des gens brutaux et imbéciles, au contraire, croient qu'il leur faut manifester leurs volontés par des châtiments dont l'animal ne comprend pas l'intention et qu'il interprète mal ; et cela, par conséquent, engendre de nouveaux mauvais traitements, qui seraient peut-être utiles s'ils étaient appliqués au maître qui connaît la signification du châtiment ; pourtant ils ne diminuent pas l'amour et la fidélité que l'animal, traité d'une façon si insensée, témoigne à son bourreau. Un chien, même au milieu des douleurs les plus violentes, peut caresser son maître ; les études des vivisecteurs nous l'ont appris : dans l'intérêt de l'humanité, nous devrions rechercher mieux qu'on ne l'a fait jusqu'ici, quelles opinions sur l'animal il faudrait tirer de ces expériences ; ce serait un profit pour nous de méditer sur ce que nous savions déjà par les animaux, et sur les enseignements que nous pourrions encore en tirer.

Aux animaux, qui nous enseignent tous ces arts par lesquels nous les avions pris et soumis eux-mêmes, l'homme n'était supérieur que par la feinte, la ruse, non par le courage ni par la bravoure ; car l’animal lutte jusqu'à ce qu'il finisse par succomber, indifférent aux blessures et à la mort : « Il ne sait ni supplier, ni demander grâce, ni avouer sa défaite. » Ce serait une erreur de vouloir baser la dignité humaine sur l'orgueil humain, à l'encontre de celui des animaux, et nous ne pouvons expliquer notre victoire sur eux et leur soumission que par notre art plus grand de la dissimulation. Nous nous glorifions de cet art : nous l'appelons « raison », et nous croyons, grâce à cet art, pouvoir fièrement nous distinguer de l'animal, parce que cet art est capable, entre autres choses, de nous rendre semblables à Dieu ; – sur quoi Méphistophélès donne son opinion à lui, quand il trouve que l'homme n'emploie sa raison « que pour être plus brute que n'importe quel animal ».

L'animal, dans sa grande sincérité et naïveté, ne sait évaluer combien est moralement méprisable cet art par lequel nous l'avons soumis ; il y reconnaît, en tout cas, quelque chose de démoniaque, et il y obéit avec crainte. Or, si l'homme qui commande exerce la clémence et une bonté aimable envers l'animal devenu désormais timide, nous pouvons supposer qu'il reconnaît dans son maître quelque chose de divin et qu’il honore et aime si fortement ce trait divin, qu’il emploie ses vertus naturelles de courage exclusivement à son service, fidèle jusqu'à la mort la plus douloureuse. Comme le saint est poussé irrésistiblement à témoigner sa foi en Dieu par des tortures et par la mort, de même, l'animal est enclin à témoigner son amour pour son maître qu'il vénère comme un dieu. Un lien unique, que le saint avait déjà pu rompre, attache l'animal, car il ne peut être que sincère à la nature : la pitié pour ses petits. Mais dans les embarras qui en résultent, il sait prendre une décision. Un voyageur laissa sa chienne qui l'accompagnait, et qui venait de mettre bas, dans l'écurie d'une auberge, et retourna seul chez lui, à trois heures de là ; le lendemain matin, il trouva, sur la paille de sa cour, les quatre petits et la mère morte auprès d'eux ; elle avait fait le chemin, pleine d'anxiété et de hâte, portant chaque fois un de ses petits ; ce n'est donc qu'après avoir déposé le dernier chez son maître, que, n'étant plus forcée de le quitter, elle s'était abandonnée à une mort retardée dans la douleur.

Voilà ce que le citoyen « libre » de notre civilisation appelle « fidélité de chien », appuyant avec mépris sur le mot « chien ». Et nous ne prendrions pas exemple sur l'animal, dont nous sommes les maîtres, exemple qui nous édifie et nous émeut, dans un monde d'où le respect a entièrement disparu, ou, s'il y existe encore, n'est qu'une feinte hypocrite ? Lorsque, parmi les hommes, se rencontre une fidélité dévouée jusqu'à la mort, nous devrions reconnaître dès maintenant un noble lien de parenté avec le monde animal, et cela ne serait pas pour nous humilier ; car mainte raison démontre que cette vertu est pratiquée par les bêtes plus purement, plus divinement que par les hommes ; l’homme, en effet, est capable de reconnaître dans la souffrance et dans la mort, abstraction faite de leur valeur reconnue par le monde, une expiation qui rend heureux, tandis que l'animal, sans considérer par raisonnement un avantage moral éventuel, se sacrifie entièrement et purement à l'amour et à la fidélité ; – il est vrai que nos physiologistes se chargent d'expliquer cela comme un simple processus chimique de certaines substances élémentaires.

A ces singes qui, dans l'angoisse de leur imposture, grimpent à l'arbre de la Science, il faudrait en tout cas recommander de regarder non pas dans l'intérieur d'un animal en vie, mais plutôt, avec un peu de tranquillité et de réflexion, dans ses yeux ; l'homme de science y verrait peut-être, exprimé, pour la première fois, ce qu'il y a de plus digne pour les humains : la sincérité, l'impossibilité du mensonge, et alors, en y regardant de plus près, lui parlerait la tristesse sublime que la nature ressent de l'orgueil pitoyable et faillible du savant : car, lorsqu'il fait une plaisanterie scientifique, l'animal prend la chose au sérieux.

Que le savant détourne d'abord son regard sur son prochain qui, né dans l'indigence absolue, souffre vraiment, usé dès sa plus tendre enfance par des travaux excessifs qui ont ruiné sa santé, mourant prématurément de mauvaise alimentation et de traitements impitoyables de toute sorte, – sur ce prochain qui le considère d’un air inquiet, avec une soumission stupide : peut-être alors se dira-t-il que celui-là est en tout cas et sûrement un homme comme lui. Ce serait un résultat. Mais si vous ne pouvez pas imiter l'animal compatissant qui, de bon cœur, partage la faim de son maître, tachez de le surpasser en aidant votre prochain affamé à se procurer la nourriture nécessaire, ce qui vous serait facile en le mettant au même régime que le riche et en donnant ce superflu de nourriture qui le rend malade à qui il permettrait de redevenir bien portant ; et il ne sera point besoin pour cela de mets succulents tels que les alouettes, qui sont mieux dans l'air que dans votre estomac. Mais alors il faudrait souhaiter que votre art y suffit. Or, vous n'avez appris que des arts inutiles.

Des droits à la délivrance d'un héritage considérable dépendaient de la mort, différée jusqu'à une certaine date, d'un seigneur hongrois moribond : les intéressés payèrent d'énormes honoraires aux médecins pour prolonger ce mourant jusqu'au jour fixé ; les médecins furent appelés ; il y avait là quelque chose d'intéressant pour la « science ». Dieu sait combien de saignées et d'empoisonnements ils pratiquèrent ! On triompha ; l'héritage nous échut et la science fut brillamment rémunérée. On peut bien penser que tant de science ne serait pas employée au profit de nos pauvres ouvriers. Mais peut-être autre chose en résulterait : un profond retour en nous-mêmes.

L'horreur que tout le monde éprouve sans doute pour les pires traitements imaginables, appliqués aux animaux, au profit prétendu de notre santé, – et celle-ci serait la pire chose que nous pussions posséder dans un monde sans coeur – [cette horreur] ne provoquerait-elle pas toute seule ce retour, ou bien faudrait-il commencer par nous montrer que cette utilité était erronée, sinon trompeuse, et qu’il s’agissait en vérité d’une vanité de virtuose ou de la satisfaction d'une curiosité stupide ? Attendrions-nous que la vivisection humaine fît de nouveaux sacrifices à « utilité »? Ne faut-il pas que l'intérêt de l'État ait plus de valeur pour nous que celui de l'individu ?

Un Visconti, duc de Milan, édicta contre les grands criminels d'État une pénalité qui fixait à quarante jours la durée des tortures mortelles du délinquant. Cet homme semble avoir réglementé à l'avance les études de nos physiologistes ; ceux-ci savent prolonger les tourments d'un animal capable de les supporter à quarante jours précisément, dans les cas les plus favorables, mais moins comme autrefois, par cruauté calculée, que par économie. L'édit de Visconti fut ratifié par l'État et l'Église, car personne ne s'insurgea contre lui ; ceux-là seuls qui ne considéraient pas ces tourments terribles comme un pis-aller se trouvèrent poussés à égorger l'État, en la personne de monseigneur le duc.

Que l'État moderne se mette à la place de ces « criminels d'État », et qu'il jette messieurs les vivisecteurs, déshonneur de l'humanité, à la porte de leurs laboratoires. Laisserions-nous encore cette tâche aux « ennemis de État », étant considérés comme tels, d'après la plus récente législation, ceux qu’on nomme « socialistes » ? – En effet, nous apprenons que – tandis que l'État et l'Église se creusent la cervelle pour savoir s'ils doivent s'occuper de nos revendications et s'il ne faut pas, d'autre part, craindre la colère de la « science » offensée – l'invasion violente d'un de ces laboratoires de vivisection, qui s'est produite à Leipzig, ainsi que l'achèvement rapide des animaux dépecés, étendus, conservés pour des semaines de martyre, et une bonne raclée administrée au gardien qui surveillait ces horribles salles de tortures ont été considérés comme une atteinte brutale au droit de propriété, et attribués à des menées socialistes subversives.

Qui ne deviendrait socialiste en voyant que notre effort contre la perpétuation de la vivisection et la pétition pour son abolition sont repoussés par l'État et l'Empire ?

Mais il ne saurait être question que de l'abolition absolue, non d'une « restriction aussi étendue que possible », sous le « contrôle de l'État » ; car il ne pourrait s'agir, en fait de contrôle de l'État, que de la présence d'un gendarme spécialement qualifié à toute conférence physiologique de messieurs les professeurs devant leurs « spectateurs ».

Notre conclusion, au point de vue de la dignité humaine, est que celle-ci ne se manifeste que là où l'homme peut se différencier de l'animal par la pitié qu'il aurait pour l'animal même, car nous pouvons apprendre de l'animal la pitié à l'égard de l'homme, dès que l'animal est traité raisonnablement et avec humanité.

Si cette conclusion faisait rire de nous, et si nos intellectuels nationaux devaient nous rejeter ; si la vivisection continuait à prospérer en public et dans le privé, nous devrions du moins un bienfait à ses défenseurs, c'est que, même comme hommes, nous quitterions volontiers et de bon coeur ce monde où « un chien ne pourrait plus continuer à vivre », même si l’on ne devait pas nous jouer un Requiem allemand."

 

Bayreuth, octobre 1879.

 

Je vous rassure de suite, les amis des animaux sont majoritairement de grands sensibles et peu iraient jeter des bébés dans les fours comme le firent les nazis. Il en existe pourtant qui délirent comme le font les nazis, sur un mode paranoïaque où tout le mal est deliré comme venant d'un bouc émissaire à détruire, dans un fantasme d'auto-defense... On peut etre vegetarien ou carnivore tout en etant paranoïaque, non? 


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Francis Wolff et la corrida, c'est tout l'homme et les animaux. C'est l'horreur à l'état pur+ le blabla comme alibi dodo..

29 Juin 2013, 13:58pm

Publié par Jo Benchetrit

http://www.minotaurefilms.com/images/autocollants/autocollant_corrida_torture_large.jpgIl ne veut pas savoir qu'il est un salaud, un monstre, un immonde, alors il blablate. Citation d'un Tartuffe nommé  Francis Wolff dans son inoubliable (enfin, dejà oublié) et stupéfiante, au sens de drogue,"Philosophie de la corrida" qui aurait dû s'appeler: filousophie, ou l'art de faire passer des vessies  pour des lanternes quand on est auréolé par Normale Sup :

"Le taureau libère, pendant son combat, une quantité exceptionnelle de beta-endrophines qui ont pour effet de bloquer les récepteurs de la douleur, le combat provoque en lui une sorte d'excitation jouissive qui compense la souffrance."  

Ben voyons!!! Risible, notre philosophe déguisé  en inepte médecin de Molière qui dirait "Le poumon!" devant une entorse du genou ? Hélas, vu le réel de la chose, on devrait en pleurer. Car ce genre-là, ce lobby, ne trompe pas qu'eux -mêmes. Les aficonados  sont un état dans l'état avec leurs lois qui défient les nôtres mais qui sont en même temps tout à fait légales, à défaut d'être légitimes. Marine  Le Pen les défend, elle qui s'insurge pour la même souplesse pourtant de la loi à l'égard des animaux assassinés sans étourdissement dans les abattoirs (au nom d'une fidélité à des religions mal comprises).  Cela ne signifie pas que le FN soit pro- animaux, puisque nous savons par ailleurs qu'elle adore le foie gras ("je me fiche de la vie des canards quand je mange du foie gras" dit elle) et qu'elle soutient la chasse et la corrida! Et aussi bien entendu qu'elle ne doute pas 1 seconde que les animaux dits étourdis sont massacrés sans souffrance. Les endorphines de Wolff l'endorment-elle, elle aussi??? Stupéfiante, et son electorat pretendument "pro-animaux" aussi !

car si on ouvre un tant soi peu les yeux, on n'est pas dupe de celle qui valse avec des nazis, ces sentimentaux qui jetaient vivants des bébés dans des fours. C'est bien entendu  juste un signe pour un électorat carnivore honteusement raciste et mangeur de sang coagulé de porcs saignés à blanc comme dans le halal. Parfois sans étourdissement dans les fêtes "on tue le cochon" que nos chères campagnes françaises de  souche affectionnent sans que les sous-marins de Marine y trouve à redire.


Je conseille à eux comme à Francis Wolff le filousophe sanguinaire, la lecture de mon analyse de La Conscience de Victor Hugo. Il verra qu'il aura beau faire, il ne peut ignorer ce qu'il sait, c'est -à-dire qu'il (se) ment pour transgresser tranquille.

Lâcheté du sadique qui, en prime se masque la réalité d'autrui, croyant être son bienfaiteur. Folie plus ou moins consciente du violeur qui dira: "elle m'a séduit. C'est elle qui voulait, et moi j'ai fait que lui obéir. C'est moi la victime." Le pervers a un grand coeur qu'il met au service de l'Autre. Le problème, c'est qu'il ne comprend rien à l'Autre! C'est connu et se lit  dans Kant avec Sade, in les Ecrits de J.Lacan.

Michèle Scharapan, la pianiste de renommée internationale,  au sujet de Francis Wolf:

La philosophie de la torture.

"Un jour ce... philosophe (?) a dit lors d'une émission sur la corrida, qu'il souhaiterait être à la place du taureau...
Quelle beauté en effet d'être torturé, et ce faisant, d' entendre les hurlements de la foule en pleine jouissance !
Qu'il se propose donc pour les prochaines corridas, car si il a la chance de ne pas tomber sur un matador expert en torture, il pourra faire jouir plus d'une fois son public ! Qu'il n'attende plus... qu'on aide ce philosophe à concrétiser son rêve...
Philosophie de la corrida... ? Tiens on devrait lui demander d'écrire un livre dont le titre serait : philosophie de la torture, de l'indignité, de la cruauté et du détournement de l'Art !
Oui, la corrida n'est qu'une barbarie déguisée en Art."

Bien entendu, je suis d'accord.
Être la voix des sans-voix, c'est le destin des résistants à l'idéologie humaniste et totalitaire, qui fait du monde un immonde et de l'enfer une pâle imitation de ce que l'homme aime faire subir aux plus faibles que lui;
"Je sais que c'est mal,  mais c'est si bon ! "  Formule de la perversion.

Étymologiquement le monde est le propre, l’ordonnancement, le pur. C’est l'aménagement du chaos dont il est, selon la Bible, issu.
Et l'immonde, à l'inverse, par extension, c’est l'impur, l'abject, le déchet, c'est-à-dire l’objet perdu à jamais et devenu cause du désir.
Il y a donc une connotation morale dans cette antinomie. L'art contemporain, avec les actionnistes en tête, se débarrasse de toute morale et prend l'alibi de l'art pour imposer des performances, des installations, en lieu et place de ce qui définit l’art, à savoir la sublimation. L’art contemporain, en ce sens, fait comme si, dans l’art, le réel pouvait être atteint en vrai, ce qui est une erreur, et même une perversion. Car si l’art existe, c’est pour nous le faire fantasmer, pas pour nous le donner à voir. Ils croient faire de l’art avec du réel, comme des cadavres, ce qui est juste immonde, mais aussi des animaux torturés, ce qui est en plus immoral donc insupportable.
La corrida est de la même veine. Le mundillo assume l'immonde de sa position et la fait passer pour de l'art, revendiquant la liberté de l'artiste et de la culture au sens noble du terme.
Si nous devions poser comme différence culturelle l'immonde à opposer à ce monde qui n'existe encore pas si c'est selon cette définition, le bien... Alors il faut bien entendu un rappel... à l'ordre.
Or notre société ne sait plus ce que c'est que le bien ou le mal, d'ailleurs, et confond liberté et assujettissement à ses pulsions barbares.
Les gens qui ont un sens moral ne sont pas les moins libres des 2.
Il n'est que de parler avec un amateur de produits de torture que ce soit foie gras, de homard brûlé vif, de corrida, de cirque avec animaux ou de tout autre immondice de l’aculture humaine pour s'en convaincre. Leur réponse universelle et globalisante, elle, pour le coup, c'est ceci :
"Mais c'est si bon ! " cette réponse est exactement la même que donnera tout drogué. Elle est selon Lacan du S1, le signifiant maître, ce signifiant auquel s’identifie le sujet, au point qu'il est son maître. Comme disait Lacan, si Napoléon s’était pris pour Napoléon, il aurait été fou. Le "c’est si bon" est le maître de ce sujet qui ne veut rien savoir de ce qui cause son désir barbare, qui ne veut pas du S2 libérateur et donc éthique du savoir. Voilà pourquoi le mundillo est fou, mais le monde aussi, de se laisser mener par le S1 de ce qui lui fait plaisir quoiqu’il en coûte à ses victimes (S2), de se livrer pieds et poings liés à la jouissance de l‘immonde, qui en demande toujours encore, par l’aiguillon de ses pulsions insatiables.
Voilà pourquoi le mundillo serait plus honnête de se nommer l’immundillo.

  

Moi j'ai peur du grand méchant Wolff ! Signé: un petit veau.

Vous avez dit culture ?
La classe, l'élévation des sentiments :
"Pourquoi la souffrance d'une bête me bouleverse-t-elle ainsi ? Pourquoi ne puis-je supporter l'idée qu'une bête souffre, au point de me relever la nuit, l'hiver, pour m'assurer que mon chat a bien sa tasse d'eau ?
Pour moi, je crois bien que ma charité pour les bêtes est faite de ce qu'elles ne peuvent parler, expliquer leurs besoins, indiquer leurs maux.
Une créature qui souffre et qui n'a aucune moyen de nous faire entendre comment et pourquoi elle souffre, n'est ce pas affreux, n'est ce pas angoissant ? "(Emile Zola)
[...]

Le réel:

http://www.minotaurefilms.com/images/autocollants/autocollant_tableau_small.jpg

============================================

 

BONUS:

Ma lettre -invitation à l'analyse à un maire aficionado  fut evidemment laissée sans reponse. J'attends toujours un de cette mouvance impitoyable, que ce soit afioc ou vivisecteur, ou dompteur, ou mémère tranquille qui jette vivants des animaux dans l'eau bouillante, etc, etc.

 


Monsieur le maire de Tartas,
 
Je fais appel  à vous pour éclairer ma recherche.
Mon projet? Ecrire un livre sur l'inexorable barbarie— le plus souvent non reconnue comme telle par les innombrables sujets qui en sont proies— .*

 Merci de me repondre ici. Ou si vous préférez un RV téléphonique, ce serait parfait.
Ma question à vous qui avez encore programmé, me dit-on, la mort par torture de  veaux et  taureaux dans vos arènes:

Pourquoi et comment le pouvez-vous, alors même que, j'en suis persuadée, vous revendiquez par ailleurs de ne pas être cet être immoral que les anti-corridas stigmatisent ainsi?
Accepteriez-vous de m'aider par votre témoignage ?
Car,  pour le moment, si je peux expliquer  très facilement du point de vue psychanalytique  cette dérive  qu'il faut bien appeler barbare,
 j'avoue être démunie pour comprendre de l'intérieur 
les différents acteurs de cette horriblement cruelle façon de tuer le temps.
Quid pour eux de ce qu'on appelle l'humanité  au sens de compassion designée par Alain Finkielkraut par le joli mot fort édifiant et poétique de"coeur intelligent" ?
 
Je vous remercie par avance de votre témoignage .
 
Salutations distinguées,
 
J.Benchetrit,
Psychologue clinicienne, psychanalyste.

PS:je viens de lire ceci: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/07/il-faut-interdire-la-corrida-partout-en-france_1713689_3232.html
qu'en dites-vous?


Quelques images de ce qui est commandité par vous. qu'en pensez vous?
Irregardables par moi et par la majorité des français, répulsion qui est tout à leur honneur mais n'efface pas, je vous l'accorde,  la terrifiante cruauté cachée des autres lieux de torture comme le sont par exemple les labos, les élevages et abattoirs, sans oublier les terribles  transports d'animaux dont on trouve normal qu'ils soient trimballés "comme du betail".  Les images qui suivent illustrent au grand jour ce qui est masqué en l'homme ordinairement:

Piece-jointe-Mail-3.jpeg


Piece-jointe-Mail-2.jpeg

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Piece-jointe-Mail.jpeg 


En êtes-vous fier, M.le maire de Tartas?

Dans l'attente de votre reponse,

salutations...

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Du ratisme (phobie des rats) au racisme. Vivre avec les rats? Pauvres bêtes.

23 Juin 2013, 14:46pm

Publié par Jo Benchetrit

http://static.ladepeche.fr/content/media/image/zoom/2008/10/21/200810211223.jpg

 

Pourquoi ne m'aimez-vous  donc pas, moi qui  suis hyper discret, moi qui nettoie les tuyaux de vos égouts* qui seraient bouchés sans moi, le  rat , votre intouchable, celui qui ne vous touche pas, celui dont la souffrance infinie ne vous empêche pas de dormir, elle pourtant provoquée par vos poisons et pièges aussi divers qu'est grande l'imagination du Malin au service de qui vous pourriez être s'il existait?  Et last not least,  moi qui suis un rempart contre la  peste?  Je vous suis UTILE, voire indispensable. Pourtant, vous me dites de trop. Je n'ai pas de permis de vivre, selon vous.  Si je peux avoir des maladies, c'est de la faute à qui? A quoi? Ben évidemment à la persécution exercée par vous, qui nous forcez à nous cacher dans ces lieux immondes  des égouts.  Mais même là, vous venez nous traquer. Alors nous passons notre vie dans la clandestinité, courant comme des rats...comme des dératés.

Oui, pauvres rats, n'est-ce pas?


Et pensez aussi à votre déchéance si jamais on part de l'idée que le "genre humain" dont vous avez plein la bouche est tombé bien plus bas que vos égouts. Jugez de vous à la lumière de vos abus sur nous, les rats, et aussi sur les autres bêtes. Pauvres bêtes! Ha oui! vous pouvez nous plaindre. La vie ne nous sourit pas à nous, les rats et nos cousines souris. Surtout quand vous nous haïssez? Non,  surtout quand vous  nous utilisez en toute impunité, dans vos labos. Avez-vous vu  des manifs contre la vivisection des rongeurs? Pas encore. Certains amis des bêtes sortent plus facilement  pour les chiens, les chats, leurs frères les singes, mais pas pour nous, les rats, les trahis. 
Mais ça vous retombe dessus. A chaque fois, en effet, qu’on traite quelqu'un  de rat, on finit par se donner le droit de le  tuer (cf ratonnades) Si ni la haine des rats, ni aucun  autre specisme  n’existait,  le monde ne serait peut être pas ce qu'il est. Aussi, soyez vous-mêmes, ne croyez plus que les rats sont des êtres malfaisants et méprisables. Ne succombez plus à ce qui vous habite dès l'enfance et prend la place de votre cerveau, l'Autre qui vous dicte qui aimer et qui haïr, l'Autre, ce bain de  langage qui vous empêche de penser par vous-mêmes. Soyez vous-mêmes, devenez un autre.   Et si vous...excusez moi le gros mot...et si...j'ose à peine le dire...vous deveniez...Ouille, ne sortez pas votre balai pour m'écraser...Et si...vous...deveniez...
BONS
Oui, BONS...ou pire encore à vos yeux, si vous deveniez des êtres avec un sens moral plus développé que votre immense compassion pour vous-même? Si enfin, vous étiez ce que vous revendiquez pour vous, à savoir justes?

 

Mais revenons à notre ratitude ratiboisée par votre ingratitude. 


Étrangement, le rat, ce petit rongeur, ma foi,  inoffensif dans la grande majorité des cas, est l'objet de la haine universelle des hommes(pas inoffensif, eux). Au point que l'on visite une curiosité, un monastère en Inde comme l'exception insolite où on retrouvent de ces rongeurs en place d'amis des hommes. C'est le Temple de Karni Mata ou des Rats Sacrés. Mais si on y vénère les rats c'est parce qu'on croit y voir  ...la resurrection, la réincarnation de  jeunes (humains, evidemment) morts aimés.  L'anthropocentrisme ne quitte jamais l'homme! Ha! Narcisse, l'incurable!

"http://inde.aujourdhuilemonde.com/le-temple-de-karni-mata-ou-temple-des-rats-sacres

 "Les prêtres de Karni Mata racontent volontiers que le temple fut le seul lieu à être épargné par l'épidémie de peste bubonique qui s'abattit sur l'Inde entière en 1927."   Les rats n'y ont pas peur, donc ne sont pas obligés se cacher dans les lieux souillés des égouts ce qui les rend chez nous dégoutants.  Et depuis 500 ans, la dévotion à l'égard des rongeurs n'a pas faibli  : des centaines de milliers d'hindous viennent se recueillir dans le temple chaque année.  


Leur poil est brillant, ce sont de très jolies bêtes. "Si chose aimée est toujours belle, si la beauté est eternelle, on ne saurait que bien aimer." Ronsard.


 

Sinon, pour eux , PARTOUT AILLEURS DANS LE MONDE OÙ IL Y A DES HOMMES, c'est la mort qui leur est reservée. L'objet de votre phobie non seulement n'est pas fautif, mais il n'a pas à endurer les effets délétères de vos névroses.

 

Sagesse du rat! En effet, le symptôme, c'est un déplacement, et ce n'est pas des rats dont nous avons horreur, mais d'autre chose qui nous concerne, nous,humains pollueurs, crevant  sous sous nos dechets...envers les autres animaux que notre Altesse reine du Monde transformé par ses soins en immonde, tient sous son joug.


 

Pourles animateurs de vivre avec les bêtes, je suggere une emissiojn à eux consacrés.

Merci, Allain d’avoir fait écouter sa voix de rat noir, surmulot est sa désignation aussi. A présent, il nous faudrait le donner à entendre en tant que sujet et non plus en tant qu’objet « a » . Car comme le disait Lacan, c’est l’être du rat qu’on hait, c’est l’être haï, entendu comme être trahi symbole de la trahison des animaux par les hommes, renégats de l'animalité, convertis à la religion où Dieu est homme.
       
Mais les rats, ils n'y sont pour rien dans nos délires! Comme dans toute phobie, d'ailleurs. le rat est vu comme un déchet, un objet a (à jeter comme immonde, l’autre monde, celui du desordre, du sans limite). Mais n’est-ce pas là une   projection car c'est bien nous qui créons l’immonde?

Merci à vous 2, Allain et Elisabeth, car vous faites beaucoup pour cette révolution de l'homme vers sa bonté. Un autre regard est nécessaire. Vous y contribuez avec talent, et même génie. La tâche n'est pas aisée.

Continuons avec vous notre travail pour faire apparaître le scandale de l’impossibilité de la cohabitation entre bêtes et nous, identifiés au signifiant   " genre    humain", identification vantée par vous, Elisabeth, comme quasiment un propre de l’homme, mais qui devrait se souvenir qu’il a bien trop souvent mauvais genre. Après je crois que cette pretendue priorité ne peut se fonder que de maniere metaphysique, dont est la religion, y compris celle, athée,  de l'homme-Dieu, mais c'est aussi un autre debat.
 
 


 Car là, on est au coeur de ce que nous nommons specisme, avec le ratisme qui est donc une repugnance phobique forcenée envers une espece designée, mais se retrouve aussi envers un groupe humain haï  et consideré comme sous-homme. C’est pourquoi le ratisme est la base du racisme.  De fait,  le rat, objet "a"  est l’être haï par excellence, par essence. Le rat a un autre nom, même pour les amis des animaux, il est le tabou ultime de la PA, Il est « l’indéfendable » ...Pour l’instant. Le spécisme cache une haine de la pulsion, mais c’est une autre affaire, celle du paradoxe du rejet de l’animalité perçue comme pulsionnel libre des limites civilisatrices, alors que cest aussi laprte ouverte au pulsionnel le plus debridé...des hommes! Car ça permet l’exercice de notre ça sans les limites imposées envers les autres hommes.


http://francaisdefrance.files.wordpress.com/2012/01/rats1.jpg 

N'est-il pas craquant?

 

Que serions-nous sans la legitimisation des abus envers les animaux au nom de la notion métaphysique et ridiculeusement pretentieuse
d’ une humanité prioritaire quoiqu’elle fasse, et qui donne en particulier la haine
de l' espèce ratière? Que serait donc l'homme sans ce qui le structure comme il est, c'est à dire la possibilité de se donner des droits inhumains sur ce qui n'est pas homme? Serait-il encore celui  qui réifie l’autre humain lorsqu'il est considéré comme non homme,

sans   ce Sésame de la déshumanisation des groupes à haïr? On n’aurait peut être pas les mêmes effets
sur les abus et agressions diverses entre humains qui, en miroir, se donnent réciproquement des noms d’oiseaux pour lever le tabou du meurtre.
Si un animal est ce  sur quoi on a tous les droits, il faut et il suffit de voir en l’autre homme un animal pour le juger indigne d’ être epargné de nos pulsions non castrées. C'est ça, le  spécisme. Je sais bien qu’Elisabeth de Fontenay étrangement  se proclame spéciste...

Mais l’est-elle? Peut-être encore un peu. On se raccroche à l'Autre comme on peut. La révolution anti-speciste a de quoi nous donner le vertige. Ne remet-elle pas en cause notre image de nous-mêmes, notre idéal du moi, c'est à dire nos parents et leurs certitudes héritées des leurs et léguées en toute innocence? Et ainsi, les fondements même de l'humanité?  Repenser tout, de A à Z, voilà les conséquences d'une telle révolution. Sortir des sentiers battus un peu, ça va, beaucoup, ça   commence à faire trop, mais passionnément? à la folie???A la folie...On se réfugie vite dans le "pas du tout, j'ai peur, maman". 







 

http://photoslol.com/wp-content/uploads/2011/09/rat_au_lit1.jpg

Leurs mains sont si "humaines"...Troublant, non?

Certains rats de compagnie échappent à la haine. C'est peut être un bon début. quoique je ne suis pas pour le commerce d'animaux, ni leur reproduction, car l'homme est un mauvais animal de compagnie. 

 

Conclusion:
 
Les rats ne menacent pas l'homme. Si ils peuvent véhiculer la peste  à cause de leurs puces, on peut leur filer des antipuces! On peut aussi les stériliser si on juge qu'il y en a trop pour des raisons sanitaires fondées et pas mensonges haineux. Mais sachez ceci: il faut au moins 2 rats pour chacun afin de ne pas attraper la peste , car alors, les puces malades seraient sur nous! 

Les voir autrement, ce serait nous élever nous-mêmes.

 

*lire ceci: http://www.bestioles.ca/rongeurs/rats.html (...)


"Cependant, le rat d'égout est utile à l'homme car sans lui, les égouts seraient souvent bloqués. Contrairement à ce que l'on peut penser, le rat est un animal très propre. Il passe plusieurs heures par jour à sa toilette, tout en vivant dans les ordures et les égouts." 

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Sujet du bac philo ES: "Interprète-t-on à défaut de connaître ? » !

22 Juin 2013, 15:47pm

Publié par Jo Benchetrit

sing-piq-Mail.jpeg

 

Réflexion d'un singe sur "Interprète-t-on à défaut de connaître ? " 

Il me semble certain que oui, fatalement.
Ensuite, si on a des éclaircissements...on réajuste si on est honnête et lucide. 
D’autres peuvent en rester sur leur interprétation première. Parano oblige.
"La paranoïa, c'est la personnalité." Lacan
Avec ça, on n'est pas sorti de l'auberge de la lecture des dits et non-dits des autres vécus comme malveillants.
 Ce qui debouche sur ce sujet  que je suggere au bac suivant: Est-ce que l'on ne s’empoisonne pas  la vie avec des choses qui n’en valent pas la peine?
C'est sûr que si, au lieu d'être parano, on était papillon, on ne se paierait pas ce luxe.
http://www.mallock.fr/wp-content/uploads/2012/08/Grand-Singe-Papillon.jpg

Le papillon pense que la vie est trop courte, que c’est marrant ce qu’il voit, 
mais qu’il peut pas s’attarder pour l’excursion, il doit se chercher en vitesse une mamillonne.  
Mais  est-ce qu’il pense que l’homme est le seul à penser qu’il pense???
Ça m’étonnerait qu’il puisse imaginer qu’une telle fatuité existe. 
 Les hommes au sens d’humains sont rares. La plupart ne pensent qu’à eux. Mais réfléchissent-ils?
Tout ça pour dire que l’homme ne pense pas autant qu’il le croit.
 ;)
Il interprète les capacités des animaux à sa sauce, sans chercher à les connaître, et, bien-sûr, en se donnant toujours le beau rôle.

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Toros martyrs, spanish bulldogs et toreros...une perversion de plus au goût des toreros

19 Juin 2013, 09:39am

Publié par Jo Benchetrit

dans la serie les atrocités continuent, les toros atatqués par des chiens dressés pour ça. Petite vicytoir contre un des sadiques.MAIs si minie...Enfin cest binquand même.

Chers amis,

 

 

Le scandale a éclaté il y a deux jours, quand le torero portugais très connu, João Moura Jr, a publié sur sa page Facebook des photos de Spanish bulldogs attaquant un taureau utilisé dans les corridas.

 

 

Les photos sont choquantes.

 

 

Ensuite Moura a été dénoncé aux autorités portugaises pour cette pratique illégale. La page Facebook a été supprimée. 

Les photos prises à partir de cette page restent toutefois pour la postérité sur Internet. Elles révèlent le monde souterrain de la tauromachie.

Pour les toreros la torture des taureaux et des chevaux dans une arène ne leur suffisent pas; comme tous les psychopathes ils se livrent à d'autres formes de crimes sur les animaux et en voici la preuve.

 

 

Quelle que soit la destination que vous choisissez pour vos vacances, éviter à tout prix les pays qui restent encore à l'époque médiévale comme le Portugal, la France, l'Espagne et certains pays latino-américains qui continuent à ignorer la plupart des personnes opposées à ces pratiques.

 


Pour les animaux        Maria Lopes (coordonnateur)                                                                          Mouvement international contre Corridas  

 

 
 
  .
From: Maria Lopes [mailto:marialopes@iwab.org
Sent: 14 June 2013 01:39

 

 

MOVIMENTO INTERNACIONAL ANTI-TOURADAS

INTERNATIONAL MOVEMENT AGAINST BULLFIGHTS

MOVIMIENTO INTERNACIONAL ANTITAURINO

MOUVEMENT INTERNATIONAL ANTI CORRIDAS

www.iwab.org

 

Dear Friends,

 

 

 

 

The scandal broke just two days ago when a very well known Portuguese bullfighter, João Moura Jr, published in his Facebook page photos of Spanish bulldogs attacking a bull used in bullfights.

 

 

The photos are shocking.

 

 

After Moura was denounced to the Portuguese Authorities for a practice that is illegal, the Facebook page was deleted. The photos taken from that page will however remain for posterity on the Internet. They reveal the underground world of bullfighting. For bullfighters it is not enough to torture bulls and horses in a bullring, but like all psychopaths they are compelled to indulge themselves in other forms of torturing animals and here is the proof.

 

 

Whichever destination you choose for your holiday, avoid at all costs countries that still remain in the Medieval Era like Portugal, France, Spain and some Latin American countries which continue to ignore the majority of their people opposed to these practices.

 

 

For the Animals
> Maria Lopes (Coordinator)
> International Movement Against Bullfights
www.iwab.org

 

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Bel article sur les Inrocks, à la sortie du livre: "les animaux ont ils des droits?"

19 Juin 2013, 05:49am

Publié par Jo Benchetrit

 

 

http://www.lesinrocks.com/2013/06/18/actualite/les-animaux-doivent-ils-avoir-plus-de-droits-11402165/

 

Allez sur leur site, vous pourrez y lire d'autres textes interessants comme celui ci:

Les animaux doivent-ils avoir plus de droits?


"Babe, le cochon devenu berger" de Chris Noonan

Outragés, brisés, martyrisés, et peut-être enfin libérés : les animaux doivent devenir des sujets de droit au même titre que les humains, estiment de plus en plus de chercheurs.

Le succès commercial, en 2011, du livre de l’Américain Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?, est un indice parmi d’autres : quelque chose de neuf se joue dans le rapport que les humains entretiennent avec les bêtes. Comme si, avant même de les manger (ou pas), on les prenait en considération pour les observer, d’égal à égal. Par-delà l’activisme militant de plus en plus vif des mouvements végétariens et vegans (végétaliens), notamment aux Etats-Unis, le regard – social, sensible, affectif, politique – change de perspective dès lors que s’immisce dans l’espace public la question des droits des animaux : un enjeu philosophique se pose avec une acuité inédite à l’échelle de l’histoire humaine, particulièrement en Occident.

“L’animal nous regarde. Et penser commence là”

Alors que la pensée occidentale est globalement restée étrangère à certaines traditions de pensée plus favorables aux animaux, elle s’ouvre en ce début de XXIe siècle à de nouvelles manières de définir une sorte de contrat moral entre les humains et les bêtes. “L’animal nous regarde. Et penser commence là”, écrivait déjà Jacques Derrida dans L’animal que donc je suis, sorti en 2006.

>> A lire aussi : “Faut-il manger les animaux?”: entretien avec Jonathan Safran Foer

La publication d’un essai important sur le sujet, Les animaux aussi ont des droits, illustre et confirme ce début de retournement culturel : la frontière entre les humains et les animaux s’érode de plus en plus. Au nom de quoi, de quel argument, de quelle conscience ahurie, serait-on conduit à définir un continuum moral entre les humains et les bêtes ? C’est précisément à ces questions que répondent dans cet ouvrage l’éthologue Boris Cyrulnik et deux philosophes majeurs sur le sujet, Elisabeth de Fontenay, auteur du très remarqué Le Silence des bêtes (1998), et l’Australien Peter Singer, penseur séminal de la question animale.

Mouvement de libération animale

De passage à Paris fin mai, Peter Singer, âgé de 67 ans, sait qu’il reste assez mal connu en France, alors que dans les pays anglo-saxons ses travaux sont largement commentés, analysés, voire critiqués (parfois sévèrement : dans la presse américaine, Singer fut qualifié d’homme “le plus dangereux du monde” à cause de la radicalité de ses positions). Spécialisé en bioéthique, professeur à Princeton, le philosophe est considéré comme le penseur le plus radical des droits des animaux. Fondateur du Mouvement de libération animale, il a découvert et fait découvrir l’éthique animale dès le début des années 70, suite à la prise de conscience des dérives de l’élevage industriel. Dès 1975, il publie son livre majeur, Animal Liberation, construit autour d’une question obsessionnelle : pourquoi les humains ne devraient-ils pas tenir compte des intérêts des animaux ?

Une énigme qui le conduit aussi à lancer aux Nations unies, en 1993, le Projet grands singes (Great Ape Project) et la déclaration Equality Beyond Humanity, réclamant que “la communauté des égaux inclut tous les grands singes” : êtres humains, chimpanzés, gorilles et orangs-outans. Pour lui, la libération animale est “un concept plus radical que la défense animale” puisqu’elle “questionne directement l’autorisation qu’on s’octroie d’user de la vie d’autres êtres vivants pour satisfaire nos besoins propres d’une façon qui inflige douleur et souffrance”.

“Rien de ce que nous faisons aux animaux ne constitue un péché”

Sa position éthique n’est pas seulement indexée sur une quelconque réaction émotionnelle, doloriste et culpabilisatrice face à la souffrance animale : elle se revendique proprement philosophique, ancrée dans une tradition de pensée forte dans les pays anglosaxons, l’utilitarisme, dont le maître fondateur Jeremy Bentham, avec John Stuart Mill, posait déjà au XVIIIe siècle le problème du droit des animaux en ces termes : “La question n’est pas : peuvent-ils raisonner ? peuvent-ils parler ? mais peuvent-ils souffrir ?” Si cette question semble avoir été évacuée de la conscience occidentale, surtout en France, c’est d’après lui à cause de “la tradition kantienne et cartésienne”, de la tradition culinaire évidemment très riche en plats de viande, mais aussi en partie à cause de l’influence pernicieuse du catholicisme qui affirma longtemps que “rien de ce que nous faisons aux animaux ne constitue un péché”.

Pour Singer, cette tradition intellectuelle composite pose les fondements d’un humanisme pour qui “les animaux ne comptent pas”, au regard de la spécificité du genre (génie) humain. Or “on continue de mettre de l’emphase sur la dignité humaine, sur la spécificité humaine, sur la différence entre l’Homme et le reste du monde vivant”, regrette-t-il. Le cadre de référence utilitariste, censé rechercher le bien maximum pour un maximum d’individus, conduit au contraire Singer à rejeter toute idée d’appartenance à une espèce : c’est son combat contre le “spécisme” (la hiérarchie des espèces) qui le rend subversif pour beaucoup, voire dingue pour d’autres. “De mon point de vue, tout le monde devrait être antispéciste et rejeter en bloc l’idée que l’on puisse prêter moins d’importance à un animal au prétexte qu’il n’appartient pas à notre espèce, une idée qui me paraît totalement irrecevable sur le plan éthique”, affirme-t-il. Même s’il précise qu’il est “absurde de prétendre que nous devons traiter les animaux de la même manière que les humains”, il pose comme préalable à toute action que “lorsque les animaux souffrent, nous devons prêter la même considération à leur souffrance qu’à la nôtre”.

“Il n’y a pas deux éthiques, l’une humaine, l’autre animale : il y a éthique ou il n’y a pas éthique.”

Par-delà ses apories, critiquées par de nombreux penseurs dits humanistes encore attachés aux frontières distinctes entre les êtres vivants, l’antispécisme de Singer influence de nombreuses réflexions actuelles, aux Etats-Unis (Tom Regan, Gary Francione) mais aussi en France (Florence Burgat, Françoise Armengaud, Georges Chapouthier…), en en prolongeant beaucoup d’autres plus anciennes (Jacques Derrida, Hans Jonas…). Celle d’Elisabeth de Fontenay, en particulier, qui insiste sur ce point : “Il n’y a pas deux éthiques, l’une humaine, l’autre animale : il y a éthique ou il n’y a pas éthique.” Aujourd’hui, dit-elle, il faut “déconstruire cette métaphysique tant spiritualiste que matérialiste du ‘propre de l’homme’ qui a conduit à opérer une coupure entre l’homme et l’animal”. Contre cette “arrogance” du propre de l’homme, dans la lignée directe de Peter Singer, la philosophe défend un nouvel humanisme, “un humanisme de l’autre vivant et qui prend en charge l’humanité des animaux mêmes, attentif à la passivité, à la vulnérabilité des vies nues et plus ou moins muettes”.

C’est donc à une rupture avec le rationalisme essentialiste de la philosophie classique que nous invitent Singer, Fontenay et Cyrulnik, pour qui “le souci de l’autre doit inclure désormais les animaux dans la sphère morale”, comme une conséquence de nos récentes connaissances en éthologie et en primatologie. Même les pieuvres sont capables d’apprentissage et d’attachement, rappelle Cyrulnik ; sans parler des porcs, dont on sait désormais qu’ils ont une vie émotionnelle riche et des capacités cognitives très développées, égales ou supérieures aux chiens et aux grands singes.

A ces motifs éthiques, Peter Singer mêle aussi des considérations d’ordre écologique et médical.

“L’une des manières de résoudre ou de réduire la menace du changement climatique serait de cesser de manger de la viande, en particulier celle des ruminants ; cette industrie constitue selon la FAO (Food and Agriculture Organization – ndlr) l’une des plus grandes contributions au réchauffement climatique, plus que tout le secteur des transports, avance-t-il. Le même raisonnement s’applique pour résoudre le problème de la famine ; la production de viande est très gaspilleuse de terre arable, plus de 70 % des terres agricoles disponibles sont consacrées au seul élevage des animaux dans le monde : cesser de manger de la viande permettrait de libérer la terre pour nourrir des millions de personnes à travers le monde en céréales, fruits et légumes. Donc ceux qui s’intéressent d’abord aux problèmes de l’humanité devraient au moins être végétariens pour ces raisons-là, quand bien même ils ne sont pas militants de la libération animale.”

Il y aurait peut-être aussi, d’après lui, moins de cancers des voies digestives, du côlon, du rectum, du sein, vu l’incidence probable des graisses animales sur les organismes humains – une corrélation qui reste à prouver.

La réflexion de Singer peut tenir à l’écart, par sa radicalité, des lecteurs “kantiens” ou simplement gourmets, rétifs à ce changement de paradigme au nom de leurs habitudes culturelles, de leurs goûts gastronomiques ou de leur histoire sociale. Cette volonté de rupture absolue sépare d’ailleurs Peter Singer d’Elisabeth de Fontenay qui reproche au radicalisme animaliste “la non-prise en compte de certaines traditions immémorialement ancrées dans le devenir des hommes” : “celle de la tradition culinaire, notamment, qui tourmente exemplairement Jonathan Safran Foer dans Faut-il manger les animaux ? quand il se souvient des plats que lui faisait sa grand-mère”.

Pour autant, le décentrement auquel Singer nous invite ouvre de nouveaux horizons politiques et existentiels. On peut supposer que ces questions vont même s’élargir dans les années à venir, comme elles irriguent déjà l’espace intellectuel dans le monde occidental, qui fait désormais de l’animal un sujet comme les autres. Les lignes du grand partage entre les êtres vivants se déstabilisent ; les bêtes viennent perturber la notion de droit et obligent à repenser les seuils et les catégories morales de notre vieille tradition humaniste.

Jean-Marie Durand

Les animaux aussi ont des droits par Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Peter Singer, entretiens réalisés par Karine Lou Matignon, avec la collaboration de David Rosane (Seuil), 268 pages, 18 €

le 18 juin 2013 à 14h50

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Aux chercheurs vivisecteurs par expérimentations sur animaux François Lachapelle.

16 Juin 2013, 13:45pm

Publié par Jo Benchetrit

La vivisection est illégitime, même si elle est légale.
Rajout du 17 juin: vous trouverez plus bas de belles lettres envoyées pour faire cesser le projet du petit dej au chien qui fume.Mon commentaire à cette interview de F.Lachapelle au journal de L'ile Maurice Le Mauricien, d'où sont exportés des singes destinés à ses abominations. Du paradis à l'enfer, quoi:
Votre terrain, selon vous, serait l'avancée de la connaissance. C’est vrai que c’est captivant, de savoir. C’est même une pulsion, que certains psychanalystes nomment la pulsion épistémologique. En fait, ça relève de la pulsion scopique qui est le désir de TOUT voir, le savoir visé est un ça-voir de voyeur. On sait bien que l’homme ne se civilise qu'en se donnant des limites, celles de l'égard dû aux autres êtres sensibles. Sinon, on agit comme des brutes aveugles, des gens comme Descartes et Malebranche qui donnaient des coups dans le ventre de chiennes de préférence gravides ! Comme des gamins sadiques...voilà votre modèle, le sadisme. Sauf qu’eux étaient soi-disant certains que « ça » ne souffrait pas, que c’était des réflexes du genre de portes qui grincent. Seuls des autistes peuvent avoir de telles hallucinations de l'autre!
Monsieur, je suis psychanalyste et je soutiens que l’éducation qui permet à un enfant pervers de naissance de devenir un être social, transmet que tout n'est pas possible, qu’il ne faut pas tout savoir. Au fond, c’est ce que disait Dieu quand il interdisait l'arbre de la connaissance à Adam et Eve, non ?
On ne doit pas tout savoir si un autre en est lésé. C'est le problème PLUS GENERAL de la jouissance.
On ne peut jouir de ce qui détruit l'autre, sinon on est un monstre. Interrogez vous sur vous, m. Lachapelle. Qui suis-je? Voilà la question que tout honnête homme devrait se poser.Qui suis-je et quelle trace vais je laisser sur terre, moi qui ai semé tant de malheur chez des innocents (ici, animaux, circonstance aggravante car on les torture au profit des autres, leurs bourreaux, parce qu'ils sont trop faibles pour se défendre!!!) Ai-je tous les droits sur ceux qui sont à ma merci? Qui suis-je, moi, sinon un barbare impitoyable? L’arbre de la connaissance est celui de la désolation si ne sait pas que la morale est essentielle à l’homme respectable.
Le jour de votre mort, comme le bourreau Claude Bernard, vous aurez peut être honte. je vous le souhaite avant, afin d'épargner des centaines d'animaux , vos pitoyables petites victimes que vous n'êtes pas capables de voir vous qui croyez vouloir TOUT voir, vous ne voyez pas l'essentiel, l'être vivant en face de vous, et encore moins, vous, le visage de la terreur dans les YEUX DE VOS VICTIMES.CAR VOUS IGNOREZ QU'ILS VOUS VOIENT. Et vous jugent, comme moi je le fais. Ce que vous voulez voir échappe à la notion de l'alter ego. Vous,les chercheurs, voulez voir ce qu'on ne peut pas voir. Lisez Freud sur le sujet de ce que nous voulons savoir (ça-voir). Selon lui, c 'est la connaissance impossible, celle de savoir comment nos parents nous ont fabriqués, celle de la "scène primitive". C'est là que réside le désir du chercheur. Si personne ne les borne, ils vont jusqu'au pire dont ils oublient d'avoir HONTE.

http://www.lemauricien.com/article/interview-lexperimentation-animale-mal-necessaire-declare-dr-francois-lachapelle

www.lemauricien.com
À l'invitation de la Cyno Breeders Association, qui regroupe tous les éleveurs mauriciens de singes, le Dr François Lachapelle, chef du Bureau d'Expérimentation à l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) en France, a animé cette semaine un symposium. suite sur leur site.
je transmets:
Dans le monde, on estime à environ 500 millions le nombre d’animaux tués chaque année dans les laboratoires de recherche mais il est très difficile de disposer de données précises. Ainsi que d’obtenir des films ou des images car tout se passe dans un climat de secret, dans des laboratoires fermés très difficiles d’accès. 60% des animaux sont utilisés pour la pharmacologie, le reste se répartissant comme suit :
- la recherche médicale (étude des maladies),
- les tests sur les cosmétiques,
- la recherche sur les maladies psychiques,
- la recherche militaire et l’enseignement.
Les tests de toxicité sont transversaux à toutes ces catégories (menés dans chacune d’entre elles) et représentent environ 75% de toutes les expériences sur animaux.
60% de ces expériences sont effectuées dans les laboratoires privés, 33% dans les écoles de médecine et les universités, le reste dans les organismes publics.
Les animaux sont amputés de leurs cordes vocales, empoisonnés, brûlés, aveuglés, affamés, mutilés, congelés, décérébrés, soumis à des chocs électriques, infectés également avec des virus qui n’affectent généralement pas les animaux.
70% des expériences sont pratiquées sans anesthésie et 30 % avec seulement une anesthésie partielle.
Quelques témoignages d'animalier ayant travaillé dans des laboratoires :
http:// www.stopvivisection.info/ spip.php?article52
http://www.stopvivisection.info/spip.php?article75
http://www.planete-dechet.com/tmoignage-dun-animalier.php

Des milliers d'animaux sont sacrifiés au titre d'une pseudo-science bien qu'aucun animal ne puisse biologiquement être comparé à un être humain. Pour preuve, jusqu'à 35000 humains décèdent chaque année pour avoir consommé des médicaments pourtant validés par les protocoles d'expérimentations sur les animaux. Et pour cette inutilité meurtrière, les animaux vivent dans la douleur, l'angoisse, le stress !
Pourtant, les méthodes alternatives existent. La communauté scientifique dispose actuellement de connaissances et d'atouts suffisants pour consacrer à ces recherches toute l'énergie qu'elle gaspille dans la vivisection. Ces méthodes, dites alternatives, s'imposent non seulement comme des solutions de remplacement mais elles s'avèrent surtout plus fiables que l'expérimentation animale. Citons, parmi les plus importantes :
- Test d'Ames, mis au point par le Prof. Ames dans les années 70. Il permet de déterminer les effets des composants potentiellement cancérigènes
- Test de Bettero, développé par le Prof. Antonio Bettero, directeur du Centre de cosmétologie de l'Université de Padoue, permettant de déterminer le pouvoir irritant d'une substance. Ce test rend inutile la méthode la plus utilisée actuellement, le test de Draize, qui consiste à appliquer le produit analysé dans les yeux de lapins vivants pour déterminer dans quelle mesure l'iris et la conjoctive s'enflamment et s'irritent.
- Le système Microtox qui permet d'évaluer le danger potentiel de toxicité de nombreuses substances.
- La méthode Corrositex permettant de tester les substances dangereuses pour la peau.
- Les tests toxicologiques utilisant des cultures cellulaires et tissulaires, parmi lesquels nous trouvons : Agar Overlay Test (AOT), test de citotoxicité ; Lactate Dehydrogenase (LDH) Release, utilisé pour déterminer le degré de destruction de la membrane cellulaire ; Neutral Red Uptake (NRU), test de citotoxicité ;
Neutral Red Release (NRR), test de citotoxicité ; Total Protein Content (TPC), test de citotoxicité le plus réputé, capable d'identifier l'inhibition de la croissance cellulaire ; Test MTT, test de citotoxicologie ITC Inhibition du lien entre les cellules tumorales. Il permet d'identifier des substances potentiellement tératogènes
EST Technique du Disque épidermique, utilisé pour identifier des substances corrosives pour les yeux ou pour la peau ; Méthodologie OSAR - Relation Quantitative entre Structure et Activité. Utilisée dans l'étude de la toxicité et de la pharmacodynamique.

 

Souvenez vous de ceci lors de votre symposium:

L'expérimentation animale
VERSION FR (À VOIR ABSOLUMENT)
www.youtube.com
http://www.sauvons-les-animaux.com/
experimentation-animale-.php
Le documentaire date de 88,
mais il est toujours d'actualité sauf qu'à l'époque les laboranti...
Le restaurant parisien "AU CHIEN QUI FUME" accueille le 28 juin prochain un petit déjeuner de vivisecteurs :
http://www.ajspi.com/activites/invitations/petit-dejeuner-le-28-juin-8h30-experimentation-animale-ce-qui-va-changer

action FB: https://www.facebook.com/events/134201446786171/134829323390050/?notif_t=like

Les SS torturaient les humains (à leurs yeux, des non hommes)

et les animaux dans leurs labos. A nouveau, ça peut arriver à n'importe qui, un jour!

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