| En commentaire à mon texte sur le coup de tête de Zidane à la coupe du monde, http://psychanalyse-et-animaux.over-blog.com/article-3255086.html , un nommé Chahid, collègue blogger d'over-blog me dit avoir mis les points sur les i --en reprenant une phrase très générale, car la barbarie est le point commun à TOUS les humains et que c'est leur symptôme, donc leur structure selon Lacan--en la personnalisant en un seul peuple, les israéliens. Ainsi, il assure avec, me semble-t-il, l'aplomb que donne la conviction offensive et pas celui de la certitude scientifique, qu'il suffirait de limiter cette sortie de jeu aux israëliens quand ils sont barbares, pour que le monde soit lavé de toute barbarie. N'est-ce pas là le retour du l'acte magique du sacrifice du malheureux bouc-émissaire, envoyé dans le désert pour symboliser le rejet de tout mal? Comment, en faisant le mal, sacrifier un animal, humain ou pas, qui symbolise le mal de tous, croyons-nous tuer ce mal?
Hitler a voulu que les juifs dans leur ensemble soient ce bouc émissaire...charmante démarche dont on a pu admirer les moyens et les effets !
Jésus, encore un juif, c'est offert en victime expiatoire "qui rachète tous les péchés du monde" comme on le ressasse à l'église. Le résultat fut nul ! Force est de constater que le mal est toujours présent, malgré les milliards de sacrifices animaux et les millions de sacrifices des animaux dits humains, à tort! On ne rachète pas le mal en faisant ou subissant le mal. Le kamikaze, comme le sacrificateur, ne peut que nuire à sa cause, qu'il croit être le bien. Le mal ne peut donc être combattu (qui l'eût cru ?) que par le bien ! Et encore, car le mal, de toute évidence, est le plus fort dans un monde de vampires où certains veulent TOUT sans partage avec ses colocataires du monde. Or , pour partager, il faut que chacun veuille céder de sa jouissance, afin de laisser vivre le désir sans le satisfaire complètement.
"Le désir humain est monstrueux" disait Castoriadis.
Certes, c'est pour cela qu'on ne doit pas aller au bout de sa satisfaction, qui est la complétude. Mais on sait depuis Freud que cet apaisement recherché par ce désir de complétude, c'est la mort. (Cf. Au delà du principe e plaisir)
A l'inverse, le désir (inassouvi par essence) est ce qui dynamise, ce qui permet de faire toujours mieux, mais il faut savoir lui donner les bornes et ces bornes, c'est tout ...bête...c'est le respect de l'autre, de tout autre, y compris du "plus autrui des autrui"( selon E.de Fontenay), l'animal.
Quand monsieur Chahid, sans doute égaré par une passion, nous dit donc qu'il suffit d'un peuple d'hommes, les israéliens, qui soit sorti quand il commet des actes selon lui barbares, ce qui, dans son blog me semble un pléonasme puisqu'il remet en cause sa simple existence comme étant déjà une injustice, pour que l'on soit debarrassé du mal, et bien je ne puis adhérer.
Ce serait bien. Mais trop facile. Car le mal est en chacun de nous. La seule explication au nazisme est d'ailleurs qu'il est la chose la mieux partagée au monde des hommes..
""Dans un monde idéal, l'humanité n'existerait pas" dit, sans se rendre compte de ce qu'elle dit, la pub de l'Humanité, journal du PCF!"
Ceux qui le savent savent aussi qu'il faut faire un effort pour ne pas tomber dans le mal. il faut se combattre soi-même.
C'est une illusion de plus dans ce monde de penser qu'il suffir de se débarrasser d'une nation, d'une race, d'une espèce ou d'un être pour que le monde soit idéal! Mais l'homme aime mieux ses croyances que le savoir.
Il faut payer pour savoir, alors que pour croire, on ne perd rien de sa jouissance.
Le savoir nous confronte à la castration symbolique, à l'inverse de la croyance qui la recouvre.
Je voudrais lui demander si la disparition de la nation israélienne peut aider de quelque façon à ce que ceci, effet de la barbarie humaine, ne soit pas:
"Dans le monde, 1 espèce sur 4 est menacée chez les mammiferes, 1 sur 8 chez les oiseaux, 1 sur 3 chez les poissons et 2 sur 5 chez les amphibiens." Union mondiale pour la nature (UICN)
ou encore celle-ci:
Aujourd'hui, à la Une du Mercredi 12 Juillet 2006 international Inde : carnage terroriste à Bombay
Au moins 183 personnes ont été tuées dans une série d'attentats à la bombe attribués à des islamistes cachemiris
????????????????????????????????????
Je vous colle les commentaires en question
Je vous en laisse juge...et arbitre!
Vous dites : « Oui, si il y avait un juge-arbitre pour dire: "Ceci n'est pas la règle du jeu. Vous sortez", à chaque ignominie humaine, la face du monde n'aurait plus le nez de Néron l’assassin allumé », je me permets une modification à cette phrase : « Oui, si il y avait un juge-arbitre pour dire: "Ceci n'est pas la règle du jeu. Vous sortez", à chaque barbarie israélienne, la face du monde n'aurait plus le nez de Néron l’assassin allumé », là les points sont sur les i !!!!
Commentaire n° 3 posté par: Chahid(site web) le 12/07/2006 - 01:51:35
Je suis d'accord sur un fait:Il faut être contre toutes les sortes de barbarie et condamner TOUS les terroristes humains qui ont mis le monde à feu et à sang. La seule violence permise est la légitime défense, ou encore l'assistance à personne en danger.Personne=tout animal en danger y compris les animaux humains.
Il ne faut pas confondre légitime défense et paranoïa: attaquer alors que l'on se croit menacé... à tort. La guerre est donc parfois de la pure barbarie, mais aussi parfois juste de la légitime défense. Simplement celui qui envoie la mort ne peut récolter la vie.
Sauf que les kamikaze sont des gens qui croient dur comme fer ne pas être des barbares, mais des saints qui donnent leur vie terrestre pour récolter une belle vie éternelle. ET contre le fanatisme, la croyance poussée, on ne peut qu'essayer d'apporter la lumière de la raison qui est bien faible par rapport à la folie humaine, hélas si obscure.
Lorsque depuis l'enfance on vous fait croire des choses, la lumière de la raison est impuissante, sauf chez des êtres d'exception, les justes, qui savent dire NON à la saloperie ambiante.
J'espère avoir satisfait votre curiosité.
Commentaire n° 4 posté par: joe(site web) le 12/07/2006 - 06:47:50 rebonjour, Je voudrais rajouter ceci: La haine est la pire des conseillères. L'amour aveugle. Que reste-t-il? L'honnête et difficile chemin de l'objectivité. Parfois, celle-ci ne nous fait pas plaisir. Mais c'est ça le devoir de l'écrivain, qui en plus, fait du journalisme, et nos blogs, ça sert aussi à informer. On ne doit écrire que ce qu'on sait juste c'est à dire en adéquation avec le réel. Pas ce qui est en accord avec nos croyances, ni ce qui est là pour manipuler les lecteurs. L'écriture est une ascèse. On n'est pas là pour se faire plaisir. On doit tuer en soi le méchant pervers qui, du fait qu'il écrit, se sens tout-puissant et donc se fiche de son lecteur en lui faisant croire des choses au lieu de l'éclairer sur ce qui est. Le problème est que l'on est soi-même pris dans des préjugés et que l'on peut dire des choses inexactes en toute bonne foi. Entre le saint et la canaille il peut n'y avoir qu'un pas, celui de l'illusion sur soi. Freud disait qu'il fallait analyser nos préjugés pour analyser l'autre.Il appelait ça analyse du contre-transfert de l'analyste. C'est le devoir du psy de faire ça, mais c'est aussi le devoir de tout honnête homme. J'espère que vous entendez ce que je veux vous signifier. Pardon d'avoir été longue, mais je pense que ça le mérite. Merci de votre attention. il en faut pour défendre la paix c'est à dire la vie, et lutter contre sa propre pulsion de mort, le tyran de tous les humains. **************************************
Mon interlocuteur, Chahid,m'ayant enfin fait l'honneur d'une réponse me pousse à compléter mon article. Je viens de prendre connaissance de son comm. et ne vais donc pas y répondre de manière complète mais je tenais à vous en faire part. J'y reviendrai donc dès que le temps m'en laissera le loisir. je ne comprends pas pourquoi il dit avec la voix pleine de sous-entendus que je dois comprendre pourquoi un article sur Zidane glissait vers la question palestinienne. Ce n'est pas parce que je parle d'un footeux, qui plus est français, certes d'origine algerienne, que je dois penser à Israël. M'enfin, à chacun son obsession et je n'ai pas celle-là. Moi, c'est le problème global de la barbarie telle qu'elle se diffracte dans les divers champs de l'activité (in)humaine, y compris bien-sûr là bas, mais aussi au Darfour, au Tibet, en Chine, en France etc...Lisez moi, et vous verrez que j'ai l'embarras du choix. J'ai d'ailleurs expliqué en intro pourquoi je parlais de Zidane, et surtout de son carton rouge, après son énigmatique acte où d'un air décidé cet homme en pleine action footballistique s'est retourné, et l'air aussi étrangement calme et presque flegmatique, qu'on retrouve chez les héros d'un western spaghetti de Sergio Leone, a donné un coup de tête dans la poitrine de l'Italien qui le suivait qui s'est ainsi retrouvé sur le cul. Il ne manquait plus que le gros plan sur le visage de l'idole aux si mignons yeux verts (Jo, tu t'égares!!!) et la musique de Morricone...et on y était. J'en ai parlé parce que cet acte, au final, était un évènement mondial, et j'en ai parlé avec des milliards d'autres gens ce jour-là de lendemain de coupe du monde de foot.
Alors, croire que parce que Zidane est musulman j'en aurais parlé en pensant à Israël me laisse, moi aussi, sur le cul. Mon travail ici est fait pour tenter de mettre le fou humain qu'est le barbare et que, je ne le répéterai jamais assez, ne sera éradiqué que lorsque chacun prendra conscience ce qu'il en est l'hôte, de le mettre en position de voir, de voir ça qu'il est et qu'il fait dans ce monde et au monde. Ce bon point de vue, ce "ça-voir", ce n'est qu'en acceptant de se décaler de son point de vue habituel, qui le rend aveugle au réel, qui ne lui fait voir que son imaginaire sur l'écran de son ego imbécile et narcissique par définition, ce n'est qu'en regardant le réel comme une anamorphose perceptible que d'un autre lieu, qu'il le verra. Et cette vision n'est pas anodine. Cette vision est la porte de l'éthique. ce voir devrait le transformer. Chercher à se voir est signe de son changement. Refuser ce ça-voir, par contre, est signe de résistance à ce réel, donc à l'éthique qui exige une perte,, celle de ses convictions. Sacrifier une part de soi, celle qui fait plaisir...Voilà ce qu'exige l'éthique.Vous pourrez lire le comm. de Chahid après mon texte, en cliquant sur les commentaires. Ceci est une réponse provisoire à cette irruption du réel dans mon travail presque solitaire. Le réel ne doit pas être zappé. Il ne doit pas donner lieu à la facilité d'un effacement de commentaire. IL questionne, il enseigne . C'est en tant que source d'enseignement que je remercie Chahid de m'apporter ce réel, à savoir ce que son imaginaire perçoit de moi, même si ce réel m'effraie...Car Chahid, je vous le demande, essayez de ne pas me mettre dans une case au prétexte de ce que vous savez ou imaginez de mes origines. Cette attitude est réductrice et leurrante. Je suis libre de mes opinions, comme vous, mais pas libre d'enfermer l'autre dans ce que mes a priori me dicte. Je viens de trouver ceci, qui m'a l'air raisonnable: Edito du Monde Impasses LE MONDE | 13.07.06 | 14h21
près la Palestine, le Liban. En deux semaines, Israël a attaqué sur deux fronts. L'Etat hébreu répond à chaque fois au même type d'agression. A la lisière de la bande de Gaza, des combattants palestiniens du Hamas ont pris d'assaut, le 25 juin, un poste militaire israélien, tuant deux soldats et capturant le caporal Shalit. Au Liban sud, des combattants libanais du Hezbollah ont attaqué, le 12 juillet, un convoi militaire israélien, tuant sept soldats et en capturant deux autres.
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, qualifie les opérations du Hamas et du Hezbollah d'"actes de guerre" et de "terrorisme". Juridiquement, il a à la fois raison et tort, ces actions étant hostiles sans forcément violer les lois de la guerre. Politiquement, M. Olmert a évidemment raison, l'objectif de ces opérations étant de provoquer Israël.
Israël répond, comme toujours, fort de sa supériorité militaire, par un usage disproportionné, contraire au droit international, de la force militaire. Avec deux objectifs affichés : obtenir la libération de ses soldats ; rétablir sa capacité de dissuasion, afin de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza et du Liban sud sur son territoire. Concernant la Palestine, on peut en outre se demander si M. Olmert ne souhaite pas, malgré ses démentis, détruire le gouvernement - élu - du Hamas.
Cette escalade ne mène qu'à des impasses. Impasse en Palestine, où le président Mahmoud Abbas est marginalisé, et où l'aide internationale est stoppée. Impasse au Liban, où le gouvernement de Fouad Siniora, tenu pour responsable par Israël, est déstabilisé par la présence en son sein de deux ministres du Hezbollah, et où l'aide internationale est menacée. Impasse pour Israël, qui n'est en mesure ni d'obtenir la libération de ses soldats, ni d'arrêter les tirs contre son territoire.
Ceux qui peuvent se réjouir de cette escalade sont le Hamas et le Hezbollah, ainsi que Téhéran et Damas, leurs fidèles soutiens. Ajoutés à la guerre en Irak et à la crise sur le nucléaire iranien, les conflits israélo-palestinien et israélo-libanais accentuent le sentiment d'un chaos qui ne peut que servir les dictatures, les islamistes et tous les partisans de la loi du plus fort.
Face à ce processus guerrier, la communauté internationale apparaît désemparée. Elle appelle les mouvements islamistes à libérer les soldats israéliens, et Israël à restreindre l'usage de la force. Elle ne paraît pas entendre les appels, venant des Palestiniens et des Libanais, favorables au dialogue, et des populations meurtries, à une action diplomatique déterminée. Américains et Européens, qui donnent le sentiment d'être, eux aussi, acculés dans une impasse, doivent réagir, avant que l'ouverture de ces deux fronts débouche sur des processus de guerre incontrôlables.
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