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Psychanalyse et animaux.

"Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". La passion de l'ignorance, le Christ et le foie gras.

3 Mars 2008, 07:34am

Publié par Jo Benchetrit

En effet, les romains ne savaient pas qu'ils crucifiaient Dieu!
Ils ont été bien punis: l'Eglise n'a-t-elle pas son fief à Rome?
Et comment auraient-ils deviné, ces pauvres romains, qu'on peut tuer un immortel, un Dieu?
Ils n'avaient pas lu Hassoun qui dit: "on ne tue que le père immortel". Donc imaginaire.
Ce qui implique qu'il faille le retuer épisodiquement, et les animaux totems sacrifiés rituellement comme les motons de l'Aïd et d'autres, en savent quelque chose.

Mais là, il s'agit d'autre  chose:

Ne leur pardonnez pas. Ils ne veulent pas savoir qu’ils savent ce qu’ils font !

 

Ceux qui savent ne sont pas ceux qui ont regardé un document-vidéo sur le foie gras de canard sur le site Stop gavage, et la façon absolument atroce dont ils sont traités de la naissance à la mort qui est pour certains immédiate, ou presque. (En effet, les poussins femelles seront broyées vivantes après sexage.)
vidéo:
http://www.stopgavage.com/videos.php

  Les  mécanismes de défense en place pour ne pas savoir lorsqu’on leur en parle ou lorsqu’ils lisent sur la chose, restent solides, même en voyant, ou plutôt en ne voyant pas, si voir c’est aussi percevoir ce que ressent l’alter ego. Mais, règle n°1 du parfait « jen’enveuxriensavoir », il ne faut pas savoir que l’autre supplicié pour lui est un alter ego. Ce qui définit bien le barbare ne voulant pas savoir qu’il est barbare.

Ce qui est en général le cas. En effet, nul n’est que…quelque chose. Nul ne se définit de n’être que. Ainsi, Aragon n’était pas que stalinien et Drieu La Rochelle que collabo.

Ce qui n’empêche pas les hommes de dire que les bêtes ne sont que des bêtes et qu’à se titre on peut s’autoriser à n’être que…sans pitié avec eux. Car de n’être que des bêtes, ils ne sont pas des alter ego. Pratique pour le narcisse humain qui ne voit pas plus loin que le bout de son ego et ne respecte que lui-s’aime ou son reflet dans l'autre.

Pour savoir, il faut sortir de ce leurre qui dit qu’on ne peut respecter que ceux qui nous émeuvent. La loi impose le respect de tous, qu’est-ce que soit son « senti-ment »(Lacan).
Certains ont accès spontanément à cette évidence, ou bien sont spontanément émus et révoltés par la torture commise sur d’autres, alter ego ou pas. D’autres semblent incapables à jamais d’accéder à cette vérité absolue.

Il ne leur semble pas possible de lutter contre la barbarie en général et s’arrêtent à la seule barbarie  contre les hommes.

  Chacun est pluriel, nul n'est "que"...

 L'antisémite abjecte(pléonasme), Drieu la Rochelle, en effet, a écrit le bouleversant Feu Follet si bien rendu dans le film de Malle.

Un être en perdition qui, nulle part en d'autres hommes ne trouve le rocher auquel se raccrocher pour éviter la chute, quelqu'un d'attachant qu'on ne peut pas attacher et qu'il nous impose de voir mourir dans le mépris total de nous-mêmes.

Solange Leibovici parle de Drieu comme d'un obsessionnel pris dans la haine du corps. Les antisémites voient dans les juifs, comme les hommes le fantasment chez les animaux, des êtres n'ayant aucun frein pulsionnel, des 100% purs- corps, des lubriques.

 

L'érotisme lubrique attribué  par projection aux juifs par l'obsessionnel Drieu, comme pour d'autres bobeaufs obsessionnels, aux animaux des villes et les massacres de pigeons   en témoignent,  réveille   l'hystérie anti-sexe.

Si cela explique pourquoi des hommes peuvent être moraux avec certains êtres et pas avec d’autres, cela ne dit pas comment faire en sorte que chacun deviennent ce parlêtre moral exigé pour faire un humain digne de ce nom, c'est-à-dire résistant aux appels insatiables de leurs pulsions mortifères et abusives. Car c'est ça, la morale, la résistance...non au savoir sur ce qu'on est mais à ses pulsions brutes de décoffrage, avant sublimation.

Ce qui est sûr, si « l’angoisse de culpabilité est une angoisse sociale », comme le constate déçu Freud dans Malaise dans la civilisation, c’est que ce n’est que par l’idéologie, le changement du  discours courant, et la législation qui va avec, que l’on pourrait rendre impossible à un humain de faire souffrir l’innocent (de ses propres pulsions) en dehors de toute conscience de sa culpabilité..

 

 

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D
www.vegetarisme.fr       sans commentaires...
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