Le chaînon manquant contre la barbarie.Ilan Halimi jeune mais juif...assassiné par des Narcisse. Europe 1. Réponse à Cyril Koupernic : Pourquoi la culture est impuissante contre la cruauté humaine,
Le 28.02.2006 au soir sur Europe 1, (vous pouvez encore écouter cette émission de haute tenue)le très charmant et compétent psychiatre Cyril Koupernic répondant à l'interessant Pierre-louis Basse dans sa passionnante émission : "A l'air libre", a dit : "Oui. La violence est naturelle. Elle est contrôlée par la culture." J'y réponds qu'ici s'explique que la violence soit plutôt...culturelle. on ne retrouve d'ailleurs jamais celà dans la nature, je crois.
Le sujet ? Un malheureux jeune-homme de 23 ans massacré par des êtres innommables.
Ilan Halimi est le pauvre martyr d'une idéologie glauque de voyous multicolorés, idéologie qui fait retour en passant des allumés aryens et fiers de l'être aux non moins allumés des banlieues de toutes races, y compris blanche "bon teint", tout autant fiers de l'être.
Comme quoi, il n'y a pas de quoi être fier d'être ce qu'on est ou plutôt de ce que le sort veut que nous soyons et qui n'est en rien dû à notre mérite.
Comment un homme qui a subi les sévices de la société culturellement élevée qu'était l'Allemagne de l'époque, ainsi que la France, peut-il encore s'illusionner ainsi sur le pouvoir de la culture ?
Je ne le crois pas qu'il le puisse vraiment, en fait. Je pense que c'est une réponse à l'attente de solution dans une émission sur le point de finir, où, pris par la vitesse obligée, on essaie de passer un message, quand même...Car comment pourrait-il y adhérer?
Il est évident qu'on ne peut conserver cette même réponse à la barbarie qui n'a déjà pas marché dans le passé, car c'est un leurre.
Et de ce leurre naît le creuset de la dite barbarie, qui, non débusquée, bien à l'abri, peut continuer à se répéter.
J'explique plus bas pourquoi.
Car la violence est en fait contrôlée par ce qui fait d'un enfant un homme civilisé et libre de son désir mais pas de sa jouissance: la Loi de l'Oedipe, par le 2° surmoi dit nom du père, Loi dite de l'interdiction de l'inceste, bafouée par l'attitude de l'homme en tant qu'incestueur de la nature, vécue comme mère-bonne à tout faire, corne d'abondance jamais tarie, selon son fantaslme mais hélas, pas selon la réalité.
Tant que l'on ne voudra pas affronter ce qui se passe en vrai, à savoir ceci, le fait que la culture, commencée avec l'art-- la sublimation donc, sans doute les dessins des grottes de nos lointains ancêtres-- que la culture donc a dévié il y a environ 10.000 ans, au néolithique vers l'agriculture, on ne comprendra pas l'impuissance de ce qui aurait dû être remède contre la barbarie.
Qu'est-ce que l'agriculture ? On peut dire que c'est la soumission forcée de la nature et le détournement de ses lois au seul profit de l'humanité.
Ce qui est la définition d'un viol.
Ce qui est la définition d'un viol.
C'est d'autant plus vrai que c'est bien la reproduction sexuée qui est ainsi confisquée, pour aboutir à ce qu'on sait, le viol par insémination artificielle qui prive nos animaux prisonniers du moindre plaisir, y compris du plaisir sexuel. Pour le remplacer par le déplaisir et la souffrance. Car les inséminations ne se font pas en douceur.
Avez-vous déjà vu les poules attachées par milliers en rond d'oignons, les pattes en l'air, la tête coincée, en bas, le cul fouillé par les doigts sans soin des "techniciens "avec du sperme obtenu avec autant de cruauté, vite, le temps c'est de l'argent ? C'est pour votre poulet, ou vos oeufs, avec ou pas le label de " vie en liberté".
En ces temps de grippe aviaire, la liberté est terminée…Reste le déplaisir ajouté à la souffrance.
Le fruit de leurs entrailles confisquées leur est dérobé, mis en couveuse puis on garde les oiseaux du sexe voulu, les autres poussins à peine nés et sexés sans plus de ménagement, étant massacrés à la broyeuse ou étouffés dans des sacs plastiques.
Ou encore pour les mammifères, ils sont soit tués presque dans l'instant, ainsi des agneaux de lait, des foetus astrakans, et des porcelets, soit allaités au biberon de lait écrémé en poudre reconstitué, avec de la graisse d'équarrissage rajoutée pour les veaux...Tout cela pour les tuer, les dépecer, les dévorer à la fin d'une simili-vie de souffrance intense le plus souvent. Ou encore pour leur faire subir d'atroces expériences. Ou même dans le cas des animaux de compagnie produits dans des batteries… pour choyer ces bêtes issus d'un forçage.
Ne l'avons-nous pas ici, au coeur de la culture humaine, cette violence pas si naturelle que ça, que C. Koupernic -- ce survivant hautement résilient de ce pire qu'il sait pour le dénoncer par ailleurs, il est vrai, que nous le faisons subir aux (autres) (autres) animaux -- voudrait éradiquer à jamais, comme nous tous… du moins officiellement ?
Comment le violeur de la nature, l'homme de la culture qui jouit sans la stigmatiser de l'ère " agricultivée", peut-il est perçu comme l'anti-viol ?
C'est impossible.
C'est impossible.
C'est pourquoi je l'affirme avec force : la culture de l'humanité "agriculturelle" est le maquillage de la barbarie, ou, si vous le préférez, son cheval de Troie.
De plus, merci Lacan, l'effet des mots symboliques, c'est de construire un nouveau monde imaginaire avec eux.
Je dis...et c'est. Conviction délirante mais pas sans effet sur le Réel !
Comme ceux de Dieu, imaginé à son image, les mots de l'homme sont créationnistes de la façon dont les hommes voient le monde, la nature et lui-même. Or, qui dira que la culture est sans mots ?
Je dis...et c'est. Conviction délirante mais pas sans effet sur le Réel !
Comme ceux de Dieu, imaginé à son image, les mots de l'homme sont créationnistes de la façon dont les hommes voient le monde, la nature et lui-même. Or, qui dira que la culture est sans mots ?
Et, si vous me permettez ce glissement, qui affirmerait que pour les (autres) animaux, l'agriculture est sans maux ?
Mais avec des mots, on referait le monde, et donc, si on dit que les (autres) animaux ne souffrent pas, on croit que c'est vrai.
Et, au salon de l'agriculture, on le transmet aux enfants, en même temps qu'un clivage psychotique, qui mangent des morceaux des congénères des bêtes qu'ils caressent, pour bien apprendre que c'est comme ça, le réel des hommes, une façon de biaiser avec le réel des autres, avec ses propres affects et sa propre intelligence, dans leurs rapports à ceux qui seront soumis d'abord par les mots qu'on plaque dessus.
Or cette façon de voir le monde avec son imaginaire, et en donnant par les mots du discours courant à cette image du monde statut de réel, est un faux pli qui mène au pire en question.
Et, au salon de l'agriculture, on le transmet aux enfants, en même temps qu'un clivage psychotique, qui mangent des morceaux des congénères des bêtes qu'ils caressent, pour bien apprendre que c'est comme ça, le réel des hommes, une façon de biaiser avec le réel des autres, avec ses propres affects et sa propre intelligence, dans leurs rapports à ceux qui seront soumis d'abord par les mots qu'on plaque dessus.
Or cette façon de voir le monde avec son imaginaire, et en donnant par les mots du discours courant à cette image du monde statut de réel, est un faux pli qui mène au pire en question.
Ainsi, les tueurs d'Ilan ont repris le discours courant dans les cités, discours importé de la culture occidentale, qui a été confortée par les nazis, et affirme jusqu'à Canal + que les juifs aiment l'argent, (imaginaire) donc en ont (Réel).
Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à voir la façon dont ça parle aux Guignols, par la caricature d'Arthur, animateur producteur d'émission, représenté avec un nez juif bien marqué, et avec des propos très intéressés de riche âpre-au-gain, ce qui est dangereux, puisque de la scène à la rue, on va en subir les effets bien réels sur l'image que l'on en a.) Ils l'ont donc choisi, Ilan, comme victime de leur rapt parce que les juifs ont donc de l'argent, selon ce discours de la banalité dans les cités.
Mais ils l'ont torturés durant 3 semaines avant de le laisser agonisant. Pourquoi, sinon par haine de ce qu'il représentait, en tant que frère, double qui a réussi à se fondre dans l'objet de leur désir, la société française dont ils se sentent et se veulent peut-être, par défi et dépit, inassimilables?
Mais dont ils veulent jouir, comme l'Autre, le juif si proche, qui, lui, aurait selon leur délire, les clés de ce pouvoir-jouir, et les aurait selon eux encore, confisquées pour son seul profit .
La défaite de la culture... George Steiner, un des plus grands philosophes pour notre temps, ne cesse de clamer cette défaite. Oui, on jouait Debussy à Munich et on pouvait entendre en même temps les Juifs en partance pour Dachau hurler dans les trains. La civilisation n'est qu'un vernis narcissique, un de plus, sur cette nôtre barbarie que l'on refuse de voir pour ne pas avoir à l'assumer, et que donc l'on perpétue partout et chaque jour que Dieu fait sur les animaux, nos victimes de prédilection, silencieuses et christiques éternellement.
"Très lentement, et souvent trop tard, l'homme commence à reconnaître dans l'animal son témoin, son altérité irremplaçable." Steiner encore... irremplaçable.*
"Très lentement, et souvent trop tard, l'homme commence à reconnaître dans l'animal son témoin, son altérité irremplaçable." Steiner encore... irremplaçable.*
Ce qui me permet cet enchaînement:
C'est toujours l'animal que l'on tue en l'autre, le tabou de tuer l'homme étant très fort, indépassable. C'est parce que les animaux ne comptent pour rien dans ce tabou de tuer qui structure l'humanité, qu'on ne peut imaginer tuer l'autre homme que "deshumanisé".
C'est ainsi que j'explique que la barbarie envers les hommes est directement liée à celle envers les bêtes.
Je rajoute aussi que comble d'ironie, c'est encore l'animalité qui est convoquée pour tenter d'admettre celui qui tue un homme dans le champ du compréhensible. Ne dit-on pas alors que c'est en tant qu' "animal" qu'il a agi ?
La bête, le saviez-vous? désigne aussi le diable.
Tant que nous n'aurons pas nettoyé notre
imaginaire de ces oeillères à notre intelligence, nous ne saurons pas trouver les solutions à notre barbarie.
qui ne saurait être traitée selon le genre de la victime. Car elle est UNE.
* commentaire de Meryl Pinque.
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