Résistance au changement. On mange de l'amour ou on tue soi enfant ?
L'homme est un barbare qui en souffre mais ne veut pas s'ameliorer. Pourquoi ne pas guérir? Telle est la question centrale d'une espèce humaine qui a du mal à rejoindre dans sa pratique ce qu'il met de vertu dans le terme "humain".
Etudions le point particulier mais fondamental de l'engluement de l'humanité dans la barbarie envers les animaux.
Il y a encore beaucoup à faire pour changer les mentalité et la
conception "utilitariste" des hommes au sujet des "bêtes"... et, si
tout le monde devrait s'accorder sur le fait que nous avons raison,
nous avons à faire à ce qui est aussi fort que 1000 bombes atomiques:
la résistance au changement qui empêche tout réel progrès humain.
Pourquoi?
Parce que les hommes ont mal commencé leur vie
car très vite, la conscience de leur pouvoir sur les faibles
leur a tourné la tête,
Parce que ne faisant que ce qui les arrange, ils n'ont jamais pensé
qu'épargner les animaux leur rapporterait quoique que ce soit,
Parce que les lois faites par les hommes le sont pour les hommes,
Parce qu'il ne savent pas être à l'origine du malheur sur terre et
préfèrent croire que c'est la faute de l'autre, habitude prise dans
la fraternité où l'enfant a tout loisir d'accuser son frère ou
camarade des fautes qu'il commet,
ou plus bibliquement, ce sera la faute d'Eve, leur mère, qui a osé
jouir avec un autre pour les concevoir, ce qui est
inconcevable à la majorité d'entre nous.
La viande, c'est, il faut le savoir, plus que de la nourriture pour
les hommes car les hommes ne se contentent pas de manger pour vivre
mais ils le font pour satisfaire des pulsions. Ils mangent du signifiant. Mais aussi des affects.
Sinon, il n'y aurait pas d'anorexie.
Manger de la viande, c'est manger le père de la horde, faire alliance
avec ses frères en réinventant la loi qui les protègent les uns des
autres de leur "frèrocité" révélée par le meurtre du père.
Manger, c'est aussi le retour à la mère, à son sein retrouvé grâce
à ses bons petits plats fabriqués avec amour, plats qui, comme la
madeleine de Proust, sont porteurs de bien plus que de leur goût. Ils
sont ce que chacun rêve de retrouver, la douceur mythique de l'amour
originel.
Aussi, notre credo: "ne fais pas ça, ne mange pas de produits animaux,
tu n'as pas le droit de manger comme avant" fait pleurer le bébé
que chacun n'ose tuer en lui.
Couper les gens de leurs habitudes alimentaires, c'est les condamner à
l'exil de cette enfance. C'est leur dire: "tu es un homme et cela
pour le temps compté de ta vie.
Tu es mortel."
Le paradis est un remake de cette petite enfance.
Le savoir que nous leur apportons est aussi périlleux que celui qu'Eve
a trouvé en mangeant l'arbre interdit qui est celui de la connaissance
du bien et du mal. Nous sommes le serpent du savoir. Car, dans la
bible, le serpent est un animal sage, le veritable SAPIENS, celui qui
sait que les hommes ont besoin de manger le fruit de l'arbre de la
connaissance du bien et du mal pour les aider à ne pas faire le mal,
mais comme vous le savez, ça a mal tourné, cette affaire. La question
est de savoir pourquoi.
Dieu lui même voulait protéger son enfant de ce savoir-là qui
contient en lui sa propre sanction: la mortalité du sujet.
Comme vous le savez, Dieu les a rendus mortels dès qu'Adam et Eve ont
SU.
Les hommes ont peur de savoir réellement ce qui se passe qui les
obligerait à changer, à devenir adultes.
En effet, changer, c'est mourir un peu...
Le serpent, pour sa part, le sait, lui qui se débarrasse en muant de sa
peau d'avant.
Tout cela pour vous dire que l'éthique n'est pas une option anodine
lorsque l'homme a le choix facile et agréable de la barbarie, c'est à
dire de son paradis originel. Je ne sais si je vous ai aidé à
concevoir que ce que nous apportons a beaucoup de chance de passer à
la trappe, ce qui n'empêche que nous avons raison, et que nous offrons
la seule chance aux hommes de sortir de l'ère barbare qui les menace,
eux aussi, dès que cette barbarie les designe comme victimes légales.

L'horreur des élevages industriels est tel,
la volonté de continuer à en bouffer est si considérable et
évidente,
Qu'on ne peut faire comme si nous avions le moindre pouvoir sur
l'augmentation hallucinante de cette consommation de par le monde, car
c'est là qu'on en est.
Il faut donc souvent se résigner à faire la promotion des élevages
les moins atroces sur le mode:
au moins arrêtez de graisser la patte aux éleveurs immondes,
au moins ne mangez plus autant de viande ni de poisson,
au moins choisissez des viandes non issus des gavages,
ne mangez pas de veau blanc, de foie gras, de poulets et oeufs de
batterie etc.
cependant, tant qu'à faire , attention au BIO.
Il n'assure en rien le "bien être" animal mais juste que les choses
avec lesquelles on nourrit les bêtes est clean.
Je fais la promotion des élevages genre Loué au lieu de bio, because
l'un est " en liberté" et je crians toujours, "en plein air", le second.
Il faut plus espérer en la viande synthétique qu'en notre pouvoir.
Il faut en effet travailler sur les 2 tableaux.
Et culpabiliser les gens, ou plutôt leur faire prendre conscience de
leur responsabilité dans le grand malheur animal...
et humain puisque la famine est , au final, dûe à l'élevage. Cf. ce qu'a dit la FAO en novembre 2007.
Trop facile de penser que le méchant c'est
l'autre et que soi, on est juste comme il faut..
Comme je dis à ceux qui mangent de la viande tout en s'opposant à
d'autres formes de torture, il ne suffit pas de croire être suffisamment bon pour
l'être et le fait de s'offusquer d'un mal qui ne nous profite pas ne
suffit pas à être quitte du reste, qui, le plus souvent est dans
l'ombre mais tout autant considérable si ce n'est plus.
T.P.:
Vous qui êtes contre toute souffrance animale, demandez vous à la lumière de ce que j'ai écrit et de vos propres élaborations pourquoi il vous paraît si difficile de devenir végétalien ou
pourquoi continuer à aller au cirque, ou encore de jouer au PMU.....Etc.
Et je vous pose cette question: Vaut-il mieux manger des enfants d'animaux pour rester soi-même un enfant(fatalement violent) ou tuer cet enfant là qui mène le monde à sa perte, celui stigmatisé par l'expression de Leclaire: "l'enfant merveilleux du narcissisme primaire" qui n'est autre que le barbare que chacun cache le plus souvent et qui est pourtant plus lui que le civilisé qu'il veut paraître ?
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