Dialogues avec le diable…C'est à dire un homme plutôt normal.
Ce qu'il y a de scandaleux c'est qu'on ne voit pas de scandale quand on s'y fait.
Interview d'un technicien de la DSV, sensible mais pas trop.
Il y a 35 ans qu’il travaille dans les abattoirs. Il doit vérifier que la bête « anté-mortem » est en bonne santé. Je cite : « Bien droite sur ses sabots, l’œil vif. »
Puis il attend qu’on la tue sous son regard et commence le travail « post mortem » : il doit d’abord prélever un morceau de cerveau pour analyse. Les travailleurs des abattoirs parlent donc en latin ?
On ne parle que de l’avant et de l’après. Au milieu, mortem, c’est tabou. Ça rend la mort absente. On n’est pas des sauvages, quand même ! Comme je lui disais que si personne ne faisait ce travail, ça éviterait que ça existe, il conclut en me disant, soupçonneux, presque condescendant : « Vous avez l’air sensible, non ? »
Il a tellement l’habitude que lui ne ressent plus rien, me dit-il.
Du coup, il ne voit plus que l’animal souffre. Il parle en tonnes. Il y a eu 7.000 tonnes l’an dernier, dit-il, dans son abattoir de l'Oise.
Là où il travaillait avant, à Saint Quentin, il y en avait 30.000 (toujours tonnes)/an et là, les tueurs étaient sadiques. "Faut que ça aille vite. Ils faisaient n’importe quoi et envoyait le « matador » (une arme pour assommer les bêtes) n’importe où. "
Qu'on se le dise: à l'abattoir de St Quentin, la SPA aurait du boulot. [Mais la SPA, comment tue-t-elle ses bébés chats? On m'en a raconté aussi, et c'est effrayant. Mais peut-être s'agissait-il de la SAGPA, société de tueurs qui s'est acoquinée avec la SPA?]
.
Mais quand il parle de la mort des chevaux, là il assure que c’est insoutenable. Il ne s’y fera jamais :
« Le cheval est toute sa vie très proche des hommes. Il sait tout ce qu’on va lui faire. Il rentre en tremblant dans l’abattoir, et ensuite, quand il est pris dans le piège, il pleure. Avec des larmes, oui, de vraies larmes qui coulent alors de ses yeux. Ça, je ne peux pas regarder. Je tourne la tête. Je ne peux pas voir un cheval qui pleure parce qu’on va le tuer.»
De même il est contre la chasse car alors, on fait souffrir l’animal en tirant n’importe où.
Il se plaint que la chasse soit dévoyée, que les gens tuent plus que pour leur consommation, par exemple chacun une 20aine de lapins, et que le « 3° round » rende les chasseurs fous du volant, comme un maire de sa région –l’Aisne—qui s’est tué en voiture ce week-end en rentrant d’une de ces séances de beuverie.
Au fond, il est assez humain, un "bon" diable en enfer.
Et puis, il ne fait "qu'obéir aux ordres" pour gagner sa vie et celle de ses enfants.
quelques détails sur les transports infernaux des chevaux vers... l'enfer. Texte de One voice.
| Voyage au bout de l’enfer - |
/http%3A%2F%2Fwww.onevoice-ear.org%2Fimg%2Fcampagne%2Ftransport%2Ftransport_chevaux.jpg) | Des chevaux hagards sortant péniblement de camions où ils ont été placés durant plusieurs jours. La scène se reproduit tous les jours dans les abattoirs de France et d’Italie. Ces pays se fournissent notamment dans les pays de l’Europe centrale, où les conditions de transport des animaux sont le plus souvent déplorables. |
| - Entassés
Non seulement trop d’animaux sont entassés dans les remorques, mais celles-ci ne sont pas toujours aux normes. Parfois même l’obligation d’abreuver et de nourrir les animaux n’est pas respectée. Nombre d’entre eux ne survivent pas à ce voyage au bout de l’enfer, où bien sont cruellement blessés. Mais comme ils ont subi des parcours de plusieurs milliers de kilomètres pour finir abattus, les exportateurs et les importateurs sont relativement indifférents.
Films
Relativement, car à la faveur d’actions menées par diverses associations de protection animale, des films et des photographies, prouvant les très mauvaises conditions de détention des animaux ont pu être réalisés. Cela constitue une très mauvaise image pour la filière de la viande de cheval, qui n’a d’ailleurs déjà pas besoin de cela pour perdre chaque année des consommateurs.
Elargissement
La question des chevaux provenant d’Europe centrale n’est pas nouvelle. Elle est régulièrement abordée, notamment au sein des instances européennes. Ce d’autant plus qu’avec l’élargissement, plusieurs de ces pays exportateurs ont rejoint l’Union. Ce qui implique qu’ils respectent la réglementation décidée par la Commission.
Nouvelle mesure
Or, la Commission travaille actuellement à transposer dans le droit européen une nouvelle mesure adoptée par le conseil de l’Europe qui vise à renforcer le bien être des animaux lors de leur transport.
Brutalités
Concernant les chevaux, en décembre 2000, le commissaire chargé, entre autres, des animaux, David Byrne, indiquait que « On constate notamment que, lors de transports transfrontaliers sur de longues distances, les animaux sont souvent victimes de brutalités et ne sont pas soignés et traités comme il le faudrait, ou bien ne sont pas même en état d'être transportés ».
Durcissement
Finalement en 2003, David Byrne décide de proposer un durcissement de la législation sur les transports des animaux. « J'accorde une attention spéciale au transport des chevaux en provenance de l'Europe orientale et centrale. La révision actuelle de la Convention européenne sur la protection des animaux en transport international contribuera à garantir un niveau acceptable de protection des animaux en Europe et dans le reste du monde. »
Obstacles
Mais déjà des obstacles se font jour : « La dimension internationale de ce sujet s'est avérée fort problématique. Toute action entreprise à l'encontre d'un acheminement provenant de pays tiers poserait la question de la compatibilité avec les règles de l'OMC. Si un aspect est très clairement apparu lors des négociations de l'OMC, c'est que, fondamentalement, les objectifs de l'UE visant le bien-être des animaux n'étaient absolument pas soutenus.»
Box individuels
Parmi les améliorations concernant les chevaux, le nouveau texte prévoit des espaces minimaux pour les petits trajets, des stalles ou des box individuels pour les longs trajets, ainsi qu’un accès permanent au foin. Il est aussi prévu que les animaux n’aient pas à subir plus de 9 heures de transport de suite au maximum. Si leur parcours ne peut s’effectuer dans ce laps de temps, ils doivent pouvoir se reposer durant 12 heures avant de repartir.
Carcasses
Ce texte, s’il constitue une amélioration par rapport à la situation précédente, n’est cependant pas satisfaisant. En effet, le texte du conseil de l’Europe prévoyait, lui, un temps de transport maximum de 8 heures (ce qui était l’un des objectifs des associations de protection animale, dont One Voice). Il préconisait aussi, dans le cas d’animaux destinés à la boucherie, que les animaux soient tués à proximité de leurs lieux d’élevage, puis qu’ensuite les carcasses soient livrées d’un bout à l’autre de l’Europe. Qu'ajouter? Triste fin de voyage pour les animaux victimes trimballées avec des subventions de l'Europe pour chaque passage de frontière ce qui explique pourquoi on ne les tue pas sur place... entre autres raisons folles. Et encore, je ne vous ai pas tout dit...Réel trop dur à dire, à entendre ...comme le fit Claude Lanzman, suggérer...serait l'idéal.
|