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Psychanalyse et animaux.

Au Gabon, les singes sont dans l'assiette.Pas pour longtemps...disparition cf. en Angola.

4 Septembre 2005, 22:00pm

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Publié par Jo benchetrit

 

Gabon-faune-société 
   Des gorilles dans l'assiette
   
   LIBREVILLE, 4 sept (AMI) - Du piment, du sel, un cube de bouillon, des oignons et, surtout, des quartiers de singe, tête incluse. Laissez cuire dans la marmite et le plat est servi. Chez "Maman Marie Gibier" à Libreville, il coûte 1.500 francs CFA (2,3 euros) et régale de nombreux clients.
   "Je mange le singe depuis que je suis petite. Je n'en mange pas tous les jours mais quand j'ai l'occasion. C'est bon", assure Sandra, Gabonaise de 28 ans. L'appétit de cette jeune employée de banque disparaît toutefois lorsqu'il s'agit des grands primates. "Le gorille, il a la morphologie d'un homme. On ne peut pas manger ça. Quelle horreur !", lâche-t-elle.
   Son collègue Jean, lui, semble moins dégoûté. "La viande de singe, grand ou petit, c'est pareil une fois dans la gamelle", estime-t-il.
   Si les primates restent rares sur les étals des marchés de la capitale gabonaise, leur viande ne constitue pas moins un mets recherché. Cette demande alimente une importante activité de braconnage dans les forêts de la région, au point de menacer la survie des grands primates, thème d'une conférence internationale qui s'ouvre lundi à Kinshasa.
   La cuisinière de "Maman Marie Gibier" avoue acheter deux singes par jour, contre cinq dans les années 1990, mais seulement un ou deux chimpanzés et gorilles des plaines de l'ouest, espèces protégées, par an.
   Fumés ou tout simplement morts, les primates se vendent de 9.000 francs CFA (14 euros) pour un singe à nez blanc à 40.000 FCFA (61 euros) pour un mandrill, grand singe partiellement protégé.

Le prix du gorille oscille entre 20.000 et 30.000 FCFA (30 à 45 euros).
   Selon une étude menée par des ONG et le ministère gabonais des Eaux et Forêt,

les grands primates, bien plus chers que les poulets et autres viandes d'élevage, représentent moins de 1% de la viande vendue sur les marchés des quatre principales villes du Gabon.
   Malgré le peu de goût des Gabonais pour les grands singes,

les "cousins", et leur faible distribution, "la consommation est importante

car ces espèces sont déjà menacées", estime Olly Thomas,

responsable du projet gibier de la Darwin Initiative, financée par l'université britannique de Stearling.
   M. Thomas s'appuie sur une étude de 2003 dans la revue Nature, selon laquelle

la chasse à des fins commerciales est la principale cause de disparition

 des grands primates au Gabon et au Congo, où étaient concentrés environ

80% des gorilles et la plupart des chimpanzés

avant l'apparition de la fièvre hémorragique Ebola.
   "Les concessions forestières

ouvrent des routes et permettent aux chasseurs d'entrer dans la forêt

où n'importe quel singe qu'ils rencontrent est menacé", fait-il valoir.
   "Ceci pousse les grands singes à s'éloigner de plus en plus des grandes concentrations humaines", poursuit ce chercheur, précisant qu'"on ne les trouve plus aujourd'hui que dans le sud-ouest et le nord-est".
   Entre 1983 et 2000, le nombre des primates, qui se reproduisent lentement, a diminué de plus de moitié, selon l'étude de Nature.
   La création de 13 parcs nationaux en 2002 n'y a pas changé grand chose: le braconnage y sévit toujours face à une loi largement inappliquée par manque de moyens et de volonté
, selon M. Thomas.
   "Les Gabonais ont adopté cette loi mais elle vient d'ailleurs", soutient Léon, amateur de viande de brousse. "Il faut faire un travail pédagogique et trouver d'autres substituts" à la viande de singe, concède-t-il mais pour lui, "le Gabon reste avant tout un pays de chasseurs".

AMI 

 

La disparition progressive de leur habitat menace les gorilles

Nairobi, Kenya, 03/09 - Moins de 250 orangs-outangs de Sumatra devraient pouvoir subsister encore à l`état sauvage dans cinquante ans parce que leur habitat disparaît, indique un rapport publié récemment.

D`autre part, la dévastation causée par le tsunami asiatique en décembre dernier

a accéléré le taux de destruction de cet habitat, alors que la lutte contre la pauvreté

pourrait avoir un impact sur le destin des grands singes.

Cette double annonce a été faite jeudi lors du lancement du premier Atlas mondial

sur les grands singes et leur protection par le Centre international de

supervision de la conservation du Programme des Nations unies pour l`environnement (PNUE),

au siège de l`Association zoologique de Londres.

Cet ouvrage révèle que ce ne sont pas seulement les humains

qui profiteront de la campagne d`éradication de la pauvreté.

L`éradication de la pauvreté pourrait épargner aux six autres espèces de grands singes

que l`on trouve généralement en Afrique -le gorille oriental et occidental, le chimpanzé,

 le bonobo, l`orang-outang de Sumatra et de Bornéo- d`être abattus pour être mangés.

Le premier Atlas mondial des grands singes et de leur protection fournit une évaluation pays par pays des 23 territoires abritant ces grands singes sauvages.

Puisque ces pays font aussi partie des plus pauvres du monde, une action internationale concertée est nécessaire pour la survie de ces espèces.

"Nous avons le devoir de sauver nos plus proches parents vivant dans le cadre de notre responsabilité plus large qui consiste à préserver les écosystèmes qu`ils habitent.

Il suffit de regarder les forêts tropicales, qui abritent les grands singes.

Les économistes estiment qu`elles représentent une valeur de 60 millions de dollars par an

 comme conséquence

 de leur capacité à supprimer et à emmagasiner les gaz responsables

du réchauffement planétaire", a déclaré à Nairobi le directeur exécutif du PNUE, Klaus Toepfer.

"Avec d`autres écosystèmes, ces forêts sont aussi des sources inestimables

d`éléments génétiques. Elles forment la base d`une nouvelle révolution industrielle

dans des domaines allant de la nourriture à l`agriculture en passant par les

produits pharmaceutiques et les produits chimiques", a-t-il ajouté.

Pour M. Toepfer, il s`agit d`une question morale de la plus haute importance.

"En préservant les habitats des grands singes,

nous aidons à lutter contre la pauvreté et à protéger les richesses naturelles

 dont dépendent les générations humaines actuelles et futures", a-t-il ajouté.

Le patron du PNUE a souhaité que ce nouvel atlas

 et la prochaine réunion intergouvernementale prévue à Kinshasa,

en RD Congo, suscitent une action encore plus importante

en identifiant les priorités en matière de conservation et en générant

des investissements de la part des gouvernements donateurs

 et du secteur privé dans les pays où vivent les grands singes.

Edité par le centre international de supervision de la conservation du PNUE,

l`atlas est la source d`informations

 la plus détaillée sur les grands singes jamais rédigée

et réunit les derniers éléments de recherche ainsi que les observations de nombreux scientifiques du monde entier.

Parmi les personnalités qui ont contribué à sa rédaction figurent le secrétaire général de l`ONU Kofi Annan, de même que d`éminentes personnalités comme Jane Goodall, Richard Leakey, Toshisada Nishida, Russ Mittermeier et Ian Redmond.

 
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