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Psychanalyse et animaux.

Legislatives : votez en exigeant que le deputé vote pour l'abolition de toute cruauté envers les animaux.

13 Mai 2012, 03:51am

Publié par Jo Benchetrit


Bientôt, les legislatives.

Si vous voulez nos voix, vous devez devenir éleveurs d'âme....

Pour cela, il faut promouvoir la lutte pour la défense des animaux au plus haut niveau.

Je vous vois sourire...

Non, ce n'est pas si ridicule que vous l'imaginez...
Voilà pourquoi.

 
Politiques, vous ne parlez que de crise, de chômage, d’impôts, de rentrée, de dépense , de commerce, d’Euros, en un mot d'argent et aussi de sécurité.

Citoyens, vous avez les campagnes électorales que vous méritez. Vous montrez que n’êtes  intéressés que par ce qui ne parle que de  pouvoir d'achat, le vôtre, toujours insuffisant, celui des nantis,  toujours trop, en principe. En témoignent  mille choses dont les plus populaires des idées pour le président, sur Yahoo (fric fric fric).*  (regardez et cliquez pour les miennes, Yahoo a eu un bug étrange et toutes mes idées qui avaient dans les 300 clics se sont retrouvées anémiées).

  Le dieu Pognon si décrié est  votre préoccupation n° 1.

Et pourtant alors même que vous ne le savez pas consciemment, vous êtes en manque. Plus que ça, vous êtes affamés. Mais pas affamés de nourriture terrestre. Affamés de valeurs.

 Faim de valeurs morales. Faim de savoir qu'il y a de l'Autre, désir que notre égoïsme de bébé solitaire dans sa demande effrénée d'être comblé de manière quasi autiste, s'estompe pour ouvrir une fenêtre sur l'oxygène qu'offre l'altérité.

Non, l'autre n'est pas juste un objet de complétude. Il a lui aussi des besoins, des désirs,des droits.Et nous avons envers lui des devoirs.

 Fenêtre sur quelque chose de grand, de beau, qui nous dépasse. Quelque chose qui est notre devoir. Ce quelque chose qui faisait dire à Camus : " il faut imaginer Sysiphe heureux."

On connaît  tous  cette phrase attribuée à André Malraux[1] : « Le 21 ° siècle sera spirituel ou ne sera pas. » Voici une phrase qui sonne pour certains comme une prophétie, pour moi comme un avertissement. Je l’entends ainsi : l’ humanité ne survivra pas si elle oublie le centre, l’épine dorsale de son être, ce qu’elle  appelle  de son nom : « l’humanité » en tant que melting pot de magnifiques vertus  morales. Il ne suffit pas d’avoir créé un éponyme resplendissant de haute valeur morale, il faut encore en être digne. Les luttes des prolétaires, puis celle des femmes, puis celle des homosexuels sont autant de tentatives de ramener les personnes ayant le pouvoir à ces limites qui font l’essence de la morale. 

 La dimension  du devoir qui châtre les droits est évidemment celle des puissants, les autres ne pouvant dans un 1° temps que revendiquer des droits. Ce n’est que dans un 2° temps que ces droits une fois obtenus, les êtres anciennement à la merci du bon vouloir des autres doivent eux aussi être cadrés, sils ont en position de pouvoir être eux mêmes au pouvoir. Ainsi, pour donner un exemple  les femmes à présent  libérées du joug masculin, du moins en principe , ne doivent pas renverser la vapeur et devenir à leur tour les abuseurs que furent (et sont encore parfois )les hommes.

Il ne serait  pas équitable d’admettre que l’injuste change juste de mains.

Les devoirs de ceux qui ont le pouvoir rend leurs droits  légitimes.

Mais pour le droit des enfants ? Eux aussi sont à la merci des grands. Ils ont besoin de protection  contre les pulsions abusives des adultes. Et, eux, on ne leur demande pas d’être  brimés par des devoirs, surtout lorsqu’il s’agit de nourrissons.
Il en est de même  des animaux.

Ne pas lutter pour autre choses que ses droits, ne penser, comme on le voit aux présidentielles actuelles, qu’à son pouvoir d’achat, c’est vraiment une façon d'envisager l'humain de manière bien peu spirituelle.

Or, l'homme a faim de choses qui élèvent. Il ne le sait pas, il ne le sent pas toujours. Mais il a ce besoin de valeurs enfouies. Et actuellement seules les valeurs morales sont aptes à combler ce malaise, cette dépression qui , dit on, est très fréquente en France où l’absorption de médicaments de cette gamme est la plus élevée d'Europe. J'attribue cette insatisfaction à autre chose qu’à la faim d’aliments. Car, en France, rarissimes sont ceux qui en souffrent vraiment. Les pauvres des pays d’Afrique veulent tous venir ici car nous avons malgré tout encore une protection sociale exemplaire. Certes, ça se dégrade.
Mais pas encore au point de justifier que de manière consciente, les français ne pensent qu’à l’argent et ont faim d'autre chose tout en l' ignorant. Alors, faim  d'amour ? Peut être. Mais faim d'amour pour soi, par soi. Faim d'estime de soi, par soi. Comment s'estimer si on n'est qu'une bouche qui vagit pour se faire combler ?

 C’est pour cela que les religions ont de plus en plus de succès et souvent pour le pire. Pourquoi ? Parce qu’elles ne comblent que de manière artificielle la faim dont il s'agit, qui se confond avec une faim d'absolu, en ramenant chacun au narcissisme des petites différences qui mènent aux haines de l'autre. Les religions sont toutes certaines d'être les meilleures. Et quand ça vire à l’intégrisme, on se retrouve devant des êtres la bave aux lèvres, voulant la guerre, alors que l'amour de l'autre était leur motivation officielle ! Actuellement, le danger  vient des religions expansionnistes et, il faut le dire, celle qui est dans cette position en ce moment, c’est l’islamisme salafiste extrémiste d'Al Quaida.

Et cedanger vient aussi d'une autre religion, mais ,elle sans  trop de spiritualité, celle qu’on nomme humanisme mais qui est bien souvent la sacralisation des humains qui, du coup,se donnent tous les droits envers les non-hommes et pas les devoirs qui vont avec. Et de ce fait, les chercheurs d'absolu au niveau conscient restent ras des marguerites du point de vue…humanité .

Mais le danger  en réalité vient de notre façon de marginaliser, de ridiculiser les luttes pour la morale. Etre spirituel, c’est chercher à s'élever, chercher à vivre de manière non vampirique.
Oui , je pense avec Malraux que le 21° siècle ne sera pas si un homme nouveau n’est pas créé d’urgence. Et cet homme, c’est celui qui ne verra plus le monde de sa lorgnette mais sera apte à se mettre à la place de l’autre, de tout autre et en particulier des êtres les plus vulnérables, ceux qui n’ont pas de syndicats, ceux qui sont absolument sans défense par rapport à nous. Cela viendra si nous ouvrons notre fenêtre pour voir enfin l'Autre que nous avons pris pour un objet partiel à notre service, sous nos sévices les plus visiblement odieux comme l'est la corrida mais aussi, plus banales, les animaux de boucherie, et plus valorisés, les recherches sur animaux, etc....

Et quoi mieux que les multiples utilisations des animaux pour illustrer cet état d'abus qui dévalorise les hommes à leurs propres yeux ? la complète dépendance des animaux par rapport aux caprices du prince exige une morale sans concession de celui qui a le pouvoir.
C'est pourquoi, le seul modele d'homme qui s'impose pour nous sortir de l'etat sordide où nous sommes est celui qui tenant compte de la souffrance animale, en finira délibérément, sans espoir de gratitude immédiate, de rétribution quelconque , avec l'exploitation des êtres à sa merci que sont les bêtes. Le 21° siècle sera celui des devoirs des hommes envers les animaux, ou ne sera pas.
 

Mais il est des êtres qui n’auront jamais le pouvoir, des êtres que notre conformation psychique met en état d’infériorité fatalement chronique, les autres animaux qui n’ont pas la possibilité de créer à armes égales des outils pour asservir l’autre et mettre en péril l’existence d’espèces entières dans leur écosystème originel, s’entend.

Nous sommes nombreux en France à être susceptibles d'être séduits par ceux qui mettront en évidence les devoirs des hommes et les droits des animaux. Alors, voter pour un "éleveur" d'âme qui prendra en compte la souffrance animale et la dimension de notre essentielle morale deviendra un acte citoyen rempli d'espérance, ce qui est la meilleure façon, au final, pour sortir de la crise.

 

 

In « Hôtes de passage » : « on m’a fait dire : Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas. La prophétie est ridicule ; en revanche je pense que si l’humanité du siècle prochain ne trouve nulle part un type exemplaire de l’homme, ça ira mal…Et les manifestations[/i] [de mai 68] [i]et autres ectoplasmes ne suffiront pas à l’apporter. »
Cf. Littératures contemporaines, n°1, consacré à André Malraux, Klincksieck, 1996.

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